Bonsoir,
nos retrouvailles d'hier soir, et les envois qui ont suivi, m'ont donné l'idée de vous envoyer (chaque jour ?) un peu de musique. Et pour commencer, une découverte toute récente, l'ensemble Private Musicke du guitarise Pierre Pitzl, avec la chanteuse Raquel Andueza :
Ensemble Private Musicke du guitarise Pierre Pitzl, avec la chanteuse Raquel Andueza

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Bonjour,
le morceau d'hier est une découverte récente, qui découle de ma découverte un peu plus ancienne de l'ensemble Private Musicke grâce à un superbe CD enregistré avec Marco Beasley, Meraviglia d'amore. Et donc, Marco Beasley : une voix vraiment sexy, que m'a fait découvrir Annette il y a déjà un bon moment, à travers l'enregistrement d'oeuvres de Stefano Landi avec Arpegiatta (à l'époque où cet ensemble produisait de superbes programmes musicaux). Un CD qui commençait par la Passacaglia della vita :
Marco Beasley : la Passacaglia della vita

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Bonjour,
à nouveau Marco Beasley, et l'ensemble Accordone fondé avec son ami Guido Morini. Un ensemble qui joue beaucoup de musique ancienne, mais pas que. Et surtout, de la musique napolitaine (en dépit de son nom de famille, Marco est bien napolitain).
Parmi leurs CD, Fra'Diavolo, La Musica Nelle Strade Del Regno Di Napoli, une collection de bijoux, avec une autre belle voix, très différente, le chanteur Pino de Vittorio. Je vous conseille en particulier la Marcia delle truppe Sanfediste (souvenir de l'occupation française au moment de la Révolution), et je vous propose aujourd'hui Stu pettu è fattu cimbalu d'amuri :
Marco Beasley : Stu pettu è fattu cimbalu d'amuri

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Bonjour,
vous avez déjà eu l'occasion de m'entendre vanter l'ensemble Correspondances, dirigé par Sébastien Daucé, très grands spécialistes de la musique des 17ème/18ème siècles français et anglais. Voici une pièce tirée de l'album Pastorale de Noël, véritable bijou qui propose les Antiennes O de l'Avent et la Pastorale de Noël de Charpentier, ainsi que ce noël arrangé par l'un des membres de la dynasties des Ballard (grands imprimeurs de musique du 16ème au 18ème siècle), Or nous dites Marie :
Ensemble Correspondances, dirigé par Sébastien Daucé : Or nous dites Marie

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Bonjour,
découvert grâce au magnifique enregistrement de Lydia Mordkovitch, avec le Royal Scottish National Orchestra sous la direction de Neeme Järvi, le 2nd concerto pour violon de Prokofiev est une pure merveille qui fut popularisée par Yasha Heifetz. Voici l'enregistrement qu'en fit le professeur de Lydia Mordkovitch, David Oistrakh :
(tout est beau, mais pour moi, c'est surtout le second mouvement - à partir de 11'01" - qui m'émeut au plus haut point !).
David Oistrakh : 2nd concerto pour violon de Prokofiev

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Bonjour,
il y a quelques semaines, les Arts Florissants fêtaient leurs 40 ans. Ambiance festive pour cet anniversaire du premier grand ensemble de musique ancienne français, qui a fait découvrir tant d'oeuvres des 17ème et 18ème siècles, et reste encore et toujours un des meilleurs ensembles. A sa tête, l'ineffable William Christie, qui peut être aussi sérieux que rigolard, et qui est le père (voire le grand-père) de quasiment tous les baroqueux français. Lors du concert donné à la Philharmonie de Paris, plein de beaux moments. En voici un à l'atmosphère un peu déjantée, avec l'un des grands tubes de Rameau, issu des ​Indes galantes, Forêts paisibles (avec l'un des très nombreux "bébés Christie", Sandrine Piau, que certains d'entre nous avions eu le plaisir d'entendre à la MC2, il me semble l'an passé, dans un répertoire français du 19ème) :
Rameau : Forêts paisibles, avec Sandrine Piau

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Bonjour,
lors de mon post-doc à Michigan State University, j'ai eu la chance de pouvoir chanter le Deutsches Requiem de Brahms. OK, un requiem en ce moment... mais ce n'est pas vraiment un requiem, et surtout, c'est une oeuvre d'une absolue sérénité.
Je garde un souvenir inoubliable du concert que nous avions donné : à la fin de son air, la soprano s'est retournée vers le choeur et l'orchestre... elle avait le visage inondé de larmes (et nous aussi, il faut dire, tant le moment qui avait précédé - et auquel le choeur avait eu le bonheur de participer activement - nous avait bouleversés). Cet air, Ihr habt nun Traurigkeit, c'est le morceau du jour, dans la si belle version de Barbara Bonney, avec les Wiener Philharmoniker dirigés par le Carlo-Maria Giulini (excusez du peu Clin d'œil) :
Deutsches Requiem de Brahms : Ihr habt nun Traurigkeit, Barbara Bonney

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Bonjour,
il y a déjà longtemps, le flûtiste de l'ONF, Michel Moragues, organisait chaque année un festival de musique de chambre dans le Grésivaudan, et faisait venir ses copains. Bonheur ! Parmi eux, le trio Wanderer, qui avait interprété l'une des oeuvres qui lui sied le mieux, le second trio de Schubert (il me semble que c'était à Bernin, Evelyne ?).
Tout est beau dans ce monument de la musique de chambre... mais je vous suggère de commencer par l'Andante con moto, à 13'05" (si vous avez vu Barry Lyndon, ça va vous rappeler des souvenirs). Et vous y retrouverez quelques notes bien connues des Diasporim Zinger Clin d'œil :
le second trio de Schubert, par le trio Wanderer avec le flûtiste Michel Moragues

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Bonjour, aujourd'hui, une oeuvre que certains d'entre vous on pu entendre interprétée par la Quinte du Loup à l'automne dernier (c'était notre bis) : Abendlied, de Josef Gabriel Rheinberger. Un compositeur que je rêvais de chanter depuis longtemps, et nos concerts Rheinberger (à part un gros ratage lors du 2ème concert aux Angonnes) furent des moments de pur plaisir (je conseille également sa messe en sol Sancta Crucis.
Et donc, voici le Abendlied, dirigé par un grand chef de choeur, par ailleurs compositeur intéressant (même si parfois un peu trop mélodiste à mon goût), John Rutter :
Abendlied , de Josef Gabriel Rheinberger, dirigé par John Rutter

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Bonjour,
le grand biologiste Jacques Monod racontait qu'après la guerre, il avait découvert aux USA un enregistrement de la dernière oeuvre de Bartok, le Concerto pour orchestre, et qu'à son retour, un jour, plutôt que de faire cours, il avait fait écouter ce disque à ses étudiants parisiens : il s'agissait de la première audition de ce chef d'oeuvre en France.
Toute l'oeuvre est magnifique. Peut-être, pour la découvrir, commencer par l'Intermezzo interrotto, avec son premier thème exposé aux vents avant l'entrée d'un second thème d'une émotion exceptionnelle, aux violoncelles puis aux violons, le genre de musique qui tire les larmes (on ne rit pas !), puis un troisième thème burlesque. Bref, un mouvement tout en ruptures. C'est à 27'35" (et si vous avez aimé, je suis sûr que vous écouterez tout, et vous aurez raison !) : Le tout par l'ONF sous la direction de Bernard Haitink, un an avant l'arrêt de sa carrière... à l'âge de 90 ans !
le Concerto pour orchestre de Bartok

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Bonjour,
vous rappelez-vous du premier disque que vous avez acheté ? Moi, c'était l'enregistrement des Concertos brandebourgeois de Bach par des musiciens que je ne connaissais pas encore, et qui allait bouleverser mon appréhension de la musique baroque et classique : la Petite Bande, dirigée par Gustav Leonhardt, avec ces noms magiques, les trois frères Kuijken (Wieland au violon, Sigiswald au violoncelle, Barthold à la flûte), Anner Bylsma au violoncelle, Franz Brüggen à la flûte, Paul Dombrecht au hautbois, ...
Dire que j'avais acheté ce disque surtout parce qu'il contenait, en plus, la partition !!! Au passage, même si ces enregistrements ont peut-être un peu vieilli, je vous recommande tous les enregistrements fait par le label RCA-SEON, sous la houlette d'un ingénieur du son incroyable, Wolf Ericsson.
Et voici donc le premier de ces concertos dédiés par le divin Bach à l'Electeur du Brandebourg, interprété par le Freiburger Barokorchester, une référence ! Je ne sais ce que celui-ci en a pensé, pour moi, c'est tout simplement la perfection musicale, et un plaisir incroyable.
Il s'agit en fait de "concerts", ou de concertos grosso : pas un soliste mais des solistes. Ici par exemple, deux cors naturels (tout avec les lèvres !), trois hautbois, un basson, un violon. Le piètre violoniste que j'étais a eu la chance de le jouer (musicien du rang, rasssurez-vous) avec un orchestre du Conservatoire de Grenoble dirigé par une prof géniale dont le nom rappellera certainement des souvenirs à Daniel : Andrée Claude Brayer. Que du bonheur...
Je vous laisse savourer le tout, avec une tendresse personnelle pour les somptueux échanges entre cors du premier mouvement (vers 2'18), la suave polonaise des cordes (Polacca, vers 15'45) :
1er Concerto Brandebourgeois, de J. S. Bach, interprété par le Freiburger Barokorchester

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Bonjour,
en ce jour de Pâques, un motet protestant de celui que je considère comme le plus grand des compositeurs de tous les temps : Johann Sebastian Bach, bien évidemment ! Il s'agit du motet BWV 118, O Jesu Christ, meins Lebens Licht, le moins connu des motets, probablement en raison de sa simplicité par rapport aux monuments que sont les autres motets, un motet parfois classé parmi ses cantates.
Cette oeuvre, je l'ai découverte par sa partition quand je dirigeais ma première chorale, au SIM Jean Wiener, une chorale qui, hélas, n'avait pas les compétences pour chanter cette oeuvre.
Mais j'ai eu la chance de l'interpréter avec la Chorale Universitaire de Grenoble au début des années 90 (et de la diriger en concert, cadeau du chef de choeur, dont j'étais peu à peu devenu l'assistant, et à qui j'avais fait découvrir ce petit bijou... mes étudiants de bio, à qui j'avais fait l'article pour le concert, m'avaient dit qu'ils s'étaient demandés ce qui se passait quand ils m'avaient vu arriver sur le podium du chef Clin d'œil).
Et pour ce moment paisible et intense, quoi de mieux que l'un des meilleurs choeurs au monde, le Collegium Vocale de Gand, sous la direction de son fondateur, Philippe Herreweghe (psychiatre dans une première vie, heureusement fort courte pour le plus grand bonheur de nos oreilles) :
motet BWV 118, O Jesu Christ, meins Lebens Licht, de J. S. Bach, par le Collegium Vocale de Gand dirigé par Philippe Herreweghe

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Bonjour,
après la musique pas toujours évidente - mais tellement envoutante - d'Olivier Messiaen, en ces temps de Pessah (et en ce jour de répétition malheureusement une nouvelle fois reportée), une "histoire juive"... A mon arrivée à l'université, j'ai intégré la Chorale Universitaire de Grenoble. Et pour notre premier concert, notre cheffe, Anne-Marie Ragot, avait choisi Monteverdi et un oratorio par trop méconnu (mais dont je me souvenais l'avoir étudié en cours d'histoire de la musique, en classes à horaires aménagés), Jephté, de Carissimi. Un grand classique de l'histoire du peuple juif (j'ai pompé Wikipedia) :
Lorsque les Ammonites déclarent la guerre aux Hébreux, Jephté est choisi comme chef pour les combattre. Avant d'attaquer les Ammonites, Jephté fait le vœu d'offrir à Dieu, en cas de victoire, la vie de la première personne qui viendra à sa rencontre à son retour chez lui... et c'est sa fille unique qui accourt la première au-devant de lui, « en dansant au son des tambourins ». Elle lui demande d’exaucer la promesse faite à Dieu, mais également de lui accorder deux mois pour « pleurer sa virginité » dans la montagne avec ses compagnes. Au bout des deux mois, Jephté exécute sa fille.
Une histoire atroce, mais une musique merveilleuse, et, me concernant, quelques airs qui continuent à me bercer plus de 40 ans plus tard, en particulier le Hymnus cantemus (vers 4'40). Voici donc la première partie de Jephté, par le Parlement de Musique, bel ensemble dirigé par le strasbourgeois Martin Gester :
Jephté, de Carissimi, par le Parlement de Musique, dirigé par Martin Gester
(et si vous aimez, la suite, c'est
Jephté, suite
puis
Jephté, suite et fin

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Bonjour,
découvert dans un enregistrement de l'une de mes idoles, Gustav Leonhardt bien évidemment, voici l'hymne Ut queant laxis de la Selva Morale de Monteverdi, par l'ensemble Elyma sous la baguette d'un grand spécialiste de cette musique, Gabriel Garrido (qui s'était auparavant fait connaître par la redécouverte des musiques des Amériques, celles des missions jésuites en particulier).
Le texte de cet hymne à St Jean Baptiste est l'un des plus importants pour les musiciens en raison de son premier couplet :
Ut queant laxis
resonare fibris
mira gestorum
famuli tuorum,
solve polluti
labii reatum,
sancte Ioannes.
Ce serait le moine Guido d'Arezzo qui, en composant une version de cet hymne avec l'échelle des notes de ut à si pour chaque vers, aurait créé la correspondance entre sons et noms (ut étant par la suite remplacé par si, pour Domine, le Seigneur).
Ce chant est issu d'un ensemble de 4 CD publié par les éditions du Festival d'Ambronay :
Ut queant laxis , de la Selva Morale de Monteverdi, par l'ensemble Elyma dirigé par Gabriel Garrido
Intégrale du coffret
Jetez un coup d'oeil à la partition tout en écoutant : vous constaterez qu'à certains moments, il y a moins de notes écrites que de notes jouées. C'est bien évidemment l'ornementation, joyau de la musique ancienne, une façon de faire qui s'appelle diminution... original pour ce qui correspond, au contraire, à une augmentation du nombre de notes !
Et si vous en voulez plus, retrouvez Elyma en concert à Ambronay, sous la direction de Garrido et avec, à l'orgue, l'un des meilleurs spécialistes actuels de Monteverdi et autres musiciens latins, Leonardo Garcia Alarcon (qui a fondé la Capella Mediterranea) :
Elyma en concert à Ambronay

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Bonjour,
longtemps attribué au cousin de son père, Johann Christoph, le motet à double choeur Ich lasse dich nicht serait en fait l'oeuvre d'un Johann Sebastian Bach âgé d'à peine 28 ans... à moins que ce ne fut le contraire (c'est en tout cas l'opinion de Lionel Meunier, qui dirige l'ensemble vocal belge Vox Luminis... c'est le plus grand tout en noir). C'est un peu ça le problème avec les Bach, tant de compositeurs dans la descendance du meunier Veit, dont son génial arrière petit-fils disait qu'il improvisait avec son cistre sur le rythme de son moulin, qu'on s'y perd...(https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Bach)
Mais en fait, que ce soit de l'un ou de l'autre... on s'en fiche un peu : l'important, c'est que ce motet est un bijou absolu. En deux parties : d'abord, un merveilleux double choeur, où les chanteurs se répondent, s'entremêlent, échangent les voix, ... ; puis, regroupement en un seul choeur à 4 voix pour un choral orné, avec les sopranos chantant le choral (cantus firmus), qui plane au-dessus des autres voix lancées dans des merveilles de contrepoint.
Chanter ce motet (je l'ai fait deux fois), c'est du pur bonheur. L'écouter, c'est tout aussi bon... et voici une vidéo prise lors de l'enregistrement du formidable double album de Vox Luminis consacré à la famille Bach (appréciez les échanges de battue entre les deux basses, situées au centre de l'ensemble) :
Motet à double choeur Ich lasse dich nicht, d'un de la famille Bach

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Bonjour,
de Ravel, beaucoup de gens ne connaissent que le Boléro... qui est probablement l'une de ses oeuvres les moins intéressantes (ça se résume essentiellement à un formidable challenge d'orchestration, et une mélodie à laquelle il est difficile de ne pas succomber). Et pourtant, son oeuvre est d'une telle diversité et regorge de merveilles. Bien évidemment les compositions pour piano, les grandes oeuvres orchestrales (dont les arrangements pour orchestre d'oeuvres pianistiques, les siennes ou les Tableaux d'une exposition de Moussorgski, à travers lesquels il prouve qu'il fut l'un des plus grands - le plus grand ? - orchestrateur !), les concertos pour piano, la musique de chambre...
Et puis, il y a ses oeuvres vocales. Je vous conseille bien sûr les si belles Trois chansons (sur des poèmes de Charles d'Orléans), ou encore ses mélodies (par exemple, les Chansons madécasses). Mais aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous sa Fantaisie lyrique en deux parties intitulée L'enfant et les sortilèges, dont le livret est dû à Colette. Un moment d'humour et d'onirisme, qui peut aussi bien être savouré en version d'oratorio que mis en scène, ici dans la version de l'Opéra de Lyon en 2016 :
L'enfant et les sortilèges, de Marice Ravel

