News de La Paix Maintenant


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News de
"La paix maintenant"


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Il ne suffit pas d'avoir raison et d'être fort, il (posté par Heyman le 30.07.2006)
Il ne suffit pas d'avoir raison et d'être fort, il faut aussi être clairvoyantCommuniqué de La Paix Maintenant
24 juillet 2006


Où en est-on treize jours après le déclenchement des hostilités par le Hezbollah et l'Iran aux frontières nord d'Israël ?

- Plus de 2 400 missiles sont tombés à l'intérieur des frontières d'Israël, faisant une vingtaine de morts civils, et plus de 1 500 blessés ;
- Au Liban, les pertes civiles se comptent par centaines, et les dégâts matériels sont innombrables ;
- Face à un gouvernement libanais divisé et impuissant, Israël est mis une fois de plus au banc des accusés, et pointé du doigt comme seul responsable de tous les malheurs d'un pays pris pour cible vivante par la Syrie et l'Iran ;
- La montée des manifestations au sein du monde arabe fragilise les pays modérés à majorité sunnite, démontre la capacité de nuisance de l'Iran, et sa volonté hégémonique sur les pays avoisinants ;
- La pression internationale pour arrêter le programme nucléaire iranien a été détournée et l'Iran continue à gagner du temps ;
- La population civile israélienne fait montre de ténacité, de résistance, et de solidarité face aux bombardements incessants du Hezbollah, que des actions militaires massives n'arrivent pas à réduire ;
- Israël est entraîné progressivement par le Hezbollah dans le piège d'un affrontement terrestre, sur un terrain et dans des conditions qu'il n'a pas choisis ;
- Les initiatives diplomatiques s'accélèrent en vue du déploiement d'une force d'interposition internationale au Sud Liban, mais le risque est grand que l'accumulation des dommages causés aux populations civiles libanaises, conjuguée avec une campagne militaire terrestre difficile et coûteuse en
vies humaines, ne soit exploitée par le Hezbollah en sa faveur, qu'une fois de plus un succès militaire même partiel ne se transforme en défaite politique, et qu'au final les radicaux des deux bords ne sortent renforcés de ce conflit.

Dans les guerres du XXIe siècle face à des organisations terroristes fanatisées par leur islamisme radical, il ne suffit pas d'être fort et d'avoir raison, il faut aussi être plus clairvoyant que son adversaire, et essayer de ne pas tomber dans le piège qu'il vous tend.

Il est important que les objectifs militaires israéliens soient clairement débattus et validés, et restent sous le contrôle des politiques.

Mais il est aussi urgent que le deuxième front : le front diplomatique, ne soit pas subi par Israël, mais déployé à son initiative pour qu'il en retire le maximum de bénéfices.

C'est maintenant qu'il faut exploiter l'ouverture offerte par les prises de position fermes de l'Arabie saoudite contre le Hezbollah.

C'est maintenant qu'il faut saisir les opportunités ouvertes par les négociations qui continuent entre le Hamas et l'Autorité palestinienne pour débloquer la situation à Gaza et relancer un dialogue israélo-palestinien sans conditions préalables.

En engageant un processus résolu de négociations globales sur le conflit israélo-palestinien, en s'appuyant sur les pays arabes menacés par l'Iran, Israël enlèvera un argument décisif au front chiite radical, et contribuera à l'isoler au sein du monde arabe.

Si une dynamique crédible de dialogue israélo-palestinien commence à se mettre en place, les grandes puissances sortiront de leurs beaux discours hypocrites et de leur pusillanimité, et seront contraintes de s'engager dans un soutien actif et conséquent à la résolution de ces conflits.

Il se peut que l'embrasement actuel s'éteigne d'ici quelques semaines, mais le coeur du problème demeure : un conflit israélo-palestinien qui n'a que trop duré.

Tant qu'il se poursuivra, l'Iran continuera à exploiter ce conflit pour ses objectifs propres qui sont clairement affichés et pour lesquels ce pays met en place les moyens nécessaires.

Pour isoler et affaiblir l'Iran, il est impératif que le conflit israélo-palestinien soit mis rapidement sur les voies d'une solution globale, sinon ce que nous observons aujourd'hui n'aura été qu'un avant-goût
de ce qui nous est réservé dans un futur pas trop lointain.

Communiqué de La Paix Maintenant
24 juillet 2006
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Article de Philippe Val dans Charlie hebdo du 19 j (posté par Heyman le 25.07.2006)
Article de Philippe Val dans Charlie hebdo du 19 juillet 2006

"Aux Israéliens, il n'arrive jamais rien. Ils vivent heureux et en sécurité, entourés de voisins charmants qui s'appellent Syrie, Hezbollah, Hamas. Ces braves gens ne feraient jamais de mal à une mouche.

Mais comme l'Israélien a le fond méchant, il passe son temps à massacrer et à emprisonner les enfants des voisins.

Le leader chiite Hassan Nasrallah est un héros au sourire si doux. Il vient juste de foutre le feu à la région, mais évidemment, c'est de la faute d'Israël.

Israël n'est jamais agressé. Israël n'est jamais en danger. Israël a toujours tort.

La cruauté ontologique de l'Israélien, au fond, est rassurante. Elle permet de mesurer à quel point on est du côté du bien, de la générosité, de l'irréprochable.

Vous voulez qu'on vous trouve sympa et militant d'une gauche couillue et courageuse, portez un tee-shirt du Hamas à Paris-Plage.

Que l'on critique les décisions du gouvernement israélien, qu'on juge les ripostes excessives ou non, c'est une chose.

Et qu'on se donne au moins la peine de rappeler que le camp adverse - en l'occurrence de Hezbollah et sa jonction avec le Hamas - a aussi quelques responsabilités dans l'histoire.

Pour les ambitions du Hezbollah - à savoir, fédérer pour le compte de l'Iran une grande force panislamiste - , une paix entre israéliens et palestiniens seraient une catastrophe.

Ils font donc tout pour qu'une guerre fédératrice éclate, pendant laquelle l'Iran se hâtera d'achever son projet nucléaire. Qu'on parle de réalité, au lieu d'en taire sans cesse la moitié.

A moins d'annoncer la couleur et d'avouer qu'on travaille dans un organe de propagande. Ce qui n'est pas le cas de Charlie.

Philippe Val
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La guerre du Hezbollah contre Israël et le Liban (posté par Heyman le 25.07.2006)
La guerre du Hezbollah contre Israël et le Liban,
Par Amos Oz, écrivain.
Le Figaro, le 20 juillet 2006

À de nombreuses reprises dans le passé, le mouvement israélien pour la paix a critiqué les opérations militaires israéliennes. Pas cette fois. Cette fois, la bataille ne relève pas de l'expansion d'Israël et de la coloni sation. Aucun territoire libanais n'est occupé par Israël. Il n'existe aucun contentieux territorial bilatéral. Mercredi dernier, sans être provoqué, le Hezbollah a lancé une violente attaque en terri toire israélien. Il s'agissait aussi, en réalité, d'une attaque contre l'autorité et l'intégrité du gouvernement libanais puisque le Hezbollah, en attaquant Israël, a pris en otage la capacité de ce gouvernement à contrôler son propre territoire et à décider de la paix ou de la guerre.

Le mouvement israélien pour la paix s'oppose à l'occupation et à la colonisation de la Cisjordanie. Il s'était opposé à l'invasion du Liban en 1982 parce que cette invasion visait à détourner l'attention du monde du problème palestinien. Cette fois, Israël n'envahit pas le Liban. Il se défend contre un harcèlement quotidien et le bombardement de dizaines de nos villes et de nos villages en tentant d'écraser le Hez bollah partout où il est en acti vité.

Le mouvement israélien pour la paix devrait soutenir purement et simplement cette tentative d'autodéfense d'Israël, aussi longtemps que cette opération s'en prend surtout au Hezbollah et s'efforce autant que possible d'épargner les civils libanais (une tâche pas toujours facile puisque les lanceurs de missiles du Hezbollah se servent trop souvent des civils libanais comme d'autant de sacs de sable humains).

Les missiles du Hezbollah sont fournis par l'Iran et la Syrie, deux ennemis jurés de toutes les initiatives de paix au Moyen-Orient. Il ne peut y avoir aucune symétrie morale entre le Hez bollah et Israël. Le Hezbollah vise les civils israéliens où qu'ils soient, alors qu'Israël vise principalement le Hez bollah.

Les ombres obscures de l'Iran, de la Syrie et de l'islam fanatique planent au-dessus des villes et des villages en feu de part et d'autre de la frontière israélo-libanaise. Ces ombres noires, dans le même temps, suppriment la société civile libanaise, qui s'était libérée il y a peu, par une lutte héroïque, d'une longue colonisation syrienne.

