Concert de chansons judéo-espanoles par l'ensemble Presensya

Musicien juif persan

 

Concert de chansons judéo-espanoles
par l'ensemble Presensya

dimanche 30 mars 2008 à 18h30
au CCJ, Grenoble

Billeterie sur place : Prix des places : 7 euros

adhérents CCJ, CBL, CJL : 5 euros


ensemble presensya

Les interprètes

Une histoire

L'ensemble Presensya est né de la rencontre de trois artistes musiciens issus d'univers différents. Le mariage original d'une voix lyrique, d'une guitare acoustique et de percussions orientales donne avec sincérité une couleur innovante au répertoire ancien judéo-espagnol

Un répertoire

La musique judéo-espagnole se présente comme une mosaïque où coexistent le sacré et le profane, les thèmes juifs et non-juifs, l'orient avec l'occident, l'antique avec le nouveau. Le répertoire de l'ensemble Presensya offre un panel authentique et émouvant de chants traditionnels séfarades de l'époque médiévale. On y retrouve des romances, des coplas (chants à caractère religieux hébraïques) et des cantigas (berceuses, chants de la vie quotidienne parlant de l'amour contrarié ou déçu, de l'hésitation entre deux amants...)


Les artistes

Hélène Obadia a toujours baigné dans un milieu musical. Premier prix de chant au CNSM de Paris, elle chante le répertoire d'oratorio et affectionne les lieder et les mélodies. Elle commence sa carrière lyrique en troupe, dans un théâtre en Allemagne, où elle interprète plusieurs rôles d'opéra de premier plan. Au contact du Rabbin Michel Laloum, elle découvre la musique traditionnelle séfarade, avec laquelle elle partage une profonde intimité.

Isaïa Vidal joue de la guitare depuis l'âge de quinze ans. Il se perfectionne auprès de Daniel Darmezin (guitariste de Los Chacos), intègre "Tio Vivo", un groupe de musique sud-américaine, puis accompagne Claudia Gallibert, auteur, compositeur, interprète occitane dans la mouvance de José Marti. Durant une dizaine d'années, il se produit aux côtés d'André Bonhomme dans le registre de la chanson française réaliste.

David Bruley fait ses étude musicales au CNR de Dijon, à l'EMD de Dole et à 'EMD de Villeurbanne. Après un cursus de percussions classiques avec Laurent Vieuble et Stanislas Bujok, il se spécialise dans les musiques du monde, se forme en percussions traditionnelles auprès de Youssef Hbeich et Adel Shams El Dine (orientales), Madjid Khaladj (iraniennes), Paul Mindy et Jean Christophe Jacquin (brésiliennes) ainsi que Guy Brogle (afro-cubaines)

Eva Ellosi, violon, de formation classique, joue dans plusieurs formations et orchestres regionaux et intervient au sein du Talmud Torah d'une communauté juive lyonnaise. Depuis quelques mois, elle se produit avec l'ensemble Presensya.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.