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Bonjour,
je vous ai dit, hier, à quel point Ravel était un immense orchestrateur... mais bien évidemment, il y en eut d'autres. A commencer par son aîné, Claude Debussy, qui décida d'orchestrer deux d'un ensemble de trois pièces écrites par un original, Erik Satie : les Gymnopédies (mais pourquoi Debussy n'orchestra-t-il pas la seconde ???). En voici une version avec partition, qui permet (pour les lecteurs) d'apprécier l'art de Debussy :
les Gymnopédies d'Eric Satie, orchestrées par Claude Debussy
Et pour des versions originales au piano, quelques liens : Les Gymnopédies, 1er lien version piano
Les Gymnopédies, 2ème lien version piano
Les Gymnopédies, 3ème lien version piano
Et si vous voulez en savoir plus sur ces oeuvres si particulières et leur énigmatique compositeur :
Erik Satie et les Gymnopédies

Bonjour,
Regardez José van Dam : Chansons gaillardes de Francis Poulenc
Chanson gallardes , Francis Poulenc

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Bonjour,
aujourd'hui, je vous propose d'aller au marché... mais un marché de la renaissance, à Paris. Moins connue que Le chant des Oiseaux ou La Guerre (Bataille de Marignan), Les Cris de Paris fait partie des grandes oeuvres descriptives de Clément Janequin. Janequin, l'un des grands compositeurs de la renaissance française, auteur de dizaines - centaines ? - de chansons, mais aussi de quelques oeuvres liturgiques... après tout, il était abbé (mais un abbé qui savait trousser des couplets particulièrement lestes) !
Dans cette chanson (interprétée ici par l'ensemble Clément Janequin), on entend donc les marchands apostropher le chaland... on se croirait au marché Saint Bruno tel que je l'ai connu quand j'étais gamin. Et à la fin, une citation qui est peut-être moins innocente qu'il n'y parait : A Paris sur l'petit pont, géline de feurre (poule de foire). Il faut en effet savoir qu'il existe une autre chanson de la même période qui dit A Paris sur l'petit pont, le pont du coil, le coil du pont (les amateurs de contrepèteries apprécieront)... les poules seraient-elles des cocottes ? Et donc, pour le plaisir des oreilles,
Clément Janequin, les Cris de Paris
Et si vous avez du mal à suivre les paroles, vous les retrouverez dans le lien suivant :
avec les paroles

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Bonjour,
retour à Mozart. A partir du 18ème siècle (si je ne dis pas trop de bêtises), des compositeurs se mettent à dédier des concertos à des musiciens amis, ou admirés (dès le 19ème siècle, ça deviendra quasi systématique). Mozart admirait le clarinettiste virtuose Anton Stadler (par ailleurs membre de la même loge maçonnique), et c'est tout naturellement qu'il va lui dédier plusieurs oeuvres, dont le Concerto pour clarinette et orchestre (l'une de ses dernières oeuvres) et un Quintette pour clarinette et quatuor à cordes... qui, d'un simple point de vue lacrymal, vaut largement le Concerto pour flûte et harpe !
J'ai donc fait le choix du Quintette, et je partage avec vous une magnifique interprétation, déjà ancienne, mais toujours aussi belle : A la clarinette, Michel Portal (dont le sale caractère - cité par Jean-Paul lors d'une répétition - n'a d'égal que son talent exceptionnel). Et avec lui, plusieurs des meilleurs chambristes français, à savoir le trio Pasquier - constitué dans les années 70 (80 ?) par les frères Pasquier (Régis au violon, Bruno à l'alto) et Roland Pidoux au violoncelle (dont le fils a suivi les pas, il est le violoncelliste du trio Wanderer dont j'ai partagé avec vous l'enregistrement de la 2ème sonate de Schubert ) - auquel vient s'ajouter ici Roland Daugareil pour la partie de second violon.
Quintette pour clarinette et quatuor à cordes, de Mozart

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Bonjour,
encore de la musique de chambre, mais plus à l'est : direction la Moravie, et un compositeur qu'on n'entend pas suffisamment à mon goût, Leoš Janáček. Un compositeur d'opéra renommé (Jenufa, La petite renarde rusée, L'affaire Makropoulos, De la maison des morts, ...) et une écriture orchestrale splendide. Mais aussi de très belles oeuvres vocales comme la Messe Glagolitique, de la musique pour piano, et quelques bijoux pour petits ensembles.
J'ai hésité entre les deux quatuors à cordes... je vous laisserai découvrir par vous mêmes le 1er, Sonate à Kreutzer, j'ai une tendresse particulière pour le second, appelé Lettres intimes, ici interprété par le quatuor Voce (que je découvre) :
Lettre intimes , quatuor à cordes de Leoš Janáček
Et pour en savoir plus sur cette oeuvre composée en 1928,
En savoir plus

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Bonjour,
de Samuel Barber, on connait surtout (uniquement) le célèbre Adagio, extrait d'un quatuor à cordes qu'il réutilisa pour orchestre, puis arrangea pour choeur (avec des aigus redoutables pour les sopranos !). Et pourtant... J'ai eu la chance de chanter du Barber lors de mon séjour aux USA, et ce n'était pas l'Adagio mais d'autres oeuvres, superbes et qui sont un vrai bonheur pour les chanteurs (même si c'est costaud !).
Ce matin, voici son Concerto pour violon, découvert à l'adolescence quand Isaac Stern le jouait pratiquement tout le temps. Le thème du début... je fonds... et vous avec moi, j'en suis convaincu :
J'ai découvert l'interprétation d'Anne Akiko Myers lors d'une Tribune des critiques de disques de France Musique, avec un autre orchestre. Là, c'est avec Leonard Slatkin, un américain plus vrai que vrai, qui dirige depuis quelques années l'Orchestre National de Lyon, et qui est parfait pour ce type de musique !
Le concerto pour violon de Samuel Barber

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Bonjour,
aujourd'hui, un peu d'opéra (je connais une ancienne présidente de notre association qui va être aux anges) : Don Carlos, de Verdi. Le seul opéra de ce compositeur qui me fasse vibrer (je préfère de loin Puccini, dont l'écriture orchestrale a autrement plus de densité !).
Don Carlos, qui fut créé en français, à Paris, avant d'être traduite en italien. Une succession de moments intimes et de scènes spectaculaires (le défilé devant Philippe 2, avec le passage des moines de l'inquisition...brrr...), et même un fantôme (celui de Charles Quint).
Je vous propose deux airs. Le premier, la chanson sarrazine, chantée par la dame de compagnie de la reine, avec une première phrase en deux parties particulièrement originale :
La chanson sarrazine, extrait de l'opéra Don Carlos de Verdi
Et puis, Dio, Che Nell'alma Infondere Amor, le merveilleux duo entre Don Carlos (interprété par l'immense ténor Jonas Kaufmann) et son ami Rodrigo, qui revient à plusieurs moments de l'opéra... les frissons... :
Dio, Che Nell'alma Infondere Amor, extrait de l'opéra Don Carlos de Verdi

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Bonjour,
en ces temps de commémoration du soulèvement du ghetto de Varsovie (à ce sujet, si vous en avez la possibilité, je vous conseille les petits posts quotidiens de Tal Bruttmann sur sa page Facebook), j'ai envie de partager avec vous une oeuvre pas évidente, mais tellement prenante : Un survivant de Varsovie, d'Arnold Schönberg, l'un des compositeurs viennois qui dynamitèrent la musique en inventant le sérialisme à la fin du 19ème siècle. Pour plus d'informations, je vous laisserai lire les textes de ce blog pédagogique :
Un survivant du ghetto de Varsovie, de Arnold Schönberg
Mais avant de vous laisser à la musique, je ne résiste pas à partager avec vous une anecdote, souvenir de mon année américaine. Un des chanteurs de la Michigan State University Chorale, qui préparait un doctorat en Musical Arts, avait été enseignant dans un établissement scolaire au sud de San Francisco (ce programme doctoral recrutait quasi exclusivement des étudiants ayant auparavant exercé comme profs de musique), et il avait eu dans sa classe un petit-fils de Schönberg.
Un jour, il lui demande s'il sait qui était son grand-père (mon copain était quelque peu impressionné d'enseigner la musique au descendant de l'un des plus grands compositeurs de tous les temps). La réponse laissa mon copain pantois : "je sais qu'il était musicien, mais sans plus... après, il devait être plutôt bon puisqu'ils ont donné son nom à un bâtiment à Stanford..."

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Bonjour,
certains d'entre vous ont peut-être commencé à se demander "et Beethoven, jamais ???". Oui, c'est vrai, Beethoven ! Bon, je ne le révère pas autant que Bach et Brahms, mais quand même, quelle musique ! Les symphonies, bien sûr, mais l'oeuvre pour piano, les concertos, les quatuors...
A propos de piano, savez-vous que, dans les partitions actuelles, la plupart des cadences des concertos de Mozart (la cadence d'un concerto, c'est le passage de bravoure du soliste juste avant la fin du mouvement, quand l'orchestre s'arrête et que le soliste se lance dans des variations virtuoses sur les thèmes précédemment exposés, qui à l'origine étaient improvisées, aujourd'hui c'est beaucoup plus rare), la plupart donc sont dues à Beethoven, excusez du peu !
Voici un souvenir de mes années d'orchestre au conservatoire. Le premier violon, Pascal Roederer, était un super violoniste (comment pouvait-il supporter mon médiocre jeu !?), très vieille France, absolument adorable. Et une année, notre cheffe, Andrée-Claude Brayer lui proposa de jouer l'une des deux Romances pour violon et orchestre de Beethoven.
Voici la première (je vous laisse découvrir la deuxième si vous en redemandez) par l'Orchestre de chambre d'Europe sous la direction de Nikolaus Harnoncourt (baroqueux historique qui passa par la suite, avec une formidable maestria, aux orchestres modernes et à la musique classique et romantique) et avec l'un des grands violonistes de la seconde moitié du 20ème siècle, Gidon Kremer, un musicien merveilleux et un grand humaniste :
Première romance pour violon et orchestre, de Beethoven

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Bonjour,
une oeuvre courte aujourd'hui, mais dont je suis convaincu qu'elle ne vous lâchera pas de sitôt : ​Les barricades mystérieuses​, une pièce pour clavecin de François Couperin, qui conjugue merveille musicale et titre abscons (pour en savoir plus sur les possibles interprétations de ce titre, voir Wikipedia, c'est intéressant).
Ici, le claveciniste est l'un des grands baroqueux français, Christophe Rousset, disciple de Christie (comme presque tout le monde), qui a monté un des meilleurs ensembles français, Les talens lyriques.​ Je vous laisse savourer (et n'hésitez pas à écouter d'autres oeuvres de Couperin, pour clavecin ou viole, que du bon, croyez moi !) :
Les barricades mystérieuses, pièce pour clavecin de François Couperin

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Bonjour,
c'est mardi, c'est Diasporim ! Alors, je vous propose de découvrir un compositeur que vous connaissez bien... mais pas tant que ça... car nous ne l'abordons que par le côté vocal. Or, Salomone Rossi, puisque c'est de lui qu'il s'agit, était d'abord un violoniste, parait-il un très grand, même, qui jouait dans l'orchestre du duc de Mantoue. Un violoniste qui dirigeait probablement son pupitre lors de la création de l'Orfeo de Monteverdi, et qui a énormément écrit pour son instrument.
Voici donc une oeuvre qui se rattache à un genre dont on dit que Rossi fut le créateur (et si c'est exagéré, en tout cas, il en fut l'un des principaux promoteurs) : la sonate à trois. A trois ? Mais ils sont 4 !?! En fait, trois, cela veut dire deux voix concertantes (ici, flûte et violon) plus une basse continue, qui peut être jouée par plusieurs instruments à la fois (clavier, luth ou - comme ici - théorbe, viole, ...).
Des basses dont l'écriture était limitée au strict minimum, ce qui permettait aux musiciens d'improviser à souhait.
Parmi les nombreuses sonates de Rossi, je vous en propose deux, Sonata in dialogo detta la Viena et Bergamasca, par l'ensemble Prisma, un ensemble qui a fait ses gammes (entre autres) dans le cadre du programme d'ensembles émergents du Festival d'Ambronay :
Deux sonates de Salomone de Rossi

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Bonjour,
chanter et danser, deux plaisirs qui, dans l'oeuvre que je vous propose aujourd'hui, ne font qu'un. Un ensemble de choeurs avec piano dont j'ai pu chanter quelques numéros,...c'est costaud vocalement, mais c'est tellement entraînant et savoureux. En plus, il s'agit de l'un de mes compositeurs préférés (ben oui, il n'y a quand même pas que Bach), Johannes Brahms, le sosie du Père Noël, à moins que ce ne soit celui du Juif Errant, un compositeur qui n'a quasiment écrit que des chefs d'oeuvre, que ce soit pour orchestre, choeurs, voix , piano ou petits ensembles !
Il s'agit ici des Liebesliederwalzer de Brahms (et, si vous aimez ça, vous continuerez avec les Neue Liebleslieder) :
Des oeuvres inspirées de chants populaires, et en même temps, une musique de salon typique du 19ème. Après ça, nul doute qu'à la question "Aimez-vous Brahms", la réponse ne pourra être que "Oh que oui !"
Liebesliederwalzer , de Johannes Brahms.

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Bonjour,
Mozart et l'opéra, une aventure qui a produit tant de chefs d'oeuvre, Don Giovanni, La Flûte enchantée, Cosi fan tutte, ... et Les noces de Figaro, d'après Beaumarchais. Un opéra qui nous emporte, enchaînant des moments joyeux, et même drôles, et des passages beaucoup plus tendres, comme le début du 4ème acte, dans le jardin, où se joue un jeu de dupe, le comte Almaviva allant au rendez-vous de Rosine (fiancée de Figaro) et retrouvant en fait son épouse, qui a échangé ses habits avec sa servante. L'occasion pour Mozart de proposer un ensemble vocal d'une émotion incroyable.
Il y a une trentaine d'années, j'avais animé des séances de cinéma musical au SIM Jean Wiener, et à cette occasion, j'avais découvert le film de la version de Karl Böhm, mise en scène par le grand mozartien Jean-Pierre Ponnelle.
Une version avec un ensemble de chanteurs incroyables : la comtesse est interprétée par la grande soprano néo-zélandaise (maorie, ça n'est pas fréquent) Dame Kiri te Kanawa, Mirella Freni prête sa voix et son minois à Rosine, Hermann Prey sa truculence à Figaro... et le comte est interprété par celui que je considère comme le plus grand baryton de tous les temps, l'élégant Dietrich Fischer-Diskau.
Voici donc les actes 3 et 4 (on trouve aussi les deux premiers sur la toile, si vous en redemandez), et l'acte 4 commence à 46'20" :
Mozart : Les Noces de Figaro , actes 3 et 4

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Bonjour,
deux coups de coeur d'un coup, histoire de compenser l'absence du soleil : Monteverdi et Marco Beasley ! Et l'une des oeuvres les plus sensuelles de Monteverdi, Si dolce e'l tormento. Pour une fois, je vais faire court, il n'y a qu'à savourer, que du bonheur :
(il existe d'autres belles versions, dont celle de Jaroussky... mais Beasley, c'est tellement bon...).
Si dolce e'l tormento , de Monteverdi, par Marco Beasley

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Bonjour,
difficile de ne pas mentionner Berlioz dans ces rendez-vous musicaux, surtout quand on est dans l'Isère... Berlioz, ce cyclothymique capable du meilleur (​Les troyens​, le ​Requiem, la Fantastique​, ...), mais aussi, il faut bien le dire, du pire (le ​Chant des bretons​, la ​Cantate des chemins de fer​, la pompière ​Symphonie funèbre et triomphale​). Berlioz, le grand orchestrateur (son traité fait encore référence). Et Berlioz, l'auteur de cette sublime ​Enfance du Christ.​
Voici (avec un tempo un peu lent à mon goût, c'est comme ça) un chant que la Quinte du loup s'est approprié en version a capella, mais il faut reconnaître qu'avec orchestre, c'est tellement mieux... et quand c'est Orchestre National de France et le Choeur de Radio-France (ce choeur dont Mme Veil, qui ne comprend visiblement rien à la musique, veut supprimer un tiers de l'effectif)... :
L'enfance du Christ, de Berlioz

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Bonjour,
mon premier contact avec Bach (à l'exception des disques de mon père), ce fut le choral final de la cantate Schweigt stille, plaudert nicht, également connue sous le nom de Cantate du café, que j'ai chantée (version française) avec la chorale des classes musicales, à la fin de mon année de 6ème. Que c'était bon (et pourtant, à la réflexion, je crois que si j'avais été dans le public, je n'aurais probablement pas été emballé, surtout au vu du style de l'interprétation et de l'accompagnement au piano, si mes souvenirs sont bons) !
Il s'agit ici d'une cantate profane (le pieux Bach en a écrit quelques unes, quand même), qui parle d'une jeune femme qui préfère le café à tout le reste. Une oeuvre qui, bien évidemment, fut créée dans un café, le célèbre Café Zimmermann où Bach se produisait en plus de sa charge de cantor de St Thomas de Leipzig. Et c'est probablement cela qui a inspiré le grand claveciniste "baroqueux" Ton Koopman, dans un petit film qui illustre fort bien cette oeuvre pleine de malice :
Cantate du café , de J. S. Bach

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Bonjour,
je l'ai déjà dit, pour moi, chez Brahms, tout est bon. Que ce soit la musique vocale, symphonique, pianistique... ou de chambre. Et dans son oeuvre, il y a deux bijoux pas trop souvent joués, car l'instrumentation est un peu à la marge dans un monde de duos, trios, quatuors, voire quintettes : les deux sextuors, des oeuvres pour 2 violons, 2 altos et 2 violoncelles.
Il y a quelques années, le fameux producteur Wolf Erichson - celui à qui l'on devait la majorité des enregistrements d'oeuvres baroques des Kuijken, Leonhardt, Brüggen, ... - s'immisçait, avec ses amis instrumentistes, dans la musique du 19ème siècle. Et c'est en particulier dans la musique de chambre que ces musiciens hors pairs firent merveille : Schubert et Brahms, nous voilà ! Ainsi, un ensemble se constitua, appelé L'Archibudelli, avec le violoncelliste Anner Bylsma (dont je vous ai déjà vanté les mérites) et son épouse, Vera Beths, une formidable violoniste (son enregistrement du concerto de Beethoven est un régal).
Je vous laisse donc savourer le 1er Sextuor de Brahms, op. 18, par L'Archibudelli :
le 1er Sextuor de Brahms, op. 18, par L'Archibudelli