La vraie bataille qui se livre ces jours-ci n'oppose pas du tout Beyrouth à Haïfa. C'est une bataille entre d'un côté une coalition de nations – Israël, le Liban, l'Égypte et l'Arabie saoudite – qui cherchent la paix et l'islam fanatique encouragé par l'Iran et la Syrie, de l'autre. Si, comme nous l'espérons tous, colombes et faucons israéliens réunis, le Hezbollah est vaincu rapidement, Israël et le Liban seront tous les deux gagnants. Plus encore, la défaite d'une organisation terroriste militante est de nature à doper considérablement les chances de la paix dans la région.
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Une guerre légitime, une bataille problématique (posté par Heyman le 25.07.2006)
Libération Lundi 17 juillet 2006 Rebonds
Israël ne mène pas la même guerre contre le Hezbollah et les Palestiniens.
Une guerre légitime, une bataille problématique

Par David GROSSMAN

L'attaque surprise massive du Hezbollah sur la Galilée, au nord d'Israël, prouve pour autant que quelqu'un ait un doute à quel point toute cette région du monde est sensible et explosive et à quel point il en faut peu pour l'amener au bord de la guerre.
Israël a répliqué, avec un plein droit à le faire. Cette offensive violente et ample du Hezbollah, depuis le territoire libanais, sur des dizaines de paisibles agglomérations israéliennes, n'a aucune justification. Aucun Etat au monde ne peut demeurer les bras croisés et abandonner ses citoyens à leur sort, à l'heure où son voisin l'attaque sans qu'il l'ait en rien provoqué.
Il y a six ans, Israël s'est retiré jusqu'à la frontière internationale de tous les territoires du Liban qu'il avait conquis en 1982. L'ONU avait alors approuvé cette initiative et avait entériné la fin de l'occupation israélienne et l'établissement d'une démarcation entre les deux Etats. Aussitôt après le retrait israélien, le Hezbollah a commencé à violer les décisions de l'ONU, à prendre position le long de la frontière, à contester la validité du tracé international (au lieu-dit fermes de Chabaa) et à se renforcer militairement avec l'aide de la Syrie et de l'Iran.
Pendant des années, le gouvernement libanais a évité d'affronter le Hezbollah, qui a établi, dans le sud du pays, un réseau de bunkers et accumulé des arsenaux colossaux, dont des missiles à longue portée menaçant le coeur même d'Israël. De son côté, Israël s'est refusé à «rallumer» le front et s'est abstenu d'actions militaires contre le Hezbollah. C'est ainsi qu'une situation intolérable s'est instaurée sur le territoire du Liban souverain, qui n'a aucun conflit avec Israël, où une organisation déclarée terroriste par les Nations unies agit à sa guise et agresse Israël.
Aujourd'hui, Israël attaque le Liban parce que ce pays est l'allié officiel du Hezbollah et parce que c'est depuis son territoire qu'Israël est bombardé. Des hommes du Hezbollah sont membres du gouvernement libanais et sont associés à sa politique. A l'heure où j'écris, des millions de citoyens innocents, israéliens comme libanais, se trouvent sous le feu. A Beyrouth et à Haïfa, dans la Bekaa libanaise comme dans la Galilée israélienne, adultes et enfants sont menacés d'une guerre prolongée. Israël et le Liban doivent tout faire pour épargner des vies innocentes. Mais quiconque désire la fin immédiate des hostilités et l'ouverture d'une négociation doit reconnaître que le Hezbollah, de manière cynique et délibérée, a créé une situation dans laquelle Israël se voit obligé de riposter à cette agression.
L'embrasement récent met en relief une attitude parallèle, et problématique, dans la position du gouvernement libanais et de l'Autorité palestinienne à l'égard d'Israël. Chacun des deux a deux «têtes» qui se contredisent l'une l'autre : l'une agit de manière «étatique» à travers des canaux politiques, et avec une relative modération, tandis que la seconde se déclare libre d'agir comme bon lui semble, se sert du terrorisme contre des citoyens avec une rhétorique raciste et appelle publiquement à la destruction d'Israël. Cette confusion représente, aux yeux d'Israël, l'une des difficultés majeures pour parvenir à un accord stable avec ses voisins. C'est aussi la raison principale pour laquelle la majorité de l'opinion israélienne y compris de nombreux partisans de la paix a perdu toute confiance à l'endroit des modérés du camp arabe. Une autre complication naît d'une confusion identique entretenue par Israël quant à ses intentions à l'égard des Palestiniens moins extrémiste cependant et sans volonté exterminatrice.
Les scénarios prévisibles ne sont pas optimistes : on le sait, Israël n'a pas comme seule intention de répondre à l'agression du Hezbollah. Il opère afin de façonner une nouvelle fois la situation à sa frontière nord avec le Liban, selon la résolution 1559 de l'ONU, et afin d'obliger le gouvernement libanais à en éloigner le Hezbollah. Cet objectif est rationnel et juste, mais la manière agressive avec laquelle Israël mène sa campagne recèle des dangers. Le régime libanais est faible et risque de s'écrouler, laissant la place à une nouvelle guerre civile ; ce conflit local peut très bien s'élargir à toute la région, avec des conséquences incalculables ; enfin, au cours des dernières décennies, Israël s'est «embourbé» à chaque fois au Liban et n'a jamais pu y concrétiser ses buts de guerre. Dans le passé, comme on sait, la volonté israélienne de «façonner la réalité arabe» a échoué (et, aujourd'hui, le président Bush peut témoigner du succès relatif de telles ambitions...). Proclamé par de hauts gradés et des hommes politiques, l'autre objectif, briser la puissance et l'influence du Hezbollah, est vain et rappelle la myopie des dirigeants du pays, quand ils affirmaient, en 1982, vouloir détruire l'OLP... Même si les moyens militaires sont clairement en faveur d'Israël, le Hezbollah jouit d'une solide «couverture» en Iran, en Syrie et dans le monde arabe, et il faut être naïf pour croire à une victoire israélienne par KO.
S'il existe une ressemblance flagrante entre Palestiniens et Libanais à l'égard d'Israël, il existe aussi une différence essentielle entre ces deux fronts : le Hezbollah au vu et au su de tous est un satellite de l'Iran au Proche-Orient et la tête de pont de ses intentions meurtrières à l'encontre d'Israël. On ne peut mettre en doute son souci des Palestiniens, mais ses aspirations excluent un juste accord entre Palestiniens et Israël. A en juger par ses principes et sa manière d'opérer, même si Israéliens et Palestiniens parviennent à l'avenir à un accord, le Hezbollah s'opposera à tout compromis, continuera d'agir contre Israël et de menacer l'équilibre fragile ainsi obtenu.
Les relations entre Israël et les Palestiniens sont d'une nature totalement différente : ces deux peuples sont obligés de parvenir à un accord de paix s'ils veulent continuer d'exister dans cette région. Leurs sorts sont étroitement mêlés ; tous deux ont un intérêt suprême à parvenir à un accord et, pour cela, à renoncer à certaines de leurs revendications les plus profondes. Tous deux savent qu'en fin de compte il n'y a pas de solution violente à ce conflit.
Néanmoins, l'agression du Hezbollah incite de nombreux Israéliens à opérer un amalgame intellectuel entre les deux fronts où combat leur pays et à éprouver un profond sentiment de menace existentielle. Même si celui-ci n'est pas justifié, la disproportion des moyens militaires étant ce qu'elle est, il peut entraîner une réponse exagérée contre le Liban et conduire à un recul sine die de la solution du conflit israélo-palestinien.
En Israël et dans un certain Beyrouth prospère, si occidental par certains côtés, beaucoup ont voulu croire qu'ils n'appartiennent plus au conflit proche-oriental. Déçus par l'aspect sanguinaire, fondamentaliste et désespéré de ce conflit, ils se sont construit une bulle confortable, de commodités et d'indifférence. En Israël, beaucoup ont aussi réussi à refouler le conflit sanglant en cours à Gaza, les roquettes Qassam tirées sur le sud d'Israël et les souffrances des Palestiniens sous la riposte israélienne. Les derniers événements ébranlent tout le monde, apportent la guerre jusqu'au seuil des maisons et rappellent la réalité fondamentale de nos vies dans cette région. Il semble que, pour en transmuer la nature, il faille plus que de la sagacité diplomatique, mais bien des dons d'alchimiste.

(Traduit de l'hébreu par Jean-Luc Allouche)
David Grossman écrivain israélien.
Dernier roman paru en français : J'écoute avec mon corps , Seuil, 2005, 283 pp., 22 euros.


http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/193709.FR.php
© Libération
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Moubarak : des "éléments extérieurs" ont (posté par aberdam le 13.07.2006)
[Alors que le Hezbollah a attaqué le Nord d'Israël, probablement téléguidé par la Syrie (et/ou l'Iran ?), Hosni Moubarak accuse des "éléments extérieurs" (en clair : la Syrie) d'avoir fait échouer un accord quasiment conclu qui consistait à échanger Gilad Shalit contre un certain nombre de prisonniers palestiniens détenus par Israël}

http://www.haaretz.com/hasen/spages/737774.html

Ha'aretz, 2 juillet 2006


Moubarak : des "éléments extérieurs" ont fait échouer un probable accord sur un échange de prisonniers


Le président égyptien Hosni Moubarak a déclaré que la médiation égyptienne destinée à obtenir la libération du caporal israélien Gilad Shalit, détenu par des combattants liés au Hamas depuis le 25 juin, aéchoué à cause d'éléments extérieurs qui ont fait pression sur le Hamas.

"J'étais parvenu à une solution pour la crise autour du soldat israélien maintenu en captivité, et j'avais reçu des engagements de la part d'Israël de relâcher un grand nombre de détenus palestiniens", a affirmé Moubarak d'après l'édition de mercredi du quotidien gouvernemental al-Ahram al-Massai.

Selon Moubarak, à la fois Khaled Mesh'al, leader politique du Hamas exilé à Damas, et Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, ont été informés de cet engagement d'Israël, et que des dirigeants du Hamas avaient initialement donné leur accord.

