Caroline Fourest : La tentation obscurantiste

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Caroline Fourest : La tentation obscurantiste

Tiers-mondistes
   contre anti-totalitaires

Présentation de « La tentation obscurantiste »
de Caroline Fourest, Grasset, 2005

Comment expliquer qu'une certaine gauche perçoit l'islamisme comme le nouveau danger totalitaire, un fanatisme en guerre contre les libertés individuelles, les droits des femmes, la laïcité, la démocratie et donc appelle à une résistance progressiste... tandis qu'une autre gauche perçoit au contraire les islamistes comme un mouvement de « libération », révolutionnaire et donc d'une certaine manière progressiste ?

A l'évidence, la question du risque totalitaire, le prix que l'on attache ou non à cette vigilance, départage ces deux gauches. Nous sommes au coeur d'un problème dont les racines remontent au débat sur le stalinisme, mais qui a traversé également celui sur le négationnisme, la guerre du Kosovo, le drame algérien et l'Iran.

Car tous ces débats, forcément passionnés, sont en fait les symptômes d'une fracture profonde divisant la gauche entre militants prioritairement tiers-mondistes et militants prioritairement anti-totalitaires. Une ligne de partage sur laquelle Michel Feher s'est penché dans la revue "Vacarme" : Elle renvoie, nous dit-il, à ce qu'il faut bien appeler une rivalité entre deux visions du "mal" sécrété par la modernité : celle qui privilégie le racisme colonial et celle qui privilégie le racisme génocidaire. (*)

(*) Michel Feher, "les divisions de la gauche mouvementée", Vacarme, juillet 2002

Les positions de Caroline Fourest, qui ont le mérite du courage et de la clarté, provoquent, on peut s'en douter, des réactions indignées et/ou violentes dont internet se fait largement l'écho. Evidemment, ses propos peuvent légitimement prêter à discussion, mais ils restent néammoins une base de départ documentée et qui mérite de l'attention.