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Bonjour,
en 2019, l'Orchestre des Campus de Grenoble donnait à la MC2 un concert de musique française, sous la direction de Pierre Dumoussaud, jeune chef spécialiste de la musique françaises des 19ème et 20ème siècles dont on devrait reparler dans le futur (certains ont pu voir sa version de la ​Belle Hélène​ d'Offenbach, avec l'opéra de Lausanne, à la télé lors des fêtes de Noël). Au programme, entre autres, une oeuvre que j'avais découverte en tant que violoniste (encore !) en colonie musicale : la suite orchestrale ​Pelléas et Mélisande​ de Gabriel Fauré.
Pelléas et Mélisande, cette pièce de Maeterlinck que presque tout le monde a oublié, mais qui a inspiré Debussy, qui en fit un extraordinaire opéra, et aussi Fauré à travers cette succession de 4 pièces toutes aussi belles les unes que les autres (tendresse particulière pour la sicilienne, avec son solo de flûte) :
Avec, sous la belle baguette de son chef attitré, Mirko Fanck, l'un des plus beaux orchestres qui soient, le Philar, comme on l'appelle, c.à.d. l'Orchestre Philharmonique de Radio-France (n'en déplaise aux énarques incultes qui conseillent le gouvernement, et ne s'intéressent qu'aux finances, la France peut s'enorgueillir d'avoir, à Radio-France, deux des meilleurs orchestres du monde, l'ONF et le Philar, et il faudrait que ça continue !).
Pelléas et Mélisande, de Gabriel Fauré

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Bonjour,
des duos d'amour, les compositeurs en ont écrit, écrit, écrit... mais celui là, c'est peut-être bien le plus beau de tous (on est au moins deux à le penser, j'ai posté la version des Arts Flo sur ma page Facebook il y a quelques jours, mon ancien chef de choeur de la Chorale U, Bernard Spizzi, dit la même chose).
Ce duo, c'est celui de Poppée et Néron dans l'un des plus anciens opéras de l'histoire : L'Incoronazione di Poppea, de Claudio Monteverdi (celui à qui on attribue - généreusement - l'invention de l'opéra, avec l'Orfeo de 1607).
Ce Couronnement de Poppée a été créé en 1642, un an avant la mort du compositeur. Très vite oublié (comme souvent pour la musique d'avant le 18ème siècle), l'oeuvre va être redécouverte par deux fois, au 19ème siècle puis dans les années 30.
Les musicologues pensent que la partition contient des parties qui ne seraient pas de Monteverdi mais de contemporains. Et c'est le cas du duo final, Pur ti miro, qui serait emprunté à un opéra de Benedetto Ferrari, Il Pastor regio (1640), dont la musique est perdue.
Monteverdi ? Ferrari ? Aucune importance ! La seule chose qui compte, c'est que c'est peut-être bien le plus beau duo d'amour de l'histoire de la musique... et quel texte :
Je te regarde, je te veux, Je t’étreins, je t’enchaîne, Plus de souffrance, plus de mort, Ô ma vie, ô mon amour.
Je suis à toi, à toi je suis, Mon espérance, dis-le, dis. Tu es vraiment mon idole, Oui, mon amour, oui, mon cœur, ma vie, oui

Alors, laissez-vous porter, c'est d'une sensualité et d'une tendresse absolue, avec Philippe Jaroussky et Danielle De Niese, les Arts Flo, et une belle mise en scène de Pier Luigi Pizzi :
L'Incoronazione di Poppea, de Claudio Monteverdi, le duo d'amour de Poppée et Néron.

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Bonjour,
parmi les avantages d'avoir été élève en classes musicales (le terme officiel, c'est Classes à Horaires Aménagés Musique, CHAM), outre la chorale une à deux fois par semaine, et les cours de solfège et d'instrument, il y avait l'histoire de la musique.
Et pourtant, la prof était plutôt "sèche" (certains la connaissent peut-être, il s'agit de Bernadette Lespinard, formidable musicologue que j'ai appris à apprécier par la suite, mais à 10 ans, c'était parfois abrupt...). C'est à ses cours que je dois d'avoir découvert certaines oeuvres qui m'ont suivi depuis, comme Jephté déjà partagé avec vous, ...
et ce que je vous propose aujourd'hui : Des Knaben Wunderhorn (Le cor enchanté de l'enfant), de Gustav Malher, sur des textes collectés (et arrangés) par von Arnim et Brentano.
Voici des extraits de cet ensemble de lieder avec orchestre, par le grand baryton allemand Matthias Goerne : Un grand chanteur, accompagné par un superbe orchestre et un très grand chef, Paavo Järvi.
Des Knaben Wunderhorn (Le cor enchanté de l'enfant), de Gustav Malher

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Bonjour,
il est des compositeurs de musique de film qui sont de grands compositeurs (certains font même cohabiter dans leur oeuvre ces compositions très cadrées - ici, on ne peut pas s'étendre sur le développement d'un thème - avec d'autres dans la lignée de tous les compositeurs qui les ont précédés).
Je pense bien sûr aux compositeurs hollywoodiens de l'après-guerre, dont certains étaient des élèves des monuments européens (ainsi Max Steiner, auteur des BO de King Kong et Casablanca, avait-il étudié avec Mahler et Brahms, excusez du peu !), à Nino Rota, Georges Delerue, ...
Et, en ce jour de commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale, j'ai envie de vous faire entendre la musique d'un compositeur niçois, fauché par la drôle de guerre à l'âge de 40 ans. Un compositeur qui aurait certainement eu une carrière magnifique s'il avait vécu : Maurice Jaubert.
Jaubert, dont vous connaissez déjà la musique, mais peut-être pas le nom, car il est l'auteur - excusez du peu - des musiques de 14 Juillet, L'Atalante, Zéro de conduite, Drôle de drame, Quai des brumes, Hôtel du Nord, Le jour se lève, ...
Une musique dramatique, avec des mouvements de cordes qui vous soulèvent, des vents "à la française" qui donnent des frissons, ... de la très, très belle musique !
Un compositeur dont j'ai découvert le nom en m'intéressant à la musique de films de François Truffaut, qui utilisa plusieurs des ses oeuvres pour La chambre verte mais aussi L'argent de poche, L'homme qui aimait les femmes et Adèle H.
Difficile de trouver des enregistrements de Jaubert sur internet (en particulier, je n'arrive pas à trouver le magnifique Concert Flamand, utilisé pour La Chambre verte), mais en fouillant... voici un lien qui permet de découvrir cet univers musical très proche de celui des compositeurs français de l'époque (Auric, Milhaud, ...) :
Maurice Jaubert : Suite Française, intermèdes et autres oeuvres orchestrales, Orchestre de chambre de Nice, sous la direction de Jacques-Francis Manzone

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Bonjour,
je vous l'ai déjà dit au sujet des sextuors de Brahms, et la situation est ici la même pour Schubert : quand une oeuvre est dédié à un ensemble un peu original, elle n'est pas souvent jouée.
Quoique, là... j'ai souvenir d'avoir entendu cette oeuvre dans le cadre du regretté Festival de musique en Grésivaudan, mais il est vrai qu'il était organisé par l'un des membres du Quintette Moraguès, quintette à vent issu des grands orchestres nationaux, et qui avait plein de copains instrumentistes à cordes.
Car, l'Octuor​ en Fa majeur de Schubert (c'est de cela qu'il s'agit) est une oeuvre hors normes à plusieurs point de vue : sa longueur (une heure, pour de la musique chambre, c'est plutôt rare), sa tonalité majeure (rarement utilisée, à l'époque, dans la musique de chambre, plus encline à se développer en mode mineur), et sa nomenclature, c.à.d. les instruments requis, à savoir un quatuor à cordes + contrebasse, clarinette, basson et cor.
Le voici interprété par le Quatuor Ysaye (qui s'est malheureusement séparé depuis... j'avais une petite tendresse pour le nom du violoncelliste Clin d'œil) et quelques amis musiciens, dont Paul Meyer, l'un des meilleurs clarinettistes actuels :
Octuor​ en Fa majeur de Schubert, par le Quatuor Ysaye

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Bonjour,
encore une fois un souvenir de mes années de CHAM... la découverte de "l'autre" compositeur hongrois, Zoltan Kodaly. Un compositeur un peu éclipsé par Bartok, avec qui il partagea l'expérience de collectage de mélodies dans les villes et - surtout - les villages, et dont on retient parfois plus son rôle de pédagogue (la fameuse "méthode Kodaly" pour l'apprentissage de la musique, dont l'école normale de Grenoble fut l'une des têtes de pont françaises dans les années 70/80).
Et pourtant, que de belles oeuvres, pour orchestre mais aussi pour choeurs (et, pédagogie oblige, il y a parmi ces chants des oeuvres très accessibles aux musiciens amateurs... ça me rappelle qu'on a une ​Bénédiction​ à peaufiner...).
Et donc, aujourd'hui, les ​Danses de Galanta​, pour lesquelles j'ai trouvé une source qui propose et des informations sur l'oeuvre et le compositeur, et deux interprétations historiques, celle (qui craque un peu, c'est l'âge) de Ferenc Fricsay, et celle de Antal Dorati :
les ​Danses de Galanta de Zoltan Kodaly

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Bonjour,
si Janequin est connu pour ses oeuvres descriptives, son ​Mois de mai​ et ses chansons galantes, voire plus que coquines, il a aussi écrit quelques chansons d'une tendresse exquise. L'une d'entre elles, l'une de mes préférés, chantée et dirigée plusieurs fois, c'est ​Toutes les nuits :
​Toutes les nuits tu m'es présente par songe doux et gracieux, mais tous les jours tu m'es absente qui m'es regretz fort ennuyeux... Suivent des arabesques vocales et des soupirs... un pur bonheur...
Voici un enregistrement de l'ensemble ​A sei voci​ du regretté Bernard Fabre-Garrus, avec une version vocale et instrumentale, et pour ceux qui fréquentèrent le conservatoire de Grenoble et sa classe de musique ancienne, deux des anciens professeurs de flûte, Sabine Weil (désormais à Aix-en-Provence) et mon copain Nicolas Stroesser (maintenant directeur du CRR de Metz) :
Toutes les nuits de Clément Janequin, par l'ensemble A sei voci​

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Bonjour,
c'est mardi, c'est Diasporim. L'histoire du jour, c'est qu'il y a bien longtemps, Suzy, qui présidait à l'époque notre association préférée, m'offrait, en votre nom, un CD consacré à Benedetto Ferrari (vous savez, celui qui aurait composé le Pur ti miro de Monteverdi !). Et ce fut une double découverte pour moi : le compositeur, mais aussi l'interprète, un quasi inconnu à l'époque (l'enregistrement date de 2003)...
un certain Philippe Jaroussky ! Eh oui, Jaroussky, ce sont les Diasporim Zinger qui me l'ont fait découvrir. Alors, aujourd'hui je vous renvoie l'ascenseur, d'autant que le CD est en ligne :
Et en plus, ce que je n'avais pas vu à l'époque car je ne l'avais encore pas rencontrée, je me rends compte que l'une des musiciennes de l'ensemble Artaserse habite à Seyssins : Christine Plubeau, formidable gambiste, qui enseigne au CRR de Grenoble et joue avec les plus grands... et qui fut la malheureuse héroïne d'une terrible anecdote.
En effet, un jour, répétant dans un grand théâtre parisien (si mes souvenirs sont bons), elle laisse sa viole sur la scène lors d'une pause... juste sous le rideau de fer anti-incendie... je vous laisse imaginer le drame... le rideau fut descendu pendant la pause ! Comme quoi, il ne faut jamais laisser traîner ses affaires, ma maman me l'a toujours dit ;-)
Musiche Varie , de Benedetto Ferrari (1603-1681), par Philippe Jaroussky et l'ensemble Artaserse

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Bonjour,
hier soir, la question de partager également du jazz avec vous m'a été posée. Alors, aujourd'hui, pause dans le classique, je vous envoie un peu de soleil "West coast". Mais pas le West Coast de l'après-guerre, celui de Chet Baker, Gerry Mulligan, Stan Getz, Shorty Rogers, ..., non, une version plus récente, sans saxophones, cuivres ou piano mais avec des guitares, et quelles guitares !
A propos de guitare, connaissez-vous cette devinette : quelle est la différence entre un guitariste de rock et un guitariste de jazz ? Le premier connait 3 accords et joue devant des milliers de personne, le second connait des milliers d'accords... et joue devant 3 personnes ! Bon, aujourd'hui, on va être un peu plus de 3, mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a dans cette musique beaucoup plus de 3 accords !!!
Il s'agit d'un extrait d'un de nos CD préférés, à Sibylle et moi : The sound of summer running, du bassiste Marc Johnson, qui a invité deux guitaristes exceptionnels, Pat Metheny (virtuose capable, musicalement parlant, du meilleur et du pire, ici le meilleur) et Bill Frisell (tout le contraire d'un guitar hero, une virtuosité sobre, élégante et d'une intelligence musicale incroyable).
Et à la batterie, Joe Baron, l'homme qui tricote derrière les grands, à commencer par les anciens du West Coast, Stan Getz (avec qui je l'ai vu à Vienne il y a une éternité, du temps où le festival avait une programmation essentiellement jazz) et Chet. Un quartet formidable, qui n'a malheureusement pas enregistré d'autres albums (mais il existe d'autres opus de Johnson, avec Frisell et deux autres grands, John Scofield à la guitare et Peter Erskine à la batterie).
Le morceau s'appelle Dingy-Dong Day. C'est... hmm... et à partir d'1'53", il y a une transition harmonique incroyable, je ne sais combien d'accords différents en un minimum de temps !!! Oui, vraiment un peu de soleil en cette matinée maussade. Et n'hésitez pas à écouter les autres morceaux du CD, que du plaisir :
Dingy-Dong Day : Marc Johnson, The Sound of Summer Running

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Bonjour,
ça doit bien faire quelques jours que je ne vous ai pas proposé de musique du divin Jean-Sébastien, non ? Alors, pour y remédier, une histoire et une cantate.
Nombre d'entre vous connaissent Pierre-Yves Tétu, accordéoniste et - surtout - ténor, avec qui nous avons fait un peu de musique. Il y a quelques années, Pierre-Yves était le ténor "officiel" des Pauses Bach, des concerts sur le temps de midi organisés un vendredi par mois à la Chapelle Ducale de Chambéry. Au programme, essentiellement des cantates, à un par voix, avec un petit ensemble orchestral baroque réuni par Maëva Bouachrine, gambiste et professeur au CRR d'Annecy.
Mais parfois, Pierre-Yves n'était pas disponible - il s'agissait de véritables opérations commando, répétition le jeudi matin, raccord le vendredi matin et concert à midi ! - et j'ai eu la chance de faire partie des ersatz contactés pour tenir la partie de ténor à plusieurs reprises.
Parmi les cantates chantées, certaines m'étaient inconnues, et donc, au plaisir du chant s'ajoutait le plaisir de la découverte. Ce fut le cas avec la cantate BWV 150, Nach dir, Herr, verlanget mich (Vers toi, Seigneur, j'aspire). Un petit bijou...
Et je m'empressais, après le concert, de "claquer" mon cachet pour m'offrir la version de ceux qui sont peut-être les meilleurs interprètes actuels de Bach, le (j'ai eu du mal à le croire avant de les entendre !) Bach Collegium Japan dirigé par Massaki Suzuki.
Pas possible de trouver cet enregistrement en ligne, mais par contre, il y en a un sympa de Voces8 (qui, pour une fois, ne privilégie pas le seul son). Alors, je vous propose de découvrir cette belle cantate (et en particulier, à 8'21", le trio Zedern müssen von den Winden Oft viel Ungemach empfinden, avec son superbe soutien à la viole, une véritable gourmandise pour les chanteurs !) :
cantate BWV 150, Nach dir, Herr, verlanget mich (Vers toi, Seigneur, j'aspire, par Voces8

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Bonjour,
aujourd'hui, je me doute qu'entre celles et ceux qui n'aiment pas la musique contemporaine, et celle(s et ceux) qui n'est (sont) pas fana(s) du violon... mais pour moi, cette oeuvre est l'une des plus belles et émouvantes du 20ème siècle.
Le ​Concerto à la mémoire d'un ange​, de Berg, concerto pour violon écrit en 1935 et dédié à la mémoire de Manon Gropius, fille du fondateur du Bauhaus, Walter Gropius, et d'Alma, qui fut successivement l'épouse de Gustav Mahler, de Gropius et du romancier Frantz Werfel (si vous avez vu la série allemande sur le Bauhaus, il y a quelques semaines sur Arte, elle en était l'un des personnages des premiers épisodes).
Manon, cet ange à qui Alban Berg dédie cette si belle oeuvre, meurt en 1935 de la polyo, à l'âge de 18 ans. Au même moment, Berg, qui a une grande affection pour celle qu'on appelle Mutzi, a accepté - pour des raisons financières - la commande d'un concerto pour violon, qu'il n'a pas spécialement envie d'écrire.
Le drame va être l'élément déclenchant, et le résultat laisse sans voix. Dès les premières notes, les cordes à vide du violon sol/ré/la/mi qui enchaînent avec le do/sol/ré/la initial (notes qui correspondant aux cordes à vide du violoncelle) vous prennent à la gorge, et jusqu'à la dernière note, l'émotion ne nous lâchera pas. Si vous voulez tout savoir sur cette oeuvre, je vous conseille la lecture de ceci :https://www.francemusique.fr/culture-musicale/une-oeuvre-entre-les-lignes-concerto-pour-violon-la-memoire-d-un-ange-d-alban-berg-37555. Mais, plutôt que la version proposée dans la page, je vous suggère d'écouter Itzhak Perlman, avec le Boston Symphony Orchestra dirigé par Seijii Ozawa :
Concerto à la mémoire d'un ange de Alban Berg, par Itzhak Perlman et le Boston Symphonic Orchestra

