Conférence : "les grands principes du droit international public"

par Jean Sarfati

Le lundi 7 avril 2008 à 18 h 30 à la Maison de l'International
Parvis des Droits de l'Homme, Jardin de Ville, Grenoble.
Entrée libre.

On lit tous les jours la presse, on voit la télévision, on est souvent confronté à une actualité brûlante concernant notamment des conflits territoriaux et des guerres. Des textes fondateurs (Charte de San Francisco sur l'ONU, Traité de Vienne sur le Droit des traités, etc..) régissent les relations interétatiques. C'est à l'aune de ces textes qu'on peut essayer de comprendre certaines résolutions de l'ONU et certains points de discordance sur l'interprétation du droit, notamment en cas de conflit armé.

En quoi consistent les relations interétatiques ?

Lorsque deux pays échangent des agents diplomatiques, lorsqu'ils concluent un traité, lorsqu'ils négocient sur un différend qui les opposent, lorsqu'ils délimitent la frontière séparant leur territoire, voire lorsque deux pays font la guerre, dans toutes ces hypothèses, les relations qui sont examinées sont des relations où les parties sont des Etats, des relations interétatiques, c'est à dire des relations entre deux personnes morales souveraines, les Etats. Ces personnes morales, les Etats, sont caractérisées par le fait qu'elles sont souveraines. C'est cette souveraineté qui les distingue de certaines collectivités territoriales, non étatiques, comme par exemple un Etat fédéré ou d'autres collectivités territoriales. C'est cette souveraineté qui leur permet d'accéder aux relations interétatiques et qui constitue le socle de ces relations. Grâce à cette souveraineté, les Etats sont égaux en droit (Un Etat, une voix) et peuvent donc participer sur une base égalitaire aux relations internationales. Mais cette égalité de droit entre les Etats ne peut pas évidemment masquer l'inégalité de fait de ces Etats.

Le droit international est un droit en permanente évolution.

Il est important de connaître les grands principes qui régissent ce droit pour prendre la mesure de l'extrême complexité des relations internationales à travers certains exemples significatifs qu'on pourra aborder ensemble : Evênements du Rwanda, guerre en Irak, Iran et nucléaire, Kosovo, Océan Arctique (et fonte de la banquise avec de nouveaux conflits territoriaux potentiels) et bien sûr, bien sûr Israël et la Palestine.

Tel sera l'objet de cet exposé d'environ trois quarts d'heure, une heure, suivi d'un débat.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.