Amphithéâtre de Pont de Claix : Une laborieuse entreprise, de Hanokh Levin

Musicien juif persan

Co-production avec l'Amphithéâtre de Pont de Claix
Vendredi 7 mars 2008 à 20h30. Durée 1h30

à l'Amphithéâtre de Pont de Claix
Place des Iles de Mars, Pont de Claix.

Billetterie :

  • téléphone : 04 76 99 83 77
  • courriel : billetterie-amphi@wanadoo.fr


Présentation

Le dramaturge israélien Hanokh Levin s'est toujours attaché à développer une vision jubilatoire du malheur. Il associe pour ce faire burelesque et pathétique, et Une laborieuse entreprise ne fait pas exception à la règle. Cette comédie féroce met en scène un couple à l'heure de la cinquantaine et des premiers bilans, qui semble trouver dans les insultes une manière comme une autre d'exister. La vie serait si triste sans disputes !

Illustration

Yona et Levina l'ont bien compris, eux qui emplissent la chambre de leur combat quotidien, égrenant sans relâche un chapelet de reproches. Des répliques incisives, mordantes à souhait, où s'expriment désirs et désillusions, toute une souffrance qui, précisément, les rend profondément humains.

Le talent de Hanokh Levin, c'est de mettre à nu toute l'ambivalence des sentiments qui coexistent en chacun de nous, pour mieux nous inviter à se reconnaître en eux, à y retrouver nos faiblesses, nos lâchetés, nos rêves...

Cette richesse, tout en finesse et en revirements inattendus, Jean-Pierre Berthomier l'exploite avec bonheur dans une mise en scène inventive qui utilise tous les registres de la comédie (apartés, chansons, théâtre dans le théâtre, adresses au public...) pour construire un spectacle drôle et sensible, portant sur le monde un regard à la fois joyeux et désespéré.

Un véritable concentré d'existence.


Crédits

  • Texte français : Laurence Sendrowicz, publié auw Editions Théâtrales, Théâtre choisi/Comédies
  • Théâtre des Agités
  • Mise en scène et scénographie : Jean-Pierre Berthomier
  • Dramaturgie : Frédéric Vossier
avec
  • Christine Joly
  • Philippe Lebas
  • Jean-Pierre Mesnard
Technique
  • Lumière et décor : Alain-Bernard Billy
  • Son : Marc Brochet
  • Costumes : Pascale Robin
  • Assistants à la mise en scène : Anne Courpron et Francois Martel
  • Assistant construction décor : Daniel Graffoulière
  • Administration : Sonia Billy
Le théâtre des Agités est
  • conventionné par la région Poitou-Charentes
  • subventionné par
    • le Ministère de la Culture et de la Communication ( Drac Poitou-Charentes)
    • la Ville de Poitiers
    • le Conseil Général de la Vienne
Avec le soutien
  • du Théâtre-Scène Nationale de Poitiers
  • du Conservatoire de Poitiers
  • du Théâtre du Trèfle
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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.