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Bonjour,
il y a quelques années, le samedi après-midi, France Inter proposait une formidable émission sur la musique classique : C'est du classique mais c'est pas grave. L'animatrice, Sylvie Chapelle, bassonniste, recevait des musiciens, faisait découvrir des compositeurs, des artistes, des genres, des instruments, ... (et ne disait quasiment jamais "je"...).
Je me souviens particulièrement de deux émissions chez le pianiste Jos van Immerseel, l'homme qui possède je ne sais combien de pianos parce que, pour lui, à chaque période correspond un type d'instrument particulier.
Et il l'avait démontré en jouant, si mes souvenirs sont bons, du Schubert ou du Brahms sur un piano d'époque, un piano plus ancien et un piano moderne... et il n'y avait pas photo, celui qui sonnait le mieux était celui pour lequel le compositeur avait écrit !
A ce sujet, je vous suggère cette vidéo qui donne une idée de sa démarche... et de son "atelier" :

https://www.concertclassic.com/video/jos-van-immerseel-collectionneur-de-pianos-pianofortes-et-clavecins

Jos van Immerseel, grand pianiste (ses concertos de Mozart, quelle merveille !), capable de jouer aussi bien Bach que Schumann et Brahms ou Ravel et Gershwin, avec à chaque fois une recherche originale quant à l'interprétation, seul, en petit ensemble ou à la tête de son orchestre, Anima Eterna.
Aujourd'hui, je vous propose de l'entendre avec deux complices dont je vous ai déjà parlé, le regretté Anner Bylsma, au violoncelle, et son épouse Vera Beths, au violon, tous deux - si mes souvenirs sont bons - jouant sur des Stradivarius prêtés par le Smithsonian Institute.
Un enregistrement encore une fois tiré des productions de Wolf Erichson, avec un CD dédié à Schubert. Je vous le conseille dans son entier : le Quintette La truite, la si belle et si originale Sonate pour Arpeggione et piano, et ce que je vous propose d'écouter mainenant, le Notturno, une pièce à part qui fut aurait dû être l'adagio du Trio n°1 en si bémol avant que Schubert ne change d'avis :
le Notturno , de Schubert

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Bonjour,
si l'on ne devait mentionner qu'une différence entre jazz et musique classique, je pense que ce serait le fait qu'à partir d'un thème et/ou d'une grille d'accord, les jazz(wo)men ne jouent jamais deux fois la même chose. Ils improvisent tout le temps !
J'ouvre une parenthèse... Il faut quand même savoir qu'en musique classique, l'improvisation a connu des périodes fastes, jusqu'au baroque (je vous ai déjà dit que jusqu'à Beethoven, qui a figé dans le marbre ses propres versions, les cadences des concertos de Mozart étaient improvisées par les solistes).
Après, les compositeurs ont verrouillé leurs oeuvres... jusqu'à l'après-guerre, quand des compositeurs se sont mis à donner des possibilités d'improvisation à partir de blocs écrits ou dessinés, qu'on peut assembler comme on le souhaite (cf. les jeux musicaux de Guy Reibel - membre du GRM, le Groupe de Recherches Musicales de l'ORTF, grand laboratoire de recherche musicale créé à l'aube des années 60 - ou le concerto pour piano et orchestre de John Cage,
http://www.paalabres.org/wp-content/uploads/2017/10/DGFig1-1024x660.jpeg
Mais revenons au jazz, et à l'un des plus grands jazzmen français de notre temps, le contrebassiste Henri Texier (n'en déplaise aux crétins des Victoires du Jazz, qui lui ont remis un prix, mais en catimini, hors diffusion télé... de quoi avaient-ils donc peur !?).
Texier, c'est un jeu dont la richesse harmonique vous fait frissonner de plaisir, des compositions toutes plus belles les unes que les autres, et une propension à s'associer, depuis plus de 50 ans, avec des sidemen extraordinaires, de ses complices historiques, (les souffleurs François Janneau, Jean-Louis Chautemps, Louis Sclavis, Michel Portal, ... et, surtout, son alter ego, le batteur Aldo Romano) à la jeune génération (son fils Sébastien et François Corneloup aux saxos, Manu Codjia à la guitare, le pianiste Bojan Z, ...).
Et, dans les années 80, il y a le Transatlantik Quartet, pour lequel il s'adjoint, outre Romano, deux immenses musiciens américains, le saxophoniste Joe Lovano et le bassiste Steve Swallow (compagnon de Carla Bley). Un groupe qui va produire deux albums essentiels : Izlaz et Colonel Skopje.
Ce dernier album est l'occasion pour Texier de proposer une première version d'un morceau qui, désormais, va l'accompagner avec tous ses groupes : Desaparecido. Une merveille ! En voici quelques versions, avec des groupes à géométrie variable (sans batterie pour le premier, avec le tromboniste Glen Ferris pour le second, avec Bojan Z au piano pour les 2 et 3, ...), je vous laisse apprécier l'originalité musicale de chacune d'entre elle :
Desaparecido, de Henri Texier (version sans batterie)
idem , avec le tromboniste Glen Ferris et le pianiste Bojan Z
idem , avec le pianiste Bojan Z
une quatrième version de Desaparecido , festival de Buenos Aires, 2014

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Bonjour,
c'est mardi, c'est Diasporim... et qui dit Diasporim Zinger dit chant a capella.
Nombreux sont les compositeurs français de la toute fin du 19ème siècle et de la première moitié du 20ème qui se sont adonnés à la composition de cycles de chansons pour choeur.
Debussy (Trois chansons de Charles d'Orléans), Ravel (Trois chansons), Poulenc (Sept chansons, Huit chansons françaises), Milhaud (Quatrains valaisans), Schmitt (A contre-voix), Auric (Cinq chansons françaises), Durey (Trois chansons musicales), ... Des oeuvres souvent d'une redoutable difficulté (la Quinte du Loup a bien souffert, il y a quelques années, sur un tel répertoire...), mais quelles sonorités, et quelle belle langue !
Alors, aujourd'hui, double ration de chansons, avec les plus célèbres,
- celles de Debussy -
Chansons de Debussy
- et de Ravel -
Chansons de Ravel
- par le célèbre Monteverdi choir, créé et dirigé par Sir John Eliot Gardiner, aussi à l'aise dans la musique ancienne que dans le romantisme ou le début du 20ème. De l'humour, de l'émotion, du bonheur !

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Bonjour,
aujourd'hui, un CD, un compositeur et un artiste : Poulenc par Alexandre Tharaud. Un CD paru en 1996, avec lequel j'ai découvert Tharaud (bien avant qu'il ne devienne la star qu'il est aujourd'hui). Ce toucher, cette musicalité, cette virtuosité, ... et en plus, pour ceux qui l'ont vu dans le dernier Resnais, l'homme a l'air vraiment sympathique
Quant à Poulenc (sa fiche Wikipedia vaut la lecture :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Poulenc ),
que dire si ce n'est que c'est l'un des tous grands du 20ème siècle français, les deux pieds dans la tradition (cf., dans ce CD, ses arrangements de pièces de Claude Gervaise, un compositeur de la Renaissance) mais totalement de son temps, avec des oeuvres parfois d'une très grande modernité (la cantate Un soir de neige, sur des poèmes d'Eluard).
A l'aise en tout, mélodie, musique chorale, opéra (écoutez et regardez les Dialogues des carmélites, surtout si vous avez accès à la splendide version mise en scène par Marthe Keller à Strasbourg !), oeuvres symphoniques, musique de chambre, etc, etc... Et dans la musique pour piano, avec cette subtile sélection de pièces d'un débutant qui deviendra vite célèbre :
Francis Poulenc, pièces pour piano, par Alexandre Tharaud

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Bonjour,
et si on écoutait du jazz vocal? Et pas qu'un peu, aujourd'hui, je vous propose plusieurs groupes, plusieurs styles.
Pour commencer, un groupe des années 70/80, autour d'un exceptionnel arrangeur, Gene Puerling. Ce groupe, ce sont les Singers Unlimited, qui sont un peu les ancêtres des célèbres Manhattan Transfer, et donnèrent autant dans le jazz accompagné que dans l'a capella, avec trois disques mémorables :
les Singers Unlimited
Vous pouvez tout écouter, c'est tellement bon. Et si vous voulez commencer par un simple apéro pour commencer, je vous suggère Clair :
Clair, by the Singers Unlimited
Si je vous ai dit que les Singers Unlimited étaient les précurseurs des Manhattan Transfer, en voici l'illustration parfaite, avec A nightingale sang in Berkley Square, dans l'arrangement de Gene Puerling, bien sûr :
A nightingale sang in Berkley Square
Et toujours dans la lignée de Puerling, voici un groupe suédois qui a sorti quelques perles : The Real Group. Avec pour commencer un pur jazz vocal, Pass me the jazz :
Pass me the Jazz, par le groupe suédois The real Group
Et puis, dernière gourmandise du jour (j'ai déjà dû vous envoyer ce lien, mais c'est toujours aussi bon...), la Nordic Polska du groupe éphémère Leveleven, constitué de The Real Group et de Rajaton :
la Nordic Polska , par le groupe ephmère Leveneven

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Bonjour,
bon, je préviens tout de suite, ce que je vous propose ce matin est tout sauf évident... mais c'est tellement beau. Une oeuvre - et une compositrice - découverte grâce au film ​Le couvent, de Manoel de Oliveira, il y a plus de vingt ans. Et en sortant du cinéma, bien secoué par la beauté du film, une seule idée en tête : acheter le CD pour savourer encore cette musique si prenante !
La compositrice, c'est Sofia Gubaidulina, une tatare qui fut l'assistante de Chostakovitch dans les années 50, et aurait probablement été beaucoup plus connue si elle n'avait pas vécu dans la dictature soviétique... car, et c'est probablement une chance pour la musique, elle n'était pas dans la ligne ! Heureusement, dès le début des années 80, le grand violoniste balte Gidon Kremer la fait connaître en interprétant l'oeuvre que je vous propose aujourd'hui : Offertorium, un concerto pour violon. A Kremer succèderont d'autres grands interprètes comme les quatuors Kronos et Arditti (tous deux spécialistes de musique contemporaine), et des solistes et chefs renommés comme Rostro (povitch, bien sûr), Anne-Sophie Mutter (dédicataire d'un second concerto pour violon), Simon Rattle, Guenadi Rojdestvenski, ... tous conscients de servir une grande compositrice.
Alors, voila cet ​Offertorium​, avec Kremer et le Boston Symphony Orchestra dirigé par Charles Dutoit. Je vous suggère de commencer par la fin, à partir de 27'04", ce passage si envoutant, qui m'avait tellement séduit... et j'espère bien qu'après ça, vous aurez envie de tout écouter, car c'est une vraie merveille :
Offertorium, de Sofia Gubaidulina, avec Kremer et le Boston Symphony Orchestra dirigé par Charles Dutoit

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Bonjour,
lors du premier stage de chant que Sibylle et moi avons fait avec Michel Laplénie, à Blaye, nous avons découvert l'Office des défunts (Officium defunctorum) de Tomas Luis da Victoria, compositeur espagnol qui a passé une partie de sa vie à Rome avant de revenir à Madrid.
Une expérience à la fois pénible - le choeur n'était pas très bon, les voix de femmes, en charge des grégoriens, baissaient tout le temps au point que Michel avait dû les faire soutenir par l'orgue - et magique, car, oui, cette oeuvre est véritablement magique. Une messe des morts, mais (comme pour Brahms), une oeuvre sereine, il suffit d'écouter l'Introït pour s'en convaincre.
A notre retour, j'annonçais à La Quinte du Loup que je souhaitais mettre cette oeuvre à notre programme, et deux ans plus tard, c'était chose faite. Et là, quel bonheur. J'ai fini chacun des concerts en larmes (la fin ressemble à la seconde partie de l'Introït, chanter cette musique procure une émotion incroyable).
Composé pour les funérailles de l'impératrice Marie, et dédié à sa fille Marguerite d'Autriche, cet office est considéré comme le summum d'une oeuvre d'une richesse exceptionnelle (la Quinte du Loup prépare d'ailleurs un nouveau programme Victoria, avec la Messe O Magnum Mysterium et les Répons des Ténèbres, on en reparlera !).
Voici, pour vous en convaincre, la très belle version des Tallis Scholars :
Officium defunctorum, de Tomas Luis da Victoria, par les Tallis Scholars

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Bonjour,
une nouvelle fois, Ravel. Ravel, magicien de l'orchestre, inventeur de mondes sonores qu'on a envie de découvrir, approfondir, revisiter sans cesse. Ravel, chez qui - un de plus, après Brahms et Bach - tout est bon, musique pour piano, musique de chambre, musique orchestrale, musique vocale...
Ravel qui fut profondément marqué par la 1ère guerre mondiale, cette guerre à laquelle - lui qui avait exempté de service militaire en raison de sa faible constitution - il avait voulu prendre part en s'engageant dès le début du conflit, mais dont il restera éloigné, d'abord parce que « trop léger de deux kilos » (ne pesant que 48 kg), puis - après avoir été finalement incorporé comme conducteur de camion - parce qu'il tombera gravement malade et sera rapidement démobilisé.
Le conflit mondial est présent dans le Tombeau de Couperin, que Ravel compose pour le piano en 1917/18 avant de l'orchestrer (il a fait pour nombre de ses compositions pour piano, dont les versions orchestrales sont généralement plus connues que leurs versions originales). Une suite de danses dont chacune est dédiée à un ami musicien tombé au front, et qui s'inscrit dans une tradition ancienne de suites de danses pour le clavecin, initiée par Couperin ou Rameau, le terme tombeau faisant référence à un hommage poétique et musical en usage au 18ème siècle.
Le tombeau de Couperin, de Maurice Ravel, Orchestration complète

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Bonjour,
vous avez aimé Henri Texier et le Transatlantik Quartet ? Alors, reprenons-en un peu, avec ce coup-ci une composition d'Aldo Romano - le bel Aldo, ce batteur italien qui a fait chavirer le coeur des françaises (et des français) depuis si longtemps (je viens de découvrir qu'il fêtait cette année ses 79 ans... je vais avoir du mal à m'en remettre...).
Un batteur qui chante aussi, d'ailleurs, ce qui explique peut-être pourquoi ses compositions sont aussi chantantes ? Le morceau, tiré de l'album Izlaz, s'appelle Rondine, en français Hirondelle... et en anglais, Swallow, le nom de famille du bassiste Steve Swallow, membre du quartet à qui ce morceau est dédié :
Hirondelle, de Aldo Romano
Et pour vous convaincre (définitivement ?) qu'un batteur peut écrire de belles mélodies, voici une autre d'Aldo Romano, Il camino :
Il Cammino, de Aldo Romano
Et des versions alternatives, bien sûr. D'abord, l'accordéoniste Daniel Mille :
Version alternative, par l'accordéoniste Daniel Mille
Et puis, bien sûr, Nougaro, qui mit des mots - des rimes ! - sur cette si belle musique :
Autre version alternative, par Claude Nougaro

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Bonjour,
aujourd'hui, une oeuvre peu jouée, car d'une très grande difficulté pour les 4 héros : le Konzertstück pour 4 cors de Robert Schumann. Dès l'attaque de cette Pièce de concert, on comprend à quel point il s'agit d'un morceau de bravoure pour les cornistes, et seuls des instrumentistes hors pair peuvent éviter le couac tout au long de l'oeuvre (qui fut même considérée injouable par beaucoup, au début) !
Au fait, c'est quoi, une pièce de concert ? En fait, ça ressemble à un concerto, mais en un seul mouvement. Et l'idée est de permettre au(x) soliste(s) de faire preuve de sa(leur) virtuosité à travers une oeuvre brillante, pleine de peps. Et là, Schumann fait très fort.
Il faut dire qu'il est dans une bonne période (ça ne sera pas toujours le cas), et qu'il a découvert un instrument pour lequel il va composer plusieurs oeuvres en ce milieu de siècle : le cor d'harmonie. Mis au point dans la première moitié du 18ème siècle, cet instrument à pistons (aujourd'hui, à palettes) permet de jouer toutes les notes, contrairement au cor naturel (pour lequel tout se fait à la bouche), et donc de se lancer dans des envolées virtuoses inédites.
Et si certains compositeurs (dont Brahms !) seront réticents (j'ai même découvert que le Conservatoire de Paris n'avait pas enseigné cet instrument avant le 20ème siècle), Schumann, lui, va immédiatement adopter cet instrument, pour notre plus grand bonheur :
le Konzertstück pour 4 cors, de Robert Schumann