Il y a eu "d'autres parties", a dit Hosni Moubarak, qui ont provoqué l'échec de la médiation égyptienne. Il n'a pas précisé l'identité de ces parties, mais il faisait apparemment référence à la Syrie, qui est l'hôte de la haute direction du Hamas. "Le Hamas a été soumis à des pressions de la part d'éléments opposants, et d'autres que je ne souhaite pas citer, ont interféré dans les négociations. Cela a provoqué l'échec d'un accord qui était sur le point d'être conclu", a dit Moubarak, en ajoutant que "ce n'est pas un secret que j'ai oeuvré pour trouver une sortie honorable à cette crise".

Lundi, lors d'une conférence de presse, Khaled Mesh'al a démenti que le Hamas prenait ses ordres auprès d'éléments étrangers comme la Syrie. Il a ajouté que Shalit devait être libéré dans le cadre d'un échange de prisonniers, et remercié les Egyptiens pour leurs tentatives de médiation.
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Après le Hamas, quoi ? (posté par aberdam le 04.07.2006)
Jerusalem Post, 4 juillet 2006

Après le Hamas, quoi ?
par Gershon Baskin (')

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


La plupart des analystes de la campagne militaire d'Israël à Gaza affirment que l'objectif ultime, au-delà, bien sûr, de la libération du soldat Gilad Shalit, est d'abattre le gouvernement du Hamas.

L'arrestation de plus de 80 ministres, députés et militants, ce qui a poussé dans la clandestinité la grande partie de sa direction à Gaza, est destinée à ôter au gouvernement de l'Autorité palestinienne toute existence et toute fonctionnalité. Certains médias israéliens ont même émis l'hypothèse que des dirigeants du Fatah soutiendraient les mesures israéliennes, censées démanteler le leadership du Hamas. Israël, pour sa part, a annoncé que personne "impliqué dans le terrorisme" ne bénéficierait d'une quelconque impunité, et que même le premier ministre Ismail Haniyeh pourrait être une cible légitime.

Devant ces arrestations, la communauté internationale est restée muette. Les tentatives de faire condamner Israël par le Conseil de sécurité ont échoué. Les Etats-Unis et la plupart des pays européens ont exprimé leur inquiétude face aux initiatives israéliennes, mais rien de plus. Cela ne veut pas dire que les réactions seraient les mêmes si Israël devait assassiner Haniyeh ou d'autres dirigeants du Hamas.

Alors que le ministère israélien des affaires étrangères prétend ne pas faire de distinction entre les branches militaire et politique du Hamas, les services du renseignement militaire et le Shin Bet parlent tous de branches distinctes qui obéissent à des commandements séparés. Selon eux, Haniyeh n'a aucune influence sur l'aile militaire du Hamas. Et il y en a même qui doutent de l'autorité du leader politique à Damas, Khaled Mesh'al sur cette branche militaire. En tout cas, Mesh'al affirme qu'il n'en a pas.

Il est probable que l'attaque contre la base de Kerem Shalom n'a pas été commanditée par Mesh'al et le politburo de Damas. Mesh'al n'en a été probablement été informé qu'après coup, et l'a exploitée pour gagner de l'influence à Gaza. Il ne fait aucun doute que l'enlèvement de Shalit est très populaire chez les Palestiniens, qui voient en lui le seul espoir de faire libérer leurs prisonniers (environ '0.000) des prisons israéliennes. Ils savent qu'Israël a cédé face au Hezbollah et à son chef Hassan Nasrallah, et qu'il a échangé des centaines de prisonniers pour récupérer
les corps de trois soldats. Alors, pourquoi ne pas espérer qu'un soldat vivant produise de meilleurs résultats ?

Israël est piégé. Si l'armée et le renseignement sont incapables de localiser la cachette des ravisseurs, et si un raid militaire pour libérer Shalit ne peut être entrepris, l'option de la négociation devient tout à fait réelle. Mais si Israël négocie avec les ravisseurs, on peut être certain que des enlèvements se répéteront chaque semaine. Cela étant donné, Israël a entrepris d'abattre le gouvernement du Hamas. Cela sonne bien, et aurait très certainement l'assentiment de Washington, mais qu'arrivera-t-il une fois que le gouvernement du Hamas aura été renversé ?

Le président Abbas peut-il prendre le pouvoir ? Peut-il déclarer l'état d'urgence et nommer un gouvernement Fatah ? Se trouverait-il un seul Palestinien pour penser que ce gouvernement a une véritable légitimité ? Israël peut-il pénétrer et réoccuper les territoires et prendre la responsabilité de les gouverner ? Israël est-il prêt à demander à la communauté internationale d'intervenir et d'assumer les responsabilités d'un gouvernement ? La communauté internationale est-elle prête à le faire ?

La réponse à toutes ces questions est non. Si Israël fait tomber le gouvernement du Hamas, le scénario le plus plausible sera celui de l'anarchie et du chaos. Personne ne pourra faire régner l'ordre, et personne ne sera en sécurité : ni les Palestiniens, ni les Israéliens. L'enlèvement de Gilad Shalit a pris au même piège la direction du Hamas, Abbas et Israël. Personne ne veut y être et personne ne sait comment en sortir. Israël aimerait exploiter la situation pour obtenir des gains
militaires contre d'autres cibles telles que les roquettes Qassam, mais une invasion militaire de Gaza sur une grande échelle ne peut atteindre cet objectif. Certains dirigeants israéliens de droites comme Effie Eitam ont proposé d'exterminer toute la direction du Hamas. D'autres, y compris le maire de Sderot Eli Moyal, frustré à juste titre, ont proposé de rendre invivables Beit Hanoun et Beit Lahya [ville et camp de réfugiés de la bande de Gaza proches de la frontière avec Israël, d'où sont tirées la plupart des roquettes]. Ehoud Olmert et Amir Peretz auraient probablement de meilleurs sondages s'ils adoptaient cette politique folle et contraire aux valeurs morales du judaïsme, et Israël se condamnerait encore davantage à une impasse sans aucune issue.

Ce qui est tragique dans cette situation politique, c'est que tous les leaders, pour le moment, apparaissent comme perdants. Olmert, Peretz, Abbas et même Haniyeh. Même Khaled Mesh'al, qui au début a vu sa popularité monter en flèche, essentiellement parce que les Israéliens lui ont attribué plus de crédit qu'il n'en méritait pour l'attaque contre Kerem Shalom, est aujourd'hui perdant, parce qu'en réalité, il ne contrôle pas grand-chose sur le terrain, à Gaza.

A court terme, le plus important est de ramener Gilad Shalit sain et sauf à la maison. A plus long terme, il est très important de conserver des chances de rebâtir de la stabilité et la porte ouverte à de futures négociations. Sans stabilité et sans retour à la négociation, il ne peut y avoir aucune "convergence", et Israël sera condamné à conserver des territoires dont il ne veut plus.

Il est très intéressant de noter qu'en hébreu, il n'existe pas de mot pour désigner une "désescalade", ce qui explique peut-être la difficulté de la concevoir et de la mettre en oeuvre. Des deux côtés, on a besoin d'une échelle pour descendre de ses positions. Le seul scénario qui puisse sauver des vies (y compris celle de Gilad Shalit) est de trouver un moyen de parvenir à un cessez-le-feu bilatéral qui comprendrait une libération de prisonniers. La libération des prisonniers pourrait être liée au respect du cessez-le-feu et non à l'enlèvement. Le fait de tuer des centaines de Palestiniens, même s'ils soutiennent le Hamas, n'aidera en rien la position stratégique d'Israël. Si le Hamas est mis à genoux, Israël aura face à lui le Jihad islamique et al-Qaida, ou pire. Tuer des Palestiniens ou les humilier n'a jamais produit une modération du côté palestinien. Il y a encore une chance, sans garantie, mais prendre le risque d'un cessez-le-feu qui libérerait Shalit paraît le meilleur prix à payer face à toute autre solution.


(') Gershon Baskin est le co-directeur israélien de l'IPCRI
(Israel/Palestine Center for Research and Information). http://www.ipcri.org
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L’ultimatum de l’Egypte au Hamas (posté par aberdam le 03.07.2006)
Ha’aretz, 3 juillet 2006

L’ultimatum de l’Egypte au Hamas


D’après des sources palestiniennes haut placées, le Hamas a été mis en demeure de donner une réponse ce matin (lundi) à la proposition du président égyptien Hosni Moubarak pour mettre un terme à la crise provoquée par l’enlèvement du soldat israélien Gilad Shalit. Certaines sources impliquées dans les tentatives de médiation confirment que le deal a été proposé vendredi à la direction du Hamas, à l’étranger et dans les territoires, et que l’organisation a 48 heures pour réagir.

"Le président Moubarak a parlé personnellement au président syrien Bachar Assad et a suggéré d’exercer des pressions sur le Hamas pour qu’il accepte la proposition", affirment les sources palestiniennes. "Cette proposition est la suivante : le soldat israélien sera libéré immédiatement et en retour, Israël libérera des prisonniers dans un futur proche. Le nombre de prisonniers à libérer n’est pas précisé, pas plus que la date de leur libération. Au début, la direction du Hamas a rejeté cette proposition, en disant qu’on ne pouvait pas compter sur Israël pour qu’il libère des prisonniers. L’Egypte les a informés qu’ils recevraient une garantie personnelle de Moubarak pour la libération prochaine de prisonniers."

