l'évocation de l'insurrection du ghetto de Varsovie

L'Association Consistoriale Juive Rachi et le Cercle Bernard Lazare Grenoble vous prient d'assister à
l'évocation de l'insurrection du ghetto de Varsovie

Lundi 14 mai 2007 à 20h30 au Centre Rachi
Durée 1h15 environ, entrée libre

Mordekhaï Anielewicz

Mordekhaï Anielewicz
Commandant l'Organisation Juive de Combat


Ecouter les interventions, les textes et les chansons

Proclamation du ghetto au combat

Polonais ! Citoyens, Soldats de la Liberté

A travers le grondement des canons de l'armée allemande qui sont entrain de bombarder nos maisons, nos mères, nos femmes, nos enfants,
à travers le crépitement des mitrailleuses que nous enlevons de haute lutte aux lâches gendarmes et aux SS, à travers la fumée des incendies et les flots de sang qui ruissellent dans les rues écrasées de Varsovie, nous, prisonniers du ghetto, nous vous envoyons notre cordial et fraternel salut.
Nous savons que c'est avec douleur, avec des larmes de compassion, avec respect, que vous assistez à la bataille que nous livrons depuis plusieurs jours à l'atroce occupant. C'est avec angoisse que vous vous demandez quelle en sera l'issue.

Sachez donc qu'aujourd'hui comme hier, chaque seuil du ghetto sera une forteresse.
Sachez que tous, nous voilà prêts à mourir au combat, et sans jamais nous rendre !
Comme vous, nous désirons la revanche, nous voulons le châtiment de tous les crimes perpétrés par l'ennemi commun.

Nous nous battons pour notre liberté et pour la vôtre, pour notre dignité humaine et pour la vôtre !

Vengeons les crimes d'Auschwitz, de Treblinka, de Belzec, de Maïadenek

Vive la fraternité d'âme et de sang de la Pologne combattante ! Mort aux bourreaux, mort aux tortionnaires ! Vive le combat à vie et à mort contre l'occupant !

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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.