Le Cercle a répondu à la proposition du Conseil Général de l'Isère de participer à la Journée Internationale des Femmes sur le thème :
sous forme d'un stand exposé les 6 et 7 mars 2004 au centre des congrès d'Europôle
Sur ce stand on pouvait voir
Résumé
Bien que le colonel Rol-Tanguy ait déclaré dès la Libération que « sans elles, la moitié de notre travail eût été impossible », qu'elles aient obtenu en 1944 le droit de vote, reconnu depuis longtemps aux femmes d'autres pays démocratiques, les résistantes restent les grandes oubliées de l'historiographie des années 1940 - 1944. Pourtant, par leur origine et leur statut dans la société française de l'époque, leur engagement et les missions qui leur étaient confiées ne comportaient pas moins de risques que ceux de leurs compagnons de lutte. Cette occultation persistante tient essentiellement à deux facteurs : 1) la dévalorisation de leur rôle jugé secondaire, complémentaire par rapport au service armé des hommes. 2) la nationalisation a posteriori de la Résistance, conduisant à passer sous silence l'importante contribution à la libération de la France des étrangers, des étrangères ou des personnes d'origine étrangère.
Qui étaient ces femmes et quelles étaient leurs motivations ?
Sans minimiser le rôle des hommes, force est de constater que la prise de conscience qu'impliquait l'engagement dans le combat contre l'occupant et la collaboration de l'État vichyste, était plus difficile pour les femmes, compte tenu de leur statut dans la société française de l'époque, pour trois raisons.
Ces trois facteurs expliquent sans doute pourquoi ce sont essentiellement
des jeunes femmes non mariées, souvent même des lycéennes
de 16 à 18 ans, qui constituèrent le fer de lance de la Résistance
féminine.
Pourquoi, aussi, on trouve une si forte proportion de femmes d'origine étrangère,
en particulier d'immigrées d'Europe de l'Est, issues d'un milieu que
son itinéraire d'exil avait, par la force des choses, préparé
à s'adapter aux dures conditions matérielles et morales du déracinement,
à prendre davantage conscience des réalités politiques
et à affronter les situations les plus inattendues. [...]
Cette mémoire collective des minorités persécutées
explique en particulier la forte proportion de femmes juives, les unes françaises
ou naturalisées, issues du scoutisme, de formations politiques ou syndicales,
d'autres, apatrides ou étrangères, souvent déjà
actives avant-guerre dans des organisations spécifiques de gauche, sionistes
ou communistes.
Cette mémoire explique aussi la sensibilité particulière
de la minorité protestante dont on connaît notamment l'admirable
exemple du Chambon sur Lignon, village de 2 500 habitants cachant et sauvant
plusieurs milliers de juifs persécutés. [...]
Rôle des femmes dans la Résistance
Sans pouvoir détailler ici toutes les tâches qui leur étaient confiées, il est possible d'en esquisser une brève typologie.
Celle d'agents de liaison impliquait en cas d'arrestation la déportation, voire l'exécution dans le cas de communistes comme Olga Bancic, guillotinée le jour de son trentième anniversaire à Stuttgart, [...]
Autre tâche, le travail allemand (TA) fut confié à des jeunes femmes germanophones comme Jeannie Rousseau, interprète dans un organisme français travaillant avec les Allemands, membre du réseau Alliance. [...]
L'aspect le plus caractéristique de l'évaluation de la Résistance selon le schéma militaire classique de la lutte armée est l'occultation totale du rôle primordial des femmes dans le sauvetage des enfants juifs, [...] Certaines de ces femmes dont Mila Racine, Nicole Salon-Weil, Suzanne Spaak, Marianne Cohn payèrent cette action de leur vie, mortes en déportation ou exécutées. Marianne Cohn, alias Collin, réfugiée allemande, militante des Éclaireuses israélites de France, arrêtée lors d'un convoi clandestin d'enfants vers la Suisse, est arrachée de la prison d'Annemasse en juillet 1944, à 21 ans, violée et achevée par ses bourreaux à coups de bêche.
Sous-estimation du rôle des femmes dans l'historiographie et la mémoire collective
[...] Il est un autre aspect de l'historiographie de la Résistance
qui [...] dépasse la question des femmes et tient à une tradition
fort ancienne de nationalisation de la culture par assimilation à la
culture dominante. Cette tradition explique l'occultation du rôle des
minorités, en particulier étrangères ou d'origine étrangère,
surtout lorsque les intéressés n'ont pas eu le réflexe
de franciser leur nom ou de garder leur identité de résistant.
Et même dans ce cas, comme le souligne Catherine Varlin (Judith Heytin),
le succès n'était pas garanti :
«Quant au fait d'être femme, déclare-t-elle, je l'ai provisoirement
oublié dès que m'ont été confiées des responsabilités
de commandement... Les choses ne sont devenues plus complexes et plus gênantes
que plus tard, après la guerre. Lorsque insidieusement d'abord, plus
clairement ensuite, on a entrepris de purger la vie politique française
de ses résistants, en particulier de ses résistants juifs. Lorsque
la condition de femme a commencé à faire problème pour
la reconnaissance des services rendus, pour la légitimation des grades,
des décorations, etc. Il est vrai qu'être à la fois juive
et femme n'a pas facilité l'entrée dans les manuels d'histoire,
officiels ou non.»