Les Egyptiens attendaient une réponse hier (dimanche), mais ils se sont rendu compte que le Hamas gagnait du temps et faisait passer la responsabilité de l’enlèvement et la proposition égyptienne d’un corps à l’autre.

Au cours de leur conversation, Assad a dit à Moubarak que le leadership du Hamas à Damas n’avait aucun lien avec l’enlèvement et que les décisions se prenaient par l’aile militaire à Gaza. Mais par ailleurs, l’équipe égyptienne à Gaza a entendu de la bouche de hauts responsables du Hamas que c’était la direction de l’étranger qui prenait les décisions.

Au même moment, le chef du renseignement égyptien, Omar Souleiman, s’entretenait avec Khaled Mesh’al, chef du bureau du Hamas à Damas. D’après des sources palestiniennes, Mesh’al aurait dit à Souleiman qu’il avait demandé à l’aile militaire de répondre favorablement à la proposition
égyptienne, sans s’engager davantage.

Des représentants haut placés du Fatah affirment que des éléments supplémentaires sont entrés en jeu, ce qui a fait que le Hamas n’a toujours pas répondu. Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé le Hamas à ne pas accepter le deal sans recevoir quoi que ce soit de concret en échange.

De plus, il y a eu des manifestations continuelles dans les territoires et même dans certains pays arabes. Autre facteur : les médias israéliens ont publié des éditoriaux qui appellent à négocier un échange de prisonniers et ont aussi fait état d’un sondage du quotidien Yediot Aharonot qui montre que la plupart des Israéliens seraient en faveur de la libération de prisonniers palestiniens en échange de la libération du soldat.

La nuit dernière, les Egyptiens ont perdu patience et ont averti le Hamas qu’à moins qu’il réponde à la proposition de Moubarak ce matin, l’Egypte stopperait sa médiation et il est alors probable qu’Israël étendrait ses actions dans la bande de Gaza.

A Jérusalem, un officiel israélien a dit que, pour l’instant, Israël n’avait reçu aucune proposition concernant la libération de Gilad Shalit. Ehoud Olmert a déclaré : "Il n’y aura pas d’accord. Le soldat Shalit sera libéré, sinon nous serons obligés d’agir pour obtenir sa libération."

Entre temps, Amir Peretz a autorisé la réouverture du passage frontalier de Karni dans une seule direction, d’Israël vers l’Egypte, afin de permettre à 150 camions par jour chargés d’aide humanitaire de passer par la bande de Gaza. Le passage de l’essence et du gaz sera autorisé par le passage de
Nahal Oz.
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La piqûre (posté par aberdam le 03.07.2006)
[fallait-il le talent d’un jeune romancier, arabe de surcroît, pour dire le désarroi de certains Israéliens devant ce qui se passe à Gaza ? Peut-être. Attention, ironie amère et deuxième degré]

http://www.haaretz.com/hasen/spages/732917.html

Ha’aretz, 30 juin 2006

La piqûre
par Sayed Kashua (1)

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Je hais les semaines qui commencent comme ça ! Nous ne sommes que lundi, jour où je dois rendre cet article, et je ne sais pas quoi écrire. Vendredi, quand mon article paraîtra, je pourrais passer pour un parfait imbécile, à essayer de deviner comment une semaine qui a commencé ainsi pourrait finir.
Bien sûr, ce n’est pas un édito politique, je pourrais ne pas tenir compte de ce qui se passe dans le monde et raconter une amusante histoire de famille, mais ce serait dangereux de faire cela cette semaine.

Peut-être que vendredi, Gaza n’existera plus, et alors, je ne vous raconte pas comment je me sentirai : un crétin. Le matin où le monde entier parlera de ce qu’était Gaza, je serai le seul à parler d’une dispute avec ma femme ou d’un tour au centre commercial. D’ailleurs, rien d’assez intéressant pour que je vous le raconte ne s’est passé chez moi, hormis le fait que je me suis fait piquer. Par une araignée, je crois. Ma jambe a enflé comme un ballon et je ne pouvais pas bouger. C’est une longue saga en elle-même, mais
pas vraiment appropriée pour ces jours-ci.

Alors, pour être sûr, au cas où (Dieu nous en préserve) Gaza n’existerait plus, ou que l’armée israélienne en a dévasté la moitié, ou même qu’elle l’aurait envahie d’ici vendredi et fait prisonniers quelques dizaines de personnes, je vais écrire ce qui suit : le chef d’état-major, le ministre de la défense et le premier ministre doivent être jugés pour crimes de guerre. Tsahal, du haut en bas, est coupable. Le pays tout entier est coupable. La communauté internationale doit intervenir immédiatement pour arrêter le
massacre des Palestiniens et pour apporter sa protection aux civils palestiniens innocents.

Juste pour vous faire comprendre que j’ai été piqué à un point très sensible, et que toute la zone sur un rayon de 5 cm est rouge et enflée, et que la rougeur et l’enflure se sont propagées aux veines adjacentes. Et ça, je peux vous dire, ça n’est pas beau à voir. "Va voir un médecin", a hurlé ma femme quand elle a vu que je commençais à boiter.

Et disons, Dieu nous en préserve, que d’ici vendredi, l’assaut israélien contre Gaza n’est pas lancé, que Tsahal montre une certaine retenue et tente de parvenir à un accord avec les Palestiniens par les canaux diplomatiques sur les conditions de libération du soldat kidnappé. Et disons, Dieu nous en préserve, que jeudi soir, ou vendredi matin, ils se rendent compte qu’il n’y a aucune chance de parvenir à un accord et que le feu vert est donné à une unité d’élite pour faire un raid sur la cachette où, d’après des sources
fournies par le renseignement, le soldat est détenu.

Disons que l’opération ne se termine pas comme l’auraient souhaité les haut gradés, et que la tragédie israélienne devient plus grave encore qu’elle ne l’était au début de la semaine. Alors, vous, chers lecteurs, qui aimez survoler les écrits d’un "journaliste terroriste" qui a le culot de pérorer
sur une piqûre d’araignée et une jambe enflée, regretterez que je ne sois pas mort de la piqûre. Et vous souhaiterez que la prochaine fois, une vipère particulièrement énorme se glisse depuis les hauteurs du Mont Hebron pour venir me piquer en plein coeur, et me causer une mort lente dans d’atroces souffrances. Et vous souhaiterez que le serpent ne s’arrête pas là, mais qu’il aille piquer tout le quartier, puis qu’il continue jusqu’à Beit Lahia et qu’il raye de la carte le camp de réfugiés tout entier.

Au cas où ce serait ce scénario qui prévaudrait le vendredi matin, alors je proclamerai ce qui suit : grand chagrin, terrible tragédie. Ce n’est pas la voie de l’islam. Tous les enfants musulmans savent combien notre religion et notre prophète (qu’il repose en paix) sont attentifs aux prisonniers de guerre. Même si les Palestiniens se sentent en danger, ils doivent d’abord se mettre eux-mêmes en danger et absolument pas sacrifier la vie du soldat, dont ils sont responsables de la vie, et eux seuls. On peut seulement espérer qu’au cours de l’action de représailles à venir, Tsahal et les dirigeants de ce pays démontreront de la retenue et y réfléchiront à deux fois avant de s’embarquer dans une quelconque action qui pourrait coûter la vie d’innocents habitants de Gaza. (Impossible d’espérer zéro victimes, mais au moins il faudrait qu’elles soient réduites au minimum, si possible. Et merci d’avance à Tsahal).

La douleur s’est aggravée et, ce matin, je ne pouvais plus bouger la jambe. "Ca pourrait finir en gangrène", me dit ma femme. "Il te faut un médecin." Ca m’a fait un petit peu plaisir de la voir si soucieuse de ma jambe, et même, je l’ai remerciée pour son inquiétude. Elle m’a répondu qu’elle se fichait de ma jambe. Le problème était que la gangrène pouvait se développer vers le haut. Vu l’emplacement de la piqûre (le haut de la cuisse), je ne me rue pas chez le médecin. J’ai horreur de l’idée de me déshabiller pour une simple piqûre. Et je suis certain que ça disparaîtra tout seul. "Porte des shorts", me dit-elle. Et puis, elle est partie.

Qu’arrivera-t-il d’ici vendredi ? Qu’écrire une semaine qui commence de cette façon ? Peut-être suis-je pessimiste, comme d’habitude. Peut-être que les négociations entre Israéliens et Palestiniens sur le soldat vont être super. Peut-être que l’officier israélien et son collègue palestinien vont découvrir qu’ils partagent un tas de choses. Ils boiront du café, ils rigoleront. Ils inviteront des copains à se joindre à eux, ils feront libérer le soldat. Et puisque, dans toute cette affaire, les Palestiniens se seront révélés de si bons gars qu’Israël, dans un geste de reconnaissance, libérera un millier de prisonniers, ou peut-être même tous. Et le soldat, peut-être lors de la conférence qui suivra sa libération, déclarera qu’en
fait, il plaisantait avec ses ravisseurs, qu’ils se sont bien occupés de lui, et qu’il a mangé le meilleur houmous du monde.

Peut-être que d’ici vendredi, les deux côtés auront compris qu’il est possible de se parler. Peut-être se rendront-ils compte que les assassinats ciblés sont ridicules, et que les bombardements le sont encore plus. Et peut-être que le Hamas s’excusera pour les Qassam, et que le maire de Sderot, Eli Moyal, leur pardonnera et déclarera le jumelage de Sderot et de Dir al-Balah. Mahmoud Darwish écrira une chanson pour Kobi Oz, et ce sera un tube, un hymne à la paix. Si tout cela arrive d’ici vendredi, alors je me sentirai libre de vous raconter comment je me suis fait piquer samedi dernier et comment ma jambe a enflé.


