Résolution du bureau du parti Meretz, 21 octobre 2001.
Résolution du bureau du parti Meretz, 21 octobre 2001.
Contre la réoccupation et contre la guerre
- Le Meretz est profondément choqué par l'assassinat
du Ministre Rehavam Ze'evi. Les idées de feu le ministre Ze'evi,
et surtout la notion de transfert, étaient et restent abominables,
mais aucune opinion, si déplorable soit-elle, ne justifie le meurtre.
L'attentat politique est toujours intolérable et doit être
condamné sans réserve.
Le Meretz est déçu de ce que l'Autorité palestinienne
n'ait pas jugé opportun de réagir à l'assassinat
de Ze'evi par des mesures immédiates et énergiques qui
auraient démontré clairement au monde entier sa position sans
concessions à l'encontre de tels actes criminels ainsi que le
sérieux de son engagement dans la lutte contre les organisations fondamentalistes
dangereuses.
Le Meretz est persuadé qu'il n'est pas encore trop tard et
que l'Autorité palestinienne, sous la direction de Yasser Arafat,
doit prendre conscience de la gravité de l'heure et appliquer
les mesures d'urgence requises.
- Le Meretz pense que le gouvernement, par ses décisions
et ses actes, entraîne le pays dans une sorte de deuxième guerre
du Liban. Tout se passe comme si Ariel Sharon cherchait à mettre en
application un plan de réoccupation - retour dans les territoires de
la Rive Occidentale et de la Bande de Gaza, dans les grandes villes palestiniennes
et dans les camps de réfugiés surpeuplés - l'assassinat
du ministre Rehavam Ze'evi servant de prétexte à ce plan dangereux.
- Le Meretz appelle le gouvernement à arrêter
l'engrenage de la guerre. Le Meretz met en garde : si la guerre ne s'arrête
pas maintenant, Tsahal sera poussé à réoccuper tous les
territoires, et, comme cela s'est produit au Liban, subira de lourdes
pertes et finira par évacuer, sous la pression et les mains vides,
et alors seulement les efforts diplomatiques reprendront. Il vaut bien mieux
faire l'économie de ce développement tragique et prévisible
en reprenant immédiatement les négociations.
- Le Meretz représente une fraction importante de
l'opinion publique israélienne qui s'oppose à une
politique de pure force, qui ne serait pas assortie d'initiatives diplomatiques.
Le Meretz, en tant que représentant du camp de la paix, fera tout ce
qui est en son pouvoir pour arrêter une guerre au prix exorbitant et
n'aboutira à rien.
- Le Meretz appelle le gouvernement israélien à
cesser les assassinats politiques. Cette pratique peut parfois satisfaire
le besoin impérieux de revanche, mais elle ne fait qu'aggraver
la situation. Un état ne peut s'engager dans des exécutions
extra-judiciaires à seule fin de marquer des points au mépris
de l'état de droit. Elle n'est tolérable que dans
les cas de danger immédiat auxquels s'appliquent les règles
internationales reconnues de légitime défense. Le Meretz s'inquiète
du vent de folie qui a saisi le gouvernement depuis l'assassinat de Ze'evi
et qui pousse à prendre des mesures irresponsables.
- Le Meretz dépose une motion de censure contre le
chef du gouvernement à cause du renouvellement de l'occupation
des territoires de la Rive Occidentale et de la Bande de Gaza. Le Meretz s'oppose
à la « campagne internationale » menée par le gouvernement
en vue de convaincre l'opinion mondiale que l'Autorité palestinienne
est comme les Talibans. Cette campagne est condamnée à l'échec.
C'est au contraire l'effondrement de l'Autorité palestinienne
qui risque d'amener un Ben Laden comme successeur d'Arafat et des
« Talibans » comme héritiers de l'Autorité
palestinienne.
- Le Meretz craint que les activités belliqueuses
du gouvernement ne proviennent entre autres de l'appréhension
du Premier ministre Sharon et de la droite tout entière à retourner
à la table des négociations où il faudrait prendre des
décisions difficiles. Sharon tente de retarder ce moment de vérité.
Il est dommage que le Parti Travailliste ne l'ait pas compris et n'en
ait pas tiré les conséquences. Il est désolant de voir
Shimon Pérès et ses amis continuer aujourd'hui encore à
prêter main-forte à la politique d'Ariel Sharon et à
la défendre. Le Parti Travailliste a déjà commis une
faute dans le passé en soutenant Sharon dans la guerre du Liban. Il
serait bien avisé de ne pas renouveler cette faute.
- Le Meretz appelle le gouvernement américain à
persister dans ses efforts diplomatiques axés sur une proposition de
règlement qui sera présentée aux dirigeants israéliens
et palestiniens avec le soutien de la communauté internationale. Ce
plan doit impliquer un retrait israélien aux frontièxes de 1967
avec des rectifications de frontières mineures, le partage de Jérusalem
en deux capitales et l'évacuation de beaucoup d'implantations. Les
Palestiniens, de leur côté, devront renoncer définitivement
à leur revendication de réaliser le droit au retour dans le
territoire d'lsraël, et devront reconnaître officiellement
Israël en tant qu'Etat du peuple juif et de tous ses citoyens.
Le Meretz est persuadé que seul un tel plan d'urgence peut briser
le cercle vicieux de la violence.
- Le Meretz est très préoccupé par la
dégradation de la situation économique et sociale en Israël.
Cette dégradation résulte de la politique du gouvernement qui
consacre des budgets colossaux au développement d'implantations
anciennes et nouvelles et à l'effort de guerre, au détriment
de l'éducation, de la santé et de l'aide sociale.
Il augmente ainsi les disparités sociales qui constituent pour la société
israélienne une menace bien plus grande que l'Intifada.