Proche-Orient : Quel rôle jouent les sociétés civiles ?

Conférence - Discussion : vendredi 30 avril 2004 à 12h30
Domaine universitaire (IEP - Sciences Po. Grenoble - Tram "Universités")

avec

Ahmad Bsiesy (Professeur franco-palestinien, Grenoble)
Association France-Palestine Solidarité (AFPS)
Association des Palestiniens en France (APF)
Denis Charbit (Professeur franco-israélien, Tel Aviv)
Proche de la Paix Maintenant - Shalom Arshav

organisé par

  • Le CBL - Grenoble
  • Les Etudiants pour la Paix Maintenant (Shalom Arshav / AsSalam Al'an)

Présentation

Alors que beaucoup déplorent que les modérés israéliens comme palestiniens ne se fassent pas entendre davantage, force est d'admettre qu'en France, où l'on n'est pourtant pas au coeur de la tragédie, les extrémistes ne sont pas en reste. (Ch. Prieur - La Paix Maintenant)

Dans quelle mesure les sociétés civiles, ici et là-bas, universitaires notamment, peuvent-elles apporter leur pierre à la construction de la Paix et à la promotion des solutions politiques qui, sans discrimination, ne menacent personne dans son droit à l'existence  ? Y a-t-il un risque de se poser en donneurs de leçons ou pis de jeter de l'huile sur le feu, ou à l'inverse y a-t-il des discours à tenir et des projets à soutenir pour aider ceux qui là-bas font le pari de la Paix et de la reconnaissance mutuelle vraie ? Comment peut-on les aider alors qu'à juste titre les deux populations se sentent terriblement menacées ?


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.