(1) Sayed Kashua fait partie de la jeune génération des romanciers israéliens. Arabe et citoyen israélien, il est journaliste à Tel-Aviv et écrit en hébreu. Récemment, son livre "Les Arabes dansent aussi" a été publié aux éditions Belfond.
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Le "Document des prisonniers" (posté par aberdam le 28.06.2006)
[le "Document des prisonniers" continue d’être au centre du débat politique palestinien. Il a aussi permis à Marwan Barghouti, bien que, ou parce que, détenu dans une prison israélienne, de retrouver un rôle moteur]


www.bitterlemons.org

Bitterlemons, 19 juin 2006

Le "Document des prisonniers" : Barghouti mène la danse, Abbas s’affirme par Danny Rubinstein (1)


Ce que l’on appelle le "Document des prisonniers" est actuellement au centre d’une crise politique palestinienne. Ce document a été publié il y a un mois environ dans la prison de Hadarim (Tel Mond), signé par cinq détenus connus par le public palestinien pour leurs activités politiques : Marwan Barghouti, secrétaire général du Fatah et député au parlement ; Sheikh Abd al-Halak Natsche, l’un des leaders les plus importants du Hamas ; Abd el-Rakhim Malouh, membre du comité central de l’OLP au nom du FPLP ; Mustafa Badarneh, du FDLP, et Sheikh Basam al-Saadi, du Jihad islamique (qui a posé une réserve concernant l’une des clauses).

Le contenu se ce document a été discuté en long et en large. En bref, il comprend 18 clauses, dont la plus importante parle de la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, de l’acceptation des décisions internationales et de la reconnaissance de la "légitimité arabe" - clauses dont l’interprétation pratique revient à reconnaître Israël. La plupart des autres clauses parlent de l’importance de l’unité palestinienne et du besoin de changement au sein de l’OLP. Une clause importante parle de continuer à négocier avec Israël, et souligne que tout accord obtenu sera soumis à l’approbation du peuple par référendum.

En apparence, on pourrait douter de la confiance que suscite un document rédigé par des détenus dans une prison israélienne. Après tout, ces détenus sont sous le contrôle strict des autorités pénitentiaires. Tout contact entre eux ou avec des gens du dehors s’effectue sous la surveillance et avec l’accord d’Israël, qui peut les empêcher ou les autoriser. Dans ces conditions, il est à noter que pratiquement aucune voix ne s’est élevée dans l’opinion palestinienne pour mettre en doute la crédibilité du document, du moins pas en public.

Seul le premier ministre palestinien, Ismail Haniyeh (Hamas), a demandé à l’opinion de ne pas oublier que le document émane de détenus d’une seule prison, et non de toutes les prisons. Ses remarques reflètent le malaise, pour le moins, que suscite le document chez la plupart des dirigeants du Hamas. Pourtant, ils hésitent à le critiquer, compte tenu de l’immense sympathie dont jouissent ces prisonniers dans tous les secteurs de l’opinion, en Cisjordanie comme à Gaza. Et, en particulier, Marwan Barghouti, leader de la jeune génération du Fatah, souvent appelé "l’ingénieur de l’Intifada".

L’opinion palestinienne attribue à Barghouti l’initiative d’opérations lancées contre Israël au début de l’Intifada. Israël l’a condamné à cinq peines de perpétuité. Cela explique peut-être pourquoi son leadership est accepté non seulement par les membres du Fatah, mais aussi par les militants d’autres factions. On lui attribue aussi du courage politique, car il a osé plusieurs fois d’élever contre Yasser Arafat. Et il est considéré comme relativement non corrompu, comparé à d’autres dirigeants du Fatah. Le prestige de Barghouti a été quelque peu atteint quand la plupart de ses jeunes partisans ont été battus par les candidats du Hamas aux élections. Mais le Fatah ne peut aligner aucun autre candidat de la jeune génération capable de rivaliser avec lui pour prendre la tête du mouvement dans les années à venir.

La réputation de Barghouti, ajoutée à celle des autres signataires, a garanti une publicité maximum au document. Le président de l’OLP [et de l’Autorité palestinienne], Mahmoud Abbas, notant l’hésitation du Hamas à y souscrire, s’est hâté de mettre le gouvernement de Haniyeh dans l’embarras en déclarant qu’il le soumettrait à un référendum le 26 juillet à moins que les deux parties ne parviennent auparavant à un compromis.

Le document des prisonniers ne fera probablement pas plaisir à la plupart des Israéliens. Il parle des frontières de 1967 et de la reconnaissance du droit au retour des réfugiés palestiniens. Cela n’empêche que du côté palestinien, il a créé un certain remous. Il a permis à Mahmoud Abbas de s’affirmer. Lui qui depuis longtemps était accusé de faiblesse par ses partisans comme par ses rivaux, a su prendre l’initiative. De fait, le document des prisonniers lui a fourni une occasion en or pour exercer une pression sur le Hamas afin que celui-ci change de position politique. Du même coup, il fournit au Hamas, qui est affaibli dans l’opinion suite à son refus idéologique de reconnaître Israël, un moyen confortable de descendre de l’arbre où il était perché.

Au bout du compte, le Hamas peut-il accepter ce document ? Malgré leurs réserves, les porte-parole du Hamas ne se sont pas hâtés de le rejeter d’office. Le député Adnan Asfour a déclaré qu’en fait, 90% du document était acceptable pour le Hamas. Et le premier ministre Haniyeh a annoncé qu’avec quelques modifications, il serait acceptable pour tous. Ce qui met le Hamas en colère, c’est le ton agressif de Mahmoud Abbas, et en particulier son ultimatum et l’idée du référendum. Du point de vue du Hamas, un référendum constituerait un moyen de contourner, ou même d’annuler le résultat des élections tenues il y a à peine 4 mois, élections largement remportées par le Hamas.

Ainsi, les réserves du Hamas ont trait principalement au style d’Abbas davantage qu’au contenu du document. Le détenu leader du Hamas qui l’a signé a d’ailleurs retiré sa signature, bien plus à cause de son exploitation politique par Abbas que pour des raisons de contenu.

Au bout du compte, il est probable que les deux parties parviendront à un compromis. Le Hamas acceptera de nommer un gouvernement technocratique au-dessus des partis, et Abbas renoncera au référendum. Quant au document lui-même, le Hamas et le Fatah se mettront probablement d’accord pour effacer certaines des déclarations les plus claires et les remplacer par des formulations plus ambiguës.


(1) Danny Rubinstein est membre du comité de rédaction d’Haaretz, et enseigne aux universités Hébraïque et Ben-Gourion. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le problème des réfugiés palestiniens et d’une biographie de Yasser Arafat.
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Ne tirez pas, parlez ! (posté par aberdam le 28.06.2006)
[au sujet des frappes aériennes meurtrières sur Gaza : une prise de position de Shalom Arshav + un édito de Ha’aretz ("Ne tirez pas, parlez !") qui va dans le même sens]


Communiqué de Shalom Arshav (La Paix Maintenant Israël)

22 juin 2006

Arrêtez les frappes aériennes sur Gaza !


Après la frappe aérienne de la nuit dernière sur Gaza, Shalom Arshav appelle le ministre de la défense à ordonner l’arrêt de toutes les frappes aériennes. Les événements de la semaine dernière, où des civils innocents ont été tués, sont inacceptables. Des pertes de vies humaines ne sont pas des "bavures". La poursuite des frappes aériennes fait le jeu des terroristes et ne résoudra pas le problème des Qassam.


http://www.haaretz.com/hasen/spages/729860.html

Ha’aretz, 22 juin 2006

Ne tirez pas, parlez !
éditorial de la rédaction

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Un Etat souverain ne peut pas accepter que des roquettes soient tirées sur son territoire, que ce soit sur Gilo, Kiryat Shmona ou Sderot. Les tirs qui frappent sans répit le nord du Néguev n’ont rien à voir avec une quelconque revendication territoriale sur Gaza, Israël s’étant retiré sur la frontière internationale. Il s’agit en réalité d’une étape supplémentaire dans le conflit entre Israël et les Palestiniens, qui parfois prend des formes violentes, chaque côté considérant la faiblesse de l’autre pour le vaincre.

Peu importe non plus quelle organisation est responsable des tirs. L’Autorité palestinienne a un gouvernement élu, dont la responsabilité est d’empêcher les attaques contre Israël à partir de son territoire. Mais avant de décider d’une escalade du conflit, avant d’assassiner encore davantage de gens, il serait bon de tenter autre chose : parler au lieu de tirer. Peu importe qui a le plus raison, peu importe qui a commencé, avec qui parler ou même si le fait de parler a oui ou non un objectif stratégique. Même si les conditions ne sont pas encore mûres pour des négociations en vue d’un règlement final du conflit, il n’y a pas de raison logique de ne pas organiser des réunions à tout niveau possible pour discuter de la reprise d’une vie normale, des échanges de tirs, d’un cessez-le-feu. Il faut retenir les leçons du denier cycle de violences de ce conflit sans fin, avant qu’il ne se détériore encore davantage.

Il est évident que le fait de continuer à tuer des civils palestiniens, dont des enfants, n’apportera pas la sécurité aux habitants d’Israël, à court ni à long terme, tout comme les tirs de Qassam sur les civils israéliens, dont des enfants, ne promettra pas un avenir meilleur aux habitants de Gaza.

