Lois sur l'immigration et tests ADN

La pétition lancée par SOS Racisme et Charlie Hebdo contre les tests ADN sur les candidats au regroupement familial a déjà obtenu 50 000 signatures ! En ce moment, 2 000 personnes par heure nous rejoignent dans cette lutte. Le sénat a certes adopté la loi mais notre combat n'est pas terminé.

Le Cercle Bernard Lazare - Grenoble a signé cette pétition
Nous devons continuer à signer et faire signer cette pétition disponible sur
Touche pas a mon adn

Alors faisons suivre le texte ci-dessous à tous nos contacts :

En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d'un regroupement familial,
l'amendement Mariani, adopté par l'Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l'ère d'une utilisation
non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique.

Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.

Tout d'abord, des problèmes d'ordre éthique. En effet, l'utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant
peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d'emblée cette question :
depuis quand la génétique va t'elle décider de qui a le droit ou non de s'établir sur un territoire ?
Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ?
Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles
qu'ils reconnaissent comme étant leurs enfants.

Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique
qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.

Enfin, cet amendement s'inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers
qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble.
Car tout le monde s'accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale
au regard des chiffres d'enfants annuellement concernés et au regard de l'absence de raison substantielle
qu'il y aurait à frauder dans ce domaine.
En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants
qu'ils sauraient ne pas être les leurs ?
Autrement dit, l'amendement instaurant les tests ADN n'a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique
mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.

Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble
introduit des changements profondément négatifs.
C'est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement
à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait apporter une réponse biologique
à une question politique, à briser durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif
sur les questions liées à l'immigration.

SIGNEZ LA PETITION sur Touche pas a mon adn

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Brèves

Les Israéliens veulent ouvrir un nouveau chapitre de leur vie publique

Par Denis Charbit, Le Figaro, 18/09/2019.

Le verdict des urnes, en Israël, est un désaveu relatif infligé aux méthodes du premier ministre. Il exprime aussi la volonté des Arabes israéliens de participer désormais au processus de décision de l’État hébreu... explique Denis Charbit, maître de conférences en sociologie et science politique à l’université ouverte d’Israël.

... Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël.

Un ultime enseignement - et non le moindre - de ce scrutin provient du secteur arabe. La première leçon à tirer est que l’unité est payante: la liste arabe unifiée, composée de communistes, d’islamistes et de nationalistes, devrait être la troisième formation politique représentée à la Knesset.

Si un gouvernement d’union Likoud-Bleu et Blanc est finalement constitué, elle sera à la tête de l’opposition, avec tous les droits associés à ce statut. Mais la révolution, de ce côté-là de l’échiquier politique, ne se réduit pas au score ou au statut acquis à la Knesset.

La révolution copernicienne qui s’opère réside dans la détermination proclamée par ses leaders de tester une alliance potentielle avec les partis du centre et de la gauche. Les partis arabes israéliens veulent peser sur les décisions, être des acteurs politiques à part entière et ne plus être voués à incarner une «fonction tribunitienne» chargée de clamer haut et fort leur dissidence politique. Pour y parvenir, ils ne sont pas devenus sionistes et ils ne s’accommodent pas plus de l’occupation de la Cisjordanie. Seulement, ils n’estiment plus devoir opposer une fin de non-recevoir à toute coopération politique.

Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël. Ils veulent s’intégrer, ils veulent réussir et ils y parviennent par la méritocratie. Ils compensent leur condition de minorité ethnique par leur excellence et leur compétence.

Ils ne veulent plus être une enclave au sein d’un État juif, mais participer de plain-pied aux mutations de la société israélienne. Or, Benyamin Nétanyahou, en personne, n’a eu de cesse, durant toute la campagne, de faire de la population arabe d’Israël un bouc émissaire. Cette demande explicite d’intégrer l’arène politique fait d’une pierre deux coups: cesser cette délégitimation constante de 20 % de la population israélienne et permttre aux partis du centre et de la droite de promouvoir ouvertement une alliance électorale qui fera pendant à l’alliance du Likoud avec les partis religieux orthodoxes ...