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Bonjour,
c'était du temps où Jazz à Vienne méritait son nom, et où j'y passais plusieurs soirées au cours de la quinzaine, avec quelques copains fondus de jazz. Ce soir là, nous étions là pour deux monuments : Stan Getz, et l'un des plus grands trompettistes, qui revenait de nulle part après une vie tellement abîmée que même les studios hollywoodiens n'auraient pas acheté un tel scenario : Chet Baker (le concernant, je vous conseille le formidable film Let's get lost :
Le film Let's get lost .
Chet, une gueule à la James Dean mais une addiction à l'héroïne qui l'emportera, entre galères et drames, jusqu'à la chute finale, du balcon de son hôtel, à Amsterdam.
Et donc Vienne, au début des années 80... Chet était revenu au firmament du jazz, après avoir été considéré comme définitivement perdu (des dealers lui avaient fracturé la mâchoire et cassé les dents), et tournait à cette époque avec le guitariste belge Philip Catherine et le bassiste Jean-Louis Rassinfosse. Et il arrive, à petit pas, on devine l'homme fatigué, avec sa petite valise. Il ouvre la caisse, sort sa trompette... et on décolle... A la fin du set, on aura droit à plusieurs rappels, à chaque fois, Chet salue, range sa trompette, sort de scène, revient, ressort sa trompette, joue... un vrai gag, mais l'émotion était telle qu'on était plus dans les larmes que dans le rire...
Chet n'était pas uniquement trompettiste, il était également un merveilleux chanteur. En fait, il chantait comme il jouait, le souffle était le même. Alors, parce que, même quand on a déjà entendu ce standard des centaines de fois, l'émotion est toujours là à chaque audition, voici Chet Baker, trompettiste et chanteur, et son morceau fétiche, My funny valentine :
Chet Baker ; My funny Valentine

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Bonjour,
un nouveau souvenir de mes années de collège, quand nous passions notre vie au Conservatoire (les deux premières années de CHAM, avant que ne soit construit le collège Charles Münch, c'était même le grand luxe, nous étions rattachés au collège/lycée Mounier... et, hormis pour la bio et le sport, les profs venaient au Conservatoire pour nous faire cours !!!). Outre le jeu de fronton avec une balle de tennis sur le mur près de l'entrée, l'un de mes grands plaisirs, c'était la discothèque, où l'on pouvait écouter des tas de choses, installé dans une cabine d'écoute.
J'ai donc pu élargir mes connaissances, approfondir ce qu'on nous faisait écouter en histoire de la musique ou en solfège, et découvrir des oeuvres ou des compositeurs, comme ça, au jugé... Et c'est ainsi que j'ai découvert la suite du Lieutenant Kijé de Prokofiev.
Aujourd'hui, je serais presque tenté de dire "mouais, néo-classique, un peu ploum-ploum...", mais en le réécoutant... Et puis, l'amateur des premiers albums solo de Sting se rappelle que ce dernier a pompé Prokofiev dans son 1er opus, ceux qui connaissent reconnaitront la Romance qui a été réutilisée dans Russians.
Voici donc cette suite, interprétée par le CSO (Chicago Symphonic Orchestra) dirigé par Monsieur Claudio Abbado :
Suite du Lieutenant Kijé, de Prokofiev

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Bonjour,
aujourd'hui, l'une des oeuvres que je rêverai à jamais de pouvoir chanter... peu de chances hélas, mais heureusement, j'en ai déjà chanté des extraits avec Michel Laplénie : les Vêpres de la vierge (Vespro della Beata Vergine) de Monteverdi. Une des oeuvres majeures du maître, qui date de la fin de ses années mantovanes... Salomone Rossi a peut-être (probablement) tenu la partie de violon dans ces Vêpres !
Ensemble de 25 pièces allant du grégorien solo au grand ensemble (l'intro !), en passant par des soli, duos, petits ensembles, avec un magnifique soutien instrumental (ah, les cornets à bouquin du début, sur la droite de l'écran !), ces vêpres sont une sorte d'opéra liturgique, très théâtralisé, probablement destiné à faire naître un effet dramatique et émotionnel d’une manière totalement nouvelle pour l’époque, sans pour autant renoncer à son objectif religieux.
Monteverdi manie ici aussi bien le Stile nuovo (la Seconda practica, annonciatrice du baroque, appuyée sur la basse continue qui fait ici ses débuts, très verticale afin de permettre une meilleure compréhension du texte) que le stile antico (la Prima practica héritée de Palestrina, qui s'énivre littéralement de dissonances et de contrepoint, les textes - et leur intelligibilité - passant après la musique).
Un dernier mot sur la version que je vous propose, par la Capella mediterranea et le Choeur de chambre de Namur, sous la direction de Leonardo Garcia Alarcon. Il s'agit d'un enregistrement live, au Festival d'Ambronay, où ces musiciens vont par ailleurs enregistrer un double CD considéré comme l'une des tous meilleures versions de ce chef d'oeuvre.
Et vous savez quoi ? Ce soir là, plutôt dans le fond de la basilique, Sibylle et moi y étions.. et c'était bon !!! Alors, maintenant, c'est à vous :
les Vêpres de la vierge (Vespro della Beata Vergine) de Monteverdi, (1ère partie),
plus de 7 minutes avant que la musique ne commence, vous pouvez zapper le début et
les Vêpres de la vierge (Vespro della Beata Vergine) de Monteverdi, (2ème partie),

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Bonjour,
en ce jour de Pentecôte, une envie de cantate... de Bach, bien sûr ! L'une des deux premières cantates que j'ai chantées, élève de CHAM, grâce à notre prof de chorale, Alain Blanc-Brude, un formidable musicien, par ailleurs prof de hautbois, qui a ensuite rejoint Clermont-Ferrand, heureux auvergnats.
Grâce à lui, nous avions été introduits à Bach par deux de ses plus belles cantates : la 21, Ich hatte viel Bekümmernis (de mémoire, ce doit être celle-ci que j'avais apprise en tant que soprano avant de devoir - mue oblige - la réapprendre en tant que ténor, après les vacances d'été...), et la 106, Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit, appelée Actus Tragicus.
Actus Tragicus est l'une des premières cantates composées par Bach, âgé d'au plus vingt-deux ans, quand il tenait l'orgue de Mülhausen (un emploi qui lui avait permis de quitter Arnstadt, où les tensions avec son 1er employeur étaient insupportables pour son génie musical, et qu'il quittera très vite pour rejoindre la cour de Weimar).
Probablement écrite pour les funérailles du maire de la ville, d'où cet intitulé Actus Tragicus (dont on pense qu'il n'est pas de Bach), elle fut perdue du vivant de Bach, et retrouvée près de vingt ans après sa disparition, grâce à son disciple Penzel (ceux qui ont vu le film de Straub et Huillet se souviennent peut-être de ce protagoniste de la vie de Bach à Leipzig).
Certains pensent cependant que le texte pourrait la destiner à la fête de la Purification, de par l'utilisation de textes tirés du Cantique de Siméon.
Ancrée dans la tradition des cantates baroques allemandes du 17ème siècle, elle se distingue cependant de la tradition par une utilisation plus abondante du choral, utilisé comme élément structurant. Des choeurs chantés par des solistes, l'église prônant la "sobriété musicale". Cette sobriété se retrouve dans la composition de l'ensemble instrumental : seulement deux flûtes et un continuo (violes, violoncelle, orgue). Et ça suffit... écoutez la Sinfonia qui introduit la cantate, les échanges entre les flûtes sont l'un des plus beaux moments de la musique dite classique.
En cherchant une vidéo, je suis tombé sur une pépite... outre les chanteurs qui m'ont accompagné dans mon apprentissage de la musique baroque (à écouter le contre-ténor René Jacobs, aujourd'hui l'un des plus grands chefs, quel regret qu'il ne chante plus...), ils sont tous là : Anner Bylsma au violoncelle, Wieland Kuijken à la viole, Ton Koopman (à l'époque, il avait une coiffure moins sage que dans la Cantate du café) à l'orgue, Franz Brüggen à la flûte, et Gustav Leonhardt à la direction. Les voir m'a procuré une émotion incroyable, alors, tant pis pour les autres versions, celle-là me tire des larmes :
106ème cantate, Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit, appelée Actus Tragicus de J. S. Bach

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Bonjour,
si nous arrivons à trouver une scène et une salle suffisamment grandes pour accueillir autant de cuivres et percussions (6 cors, 4 trompettes, 3 trombones, 2 tubas, 2 timbaliers et une flopée de percussionnistes), l'Orchestre des Campus de Grenoble envisage de programmer le tube du compositeur anglais Gustav Holst : The Planets. Ah, Les planètes... plus anglais, c'est impossible ! So british, isn't it? On écoute ça, on a soudain envie d'une tasse de thé et de scones (ça nous change de Woody Allen et Wagner... qui lui donne envie d'envahir la Pologne).
Composé pendant la première guerre mondiale, cet ensemble de pièces constitue une vaste fresque symphonique qui remue les foules et a inspiré aussi bien des groupes de rock que certains compositeurs de musique de film... eh non, John Williams n'a pas inventé grand chose, la musique de Star Wars, elle vient directement de là !
Alors, voici ces planètes, et cerise sur le gâteau, c'est filmé aux Proms, ces concerts où des places à tarif très réduit sont (du moins, étaient, quand j'y suis allé adolescent) proposées pour ceux qui se sentent de rester debout - Promenade concerts - ou assis à même le sol du kitschissime Royal Albert Hall, avec un orchestre de jeunes qui a apparemment décidé de doubler les pupitres de vents et de cuivres, la vue sur ces rangées de cors ou de trompettes est impressionnante :
The Planets, de Gustav Holst

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Bonjour,
j'avais déjà partagé avec vous sa suite de Pelléas et Mélisande, aujourd'hui, je vous propose d'aller à la rencontre de la musique de chambre de Fauré. Une musique élégante, envoutante, qui incarne merveilleusement le style français de la fin du 19ème siècle.
Oubliée la musique bourgeoise des Gounod et consorts, Fauré est à la musique française ce que les impressionnistes sont à la peinture (ceci explique probablement pourquoi Bertrand Tavernier, pour son film Un dimanche à la campagne, a choisi la musique de chambre de Fauré pour bande son).
Son influence sera majeure, tant chez Debussy (son cadet d'une génération, dont les oeuvres de jeunesse ont assurément quelque chose de "fauréen") et Ravel que chez tous ceux qui passeront par le Conservatoire (aujourd'hui CNSMD de Paris), qu'il va "redresser" après des années de léthargie et diriger d'une main de fer dans la première partie du 20ème siècle.
Fauré, c'est d'abord le piano et la mélodie française (que de souvenirs quand j'étais élève de la classe de chant de Paul Guigue au CRR de Grenoble, chanter Fauré, musique subtile et textes envoutants de Verlaine, quel bonheur !). Ce sont aussi quelques superbes pages orchestrales. Et puis, c'est la musique de chambre, avec les merveilleuses sonates pour violoncelles et piano, les quatuors avec ou sans piano, et ses deux Quintettes avec piano, dont voici le 2nd (l'une des oeuvres utilisées pour le film de Tavernier), par l'excellent quatuor Auryn et le pianiste Peter Orth :
2nd quintette avec piano, de Gabriel Fauré
Et si vous aimez, le 1er quintette est également en ligne, avec les mêmes interprètes :
1er quintette avec piano, de Gabriel Fauré

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Bonjour,
c'est mercredi, hier, c'était Diasporim (avec le lundi férié, je me suis raté d’un jour… mais je suis ne pas le seul, ce matin, Nicolas Demorand a annoncé qu’on était mardi !). Et voici donc des chants juifs (re)composés par un des grands compositeurs soviétiques : les Poésies populaires juives de Dmitri Chostakovitch.
Une œuvre écrite pour 3 chanteurs et piano, en réaction à l'antisémitisme ambiant de l'URSS de la fin des années 40, et rapidement orchestrée. Une œuvre beaucoup plus riche, et bien moins "easy listening" que la fameuse valse popularisée par la pub de je ne sais plus quelle compagnie d'assurance... et André Rieu (beurk) (en voici la version confinée :

les Poésies populaires juives, de Dmitri Chostakovitch

En furetant sur la toile, j'ai pu découvrir que Chostakovitch était considéré comme un compositeur philosémite :
Dmitri Chostakovitch

En témoignent certaines de ses œuvres, dont le 4ème quatuor à cordes, très inspirées par les sonorités de la musique juive.
Sur Wikipedia, il est écrit L'inspiration d'un grand compositeur russe par la musique juive, est un cas unique dans l'histoire de la musique russe. Il reprend des thèmes de la musique klezmer. L'influence de ses deux élèves juifs au Conservatoire de Leningrad, Benjamin Fleischmann et Youri Levitine, peut être avancée.
Du coup, je vous propose d'abord la version orchestrale, pas l'Orchestre symphonique d'état de Russie :
From Jewish Folk Poetry, Opus 79a, de Chostakovich, version orchestrale
Et si vous préférez la version avec piano, avec le compositeur au clavier, c'est par là :
From Jewish Folk Poetry, Vocal Cycle Op. 79 , de Chostakovich, version piano

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Bonjour,
il a été l'incarnation du jazz des années 40 aux années 90, il a, à plusieurs reprises, dynamité ce genre musical pour le faire évoluer grâce à des ruptures essentielles - cool, les deux quintets historiques, funk, ... - et son influence est toujours omniprésente : Miles !
Miles, que j'ai eu la chance de voir à plusieurs reprises, à Vienne mais aussi à Grenoble, du temps où le Festival de jazz occupait la scène de la Maison de la culture pendant une quinzaine printanière (mais cette fois-là, vu la star, le concert avait été déplacé au Summum).
Plus qu'un trompettiste, un mentor, qui se promenait entre ses sidemen, lançant des riffs, suggérant on ne sait quoi à l'oreille du musicien, synchronisant tout en laissant la liberté à chacun. Oui, Miles était l'un des plus grands !
En 1959, il réunit les musiciens qui travaillent avec lui depuis un peu plus d'un an pour une session qui va aboutir à l'enregistrement d'un des plus beaux albums de toute l'histoire du jazz : Kind of Blue.
Et quels musiciens : Coltrane et Bill Evans, véritables alter ego de Miles, et aussi Cannonball Aderley au saxo, Paul Chambers à la basse et Jim Cobb à la batterie. L'un des plus beaux ensembles jamais réunis, qui va inventer le jazz modal : pas de partition écrite ou de grille d'accords comme c'était le cas pour le bob et ses héritiers (bebop, hard bop), seulement des esquisses de gammes et de lignes mélodiques sur lesquelles improviser... et à vous de jouer !
Les musiciens n'avaient quasiment pas répété avant d'enregistrer, et presque tout a été fait en une prise unique. La liberté absolue... ou presque, puisque Miles avait bien évidemment briefé ses musiciens avant d'entrer en studio.
Wikipedia cite un entretien de Miles avec le critique musical Nat Hentoff de The Jazz Review (1958) : Absence d'accord... vous donne beaucoup plus de liberté et d'espace pour entendre des choses. Lorsque l'on va dans cette direction, on peut y aller pour toujours. On n'a pas à se soucier des changements et on peut faire plus avec la ligne [mélodique]. Cela devient un défi pour voir à quel point on peut être innovant dans la mélodie. Quand on se base sur les accords, on sait à la fin des 32 mesures que les accords sont terminés et il n'y a rien d'autre à faire que de répéter ce que l'on vient de faire - avec des variations. Je pense qu'un mouvement en jazz commence loin de la série classique des accords... il y aura moins d'accords mais des possibilités infinies à n'en savoir que faire ». Pas besoin d'en dire plus... :
Miles Davis - Kind of Blue - Full Album

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Bonjour,
il y a une trentaine d'années, la Direction Départementale de la Musique (je ne sais plus ce que service est devenu...) organisa un stage de choeur et de direction de choeur avec l'une des grandes baguettes françaises, Michel Piquemal (dans l'ensemble vocal duquel Christiane Audemard-Rizzo, qui dirigeait ce service, avait chanté du temps où elle était parisienne, ceci explique cela).
Un stage déconcertant : les grandes chorales grenobloises n'avaient pas relayé l'information, et on ne peut pas dire que le choeur ait été d'un excellent niveau... inquiétude d'emblée quant au résultat du stage !!!
De mon côté, j'étais surtout venu pour le stage de direction chorale, et le résultat fut convaincant, qu'il s'agisse du travail à la table (on étudie la partition, on analyse les difficultés techniques - pour le choeur mais aussi pour le chef - et on parle interprétation) ou de voir Michel faire travailler.
Ce fut d'autant plus agréable que Michel me confia progressivement des répétitions de pupitre (avec la responsabilité de faire progresser une interprétation qui n'est pas la sienne, super exercice pour un chef de choeur... et encore plus quand la pianiste accompagnatrice a, elle, l'envie de n'en faire qu'à sa tête une fois le maître sorti de la salle !)...
mais aussi les échauffements vocaux, dont il n'était visiblement pas fan... Et c'est là que j'ai compris que ce qui fait un grand chef, ce n'est pas uniquement travailler avec des choeurs de haut niveau, avec lesquels on peut faire absolument tout ce qu'on veut, c'est aussi être capable de faire chanter aussi bien un choeur aussi faible !
L'oeuvre au programme, c'était l'un des morceaux fétiches de Piquemal : le Requiem de Maurice Duruflé, par ailleurs l'un des grands organistes de son temps. Une oeuvre de l'immédiat après-guerre, très ancrée dans la tradition française (rien de contemporain, soyez rassurés !) et basée sur des thèmes grégoriens. Une oeuvre que Duruflé, après la version originale pour solistes, choeur, orgue et grand orchestre, retravaillera avec orgue seul, puis avec orgue et orchestre de chambre.
J'aurais pu vous proposer la version de Piquemal, mais à la réflexion, je préfère vous proposer celle du grand chef français Michel Plasson, à la tête de son Orchestre du Capitole, avec la grand Anne-Sofie von Otter, Thomas Hampson et, à l'orgue, Marie-Claire Alain, merveilleuse organiste qui a tant fait pour cet instrument :
DURUFLÉ - Requiem
Et si vous avez aimé, continuez avec les Quatre motets, dont le sublime Ubi caritas :
DURUFLÉ - 4 Motets & Notre Père (op. 10 & 14)