Les Palestiniens ont un gouvernement élu, un président élu, et ils doivent décider de leur côté qui doit mener un dialogue avec Israël, et de quoi ce dialogue traitera. De la part d’Israël, il n’est nul besoin de boycotter quiconque prendrait part à ce dialogue ni de poser des conditions préalables, puisque à ce stade, ce dialogue ne traiterait pas de la fin du conflit, mais qu’il s’agirait de rapprocher les parties et d’étouffer les braises qui menacent de rallumer une nouvelle guerre. Toute tentative de se parler, d’une hudna (trêve) de quelques jours ou de nombreuses années, d’un arrêt du boycott de l’Autorité palestinienne en échange d’un cessez-le-feu, d’un arrêt des assassinats ciblés en échange d’un arrêt des Qassam, ou de tout autre compromis temporaire, même s’il n’implique pas une vision jusqu’à la fin des temps, porte au moins en lui une option de modération pragmatique, et l’espoir (même s’il est ténu) d’une normalisation rampante. Et toute déception qui suivrait un échec éventuel de ces pourparlers vaudrait mieux que de compter les cadavres d’enfants.

Le désengagement, la convergence, la fin du conflit, la fixation des frontières : tout cela, ce sont de grands mots compte tenu de la situation d’aujourd’hui. D’un côté, il y a la faim et le désespoir, dont les Israéliens ignorent tout. De l’autre, il y a la peur et le désir croissant de vengeance. Il faut stopper ce cycle de la peur. C’est pour cela que les diplomates existent, qui sont capables de voir au-delà du canon du fusil : cette sorte de diplomates qui ne se contentent pas des conseils des militaires, mais qui prennent leurs propres décisions.
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Une philosophie de la mort (posté par aberdam le 28.06.2006)
http://www.haaretz.com/hasen/spages/708066.html

Ha’aretz, 23 avril 2006

Une philosophie de la mort
par Nazir Majali (1)

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Il n’y a pas de mots pour condamner l’attentat méprisable à Tel-Aviv. Non seulement parce qu’il est contraire aux intérêts du peuple palestinien, non seulement parce qu’il sert les intérêts des va-t-en-guerre qui pullulent dans notre région, mais, bien plus important, parce que la philosophie qui le sous-tend est une philosophie qui est en train de détruire le peuple palestinien. Philosophie morbide, qui préfère la mort à la vie. Philosophie mensongère, soi-disant inspirée par Dieu et par l’islam. Philosophie raciste, fondée sur le principe du meurtre de juifs parce qu’ils sont juifs, principe partagé dans l’Histoire par certains mouvements auxquels il est peu agréable d’être assimilé. Philosophie de criminels de guerre, dont le but est d’assassiner des passants innocents dans les rues, des gens venus échanger au restaurant un argent durement gagné contre de la nourriture, des femmes étrangères qui ont fait des milliers de kilomètres pour apporter un peu de soutien à leurs familles, des personnes âgées qui ont décidé de sortir de chez eux ce jour-là pour faire une promenade. Des gens que les assassins ne connaissaient absolument pas, mais à la vie desquels ils se sont autorisés à mettre fin. Des gens qui n’avaient rien fait de mal. Philosophie de la lâcheté, aussi. Si quelqu’un veut combattre l’occupation, qu’il s’attaque à l’armée d’occupation, pas à des innocents dans la rue !

Du point de vue de la société palestinienne, c’est une philosophie de l’autodestruction. Ceux qui ont envoyé ce jeune homme se faire exploser à Tel-Aviv ont frappé leur propre peuple, de plusieurs manières. Ils tuent ce jeune Palestinien et apportent le deuil à une famille dont le monde est désormais dévasté. Et ce qui se dit des mères palestiniennes (qui soi-disant glorifieraient le suicide de leurs enfants) est faux. Aucune mère ne souhaite voir mourir son fils. Ils suscitent une réaction israélienne qui frappe la famille, le village, les villages voisins, et peut-être le peuple palestinien tout entier. Ils nourrissent chez les jeunes Palestiniens la culture de la mort et non celle de la vie. Le résultat de cette éducation, ce sera moins d’espoir, moins d’investissement dans les études et dans les activités culturelles et scientifiques, moins d’amour et davantage de haine. En conséquence, tout Palestinien patriote doit condamner cet attentat et le considérer comme du terrorisme anti-palestinien.

Il est clair que cela n’exonère pas le gouvernement israélien et son armée de sa part de responsabilité dans ce massacre. Leur comportement a grandement contribué à augmenter le niveau du désespoir et de l’aveuglement qui créent cette armée toujours grandissante de kamikazes. Le terrorisme a toujours ses raisons. Il est le résultat de l’oppression qui dure depuis des dizaines d’années. Les Palestiniens sont désespérés. Ils sont sans cesse victimes de punitions collectives et d’humiliations qui ne connaissent aucune limite. Du côté palestinien, il y a aussi des innocents qui meurent : enfants, bébés, femmes, vieillards, des gens ordinaires qui se font tuer sans avoir rien fait de mal. Pour chaque Israélien innocent tué, environ quatre Palestiniens sont tués. Mais l’argument du désespoir causé par les actions israéliennes ne justifie pas le terrorisme. On ne peut pas justifier le terrorisme. Cela dit, l’impact de ces actions et leur contribution au terrorisme ne peuvent être ignorées. Israël doit, lui aussi, se débarrasser de cette philosophie de la mort, qui ne s’exprime pas par des attentats terroristes, mais par le bombardement de la bande de Gaza, les fouilles de maisons, les assassinats ciblés (qui ne sont jamais que des exécutions sans jugement), les arrestations de masse (1.200 détentions administratives non motivées), les barrages routiers, les bouclages, les humiliations, etc.

En tant que personne qui croit que les citoyens de son pays, les Israéliens, et les Palestiniens, son peuple, vivront dans la paix, la sécurité et la prospérité, j’implore que soit changée du tout au tout cette politique agressive qui n’apporte que la destruction totale aux deux côtés.


(1) Citoyen arabe israélien, Nazir Majali est spécialiste des affaires israéliennes pour plusieurs chaînes de télévision arabes et pour le quotidien londonien en langue arabe Asharq Al Awsat.
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Résultat des élections israéliennes (posté par aberdam le 28.06.2006)
Après le décompte final des bulletins de vote (en particulier de ceux des soldats), les partis Kadima, Likoud et Meretz gagnent chacun un siège, au détriment du Shas, d'Israel Beitenu et de Ra'am - Ta'al.

La répartition définitive est donc :

Kadima : 29 sièges
Travaillistes : 19
Likoud : 12
Shas : 12
Israel Beitenu : 11
Parti National Religieux - Union nationale : 9
Gil (retraités) : 7
Judaïsme de la Torah : 6
Meretz : 5
Hadash : 3
Ra'am - Ta'al : 4
Balad : 3

Les députés élus sont les suivants (dans l'ordre dans lequel ils
figuraient sur leurs listes respectives) :

– Kadima : 1.Ehoud Olmert, 2.Shimon Peres, 3.Tzipi Livni, 4.Meir Shitrit, 5.Avi Dichter, 6. Marina Solodkin, 7.HaIm Ramon, 8.Shaul Mofaz, 9.Tzahi Hanegbi, 10.Abraham Hirchson, 11.Uriel Reichman, 12.Gideon Ezra, 13.Ronnie Bar-On, 14.Dalia Itzik, 15.Ze'ev Boim, 16.Jacob Edery, 17.Ze'ev Elkin, 18.Majalli Whbi, 19.Rouhama Avraham, 20.Menachem Ben Sasson, 21.Shlomo Breznitz, 22.Eli Aflalo, 23.David Tal, 24.Avigdor Itzhaki, 25.Ronit Tirosh, 26.Othniel Schneller, 27.Michael Nudelman, 28.Amira Dotan, 29.Yoel Hasson

– Travaillistes : 1. Amir Peretz, 2. Isaac Herzog, 3. Ophir Pines-Paz, 4. Avishai Braverman, 5. Youli Tamir, 6. Ami Ayalon, 7. Eitan Cabel, 8. Binyamin (Fouad) Ben-Eliezer, 9. Sheli Yakhimovitch, 10. Michael Melchior, 11. Matan Vilnaï, 12. Colette Avital, 13. Ephraim Sneh, 14. Dani Yatom, 15. Nadia Hilo, 16. Shalom Simkhon, 17. Orit Noked, 18. Yoram Marsiano, 19. G. Magadla

– Likoud : 1. Benjamin Netanyahou,2. Silvan Shalom, 3. Moshe Kahlon, 4. Gilad Erdan, 5. Gideon Sa`ar, 6. Michael Eitan, 7. Reouven Rivlin, 8. Dan Naveh, 9. Youval Steinitz, 10. Limor Livnat, 11. Natan Sharansky, 12. Yisrael Katz

– Shas : 1. Eliyahou Yishaï, 2. Itzhak Cohen, 3. Amnon Cohen, 4. Meshoulam Nahari, 5. Ariel Attias, 6. Shlomo Benizri, 7. David Azoulay, 8. Itzhak Ouaknin, 9. Nissim Zeev, 10. Yakov Margi, 11. Emil Amsalem, 12. Avraham Michaeli

