Concert par l'ensemble Naguila

Dans le cadre du Festival de musique méditerranéenne
Les 22, 23 et 24 novembre 2007 à 20h

Salle Olivier Messiaen, 1 rue du Vieux Temple, Grenoble
Prix des places à tarif unique : 5 euros

  • organisé par l'association AMAL

  • en partenariat avec
       ASALI, ATI-CDR, Casa Catala, Cercle Bernard Lazare, Association Franco-Hellénique
       Maison de la Culture Portugaise, PLIC, Tribu Terre des Rêves

  • avec le soutien de
       Conseil Général de l'Isère, Conseil Régional Rhône-Alpes, La Métro, Ville de Grenoble, GEG

  • et l'aimable participation
       de l'Atelier des Musiciens du Louvre et des 38èmes Rugissants

Programme du festival de Musique Méditerranéenne

  • Jeudi 22 novembre 2007 à 20h
    • Naguila : musique judéo-arabe
    • Yindalé : musique française à thème

  • Vendredi 23 novembre 2007 à 20h
    • Quatuor Catalonia : musique classique catalane du 17ème siècle
    • Barnabotti : musique traditionnelle vénitienne
    • Don Boyso : musique traditionnelle grecque

  • Samedi 24 novembre 2007 à 20h
    • Noujoum : musique traditionnelle tunisienne
    • Lisboa a Quatro : musique portugaise (Fado)
    • Bled'Arts : musique arabo-andalouse

Lieu : Salle Olivier Messiaen, 1, rue du Vieux Temple, GRENOBLE

Entrée : 5 euros par soir

Renseignements : Association AMAL, 57 Avenue Maréchal Randon, Grenoble
tél. : 04.76.44.71.14
e-mail : amal38@gmail.com
site : AMAL

Concert de musique arabo-andalouse par l'ensemble Naguila

le jeudi 22 novembre à 20h30 salle Olivier Messiaen

Programme du concert

  • Rahamekha : Malouf constantinois
    Ce piyyut est chanté en hébreu lors des circonstances heureuses.
    La musique est extraite du répertoire traditionnel constantinois appelé malouf.
  • Belarredj : Chant traditionnel arabo-andalou
  • Koum Tara : Chant traditionnel arabo-andalou
  • Istillal : Extrait de nouba marocaine
    Cette pièce instrumentale est l'ouverture de la Nouba et évoque les échos musicaux de Fès.
  • Ki eshmera Chabat/ Bin El Barha wi lyoum : Chant traditionnel arabo-andalou
    Cantique pour le repas de Shabbat composé par Abraham Ibn Ezra.
    Ce chant est repris dans sa version originale, en arabe.
  • Yare Yakar : traditionnel constantinois
    Ce piyyut est chanté pour accueillir les invités lors de la lecture de la Thora.
    Ici, le mawal introductif est dans le style constantinois et le chant liturgique continue
    avec un air arabo-andalou rendu populaire par Cheik Raymond.
    Ce chant se termine sur un thème musical judéo-espagnol.
  • Ymouja Ghani : traditionnel marocain
    Chant composé par Houcine Slaoui, considéré comme le père de la chanson moderne marocaine.
  • Longa riad : traditionnel égyptien
    La longa est une forme musicale que l'on retrouve dans le répertoire traditionnel du Moyen-Orient.
  • Ya kalbi khali el khal : traditionnel arabo-andalou

Les artistes de l'ensemble Naguila

André TAÏEB, chant


André Taïeb est le chanteur de l'Ensemble Naguila. Il est né à Constantine en 1931. Il s'initie très jeune à l'art du mawouel (improvisation vocale à capella sur un mode musical), qui lui a été transmis par sa mère.
C'est à l'écoute des grands maîtres Cheikh Raymond et Cheikh El Kod qu'il approfondit son art du chant.
En 1962 il quitte l'Algérie et s'installe à Belfort. Il met alors son talent au service de la Hazanout à la synagogue de Belfort et interprète à la fois le répertoire séfarade et ashkénaze.
En 1988, il se retire à Montpellier où il devient chantre de la synagogue.
Il rencontre Pierre-Luc Bensoussan. Celui-ci, séduit par le timbre et la chaleur de la voix d'André Taïeb, l'invite à participer à la création de l'Ensemble Naguila.
Avec cet ensemble, André Taïeb donne de nombreux concerts à travers la France, l'Europe, et participe au festival d'arts sacrés du monde à Fès au Maroc.
Héritier de la tradition orale venue de l'Espagne médiévale, il est l'un des derniers détenteurs de ce patrimoine musical. Sa voix ample et inspirée traduit l'émotion d'une communauté en exil à travers les siècles.

Mohammed ZEFTARI, violon et chant


Mohammed ZEFTARI est le violoniste de l'Ensemble Naguila depuis sa création, en 1998.
Il est Premier Prix du Conservatoire National de Musique de Rabat (Maroc) et Prix d'Honneur en violon classique délivré par le Ministère de la Culture.
Il est 1er violon de l'Orchestre de musique de chambre de Rabat, 1er violon de l'Orchestre Philharmonique du Maroc, fondateur du quatuor " Al Farrabi " et donne des concerts avec l'orchestre des jeunes de la méditerranée en France et en Europe.
Il étudie la musique orientale avec le maître Mohamed Algazi. Il accompagne les grandes figures de la chanson orientale comme Sabah Farkri, Wadia Safi, Françoise Atlan, Abdel Hadi Belkhayat, Leïla Goufran, Naïma Samih... Il joue également du luth oriental (oud).

Pierre-Luc BENSOUSSAN, percussions


Pierre-Luc BENSOUSSAN est le directeur artistique de l'Ensemble Naguila. Il est diplôme d'état en jazz et en musicothérapie.
Il a étudié au Berklee College of Music à Boston (USA), au Conservatoire de Montpellier et au Conservatoire de Marseille.
Il se forme aux musiques traditionnelles avec le maître de la percussion orientale égyptienne Adel Shams El Din. Il joue avec l'ensemble Asswate du luthiste Fethi Tabet, et accompagne l'ensemble Al Bayati (musiques savantes du Moyen Orient) ainsi que des musiciens comme Marc Loopuyt (luth arabe) ou la chanteuse occitane Rosina De Peira.
Il crée l'Ensemble Naguila en 1998, suite à une collecte de chants sacrés de synagogue à Montpellier et sa région, en collaboration avec la DRAC Languedoc Roussillon et le Centre des Musiques et Danses Traditionnelles du Languedoc Roussillon et l'association Mosaïque Musiques.
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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.