Théâtre : Popper de Hanoch Levin

Musicien juif persan

A l'amphithéâtre - place des Iles de Mars - 38800 Pont de Claix

Théâtre : Popper de Hanoch Levin

Les jeudi 29 et vendredi 30 mars 2007 à 20h30

Billetterie : 04-76-99-83-77 et par courriel : billetterie-amphi@wanadoo.fr

Cercle Bernard Lazare - Grenoble


"Les comédies de Levin décrivent le combat quotidien de petites gens dans l'espace restreint de la maison ou du quartier, microcosme de la société tout entière ..."
Laurence Sendrowicz, traductrice

Pour Laurent Brethome, metteur en scène, la rencontre avec l'écriture de cet auteur s'est d'abord faite alors qu'il était comédien et assistant metteur en scène auprès de François Rancillac sur la pièce Kroum l'ectoplasme. L'envie de travailler sur Popper s'est imposée comme une évidence. "J'y voyais un relais avec les fondements des questions qui m'animent. Cet auteur, encore méconnu en France a une écriture et une vision du monde farouches et universelles. Ses textes sont une "matière à jouer", ils sont d'une efficacité redoutable, et parlent de l'humain d'une manière sauvage et terriblement vraie. C'était un génie qui a su parfaitement étudier à la loupe les dérives du genre humain. Il est fascinant d'observer à quel point il sait décaler à peine des situations quotidiennes banales pour en tirer la substantifique moelle, et les porter aux frontières du tragique et de l'absurde."

Avec

  • Schvartz : Fabien Albanèse
  • Popper : Antoine Herniotte
  • Schvartziska : Julie Recoing
  • Koulpa : Anne Rauturier
  • Katz : Geoffroy Pouchot-Rouge-Blanc
  • accordéon : Gérard Baraton
  • texte : Hannokh Levin, traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz
  • mise en scène : Laurent Brethome
  • scénographie costumes : Steen Halbro
  • lumières : Guillaume Cousin
  • compagnie : Le menteur volontaire

Le "Menteur volontaire" est soutenu par le Conseil Régional des Pays de la Loire et la Ville de La Roche-sur-Yon.
Laurent Brethome bénéficie de la Maison Antoine Vitez et de la traductrice de Hannokh Levin, Laurence Sendrowicz, pour s'attaquer à cette oeuvre encore ignorée.

Hannokh Levin

Né à tel Aviv en 1943, décédé prématurément en 1999, Hannokh Levin, figure majeure du théâtre israélien contemporain, a laissé une cinquantaine de pièces, ainsi que plusieurs recueils de poésie et de prose. S'il doit une entrée en scène fracassante et sulfureuse à ses textes politiques, ce sont ses comédies qui, à partir de 1972, lui ouvrent les portes du monde théâtral. Yacobi et Leidental, qui sera aussi sa première mise en scène, marque le début de ce qu'on peut appeler "l'ère Levin" en Israël.

Consacré par les prix israéliens les plus prestigieux, il n'en continue pas moins d'affirmer ses opinions à travers des textes écrits au vitriol, ce qui lui vaut, en 1982, de voir sa pièce Le patriote rapidement retirée de l'affiche, et en 1997, de déclencher un nouveau tolle avec Meurtre.

D'une envergure qui dépasse de loin les frontières de son pays pour toucher l'universel, cet auteur a su transformer la douleur (inhérente à sa lucidité) en une force de frappe aussi jubilatoire que violente.

"Me voilà bien !
Je ne peux même plus me permettre de mourir.
C'est foutu... Si je meurs, c'est Schvartz qui gagne,
ce qui me prive aussi du suicide, ce doux rêve qui guérit du désespoir.
Que me reste-t-il ? Vivre. Pas très réjouissant ! "

Popper, Juin 1976, extrait

Popper est accueilli en partenariat avec le Cercle Bernard Lazare dans le cadre de la seconde partie du douzième festival de culture juive.

Tarifs :

  • Collégiens : 5 euros
  • Lycéens : 6 euros
  • Accès à la culture : 6 euros
  • tarif réduit : 12 euros (CBL)
  • tarif plein : 15 euros
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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.