– Israel Beiteinu :1. Avigdor Liberman, 2. Youri Stern, 3. Edvi Israel Hasson, 4. Yossef Shegal, 5. Esterina Tratman, 6. Stess Miznikov, 7. Sofa Landver, 8. Yitzhak Aharon-Aharonovitch, 9. Robert Iltov, 10. Alex Miller, 11. Lea Shemtov

– Parti National Religieux - Union nationale : 1. Benyamin Elon, 2. Zvouloun Orlev, 3. Tsvi Hendel, 4. Effie Eitam, 5. Nissan Slomiansky, 6. Itzhak Levy, 7. Eliahou Gabbay, 8. Arieh Eldad, 9. Uri Yehouda Ariel

– Gil (retraités) : 1. Raphael Eitan Pentman, 2. Yaakov Ben-Izri, 3. Moshe Sharoni, 4. Itzhak Ziv, 5. Itzhak Galanti, 6. Elhanan Glazer, 7. Sarah Marom

– Judaïsme de la Torah : 1. Yakov Litzman, 2. Avraham Ravitz, 3. Meir Poroush, 4. Moshe Gafni, 5. Shmouel Halpert, 6. Yaakov Cohen

– Meretz :1. Yossi Beilin, 2. Haim Oron, 3. Ran Cohen, 4. Zahava Gal-On, 5. Avshalom (Abou) Vilan

– Ra'am-Ta'al : 1. Ibrahim Tzartzour, 2. Ahmad Tibi, 3. Talab El-Sana, 4. ?

– Hadash : 1. Mohammad Barake, 2. Hanna Swaid, 3. Dov Khenin

– Balad : 1. Azmi Bishara, 2. Jamal Zahalka, 3. Wasil Taha
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Radio "All for peace" (posté par aberdam le 28.06.2006)
Suite à une réunion récente à Paris, plusieurs lecteurs ont demandé des précisions sur la radio israélo-palestinienne "All for Peace" que dirigent nos amis Mossi Raz et Saman Khouri.

Deux articles lui sont consacrés sur notre site :
http://www.lapaixmaintenant.org/article802
http://www.lapaixmaintenant.org/article962 (interview de Saman Khouri et de Mossi Raz)

On peut écouter cette radio sur Internet :
http://www.allforpeace.org/index.aspx?lang=fr
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Pour la liberté d’expression (posté par aberdam le 28.06.2006)
[en France, les démocrates de culture musulmane se mobilisent. Voici un article de Tewfik Allal, coordonateur du Manifeste des libertés, qui prend fermement position. Suit, dans le même esprit, un lien vers l’appel de l’association "Histoires de mémoire".]


Pour la liberté d’expression
par Tewfik Allal

Ce texte est paru dans le n° de Charlie Hebdo daté du 8 février. A paraître prochainement dans L’Humanité


L’hebdomadaire jordanien Shihane publiait, le 2 février dernier, trois des caricatures danoises qui mettent aujourd’hui le "feu aux poudres", et se demandait "ce qui portait le plus préjudice à l’islam : ces caricatures ou bien les images d’un preneur d’otage qui égorge sa victime devant les caméras" (cité par Libération, 3 février 2006).

Le problème est que ce journal a été retiré de la vente, et le directeur de publication, limogé. Ainsi, il y a certainement nombre de gens qui pensent la même chose en terres d’Islam, mais ils n’auront pas le droit de le dire : c’est à eux que manque le plus gravement la liberté d’expression. On pourra toujours discuter de la qualité de ces caricatures et de l’influence possible, sur elles, de l’atmosphère droitière et teintée de racisme qui sévit actuellement au Danemark, comme dans d’autres pays européens.

Mais qu’on en appelle au meurtre contre leurs auteurs et contre l’ensemble de leur nation au nom de Dieu, que le secrétaire général du Hezbollah libanais déclare que "s’il s’était trouvé un musulman pour exécuter la fatwa de l’imam Khomeyni contre le renégat Salman Rushdie, cette racaille qui insulte notre prophète Mahomet au Danemark, en Norvège et en France n’aurait pas osé le faire", nous impose l’urgente nécessité de les défendre : allons-nous attendre, comme le dit Magdi Allam dans Il Corriere de la sera, "qu’un autre Théo van Gogh soit assassiné à Copenhague ou à Oslo" ? Qu’on ait de nouveau ce sinistre " fini de rire " dont parlait un journaliste français lors de l’affaire van Gogh ?

Cette remise en cause de la liberté d’expression, orchestrée quatre mois après les faits, vise à empêcher toute liberté de pensée d’artistes, d’intellectuels, toute critique de la religion, dans une surenchère sur fond de victoire électorale du Hamas en Palestine, et des positions du gouvernement iranien. Ces manifestations et ces apparents désordres provoqués par les caricaturistes danois sont, en réalité, un rappel à l’ordre adressé à ceux qui se reconnaissent provenir de cette civilisation-là, citoyens d’Europe et d’ailleurs, et surtout d’ailleurs : Vous n’avez pas le droit d’être européens, vous n’avez pas le droit de penser " comme des Européens ".

Et l’actuel projet de l’Organisation de la conférence islamique et de la Ligue arabe demandant à l’ONU d’adopter une résolution interdisant les atteintes aux religions qui rencontrera, à coup sûr, la plus grande sympathie chez certains groupes chrétiens et juifs est une remise en cause d’un acquis européen dont nous avons besoin plus que jamais, celui de la liberté de penser, indissociable de la liberté de conscience, du droit à l’athéisme, et au blasphème.

D’autres "communautés" juives, chrétiennes se sont, elles aussi, senti insultées par tel ou tel texte, dessin, discours, mais elles ont réagi devant les tribunaux. Au Manifeste des libertés, nous maintenons vive une double exigence : la condamnation de l’intégrisme et de ceux qui l’alimentent, et la nécessité de redonner espoir à un avenir démocratique partagé, à partir d’une pluralité de provenances culturelles. Un espoir dont ne veulent ni les partis d’extrême droite ni les radicaux islamistes, qui se renvoient étonnamment la balle et nous avons à saisir cette balle au bond.

Pour cela, il importe de faire connaître toutes les contradictions qui ont été et sont à l’oeuvre dans le monde musulman, toutes les expériences de liberté tentées dans ce monde, aujourd’hui comme hier. Rappelons-nous cette expérience de liberté d’ampleur historique et sociale inégalée, où pendant plus de deux siècles Bagdad est devenue un centre des savoirs du monde (Dimitri Gutas, Pensée grecque, culture arabe, Aubier). Il est vrai que le désir de civilisation y était alors intense et n’était pas écrasé par l’appétit des revenus pétroliers. Des expériences de liberté qui, comme le dit Salman Rushdie, finiront bien par "abattre un jour la porte de cette geôle".

Tewfik Allal,
pour l’Association du Manifeste des libertés
manifeste@manifeste.org

Site : http://www.manifeste.org
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Donnez-leur l’argent (posté par aberdam le 28.06.2006)
[après la victoire du Hamas, l’aide économique à l’Autorité palestinienne sera-t-elle suspendue? Doit-elle l’être? Article à verser au débat qui s’amorce. L’Europe, les Etats-Unis, et Israël pour des raisons différentes, sont concernés]

http://www.haaretz.com/hasen/spages/675853.html

Ha’aretz, 29 janvier 2006

Donnez-leur l’argent
par Zvi Bar'el

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


L’administration américaine a un excellent prétexte : il est interdit par la loi de fournir une aide économique à un gouvernement qui comprend des membres d’une organisation terroriste, de sorte qu’un gouvernement palestinien qui comprendrait des membres du Hamas ne bénéficierait d’aucune aide américaine.

Il s’agit d’un prétexte, parce qu’il est possible d’aider un pareil gouvernement de manière indirecte, si c’est ce que veut le donateur. L’argent peut être transféré à des ONG qui se chargeraient de régler les dettes de l’Autorité palestinienne (AP) envers Israël en payant directement des sociétés comme la Compagnie d’Electricité. En bref, tout comme le président Bush a décidé en 2003 de suspendre la loi qui interdisait un transfert direct de fonds à l’AP, il peut le faire de la même manière aujourd’hui.

Mais, après tout, le prétexte est politique, et la menace de mettre fin à l’aide était destinée à bloquer une victoire du Hamas. Alors, que faire, maintenant que le Hamas est là?

La réponse est à trouver dans un rapport de décembre dernier de la Banque mondiale qui analyse la situation économique et financière de l’AP. Ainsi, par exemple, l’AP a un déficit mensuel de 57 millions de $, et compte tenu des ajustements nécessaires dus à la hausse des salaires, ce déficit devrait atteindre 900 millions de $ pour l’année 2006. Les recettes couvrent à peine le montant des salaires des fonctionnaires de l’AP, et rien ne reste pour le développement ou les infrastructures. Le taux de chômage est de 24%, mais pour les 20-24 ans, il atteint les 44%, ce qui correspond au pourcentage de la population qui se trouve sous le seuil de pauvreté. Ces données, dans leur sécheresse, sont devenues l’une des raisons qui expliquent la montée du Hamas.

Et voilà le cercle vicieux : sans les Américains et d’autres aides étrangères, le Hamas ne fera que se renforcer, l’espoir en une vie meilleure sous un gouvernement démocratiquement élu s’évanouira, et les investissements consentis par le gouvernement américain (quelque 40 millions de $) dans des projets de promotion de la démocratie seront passés par pertes et profits. Avec l’aide américaine, et aussi avec les 250 millions d’euros annuels de l’Union européenne qui doivent doubler l’année prochaine, la nouvelle AP pourrait regagner la confiance de l’opinion à l’égard de ses institutions et très certainement y instiller l’idée que des processus démocratiques, comme des élections, peuvent produire des changements dans son niveau de vie.