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Bonjour,
le Grand siècle nous a légué un patrimoine musical exceptionnel, avec un style unique, une légère emphase (on imagine tout à fait Louis XIII ou XIV écoutant ces oeuvres) et ces trilles/tremblements par le haut tellement caractéristiques (il y en a à chaque fin de phrase, et surtout de morceau).
Tous ces compositeurs sont des musiciens de cour... mais pas de celle à laquelle on pense naturellement, car le Louvre puis Versailles sont la chasse gardée d'un autocrate, Lully. Mais heureusement, les grands du royaume ont eux aussi leurs compositeurs attitrés.
C'est ainsi qu'en 1670, la duchesse de Guise accueille à l'hôtel de Clisson un musicien de 27 ans, qui a fait ses classes en Italie et va devenir l'un des plus grands de son temps : Marc-Antoine Charpentier.
A la mort de la duchesse, une vingtaine d'années plus tard, celui-ci travaillera pour les jésuites, et ce n'est qu'en 1698, 6 ans avant sa mort, qu'il sera nommé maître de musique des enfants de la Sainte-Chapelle du Palais. Bref, Louis XIV est passé à côté... tant pis pour lui !
Chanter Charpentier est un plaisir exceptionnel. Une musique gouleyante, des envolées qui vous transportent... et, pour les oeuvres en latin, le charme si particulier de la prononciation versaillaise, à la française, avec des nasales et l'absence de diphtongues, de "ou" et autres "ts" et "tch" (Te deom, lodamus, ekselsis).
En voici quelques exemples avec un enregistrement ancien des Arts Florissants (au passage, ce nom - suggéré à Christie par mon ami Michel Laplénie, qui fut l'un des piliers de l'ensemble à sa création - est celui d'une oeuvre de Charpentier [sourire] ).
Ca commence par les merveilleuses Antiennes - de l'Avent - sapientia, - Adonai, - Radix Jesse, - Clavis David, - Oriens, - Rex Gentium, - Emmanuel, ensemble de chants liturgiques traditionnels qui appliquent au Christ des titres extraits de l'Ancien Testament, exprimant ainsi l'attente messianique.
Suivent le Noël pour les instruments - qui utilise les noëls populaires Les bourgeois de Châtres, Où s’en vont ces gais bergers, Joseph est bien marié, Or nous dites Marie (que je vous avais fait entendre il y a deux mois dans une version chorale particulièrement émouvante), A la venue de Noël, Une jeune pucelle - puis le In Nativitatem D.N.J.C. Canticum. Alors, mettez vos bas, vos souliers à boucle et vos perruques, et laissez vous emporter :
Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) Antiennes O de l'avent , Les Arts Florissants

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Bonjour,
après Charpentier, hier, l'un de ses prédécesseurs, Etienne Moulinié. Lui aussi fit carrière ailleurs qu'à la cour du roi... mais pas loin, puisqu'il fut le musicien attitré de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, que Moulinié servira pendant près de 40 ans (jusqu'après la mort de son employeur), avant de finir ses jours dans son Languedoc natal.
Fils d'un cordonnier, il fait son apprentissage à la maîtrise de la cathédrale de Narbonne (à cette époque, les maîtrises sont l'un d'un des meilleurs moyens pour acquérir une formation musicale, et elles feront émerger nombre de compositeurs). C'est son frère Antoine, qui avait pu intégrer la chambre du roi, qui le fait venir à Paris, où Etienne rejoindra la maison du frère du roi.
Il laissera un peu de musique instrumentale, quelques ballets, une grande quantité d'airs (dits "de cour") pour soliste ou ensemble de solistes accompagnés par un luth ou un petit consort, et de magnifiques compositions religieuses, messes, motets, et deux corpus qui ont traversé les siècles, le Cantique de Moyse et les Meslanges de sujets chrestiens, cantiques, litanies et motets.
C'est à l'ensemble Correspondances que je dois la découverte de la musique de Moulinié. Et coup de chance, l'année où parut leur CD consacré à ce musicien, Michel Laplénie nous proposait, au cours du stage de chant que nous avons fait à plusieurs reprises avec lui à Blaye, de chanter quelques-unes de ses oeuvres... que c'était bon !
Tellement bon que j'aimerais bien en monter... mais pour La Quinte du Loup ou les Diasporim Zinger, deux problèmes : la nécessité d'un continuo (orgue et/ou viole) et, surtout, le fait que ce soit généralement des oeuvres à 5 voix dont 3 d'hommes (deux voix de ténors), ce qui suggère qu'à l'époque, il y avait plus de chanteurs que de chanteuses...
Mais trêve de blabla, voici donc la captation en concert de Correspondances au festival de Maguelonne, suite à la publication de Meslanges pour la chapelle d'un prince, dédié à Moulinié et complété par quelques oeuvres de contemporains. Je vous laisse apprécier en particulier le superbe consort de violes, et je signale que la flutiste est grenobloise (Lucile Perret, avec qui le choeur de chambre du CRR, dont j'étais membre, avait travaillé avant qu'elle ne parte au CNSMD de Lyon où elle fera la connaissance de Sébastien Daucé et débutera une très belle carrière professionnelle) :
Captation - Meslanges pour la Chapelle d'un Prince , Ensemble Correspondances

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Bonjour,
élève de classe de chant au Conservatoire, l'un de mes grands copains, Pascal Georges, était un excellent chanteur (ancien de la Maîtrise de Radio-France, quand il était gamin) et par ailleurs batteur et fou de jazz (aux dernières nouvelles, après des années en tant que "DUMIste" - intervenant musique dans les écoles - du côté de Veyrins-Thuellin, il était coordinateur du département de musiques actuelles du Conservatoire de St Tropez, dénommé "Rostropovitch Landowski", excusez du peu !). C'est avec lui (et quelques autres) que je passais mon temps à Vienne début juillet, et je lui dois pas mal de découvertes.
Parmi les musiciens que Pascal m'a fait découvrir, un joueur de vibraphone incroyable. Et non, ce n'est pas Lionel Hampton, dont le swing était certes exceptionnel, mais dont les grognements étaient encore plus insupportables que ceux de Keith Jarrett ! Pas non plus l'élégant Milt Jackson du Modern Jazz Quartet. Il s'agit de Gary Burton...
Burton, probablement connu des seuls afficionados. Et pourtant, quel musicien... et quel CV : des débuts avec le guitariste country Chet Atkins, des enregistrements mémorables avec les pianistes Keith Jarrett et Chick Corea, et surtout, ses quartets vibra/guitare/basse/batterie, avec son copain Steve Swallow à la basse (vous vous rappelez ? Swallow... Rondine...).
Après quelques années avec Larry Corryel (quel guitariste), Burton proposera à un des élèves de la Berklee School of Music (la meilleure école de jazz du monde, à Boston, il y a été l'un des grands professeurs pendant des décennies) de rejoindre le quartet... un certain Pat Metheny, qui allait devenir l'un des plus grands guitaristes de jazz !
Alors, quoi vous proposer ? Bien évidemment, le quartet (+ 1 cette fois-là !) avec Metheny et Swallow :

Gary Burton Molde 1974
(la musique commence après 10 minutes, le solo de Swallow est incroyable !) Mais aussi un autre enregistrement avec Metheny, bien sûr, et aussi Chick Corea, Dave Holland (immense bassiste, pilier des groupes de Miles de 68 à 76) et l'incroyable batteur Roy Haynes (lui, il a joué avec quasiment tous les grands, d'Armstrong à Miles en passant par Parker, Lester Young, Bud Powell, Monk, Coltrane, Getz, Rollins, ... et même notre Michel Petrucciani !) :
Burton • Corea • Metheny • Haynes • Holland ‎– Like Minds (1998 - Album)
Et si vous avez envie d'écouter Gary Burton raconter sa vie, c'est par là :
Music Is My Life : Jazz Vibraphone Legend Gary Burton | Episode 5 | Podcast

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Bonjour,
c'est mardi, c'est Diasporim. Alors, retour à Prokofiev avec, cette fois-ci, l'Ouverture sur des thèmes juifs. Oeuvre de commande composée lors de son séjour new-yorkais après la 1ère guerre mondiale, cette pièce, inspirée de la musique klezmer, réunit un quatuor à cordes, un piano... et une clarinette, bien sûr !
Créée aux USA, l'ouverture sera jouée bien plus tard en Russie (Prokofiev va rester exilé 14 ans avant de finalement revenir en URSS, le mal du pays...), et Prokofiev en écrira dans la foulée une version orchestrale (la même année que la suite du Lieutenant Kijé).
Bon, pas grand-chose à dire de cette oeuvre si ce n'est qu'il s'agit d'une des premières fois où la musique klezmer se retrouve englobée dans une création classique. Et que c'est terriblement bien écrit...
Voici donc cette ouverture, interprétée par un magnifique ensemble de chambristes français, le Quatuor Parrenin - des spécialistes de musique contemporaine, mais capables d'un peu de tonalité de temps à autres - auquel se sont rajoutés le trop discret Michel Beroff (quel pianiste !) et, bien sûr, Portal à la clarinette :
Ouverture sur des thèmes juifs de Sergei Prokofiev, op. 34

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Bonjour,
aujourd'hui, un quatuor au menu de ce moment musical. Un quatuor qu'il me semble avoir découvert suite à un concert sur le temps de midi, à l'université, du temps où le département de musicologie organisait des concerts d'élèves ou amis (j'ai souvenir d'y avoir chanté avec mon ancien ensemble vocal, La Chalemye, du temps où nous étions en reconstruction). Ce jour-là, ce n'était pourtant pas un quatuor au menu, mais une sonate pour violon et piano de Schumann.
Schumann !? Moi qui me limitait à écouter (adorer) sa musique orchestrale et ses oeuvres pour piano (dont LE concerto). Et aussi tout ce qui touche au vocal bien sûr. Mais je ne m'étais encore jamais aventuré dans son oeuvre pour petits ensembles, et pour cordes. Quelle erreur !
Du coup, je me suis lancé dans la découverte... et, outre ses formidables sonates (savourez la 1ère sonate pour violon et piano :
Robert Schumann : Sonate pour violon et piano n° 1 en la mineur op. 105 : I. II. et III.
!), j'ai craqué pour les 3 quatuors à cordes. Trois oeuvres composées à l'âge de 31 ans, alors que, parait-il, il dédie une année entière à la seule musique de chambre.
Voici donc le 3ème, par le Quatuor Ebene (si vous ne les connaissez pas encore, n'hésitez pas, ils font partie des meilleurs - encore - jeunes ensembles !) :
Quatuor Ebène : Robert Schumann String quartet Nr. 3 a-minor Op. 41/3
Et si vous n'avez pas trop de temps, commencez par le second mouvement (vers 12 minutes), je suis convaincu que, comme moi, vous serez scotchés par la tension interne de cet assai agitato.

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Bonjour,
allez, encore du Schumann... oui, deux jours de suite ! Mais comment faire autrement après avoir, hier, évoqué le concerto pour piano, et, dans la foulée, découvert que YouTube proposait la version de la grande, l'immense Martha Argerich, avec l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, sous la direction de Riccardo Chailly :

Schumann Piano Concerto, in A minor, OP. 54 Martha Argerich & Riccardo Chailly

Martha Argerich, l’une des (la ?) plus grandes pianistes actuels. Un personnage extra-ordinaire, au plein sens du terme, à qui l'une de ses filles, Stephanie, a dédié un formidable documentaire, Bloody Daughter. Documentaire malheureusement accessible uniquement en VOD (ou alors, je n'ai pas trouvé), mais ça vaut vraiment le coup :
Bloody Daughter (2012) - a film by Stephanie Argerich

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Bonjour,
quand Michel Laplénie, l'un des premiers chanteurs des Arts Florissants, décida de fonder son propre ensemble, il l'appela Sagittarius. Rien à voir avec le signe astrologique, il s'agissait pour Michel de rendre hommage à son compositeur fétiche, Heinrich Schütz, dont le nom latin était Henricus Sagittarius en référence à l'auberge tenue par son père, « À l'archer » (en allemand, Zum Schütze, de même résonance que son propre patronyme).
Schütz, l'un des 3 S (avec Schein et Scheidt), natif de Thuringe (comme un certain JSB), étudia la musique à Venise auprès de Giovanni Gabrieli (et peut-être Monteverdi) au tout début du 17ème siècle, et mourut à 87 ans (!) après une carrière exceptionnelle, essentiellement à Dresden (mais aussi un peu à la cour de Danemark, pendant la guerre de Trente ans).
Considéré comme le plus grand musicien allemand avant Bach, son oeuvre prolifique réunit des compositions instrumentales (les Symphoniae Sacrae), des madrigaux, un opéra malheureusement perdu (et donc inconnu hormis le livret), et, surtout, des oeuvres liturgiques, passions, psaumes, motets, Musikalische Exequien, Histoire de Noël, ...
Des oeuvres qui sont souvent à 6 voix et plus, et dans lesquelles il excelle dans l'art de la polychoralité, héritage de ses années vénitiennes.
A la toute fin de sa vie (86 ans), Schütz compose un dernier ensemble de pièces : le Schwanengesang, le Chant du cygne, constitué des Psaumes 119 (une oeuvre monumentale !) et 100, et d'un magnificat à deux choeurs, le Deutsches Magnificat (que j'ai déjà dû chanter trois fois, une au CRR de Grenoble, deux avec Michel Laplénie, un bonheur absolu !). Une véritable profession de foi musicale, très personnelle, qui se distingue par son élégance et sa profondeur spirituelle.
N'ayant pu trouver en ligne mes deux versions de référence (l'ensemble Sagittarius de l'ami Michel,, bien sûr, et l'intégrale réalisée par le Dresdner Kammerchor sous la baguette de Hans-Christoph Rademann), je me rabat sur une autre tout aussi belle, par le Collegium vocale de Gand et le Concerto palatino sous la direction de Philippe Herreweghe :
Heinrich Schütz : Opus Ultimum 1/, par le Collegium vocale de Gand, dirigé par Philippe Herreweghe

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Bonjour,
fin des années 80, festival de jazz de Grenoble (snif...), on était venu pour un pianiste latino (Chucho Valdes ?), et on a été scotchés par celui qui faisait la première partie : Michel Camilo. Un pianiste dominicain venant de New York, technique exceptionnelle (il pourrait jouer du Chopin ou du Liszt sans difficultés), métissage entre jazz et musique latino... Camilo, en trio ou avec des cuivres, et parfois en solo, ça vous prend au bas du dos...
Dans la foulée du concert, je me ruais sur l'album, quel pied !!! Et que dire de ceux qui jouent avec lui, Dave Weckl ou Joel Rosenblatt (là, je me doute que vous appréciez ce nom [clin d'oeil] ) à la batterie, Mongo Santamaria aux congas, mon chouchou Marc Johnson parmi les bassistes... Que des pointures !
Pour commencer, pour compenser le fait que le soleil tarde à faire son apparition, je vous propose Caribe, avec la version du CD
Michel Camilo - Caribe
Vous avez aimé ? Alors voici la version live, quelques mois plus tard, lors d'un concert à Munich... heureux bavarois :
Michel Camilo, Trio Caribe, (live in Munich, 1990)
Et tant qu'à faire, quelques autres extraits de ce concert :
Michel Camilo, Suite Sandrine part I, dédié à son épouse
Michel Camilo, Trio Why Not ! (live in Munich, 1990)
Et puis, avant de vous laisser continuer à explorer le monde de Michel Camilo (j'espère), l'un des grands standards, Giant Steps de Coltrane, diffusé par la télévision allemande... je vais songer à émigrer... :
Michel Camilo, Giant Steps, at Leverkusen.mov

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Bonjour,
après le piano avec beaucoup de doigts de Michel Camilo, le piano avec beaucoup de doigts de Rachmaninov. Ah, Rachmaninov... son côté sirupeux, parfois kitsch... pas vraiment connecté avec son temps, musicalement parlant... digne successeur de Tchaïkovski (ce n'est pas un hasard si, aux USA, ces deux compositeurs sont très populaires). Oui, Rachmaninov, c'est ça, et je dois dire qu'une bonne partie de son oeuvre ne m'inspire pas vraiment...
Mais il y a les concertos pour piano et la Rhapsodie sur un thème de Paganini (souvenez-vous, le thème musical d'Apostrophes). Et là, la virtuosité et les grands élans romantiques l'emportent sur le sirop, et je fonds... et je suis sûr qu'il en est/sera de même pour vous.
Alors, pour compenser une météo chagrine, voici les grands élans du 2nd Concerto pour piano, par Nikolaï Lugansky et l'ONF sous la baguette de son (grand) chef actuel... un juif grenoblois que les personnes d'un certain âge ont connu enfant, pratiquant son violon à deux pas du cabinet de son médecin de papa :
Rachmaninov : Concerto pour piano n°2, Nikolaï Lugansky et l'Orchestre national de France

