Colloque "Pierre Mendès France, La morale en politique"

Pierre Mendès France

A l'initiative du Cercle Bernard Lazare-Grenoble

19-20 octobre 1989

U.F.R. de Sciences humaines
Université des Sciences Sociales de Grenoble
Salle des Colloques, Bâtiment des Sciences de l'Homme et Mathématiques


Programme du colloque


19 Octobre 1989

  • 9 h 30 Ouverture du colloque
    par Bernard POUYET, président de l'Université des Sciences Sociales de Grenoble
    en présence de M. le Recteur de l'Académie de Grenoble.
  • 10 h 30 Introduction
    par Me Georges KIEJMAN avocat à  la Cour d'Appel de Paris.
  • 11 h 00 Le Mendésisme
    par Serge BERSTEIN professeur à  l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.
  • 11 h 30 Pierre Mendès France et les partis de la 4ème République
    par Hubert DESVAGESmaître de conférences à  l'Université des Sciences Sociales de Grenoble (département d'histoire).
  • 12 h 00 Pierre Mendès France et les Institutions de la 4ème République
    par Paul LEROY, professeur à  l'Université des Sciences Sociales de Grenoble (Faculté de Droit)

Président de séance Bernard POUYET

12 h 30 Rencontre avec la Presse; Lunch offert par l'Université des Sciences Sociales de Grenoble

  • 14 h 30 Pierre Mendès France et les Institutions de la 5ème République
    par Gustave PEISER, professeur à  l'Université des Sciences Sociales de Grenoble, Faculté de Droit.
  • 15 h 00 Table Ronde : Mendès France et la République
    Modérateur Georges KIEJMAN
    Intervenants Paul LEROY, Gustave PEISER, Jean-Louis QUERMONNE
    professeur à  l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.
  • 16 h 45 La période de la guerre, le procès de Pierre Mendès France
    par Jean-Denis BREDIN, avocat au Barreau de Paris.
  • 18 h 00 Pierre Mendès France, républicain et Juif
    par Daniel LINDENBERG, maître de conférences à  l'université de Paris VIII, et
    Phillippe BOUKARA, chercheur à  l'université de Paris X.

Président de séance : Guy MARTINIERE

19 h 30 Réception à la préfecture


20 Octobre 1989

  • 9 h 00 La morale en politique
    par David KESSLER, agrégé de philosophie, auditeur au Conseil d'Etat et
    Elisabeth de FONTENAY, maître de conférences à  l'Université de Paris I.
  • 10 h 30 Pierre Mendès France et la décolonisation
    par Pierre GUILLEN, professeur à  l'Université des Sciences Sociales de Grenoble (département d'histoire).
  • 11 h 00 Table Ronde : La décolonisation en Tunisie
    Modérateur : Pierre GUILLEN
    Intervenants : Mohamed MASMOUDI, ancien Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement Tunisien et
    Jean LACOUTURE, écrivain.

Président de séance Jean-Louis QUERMONNE

  • 13 h 00 Déjeuner au Restaurant "Poivre et Sel"
  • 14 h 30 Pierre Mendès France et l'économie
    par Henri MORSEL, maître de conférences à  l'Université des Sciences Sociales de Grenoble (département d'histoire).
  • 15 h 00 Pierre Mendès France à  Grenoble
    par Jean-Louis QUERMONNE et Jean VERLHAC
    maîtres de conférences à  l'Université des Sciences Sociales de Grenoble.
  • 16 h 00 Pierre Mendès France et l'Europe
    par Gérard BOSSUAT, maître de conférences à  l'université de Paris I.
  • 16 h 45 Clôture du colloque par Paul LEROY

Président de séance : Paul LEROY Le colloque se terminera à 17 heures


Actes du colloque

publiés sous le titre
Pierre Mendès France, la morale en politique

Presses Universitaires de Grenoble, décembre 1990, ISBN 2 7061 03950 7 avec le concours de

  • la Fondation du Crédit Lyonnais
  • Cercle Bernard Lazare - Grenoble
  • Ville de Grenoble
  • Conseil Scientifique de l'Université des Sciences Sociales de Grenoble

sous la direction de

  • Janine Chêne
  • Edith Aberdam
  • Henri Morsel
Couverture actes Quatrième de couvertures actes
Le devoir d'un responsable ne consiste pas à  louvoyer, à  ménager sans cesse les uns et les autres, en sacrifiant ainsi l'intérêt de la collectivité tout entière.
Il exige des choix, des déterminations claires, avec la volonté de s'y tenir, dans l'opposition comme au pouvoir. Ainsi seulement murissent les réformes qui commandent l'avenir, vers les progrès et la justice.
Je ne crois pas, comme certains, qu'il faut savoir mentir au peuple ou biaiser avec lui, car c'est lui qui en supportera les conséquences.
J'exclus les concessions qui subordonnent les considérations générales et permanentes à  celles qui restent particulières et éphémères...
Pierre Mendès France