"Organisation juive de combat : résistance/sauvetage,
France, 1940 - 1945",
Editions «Autrement», collection Mémoires, n° 85,
2002
Née le 14 septembre 1921 à Moscou, elle oeuvre
dans la Résistance du 5 janvier 1942 au 21 octobre 1943 (Toulouse, Gurs,
Saint-Gervais, Nice, Annemasse) sous la responsabilité de Tony Gryn.
Mila Racine, jeune de la Wizo repliée à Toulouse puis à
Luchon, apporte assistance aux internés des camps, spécialement
à Gurs.
En 1942, à la création du MJS, qui rassemble tous les mouvements
sionistes qui entre autres travaillent pour le sauvetage des Juifs en danger,
Mila Racine devient la responsable du groupe MJS de Saint-Gervais-Le Fayet (Haute-Savoie).
Après l'armistice signé par l'Italie avec les Alliés
en septembre 1943, les Juifs de la zone alpine se réfugient à
Nice. Mila Racine entreprend alors de conduire des convois d'enfants et
d'adultes vers Annemasse pour les faire traverser la frontière suisse.
Le 21 octobre 1943, alors qu'elle dirige avec Roland Epstein un de ces
convois, ils sont interceptés par les Allemands à Saint-Julien
en Genevois et conduits à Annemasse à la prison de l'hôtel
Pax où sévit la Gestapo. Le maire d'Annemasse, Jean Deffaugt,
essaie de venir en aide aux internés; il parvient à en faire libérer
quelques-uns, dont un bébé de quatorze mois. [...] Mila Racine,
qui a tu son identité juive, est incarcérée à Montluc,
puis elle est déportée via Compiègne vers le camp de RavensbrUck,
[...] puis transférée vers Mauthausen pour réparer les
voies ferrées détruites par les bombardements alliés. Le
30 mars 1945, les Anglais bombardent Mauthausen. Mila Racine [...] est tuée
par un éclat d'obus.
Editions «Autrement», collection Mémoires, n° 85, 2002
"Organisation juive de combat : résistance/sauvetage,
France, 1940 - 1945",
Editions «Autrement», collection Mémoires, n° 85,
2002
Marianne Cohn est née le 17 septembre 1922 à Mannheim (Allemagne).
Elle agit dans la Résistance à Grenoble et Annemasse, sous la
responsabilité de Simon Lévitte, Toto Giniewski, Georges Schnek,
Emmanuel Racine.
Dès 1942, Marianne Cohn est agent de liaison et participe au service
des faux papiers à Grenoble. Le MJS, sous la direction de Toto Giniewski,
l'envoie à Annemasse pour succéder à Mila Racine (arrêtée
et déportée) et s'occuper du passage des enfants en Suisse.
Le 31 mal 1944, alors qu'elle convoie 28 enfants de quatre à quinze
ans, le groupe est arrêté par les Allernands et incarcéré
à l'hôtel Pax à Annemasse. Georges Loinger et Emmanuel
Racine lui proposent de la faire évader avec l'aide de la Résistance
locale.
Marianne Cohn refuse, de crainte que les Allemands ne se vengent sur les enfants
qui lui ont été confiés. Par l'intermédiaire
de Jean Deffaugt, maire d'Annemasse, Georges Loinger et Emmanuel Racine
font savoir au commandant allemand que la Résistance l'exécutera
si les enfants quittent la ville. [...] Jean Deffaugt obtient dans un premier
temps la libération de 17 enfants, puis plus tard celle des derniers.
A quelques heures de la libération de Ia région, dans la nuit
du 3 au 4 juillet 1944, des agents de Ia Gestapo venus de Lyon emmènent
Marianne Cohn et deux autres prisonnières. Une dizaine de jours plus
tard, on retrouve leurs corps mutilés dans un charnier au Iieu-dit La
Rape, près de Ville-la-Grand (Haute-Savoie).
[...] Un collège d'Annemasse, une rue de Ville-la-Grand et une école
berlinoise d'enfants handicapés portent le nom de Marianne Cohn.
Elle nous a laissé un poème bouleversant, "Je trahirai
demain". Elle n'a pas parlé. [...]
Je trahirai demain
Je trahirai demain pas aujourd'hui
Aujourd'hui arrachez-moi les ongles,
Je ne trahirai pas.
Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures
Avec des clous.
Je trahirai demain, pas aujourd'hui,
Demain.
Il me faut Ia nuit pour me résoudre,
Il ne me faut pas moins d'une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.
Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir Ia vie,
Pour mourir.
Je trahirai demain, pas aujourd'hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n'est pas pour le barreau,
La lime n'est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.
Aujourd'hui je n'ai rien à dire,
Je trahirai demain.
Novembre 1943
Haviva Reik
naquit dans un village slovaque, et grandit dans les
Carpathes. Après l'annexion de la Slovaquie par la Hongrie en 1938,
elle s'engagea dans l'organisation sioniste slovaque pour le sauvetage
et l'émigration des Juifs slovaques vers la Palestine. Elle émigra
elle-même en décembre 1939 et rejoint le kibboutz Maanit.