La menace économique sur le système politique ne doit pas dépendre de l’identité des fonctionnaires de l’AP. L’administration américaine a déjà manqué l’occasion de provoquer un changement politique en Palestine par des moyens économiques. Des sanctions économiques aujourd’hui signifieraient une nouvelle punition, ce ne serait pas une politique. Mais même si les Américains veulent avoir recours à de pareilles sanctions, il est difficile de comprendre pourquoi ils menacent le nouveau gouvernement de l’AP et pas le gouvernement libanais, qui compte des ministres du Hezbollah, lui aussi défini comme organisation terroriste. Autres questions intéressantes : les Etats-Unis vont-ils exiger du bloc européen qu’il bloque son aide annuelle à l’AP? Vont-ils faire pression sur les Etats arabes, dont l’aide ne constitue que 18% de l’aide totale aux Palestiniens, pour qu’ils cessent leur aide, alors que viennent d’avoir lieu des élections démocratiques?

Aujourd’hui, alors qu’il devient clair que le Hamas formera le nouveau gouvernement palestinien, il en est en Israël qui jouent avec l’idée de sanctions, non seulement pour empêcher une aide directe, mais aussi pour ne pas verser à l’AP l’argent qui lui revient des droits de douane et de la TVA (1). Quoi de plus logique que d’empêcher ces sommes de parvenir à une organisation terroriste, de punir les vainqueurs et avec eux les centaines de milliers de Palestiniens qui ont voté pour eux? Imaginez la satisfaction qui pourrait résulter d’un pareil acte vindicatif : "si vous avez voté Hamas, vous ne mangerez pas". Une réponse toute occidentale à ceux qui professent une idéologie islamiste extrémiste. Mais cette organisation va maintenant constituer le gouvernement palestinien, qui devra s’occuper de ses citoyens, leur trouver du travail, réparer les écoles et, de façon générale, faire tout ce que l’AP n’a pas su faire, ce qui a amené le Hamas au pouvoir. Il est très facile de ne se focaliser que sur l’idéologie extrémiste du Hamas et en faire l’alpha et l’oméga. Mais le Hamas a aujourd’hui un Etat et un conflit à gérer. Sans aide économique, il lui restera le conflit, et cela, le passé l’a prouvé : le Hamas sait faire.


(1) Le gouvernement israélien annoncé aujourd’hui (29/1)qu’il avait pris la décision de suspendre le versement à l’AP de la TVA du mois de janvier.
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Le crime organisé retient tout un Etat en otage (posté par aberdam le 28.06.2006)
[le "crime organisé" dont parle Gideon Levy, c’est l’entreprise de colonisation. Et il ne s’agit pas seulement des colons eux-mêmes, mais de tout le système étatique qui a permis au crime de prospérer pendant des années]


http://www.haaretz.com/hasen/spages/673047.html


Ha’aretz, 22 janvier 2006

Le crime organisé retient tout un Etat en otage
par Gideon Levy

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Le crime organisé existe-t-il en Israël? Existe-t-il un mécanisme criminel qui étend ses tentacules jusqu’au c¦ur des niveaux les plus élevés des systèmes exécutif, militaire et judiciaire de l’Etat, et qui le fait trembler sur ses bases? Existe-t-il un groupe bien organisé, avec "parrains" et "soldats", qui opère librement en s’abritant derrière une façade d’honorabilité? Ce groupe fait-il régner la peur dans la société israélienne dans son ensemble, mettant ainsi en danger sa sécurité et son bien-être?

Malheureusement, la réponse à toutes ces questions est oui. En Israël, le crime organisé existe, et il est extrêmement puissant. Ses membres sont partout, dans les ministères comme dans les rouages de la loi. Leur apparence est honorable, et leur structure bien organisée, avec à leur tête des rabbins - parrains qui commandent à une armée de soldats. Ils usent d’intimidation autour d’eux, et ils mettent en danger le bien-être et la sécurité de la société tout entière. On les appelle les colons.

Les citoyens qui vivent dans un Etat touché par le crime organisé adressent essentiellement leurs doléances à l’institution judiciaire qui se montre incapable de les protéger. Aujourd’hui, alors que les Israéliens commencent, enfin, à être dégoûtés par ce qui se passe en Cisjordanie, ils doivent se plaindre surtout auprès de ceux qui ont rendu possible ce mécanisme de contrôle des centres du pouvoir de l’Etat pour agir comme bon leur semble dans les territoires occupés.

En ce moment, il est de bon ton d’être choqué par les actes des colons de Hébron. Ehud Olmert lui-même menace d’y employer la force contre les hors-la-loi. Comme d’habitude, le ministre de la Défense Shaul Mofaz a très vite changé d’attitude pour s’adapter aux vents nouveaux, et parle d’expulser tous les "délinquants" de Hébron. De qui parle-t-il exactement? De ceux, seulement, qui se sont heurtés à l’armée? Et où était-il jusqu’à présent? Le silence du passé met en lumière l’hypocrisie des ministres et du public en général : pendant des années, les colons de Hébron s’en sont pris violemment à leurs voisins palestiniens, au point que plusieurs milliers de ceux-ci ont été forcés d’abandonner leurs foyers et leurs magasins et de s’enfuir. Quiconque visitait Hébron découvrait une ville fantôme, mais bien peu d’Israéliens ont voulu le savoir, et encore moins ont été choqués et ont agi. Ce n’est que lorsque les colons ont osé lever la main sur des soldats et des policiers qu’une clameur s’est élevée. Mais cette clameur devrait s’adresser à ceux qui ont permis au crime de prospérer toutes ces années.

Cela ne touche pas seulement les soldats, les policiers et les agents du Shin Bet qui savaient, ont gardé le silence, et même ont soutenu. Comme pour tout crime organisé, des institutions gouvernementales de bien plus grande importance ont été impliquées. Le ministère du Logement, l’armée et l’Administration civile, qui ont fourni aux "avant-postes illégaux" toute l’infrastructure nécessaire, ont accompagné les travaux de construction, fourni protection et assistance, ont pavé des routes et apporté l’eau et l’électricité : tous sont complices du crime. Le pouvoir exécutif a facilité le contrôle des familles du crime sur la Cisjordanie, et (comme pour tout crime organisé), le pouvoir judiciaire a été complice de la corruption.

La Haute cour de Justice, qui aujourd’hui reporte sa décision sur plusieurs avant-postes, n’est pas exempte. L’histoire de la construction d’Amona, par exemple, est instructive : cet avant-poste a été bâti en 1995 sur des terres privées palestiniennes. Le ministère du Logement a donné 2,1 millions de shekels pour en financer les infrastructures, sans aucun permis de construire. Alors, pourquoi s’en prendre aux habitants d’Amona si c’est l’Etat lui-même qui a financé cette construction? Quand l’Administration civile elle-même a ordonné en octobre 2004 de démolir neuf magnifiques villas à Amona, personne n’a levé le petit doigt. Voilà comment la peur du crime organisé s’instille dans le système chargé de faire respecter la loi. Il a fallu l’intervention de Shalom Arshav (La Paix Maintenant) auprès de la Haute cour pour que soit débattue la démolition de ces bâtiments illégaux.

Mais la Haute cour a agi comme elle fait toujours face à des requêtes de ce type : sans hâte. La semaine dernière, elle a décidé d’un nouvel ajournement, sans qu’on comprenne bien pourquoi. De même, elle n’a vu aucune urgence à traiter le problème des squatters du marché de gros de Hébron. Depuis juin 2001, date à laquelle l’Administration civile a ordonné leur évacuation, un bon nombre d’enfants de colons ont eu le temps de cracher au visage de femmes âgées palestiniennes. En 2003, l’Etat s’est engagé auprès de la Haute cour à évacuer les squatters, mais rien n’a été fait depuis pour tenir cet engagement.

La Cour suprême ne se comporte pas toujours de cette manière. Quand, en mai 2004, neuf habitants de Rafah l’ont saisie contre la démolition de leurs maisons, le juge Eliahou Mazza a émis, en pleine nuit, un jugement provisoire contre cette démolition, mais la cour n’a pas eu besoin de plus que de 48 heures pour annuler cette décision, et les maisons ont pu être ainsi rasées. Chaque fois que des Palestiniens ont déposé une requête contre la démolition de leurs maisons, la Haute cour a agi avec rapidité et détermination pour repousser ces requêtes. La Haute cour agit rapidement et efficacement, quand cela l’arrange.

Il n’y a pas de quoi s’exciter pour l’évacuation d’une poignée de squatters d’Amona et du marché de Hébron. La véritable mission du pays est de se débarrasser de tous les centres du crime organisé. Olmert, qui, au début de sa carrière, a mené un combat hautement médiatisé contre un autre système de crime organisé, devrait le savoir. Le dispositif criminel auquel il est aujourd’hui confronté est fort, violent, et infiniment plus dangereux que celui des frères Siboni de Mevasseret Yeroushalayim, contre lequel il s’est battu il y a exactement 30 ans. A cette époque, il avait affaire à des gens qui terrorisaient une petite ville. Il se trouve aujourd’hui face à ceux qui retiennent en otage un Etat tout entier.
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