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Bonjour,
Bartók, encore et toujours. Ce musicien qui a joué un rôle si important dans la musique du siècle dernier, que ce soit par ses compositions (dans lignée de Debussy, Richard Strauss et Wagner) ou son travail de collectage de musiques populaires (véritable ethnomusicologue, il recueillit des centaines de mélodies et chants populaires, qui ont irrigué certaines de ses oeuvres).
Bartók composa pour la scène, et nous a offert trois oeuvres d'une intensité incroyable : un opéra en un acte, Le château de Barbe Bleue, et deux ballets, Le Mandarin merveilleux et celui que je vous propose aujourd'hui, Le prince de bois.
L'histoire ? Un prince tombe amoureux d'une princesse, mais une fée l'empêche d'aller la rejoindre en faisant apparaître une forêt puis une rivière devant lui. Le prince suspend son manteau sur une perche et y fixe une couronne et des boucles de ses cheveux : la princesse aperçoit ce "prince de bois" et vient danser avec lui. La fée éveille le prince de bois à la vie et la princesse part avec lui à la place du vrai prince, qui sombre dans le désespoir. La fée prend pitié de lui dans son sommeil, elle le vêt de belles parures et rend le prince de bois à son état inanimé. La princesse revient et finit par s'unir au prince humain.
Laissez-vous emporter par cette histoire onirique, une magie qui commence dès ces premières mesures mystérieuses, avec le cor qui sort de la brume (chiffre 2)... et voici la plus belle version à mon goût, avec le Chicago Symphony Orchestra dirigé par l'un des plus grands chefs (et musiciens) du siècle dernier, Pierre Boulez :
The Wooden Prince by Béla Bartók (Audio + Sheet Music)

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Bonjour,
c'est mardi, c'est Diasporim, et aujourd'hui, faute de pouvoir chanter ensemble (au vu des informations glanées dans le milieu des chefs de choeur, on en arrive à la conclusion que le chant choral est une activité à risque, et je crains que l'on ne reprenne pas les répétitions avant la rentrée de septembre [pleurer] ), je vous propose d'écouter des psaumes de Louis Lewandowski.
Il y a quelques semaines, France Musique (merci le confinement qui m'a permis de garder une oreille sur la station pendant des semaines !) présentait en effet un enregistrement récent de 18 psaumes liturgiques de Lewandowski par le Choeur de la radio hongroise : voir la recension qu'en fait le magazine belge Crescendo :
Premier enregistrement mondial des Psaumes de Lewandowski
Et la surprise (mais pas totalement), c'est qu'ils sont chantés en allemand, langue que Lewandowski a effectivement utilisée pour nombre de compositions :
Louis Lewandowski : 18 psaumes liturgiques

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Bonjour,
après Bartók, encore un compositeur du 20ème siècle venu de l'Est, Stravinsky. Un compositeur qui aura fait bouger la musique symphonique comme rarement (du coup, on peut lui pardonner ses oeuvres néoclassiques...). Avec, bien sûr, l'exceptionnelle création du Sacre du printemps, l'un des plus grands scandales de la création musicale, la musique étant couverte par les hurlements des antis et des pro.
Changements de mesure (et mesures parfois bancales), rythmes tribaux, mélopées venues d'on ne sait quel passé... mais je suis sûr que vous connaissez tous le Sacre (et si ce n'est pas le cas, je vous laisse le découvrir par vous-même).
En fait, le Sacre est le troisième des ballets écrits dans les années 1910 pour les ballets russes de Diaghilev et le fameux Nijinski. Auparavant, il y a eu deux autres merveilles, L'oiseau de feu et celui que je vous propose aujourd'hui, Petrouchka.
Après des débuts ancrés dans l'héritage du romantisme, ce ballet est l'occasion d'un virage radical dans la musique de Stravinsky, avec le développement de la polytonalité et des changements de rythmes permanents, L'histoire d'une fête populaire (une sorte de kermesse de Mardi gras) et de trois poupées, Petrouchka qui aime la ballerine convoitée par le Maure
Petrouchka, wikipedia
Stravinsky utilise cet argument pour développer une écriture foisonnante, entre musiques populaires (dont la Jambe de bois de Dranem !) et fulgurances très personnelles. Petrouchka vous prend aux tripes et ne vous lâchera que dans les dernières mesures, exténué mais heureux, surtout avec cette superbe version live de l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam dirigé par Andris Nelsons (qui a choisi la version remaniée en 1947) :
Stravinsky Petrouchka Concertgebouw Orchestra Live concert HD

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Bonjour,
quel musicien que Michel Petrucciani... Doté par ailleurs d'un humour ravageur (je l'avais entendu à l'Hexagone, soirée mémorable), c'était un très grand pianiste, et surtout, son univers musical, ses harmonies, ses compositions... dans un monde du jazz trop souvent aseptisé, quelqu'un comme Petru nous manque !
En solo, duo ou trio (plus rarement avec un ensemble plus étoffé), il a joué avec les plus grands, en France et en Europe comme aux USA, enregistré sur les plus grands labels (Owl, Blue Note, ...). En dépit de sa maladie, il a mangé la vie par tous les bouts, et nous a laissé tant de belles musiques. Alors aujourd'hui, passons un moment avec Michel Petrucciani, accompagné de Detlev Beier à la basse et Manu Roche à la batterie :
Michel Petrucciani Trio - JazzBaltica 1996

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Bonjour,
dans les années 80, le grand Alfred Deller, l'un de ceux qui ont bouleversé l'interprétation de la musique baroque et fait connaître des chefs d'oeuvre bêtement oubliés, enregistrait le King Arthur de Purcell.
King Arthur, qui raconte non pas la quête du Graal mais celle du roi Arthur pour retrouver sa fiancée, est un opéra un peu particulier : les acteurs ne chantent pas, les chanteurs ne jouent pas... et on a parfois du mal à comprendre le lien entre pages musicales et histoire !
Depuis, d'autres enregistrements sont parus, et le spectacle a été monté, avec des mises en scène parfois bien déjantées (voir celle de Shirley et Dino, avec le Concert Spirituel d'Hervé Niquet, dont on trouve des extraits en ligne ainsi qu'une version malheureusement coupée à la fin et victime d'un décalage son/image) :
King Arthur, H. Purcell
Enchaînement de morceaux de bravoure, pour solistes et/ou pour choeur, King Arthur va même sortir du champ du baroque avec la Cold song, chantée par le génie du froid, reprise par le chanteur pop Klaus Nomi.
Le dernier enregistrement en date est dû à deux formidable ensembles, Vox Luminis (dont je vous ai déjà fait entendre certains enregistrements de Bach) et La Fenice (ensemble fondé par le joueur de cornet à bouquin Jean Tubéry). Il a fait l'objet d'une captation en concert, faites-vous plaisir :
Vox Luminis, La Fenice - Purcell: King Arthur - HD Live Concert

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Bonjour,
écrite au tout début du 17ème siècle, La Mantovana (ou Ballo di Mantova) fait partie de ces airs qui ont traversé l'Europe et été repris par de nombreux compositeurs des 17ème et 18ème siècles. Une composition anonyme dont on se dit que si le compositeur l'avait déposée, il serait devenu riche à millions... bon, OK, la SACEM n'existait pas encore...
En version instrumentale ou chantée, voici quelques exemples de la façon dont les musiciens se sont appropriés - et continuent de le faire ! - cette danse (dont je suis sûr que la mélodie va s'ancrer en vous pendant un moment... une vraie scie !) :
Il scolaro : La Mantovana de Gasparo Zanetti, tiré d'un très beau CD de l'ensemble Clematis dédié aux mantouans Monteverdi et Rossi ;
toujours par Clematis, la chanson Fuggi, fuggi de Giuseppino del Bialo, Fuggi, fuggi da questo cielo;
John Playford : An Italian Rant [La Mantovana] from The English Dancing Master (1651) / Les Witches, du compositeur anglais John Playford, par un ensemble que j'adore, Les Witches ;
la version à plusieurs voix proposée par l'ensemble Lucidaria, dans un CD intitulé La istoria de Purim: Musique et poésie des Juifs en Italie à la Renaissance,
Fuggi, fuggi (Il Ballo di Mantova) - Anon (Italy, XVI s.)
; La Desconocida : I. La Mantovana, une version à l'intro quasi arabo-andalouse des Suonatori
(alternative, un film,
Ensemble Suonatori - Baroque jam session (Mantovana, Fandango, Pavane & Ricercare), avec 3 autres morceaux qui font suite ;
même Angelo Branduardi, qui adorait reprendre des thèmes anciens, s'y est collé... OK, c'est vraiment kitsch... mais j'ai tellement aimé ses premiers albums après l'avoir découvert chez Chancel...
Fuggi, Fuggi, Fuggi dai lieti amanti - Angelo Branduardi (Ballo di Mantova)<
Pour finir, ou presque, une version pour orgue de Giovanni Battista Ferrini, Giovanni Battista Ferrini - Ballo di Mantova
Et là, après coup, je suis sûr que certains se disent... mais ce thème, ça ne serait pas... alors, pour conclure, je vous propose un petit doc qui suggère un destin plus que surprenant à cette Mantovana... et c'est vrai que ça se défend :
La Mantovana
(passé la première minute, et la surprise, vous pouvez zapper, c'est peu tout et n'importe quoi... ou alors, savourez au xième degré !).

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Bonjour,
en ce jour de fête de la musique, comme hier, un air qui a traversé l'Europe baroque. Et celui-là… voï !!! Corelli (je vous l'ai d'ailleurs fait écouter il y a quelques semaines), Haendel, Vivaldi, ... et bien sûr Bach, depuis plus de 4 siècles, tout le monde se l'est approprié (plus de 150 compositeurs selon Wikipedia !).
Ce thème, hyper simple, s'appelle La Folia ou La Follia d'Espana, Les folies d'Espagne. Une danse qui nous viendrait plutôt du Portugal que d'Espagne, écrite au 15ème ou 16ème siècle (?). En voici quelques versions toutes plus prenantes les unes que les autres... les compositeurs se sont visiblement régalés avec ce thème :
- Jordi Savall - Folías de España,variations de Antonio Martin y Coll, par Jordi Savall et son ensemble Hesperion XXI (qui ont consacré un album entier à la Folia) ;
- toujours Savall, mais cette fois-ci dans la version de Marin Marais (qu'on retrouve dans Tous les matins du monde),
La Rêveuse : Les folies d'Espagne de Marin Marais (extrait par Jordi Savall) ;
- Les folies d'Espagne de Lully, par Reinhard Goebel et Musica Antiqua Köln
Jean-Baptiste Lully : Les Folies d'Espagne ;
- encore un musicien français, le génie du clavecin Jean-Henry d'Anglebert, interprété par Christophe Rousset,
Jean-Henry D'Anglebert : Folies d'Espagne ;
- la Sarabande de Haendel, dans une version autrement plus baroqueuse que la version sirupeuse choisie pour Barry Lyndon,
Händel : Sarabande ;
- toujours au clavecin (par le merveilleux Andreas Staier), mais plus tardif, les variations écrites par l'un des fils de JS, Carl Philip Emmanuel Bach,
Carl Philip Emanuel Bach : Douze variations sur les Folies d'Espagne ;
- la version de Vivaldi, par Il Giardino Armonico,
Vivaldi : La Follia ;
- des variations de Antonio Salieri, vous savez, l'ennemi de Mozart (n'importe quoi !) dans le film Amadeus,
Antonio Salieri : variazioni sull'aria la Follia di Spagna ;
- une version pour guitare du compositeur espagnol Gaspar Sanz (16ème/17ème siècles),
Gaspar Sanz : Folias ;
A la charnière 18ème/19ème, c'est le grand compositeur espagnol Fernando Sor qui écrit des variations pour guitare :
Variations On "Folies d’Espagne,” Op. 15 (A) ;
Je ne résiste pas à vous proposer un extrait des variations de Rachmaninov (encore du piano à plein de doigts...) :
Sergei Rachmaninov : (Folia) Variations sur un thème de Corelli (extrait) ;
Et ces dernières années, le compositeur Thierry Escaich est parti de Bach pour proposer un moment magnifique, accompagné du virtuose de l'accordéon, Richard Galliano :
Richard Galliano, Thierry Escaich - La Follia ;
Et pour conclure, l'aria Unser Trefflicher de la cantate des paysans de mon compositeur préféré, un bis proposé par Leonardo Garcia Alarcon, Les Agrémens et le Choeur de chambre de Namur à Ambronay, en 2011 :
Bach - Folia (Unser trefflicher) - BWV 212 Mer hahn en neue Oberkeet ;
vous en voulez encore... en voilà tout un lot, rien que du bon :
La Folia from the Renaissance through the Baroque Music !
Et aussi le blog du Lutin de Couves, qui en a réuni 40 différents :
Le Lutin d'Ecouves .

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Bonjour,
le Caravansérail, dirigé par le claveciniste Bertrand Cuiller, est à mon avis l'un des meilleurs ensembles français (et pas suffisamment connu). Il y a quelques années, ils ont sorti un merveilleux CD, A fancy, dédié à la musique élisabéthaine, Purcell, Blow, Locke, ... Un enregistrement qui permet, en plus, de succomber au charme sensuel de la voix de Rachel Redmund (je l'avais entendue à Ambronay avec les Arts Flo, depuis, je suis fan !).
Avant de passer à l'écoute du CD, je vous suggère d'abord une vidéo présentant l'enregistrement :
Le Caravansérail, Bertrand Cuiller : A Fancy ;
Et après, savourez toutes ces merveilles... :
The Fairy Queen, Z. 629 : See, even Night herself is here

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Bonjour,
c'est mardi, c'est Diasporim, et aujourd'hui, un monument de la musique juive : Schelomo, rhapsodie hébraïque pour violoncelle et orchestre de Ernst Bloch. Bloch ??? Oui, ce musicien est très, très peu connu, hormis pour cette superbe composition. Et pourtant, l'oeuvre de ce suisse, qui émigra aux USA à l'âge de 27 ans, en pleine 1ère guerre mondiale, est conséquente et diverse...
Est-ce parce que les autres compositions, quasiment toutes d'inspiration juive, ne sont pas dignes d'intérêt ? Pas sûr ! Mais comment vivre à l'ombre d'un tel monument ? Car Schelomo est l'un des sommets de la musique concertante.
Créée à New York en 1917, la rhapsodie est l'un des graals des violoncellistes, qui trouvent là l'occasion d'explorer toute une gamme de jeux et de techniques. Inspirée de l'Ecclésiaste, elle évoque le célèbre vanité des vanités, et tout est vanité à travers des sonorités luxuriantes, un orchestre tout en tension, et un lyrisme exacerbé.
Comme beaucoup, je pense, j'ai découvert Schelomo dans les années 70, grâce à l'enregistrement de Rostropovitch avec l'ONF dirigé par Bernstein... quelle magnifique combinaison ! Et coup de chance, j'ai découvert une vidéo d'époque, alors je partage :
Block- Schelomo.

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Bonjour,
un autre ensemble français que j'adore... découvert grâce à Facebook !!! Ils s'appellent Les Timbres, et il s'agissait à l'époque d'un magnifique album dédié aux Concerts royaux de François Couperin : Mix : LES TIMBRES - TEASER enregistrement - François Couperin
(c'est cette vidéo qui m'a fait acheter le CD... et devenir fan !). Au passage, en musique, outre le timbre de l'instrument, on appelle timbres des airs connus qui circulent et sur lequel on applique des paroles nouvelles, qu'on réutilise à sa façon, ... une tradition qui remonte au Moyen-Âge et a été utilisée aussi bien pour la musique liturgique - des messes basées sur des mélodies populaires - qu'en musique profane.
Mais aujourd'hui, pas de Couperin ? mais le musicien qui aura porté le goût français au plus haut : Jean-Philippe Rameau.
Rameau, le dernier des mohicans de la grande musique française des 17ème et 18ème siècles : après lui, pas de continuité possible car il aura porté ce style si particulier à son apogée (son paroxysme ?).
Rameau dont le Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels (et autres écrits) est l'un des premiers grands ouvrages théoriques de composition musicale, et dont Berlioz (autre rédacteur d'un grand ouvrage théorique, le Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernes, disait qu'il était le premier compositeur français qui mérita le nom de maître).
Rameau dont les extraordinaires opéras ont été oubliés pendant des siècles avant d'être remis au goût du jour par les baroqueux (merci M. Christie et consorts !), alors que sa musique de clavecin avait heureusement persisté.
Rameau, vénéré par le coin du Roi de la Querelle des bouffons, qui va voir s'écharper sur la place publique partisans de la musique française et partisans du goût nouveau (dont un certain Jean-Jacques Rousseau), c'est-à-dire la musique italienne ( ).
Cette musique italienne qui va submerger la France, envoyer Rameau dans un relatif oubli et amener la musique française à prendre des voies très différentes de ce que son héritage aurait pu laisser imaginer.
Il s'agit ici des Pièces de clavecin en concert de Rameau. Des pièces accompagnées au violon et à la viole... enfin, accompagnées... plus que d'accompagnement, il s'agit d'un véritable partenariat, de trios... mais Rameau était claveciniste... Comme pour le Caravansérail, je vous suggère de commencer par le documentaire présentant l'album :
Top titres – Les Timbres .
Et ensuite, faites-vous plaisir avec ces musiques de danses sans égales :
Jean-Prilippe Rameau : pièces de clavecin en concert .

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Bonjour,
aujourd'hui, une fanfare new-orleans, mais une fanfare pas confite dans la tradition, au contraire, il s'agit de musiciens qui, depuis plusieurs décennies, ont su s'ancrer dans la tradition tout en étant ouvert aux musiques actuelles (en particulier le funk, il suffit d'écouter le sousaphone, cet espèce de boa constrictor avec un énorme pavillon à la sortie !).
Ces musiciens, ce sont les DDBB, les DIrty Dozen Brass Band (au cas où, je vous rappelle que The dirty dozen est le titre original du film Les douze salopards).
Les DDBB, des musiciens que j'ai entendu à Vienne il y a bien longtemps. Une soirée qui avait donné une pêche incroyable aux milliers de spectateurs, et qui s'était conclue - me concernant - dans la chambre d'hôtel de Kirk Joseph, qui tenait à l'époque la partie de sousaphone, pour y récupérer un tee-shirt (ceux à ma taille n'avaient pas été apportés jusqu'au théâtre antique [effronté] ).
C'était l'époque d'un album live que vous pouvez écouter en ligne, Mardi Gras in Montreux :
Who Took The Happiness Out? (Live)
L'orchestre a bien changé depuis sa fondation, ne reste plus que le leader, Roger Lewis, mais l'énergie reste la même, et la musique est toujours aussi bonne. J'ai trouvé ce concert filmé en 2008 (vingt-deux ans après Montreux), je vous laisse savourer... arriverez-vous à rester assis jusqu'au bout, j'en doute :
The Dirty Dozen Brass Band - Jazzwoche Burghausen 2008 !