Table des matières

5 - Marie-Claire MENDES FRANCE : Avant propos

9 - Edith ABERDAM, Janine CHENE, Henri MORSEL : Préface

15- Bernard POUYET : Ouverture

19 - Georges KIEJMAN : Introduction

1. Mendès France, la politique et la République

31 - Serge BERSTEIN : Le mendésisme

41 - Hubert DESVAGES : Pierre Mendès France et les partis de la IVe République

53 - Paul LEROY : Pierre Mendès France et les institutions de la IVe République

67 - Gustave PEISER : Pierre Mendès France et les institutions de la Ve République

83 - Daniel LINDENBERG : Pierre Mendès France, Républicain et Juif

91 - Georges KIEJMAN, Jean-Louis QUERMONNE, table ronde : Pierre Mendès France et la République

2. La morale, une pratique

121 - David KESSLER : Morale et politique à partir de l'oeuvre de Pierre Mendès France

131 - Elisabeth BOURDEAU DE FONTENAY : Le pouvoir de commencer

138 - Débat

147 - Henri MORSEL : Pierre Mendès France et la morale en politique économique et sociale

161 - Débat

165 - Jean-Denis BREDIN : Le procès de Pierre Mendès France

177 - Débat

3. La décolonisation et la politique étrangère

 3.1. La décolonisation

185 - Pierre GUILLEN : Pierre Mendès France et la décolonisation

203 - Jean LACOUTURE, Mohamed MASMOUDI, débat : La décolonisation en Tunisie

 3.2. La recherche de la paix au Proche-Orient

225 - Marie-Claire MENDES FRANCE : Israël-Palestine

227 - Henry BULAWKO : Pierre Mendès France et l'Etat d'Israël

235 - Philippe BOUKARA : Le "mendésisme" et Israël : affinités et modèles

245 - Débat

249 - Lova ELIAV : Témoignage

3.3. L'Europe

255 - Gerard BOSSUAT : Pierre Mendès France, une volonté pour l'Europe, 1944-1972

4. Pierre Mendès France et Grenoble

269 - Jean-Louis QUERMONNE, Jean VERLHAC, table ronde : Pierre Mendès France à Grenoble

305 - Jean VERHLAC : Chronologie de Pierre Mendès France à Grenoble


Manifestations associées au colloque

Institut Pierre Mendès France, Cercle Bernard Lazare - Grenoble

Exposition

photographies, documents sonores et vidéo du 18 au 28 octobre 1989, Maison du Tourisme, de 10h à  12h et de 14h à  18h.

Inauguration en présence de Marie Claire Mendès France et de Maître Georges Kiejman, mercredi 18 octobre à  18 h.

Table ronde : Pierre Mendès France et la recherche de solutions pour la paix au Proche-Orient

Bibliothèque du centre-ville, rue de la République
le 18 octobre 1989 à  20h30
avec
:

  • Marie Claire Mendès France, présidente du Comité Français du Centre International pour la Paix au Proche Orient
  • Arié Liova Eliav, Député Travailliste Israélien
  • Arié Shapir, délégué du MAPAM pour l'Europe
  • Modérateur : Henri Bulawko, Président d'Honneur du Cercle Bernard Lazare.

Le Nouvel Observateur -
Et vous avez vu Sadate et Begin ensemble ?

Pierre Mendès France - Je n'ai jamais vu une émotion, un enthousiasme pareils. Je pourrais raconter des histoires incroyables ! Je prends un taxi, je demande au chauffeur combien je lui dois, il me dit "Aujourd'hui, on ne paie pas ! ". Emmener un gosse de trois mois ou de six mois pour voir défiler Sadate, qu'est-ce que cela veut dire, sinon que vous êtes vous-même dans une espèce d'ivresse extraordinaire et que vous voulez pouvoir dire à  cet enfant, quand il aura vingt ans " Tu étais là, ce jour-là ... " ? Les gens dansaient dans les rues. Je crois vraiment que tout le monde a été impressionné et bouleversé et que l'opinion a été brusquement empoignée par un immense espoir de paix. C'était émouvant. (Le Nouvel Observateur, n° 682, 5 au 11 décembre 1977)

Cinéma : Projection du film Le Chagrin et la Pitié

C.R.D.P. 11, rue du Général Champon, Grenoble
Lundi 23 octobre 1989. Séances à . 8 h, 14 h, et 20 h.

