Concert : the Idan Raichel project

Idan Raichel

Concert : the Idan Raichel project

organisé par le Centre Culturel Juif
avec l'ensemble des institutions juives de Grenoble

mardi 20 mai 2008 à 20h30
au Théâtre municipal de Grenoble, rue Hector Berlioz


Ecouter un extrait de "Out of the Depth"


Idan Raichel est un musicien israélien né à Kfar Saba en 1977. Il rassemble des musiques de traditions variées, éthiopienne, arabe, africaine, yéménite, biblique, ainsi que des chants et du folklore oriental, qu'il travaille avec une connaissance approfondie des techniques musicales contemporaines et avec une passion pour les instruments traditionnels et les textures musicales anciennes. Fin 2006, le Projet Idan Raichel fut présenté au monde par la publication d'un album chez Cumbancha. La réaction fut impressionante, et depuis, Idan Raichel a fait le tour du monde, New-York, Mexico, New-Dehli, Singapour, Mumbai, Europe... Il est présentement en tournée entre les USA et l'Europe, et Grenoble sera sa seule escale en France, entre Madrid et l'Allemagne.

Tarif unique 15 euros.

Billetterie :

  • Centre Culturel Juif :
  • Boutique Harmonia Mundi, 11 Grande Rue, Grenoble
  • FNAC

Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.