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Bonjour,
j'aurais aimé trouver une version sur instruments anciens (mon dada), par exemple celle de Jos van Immerseel et Anima Eterna, mais je n'en trouve pas en ligne. Alors, tant qu'à être dans le classique, avec des orchestres souvent un peu surdimensionnés et un jeu pianistique hérité des grands pianistes du 19ème... mais à la réflexion (et l'écoute), c'est aussi très bien [sourire] .
Et j'ai donc trouvé un enregistrement de 1974, avec Vladimir Ashkenazy et le Philharmonia orchestra. Un enregistrement sans chef, car, comme à l'époque (et ça change beaucoup de choses quant à l'interprétation et la dynamique de l'oeuvre), c'est le pianiste qui dirige (le chef d'orchestre, avec sa baguette, est une invention tardive, jusqu'au début du 19ème siècle, les orchestres étaient généralement dirigés par le soliste ou le 1er violon, donc par quelqu'un qui jouait de son instrument avec les autres musiciens, et non un "chef" qui a pour seul instrument ces mêmes musiciens).
Et que jouent-ils, me direz-vous ? Eh bien, il s'agit peut-être du plus beau concerto de Mozart, le 21ème. Mais si, vous le connaissez très certainement... surtout le second mouvement (Allo Macha, rappelez-vous !). Une musique qui fait partie, me concernant, de ces oeuvres dont je n'arrive pas à comprendre comment on peut écrire des musiques aussi belles et émouvantes... Mais a-t-on besoin de comprendre ? Bien sûr que non, l'essentiel, c'est de se laisser prendre par la musique et de décoller, alors, musique :
(si vous voulez écouter le 2nd mouvement en guise d'apéritif, c'est à 14'50") !
VLADIMIR ASHKENAZY- Mozart Piano Concerto # 21 ~ Philharmonia Orch. 1974
A demain, amitiés, Yves
PS : le programme 2020/21 de la MC2 est paru, et les abonnements commencent mercredi prochain. J'ai, comme chaque année, préparé une analyse totalement subjective de cette foisonnante programmation, qui est destinée à des copains, et que je partage donc aussi avec vous, au cas où ça puisse vous intéresser.

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Bonjour,
il y a quelques semaines, je vous proposais l'Officium defunctorum de Tomas Luis de Victoria. Victoria, ce très grand compositeur espagnol qui, à l'âge de 17 ans (juste après sa mue), partit pour Rome - où il devint élève de Palestrina avant de prendre sa succession au Séminaire romain - et (hormis une parenthèse de de cinq ans au Couvent royal des clarisses déchaussées de Madrid) ne revint en Espagne que trente ans plus tard, nommé maître de chapelle et organiste de l'impératrice.
Victoria, l'un de mes compositeurs fétiches, une musique tellement grisante pour les chanteurs. La Quinte du Loup vient de reprendre ses répétitions (en demi-groupe, espacés d'environ deux mètres...), et nous avons retrouvé Victoria et sa Missa O Magnum Mysterium. Une messe dont je peux d'ores et déjà faire la promo : nous devrions la chanter à la Cathédrale de Grenoble, à l'occasion d'un des concerts de l'Avent (on commence à y avoir notre "rond de serviette" !).
Je vous parlais il y a peu de timbres, et de messes utilisant des thèmes connus (L'homme armé, Sur le pont d'Avignon, ...). Outre ces timbres, nombre de compositeurs ont, eux, opté pour des messes basées sur des motets de leur composition (ou d'autres compositeurs). Et du coup, ces messes ont des noms qui nous disent sur quel thème ils se sont basés, Assumpta est Maria, ... ou encore O Magnum Mysterium.
Cette dernière messe est en effet basée sur un motet de Noël du même Victoria, que je vous conseille d'écouter en premier (dans la version des formidables Sixteen, l'un des plus grand choeurs professionnels) :
Victoria, O Magnum Mysterium, The Sixteen Christophers
Du coup, quand vous écouterez la messe, vous pourrez vous dire tiens, ça, je connais déjà.... Et dans la foulée - interprétée par un autre très grand ensemble héritier, lui aussi, de la tradition chorale des maîtrises anglaises (la meilleure !), les Oxford Camerata -, cette superbe messe avec laquelle ma vie musicale reprend enfin (en attendant, au plus vite, de rechanter avec vous !) :
Kyrie · Oxford Camerata, Victoria, Lobo, Lasso : Masses

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Bonjour,
d'elle, on connait bien évidemment tous le célèbre Ella and Louis (dans le cas contraire, foncez !):
Ella Fitzgerald And Louis Armstrong - Ella And Louis - Full Album - Vintage Music Songs
Mais, moi, l'album d'Ella Fitzgerald que je préfère, c'est Ella in Rome : The Birthday Concert. Un concert auquel, à l'écoute du CD, on se dit qu'est-ce- que j'aurais aimé être là !!!.
Le programme est royal : ça commence avec St Louis blues, et elle enchaîne des standards aussi célèbres que These foolish things, I loves you Porgy, The lady is a tramp, Caravan, Stompin at the Savoy... Et avec elle, des sidemen de premier ordre, Lou Levy, Max Bennett, Gus Johnson, et aussi Oscar Peterson, Ray Brown ou le guitariste Herb Ellis.
Ce swing, quelques minauderies par ci, une imitation de son ami Satchmo par là, des moments d'une sensualité extrême quand la chanson s'y prête... et ces scats dont elle était assurément la reine... elle en arrive à en rire en plein milieu, c'est hallucinant ! Un style diamétralement opposé à celui de Lady Day, mais tout aussi essentiel tant il en est complémentaire. Et pour moi, Ella, c'est un bonheur jamais égalé, alors aujourd'hui, je partage :
Ella Fitzgerald à Rome, The Birthday Concert

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Bonjour,
ceux qui ont écouté l'Orchestre des Campus de Grenoble en décembre dernier ont pu savourer ‌la très belle Symphonie en ré mineur de César Franck. Franck... quand on voit les photos du monsieur, avec sa magnifique paire de rouflaquettes, on se dit que voilà un individu bien austère... difficile d'imaginer que ce compositeur - un organiste, en plus ! - soit capable de vibrer jusqu'au plus profond de votre être... Et pourtant !
Et pourtant, César Franck est un fantastique post-romantique. A son oeuvre pour orgue, il ajoute des opéras (que je ne connais pas... erreur à combler ??), des oeuvres liturgiques, un peu de symphonique (dont cette superbe symphonie) et quelques compositions de musique de chambre qui vont faire date. Et parmi ces oeuvres pour petit ensemble, un bijou absolu, un must, une oeuvre très difficile mais qui fait fantasmer tous les violonistes : la sonate pour piano et violon.
Dédiée à son compatriote belge Eugène Ysaÿe, cette sonate, composée à 60 ans passée mais pleine d'élans dignes d'un jeune homme, est l'une des plus connues du répertoire violon/piano. Enregistrée par tous les grands (et d'autres), elle annonce déjà d'autres sonates tout aussi sublimes, comme celles de Debussy et Ravel. La voici avec un violoniste parfait pour ce genre de musique, ses démanchés, son vibrato, ..., Isaac Stern, accompagné par Alexander Zakin dans un enregistrement de 1959 :
César Franck-Violin Sonata in A Major (Complete)

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Bonjour,
c'est mardi, c'est Diasporim. Alors, place à la musique juive d'un de mes compositeurs préférés, le grand Maurice Ravel, avec le célébrissime Kaddish et L'énigme éternelle par la grande, la sublime Ceclia Bartoli,
Cecilia Bartoli; Deux Mélodies Hébraïques; Maurice Ravel
mais aussi 4 chansons populaires dont une mélodie hébraïque, Meyerke, main Suhn,
Cecilia Bartoli: The complete Chants populaires (Ravel)

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Bonjour,
bien avant Diasporim zinger, j'ai fait mes armes de chef de choeur au SIM (aujourd'hui CRI) Jean Wiener, école de musique du sud de l'agglomération (Echirolles, Pont de Claix et autres), dont j'ai dirigé l'une des deux chorales, la Chorale Jean Wiener de 1982 à 1988. Le fondateur et directeur du SIM, Michel Cukier, était (est !) un musicien extraordinaire avec qui je suis rapidement devenu ami.
Michel, compositeur, directeur, pianiste (et fils de Simon Cukier, ancien dirigeant de la MOI, personnage incroyable que j'ai eu la chance de rencontrer, et dont certains d'entre vous ont peut-être entendu parler) était aussi, à ses heures, critique de disque pour la revue Diapason.
Un jour, il me dit : voila un enregistrement pour lequel je me suis battu pour leur accorder le Diapason d'or. J'ai écouté... et j'ai été plus que séduit. Quel enregistrement ? Le quatuor La jeune fille et la mort de Schubert, par le Quatuor Amadeus. Les Amadeus, l'un des plus grands quatuors du 20ème siècle, -une-bande-a-part-dans-le-monde-du-classique.
Et donc, ce matin, je me suis dit que, comme Michel avec moi il y a fort longtemps, je partagerais volontiers avec vous cet enregistrement d'un des plus beaux quatuors jamais écrits, avec en particulier l'envoutant Andante con moto et la tension infernale du Presto final :
Schubert - String quartet D.810 - Amadeus SQ 1953

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Brèves

Adieu à un grand intellectuel.
Zeev Sternhell.

Zeev Sternhell

[…] Comme on dit en yiddish, « a Mensch » - un homme véritable. Adieu, Zeev !

Zeev Sternhell, historien israélien spécialiste du fascisme, est mort

Par Nicolas Weill ; publié le 21 juin 2020

Professeur d’université à la carrière internationale, officier de réserve dans l’armée israélienne et militant pacifiste, il a consacré une part de ses travaux aux origines du fascisme dont la France de la Belle Epoque a été, selon lui, le laboratoire. Il est mort le 21 juin, à l’âge de 85 ans.
Plongé dans les livres et les archives, l’historien israélien Zeev Sternhell, mort le dimanche 21 juin, à l’âge de 85 ans, a aussi été un combattant, au sens le plus littéral du terme, un « mentsch », disaient ses amis, en yiddish : homme de valeur et d’exception. […].

Parallèlement à sa carrière universitaire internationale, Zeev Sternhell était officier réserviste dans l’armée israélienne et, à ce titre, il a participé à toutes les guerres menées par l’Etat juif, depuis la première conquête du Sinaï, « Suez », en 1956, jusqu’au Liban, en 1982. […]
Cela ne l’a pas empêché de contribuer activement à la fondation de La Paix maintenant (Shalom Akhchav), en 1978, ni de s’opposer, avec la même vigueur, à l’occupation et à la colonisation des territoires conquis pendant la guerre des Six-Jours – où il a retrouvé le champ de bataille du Sinaï.

[…] Avec […] constance, il a dénoncé dans d’innombrables tribunes publiées par le quotidien israélien libéral de gauche Haaretz ou dans la presse mondiale – Le Monde entre autres – les dérives de la politique israélienne. Pas question pour lui de double discours. Il soutenait sans sourciller la même opinion face à un public de compatriotes, fût-ce face à des salles houleuses, ou à l’étranger. Il fustigeait le déni des droits des Palestiniens, les atteintes à la liberté subies par les Arabes d’Israël, objet d’un quasi-consensus des partis au pouvoir. […]

[…] Fidèle à la « vieille gauche » sociale et socialiste, méfiant à l’égard des évolutions de celle-ci vers le multiculturalisme, il veut agir par l’écrit et l’érudition. « Ce sont les idées qui mènent le monde », aimait-il à répéter afin de justifier cette décision. Le décalage entre l’utopie sioniste et la réalité israélienne lui a inspiré un livre sans concession sur les prémices idéologiques de l’Etat juif, le seul rédigé en hébreu : Aux origines d’Israël. Entre nationalisme et socialisme (Folio « Histoire », 2004). […]

[…] Alors qu’on s’en prenait à lui pour avoir mis en évidence les origines et l’existence d’un fascisme français, alors que l’école française de sciences politiques considérait que la France avait été immunisée contre ce phénomène, lui s’étonnait qu’on lui attribue l’intention de régler des comptes avec la France. Bien loin d’avoir aucun contentieux avec elle, il l’a érigée en modèle indépassable (les Lumières franco-kantiennes) et en exemple à suivre, notamment en matière de laïcité.

Tel était moins le cas de la Pologne, son pays natal. Dans la ville moyenne de Przemysl, en Galicie, où il voit le jour le 10 avril 1935, un tiers des habitants sont juifs. Sa famille appartient à une bourgeoisie en cours d’assimilation, polonophone et sioniste. Ses premières années, qu’il jugeait heureuses, ne s’en sont pas moins déroulées sur fond d’antisémitisme, dans l’ambiance d’illusion et de déréliction si bien décrite par l’écrivain et Prix Nobel de littérature israélien Samuel-Joseph Agnon, dans son Hôte de passage (Albin Michel, 1992).

Les occupations soviétique, en 1940, puis allemande, en 1941, précipitent le monde de son enfance dans le chaos. Son père, mobilisé dans l’armée polonaise, meurt tout au début de la guerre. Enfermé dans le ghetto avec sa mère et sa sœur, qui seront assassinées au camp d’extermination de Belzec, le garçonnet a sous ses yeux le spectacle des chasses à l’homme qu’entraînent les diverses actions allemandes, liquidant progressivement la population juive. Confié en 1942 à un oncle qui réussit à gagner Lwow (Lviv), il partage la vie clandestine des siens, faisant mine d’être des réfugiés, fervents catholiques, dans une banlieue ouvrière, grâce à la protection d’un officier polonais, le capitaine Menzel. Il survit de justesse à un bombardement meurtrier.
En 1944, l’arrivée de l’armée soviétique met fin à la terreur mais pas aux tribulations de l’enfant déjà mûr, déjà passionné de politique. Il échappe au rideau de fer, grâce à un convoi de regroupement familial vers la France, en 1946, où sa tante parvient à l’intégrer. Il débarque alors, à Avignon, chez un autre oncle, dentiste de son état et ancien résistant. Cette étape, bien que n’ayant duré que quatre ans et demi, le marque pour la vie. Grâce à un instituteur zélé et compréhensif, il acquiert rapidement le français et parvient à entrer en sixième classique, au lycée Frédéric-Mistral. […].

[…] Sa mésentente avec son oncle, mais aussi l’exaltation que produit dans une diaspora meurtrie la création d’Israël (1948), expliquent son départ, en 1951. Après un passage à l’école agricole de Magdiel puis au kibboutz Ousha en Galilée, une somme d’argent inopinée, déposée par un frère de son père, lui permet d’achever ses études plutôt que de s’engouffrer dans l’armée de métier, sort des jeunes désargentés. Lui sera historien, à l’université hébraïque de Jérusalem, où, dès 1960-1961, il occupe la fonction d’assistant. […].

[…] Pourtant, à 29 ans, c’est Paris, son Institut d’études politique de la rue Saint-Guillaume, et une bourse bien moins attractive que celle des Américains ou des Anglais, que Zeev Sternhell choisit afin de travailler à un sujet de thèse insolite, sous la direction de Jean Touchard (1918-1971) : l’écrivain nationaliste et antidreyfusard Maurice Barrès (1862-1923), sujet de son premier livre, Maurice Barrès et le nationalisme français (Armand Colin, 1972). Une intuition le guide. Celle de ne pas appréhender le phénomène du fascisme seulement sous ses formes paroxystiques, l’Allemagne nazie ou l’Italie de Mussolini, mais comme une vague de fond, un mouvement social, politique et intellectuel global de contestation de la modernité démocratique dont les sources sont fort anciennes. Les élites y ont adhéré plus qu’on ne le croit et la France, à la Belle Epoque, en a été le laboratoire. Zeev Sternhell systématise et documente minutieusement cette conception dans tous ses ouvrages, depuis La Droite révolutionnaire (Seuil, 1978) jusqu’aux Anti-Lumières : du XVIIIe siècle à la guerre froide (Fayard, 2006).

Or cette thèse heurte de front une doctrine dominante dans l’historiographie française, celle de René Rémond, son ami, pourtant, malgré leurs divergences. Celle-ci ne voulait voir dans notre pays que trois droites, héritées du XIXe siècle : orléaniste, légitimiste et bonapartiste (Les Droites en France, Aubier, 1954). Pas de place pour un fascisme tricolore, donc. Sternhell traque au contraire, textes à l’appui, l’ombre du fascisme dans des cercles intellectuels français jusque-là insoupçonnables, Esprit, avec son fondateur, Emmanuel Mounier, ou les Croix-de-Feu du colonel de La Rocque (où d’autres voyaient des gaullistes avant la lettre). Pour bien des élèves de René Rémond, la charge est trop forte ou touche un nerf. […].

[…] Zeev Sternhell caressait l’idée, dans les dernières années, de consacrer une étude à la « pensée de guerre froide » et aux sources du néoconservatisme américain. La mort l’en a empêché. Sa force lui donnait l’apparence d’être inattaquable. Reste son œuvre considérable, qui, elle, continuera de tenir la position, à sa place.