Durée du film : 4 h 30.

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Brèves

Joann Sfar
Affaire Sarah Halimi

OPINIONS
JOANN SFAR SUR L'AFFAIRE SARAH HALIMI : L'ANTISÉMITISME EST OBJECTIVEMENT DEVENU UNE CIRCONSTANCE ATTÉNUANTE
21 DÉCEMBRE 2019 6 MINUTES DE LECTURE

Depuis hier recircule sur Facebook un post de Joann Sfar daté de 2017, réaction de l’écrivain, auteur de bd et réalisateur, au premier jugement du meurtrier de Sarah Halimi, alors que le parquet avait choisi de ne pas retenir la motivation antisémite des motifs de mise en examen.

Contacté par Jewpop à la suite de la décision de la cour d’appel de Paris, qui a déclaré jeudi le tueur pénalement irresponsable, écartant ainsi la possibilité de le juger aux assises comme le réclamaient les proches de la victime, Joann Sfar nous a demandé de joindre à son texte de 2017 les précisions suivantes, à titre d’exergue :

Ceci est un ancien texte, publié à l’occasion du premier jugement de l’affaire Halimi. À l’époque, la justice réfutait la circonstance aggravante d’antisémitisme. Aujourd’hui, il y a du progrès, l’antisémitisme est objectivement devenu une circonstance atténuante. Un chauffard sous l’emprise du cannabis relève des tribunaux, pas un tueur de juive, semble-t-il. Le message aux juifs est limpide.

Le texte publié sur la page Facebook de Joann Sfar en 2017

Le truc, c’est que lorsque tu es juif, tu n’oses jamais dire que quoi que ce soit relève de l’antisémitisme parce que tu as peur qu’on te dise que tu pleurniches. Je ne connais l’affaire Sarah Halimi que par ce que les médias en disent. Si j’ai bien compris, un type traitait la dame juive de son immeuble de sale juive à chaque fois qu’il la voyait. Puis une nuit il pète un câble, il met la misère dans tout l’immeuble puis il s’enferme avec la dame. Il la massacre pendant des heures. La police est dans l’immeuble et n’intervient pas. Il hurle Allah hou Akbar tant qu’il peut puis il la jette par la fenêtre et elle meurt. Le type n’a jamais eu d’antécédents psychiatriques mais on le met quand même à l’asile. Si j’avais mauvais esprit, je dirais qu’en période électorale c’était peut-être une façon de s’acheter à peu de frais la paix civile.

On apprend aujourd’hui que le tribunal ne considère pas qu’il s’agit d’un crime antisémite. Finalement je ne suis pas juriste, je n’y connais rien. Il paraît que le coupable a affirmé que son motif n’était pas anti juif. C’était quoi, son motif ? Ça ne me regarde pas. Par contre, je commence à me demander ce que ça serait, un crime anti juif ? Si traiter une dame de sale juive puis la massacrer et la défenestrer ça ne suffit pas, il faut faire quoi ?

J’ai honte que ça soit toujours des juifs qui se trouvent à écrire qu’à force de vouloir éviter de faire des vagues nos forces de l’ordre nous donnent parfois l’impression qu’on gène. Je suis le moins communautaire du monde. Je suis le premier que ça énerve, quand des gens utilisent leur ethnie ou leur religion pour se faire plaindre. Mais là, c’est dur. On a un sentiment de « circulez y a rien à voir » qui me semble dangereux. À force de ne rien voir, j’ai le sentiment qu’on peut susciter des vocations. Ou alors il y a une circonstance atténuante de bêtise ? Je me souviens qu’on disait ça au moment du « gang des barbares ». On disait qu’ils étaient tellement bêtes qu’ils ne se rendaient pas compte.

Peut-être que je me trompe complètement. Qu’est ce qui se produit, en moi, lorsque j’ai honte d’écrire ces lignes ? Je déteste parler « en tant que juif ». On ne devrait pas avoir à le faire. Pour calmer les esprits, je suggère au tribunal d’édicter une jurisprudence claire et d’affirmer haut et fort qu’un crime antisémite, ça n’existe pas. Je crois que ça soulagerait beaucoup de monde. Ça nous évitera de nous creuser la tête à nous demander ce que l’assassin aurait pu faire de plus pour que le tribunal décèle dans son geste un soupçon de haine contre les juifs.

Joann Sfar