Quand les nouvelles de l'extermination des Juifs en Europe parvinrent en
Palestine, Haviva se porta volontaire pour une mission dans laquelle des combattants
juifs seraient parachutés derrière les lignes ennemies dans les
territoires occupés par les nazis pour secourir les juifs et les aider
à rejoin-dre la Palestine.
En Italie, empêchée de poursuivre par les Anglais parce que femme,
elle partit en septembre 1944 avec un groupe de pilotes américains qui
se rendait en Slovaquie, et rejoignit ses trois camarades à Banska-Bystrica.
Là, elle se lança à corps perdu dans un travail humanitaire,
en faveur des prisonniers de guerre alliés et des enfants Juifs slovaques.
Lors de l'occupation de Banska-Bystrica fin octo-bre 1944 par les Allemands,
Haviva se réfugia dans les montagnes avec les autres parachutistes, mais
le groupe fut captué quelques jours plus tard par les troupes SS ukrainiennes
de la division de Galicie. Elle fut fusillée le 20 novembre 1944, et
jetée dans une fosse commune. Ses restes furent transférés
au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem en 1952.
Juive hongroise, fille d'un auteur dramatique connu,
Hannah Senesh montra un talent d'écriture précoce et une remarquable intelligence.
Hannah vécut une vie typique de classe moyenne aisée jusqu'à
l'âge de dix-sept ans, à partir duquel elle s'impliqua
dans le mouvement sioniste.
Elle émigra en Palestine en 1939, et travailla dans un kibboutz jusqu'en
1943.
Elle rejoignit alors le Palmach et s'engagea dans l'armée britannique.
Elle subit un entrainement dans une unité de parachutistes, et fut en-voyée
en Hongrie, où elle fut capturée lors d'une mission de secours
aux juifs et de renseignements par radio.
Elle fut retenue prisonnière, puis torturée, et finalement exécutée
alors qu'elle avait juste 23 ans.
Poème, mis en musique par David Zehavi
Seigneur,
Seigneur,
que jamais ne disparaissent
le sable et la mer,
le bruissement de l'eau,
le scintillement du ciel,
la prière de l'homme
Ce collectif a été créé en vue de soutenir les initiatives de paix israélo-palestiniennes sur la base du texte fondateur suivant :
Un espoir renaît aujourd'hui au Proche-Orient.
Du sein des sociétés israélienne et palestinienne, des
voix citoyennes viennent de s'élever avec courage et lucidité.
Elles proclament que malgré la violence et le fanatisme accumulés
depuis près d'un siècle, un accord entre les deux peuples est
encore possible.
Portées par des patriotes israéliens et palestiniens, l'Initiative
de Geneve lancée par Yossi Beilin et Yasser Abbed Rabbo et La
Voix des Peuples d'Ami Ayalon et Sari Nusseibeh prennent en compte la dignité,
les craintes et les aspirations les plus profondes de chacun des deux peuples.
Elles indiquent en préambule le principe fondamental qui les anime :
« deux peuples, deux Etats ». L'Etat d'Israël comme Etat du
peuple juif, l'Etat de Palestine comme Etat du peuple palestinien, tous deux
issus d'un mouvement légitime de libération nationale.
L'une et l'autre prévoient en particulier : un démantèlement
de la plus grande partie des implantations juives en Cisjordanie et Gaza, des
échanges de territoires acceptés par les deux parties sur la base
des frontières de 1967, une résolution digne et réaliste
de la question des réfugiés palestiniens conditionnée au
respect de la souveraineté israélienne, l'arrêt des violences
et un partage de Jérusalem comme capitale des deux Etats.
Ces initiatives procèdent d'une vision, celle qu'Israéliens et
Palestiniens puissent un jour vivre en paix, côte à côte,
au sein de deux Etats souverains et démocratiques. Cette vision, nous
la partageons.
Par la création d'un collectif, les associations signataires expriment
leur volonté de soutenir toutes les initiatives en vue d'un accord permanent
entre Israéliens et Palestiniens fondées sur ces bases.
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui soutiennent ce
texte fondateur à nous rejoindre.
Consultez la liste et signez la pétition sur le site
2peuples2etats
AJHL - Association pour un Judaisme Humaniste et Laique, Les Amis de Shalom Arshav (La Paix Maintenant), Association pour la Diffusion des cultures juives (Judaïques FM), Les Ateliers de Mai, Les Cercle Bernard Lazare (Paris et Grenoble), Conseil Français des Musulmans Laïques, Gauches.net, Groupe de contact europeen des accords de Geneve, Hachomer Hatzaïr, Identité et Dialogue, Mouvement des Maghrebins Laiques, Mouvement des Musulmans Laiques, Le Mouvement de la Paix, Ni putes, ni soumises, Pax Christi, SEM - Synergie Europe Mediterranée, SOS Racisme, L'Union des familles laïques.
avec le soutien de
En vente au prix de 20 euros au Cercle Bernard Lazare - Grenoble
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