Concert : Clara Abou, violon, Vito Lattarulo, piano

Musicien juif persan

Co-production Cbl-Grenoble et Musée en Musique

jeudi 24 avril 2008 à 12h30
à l'Auditorium du Musée, place Lavalette Grenoble


Programme

  • MOZART : Sonate pour piano et violon en Si bémol Majeur KV454
  • BLOCH : Baal Shem "Trois Tableaux de la Vie Hassidique"
  • RAVEL : Sonate pour violon et piano

Les compositeurs

S'il n'est pas nécessaire d'introduire Mozart ni Ravel, il peut-être utile de présenter Ernest Bloch.
Le lien suivant vous permettra de faire connaissance : Ernest Bloch

Les interprètes

Clara Abou

Née à GRENOBLE en 1984, Clara débute le violon avec Clotilde MUNCH a l'âge de trois ans.

A 13 ans, auditionnée par Yehudi MENUHIN, elle réussit le concours d'entrée, et intègre la prestigieuse Yehudi MENUHIN School à LONDRES.

Elle étudie le violon auprès de Nathalia BOYARSKAYA, parallèlement elle pratique le piano, l'alto, l'orchestre, la musique de chambre et s'initie à l'analyse et la composition tout en poursuivant un cursus scolaire normal.

En octobre 2002, elle rejoint à l'Universität für Musik und Darstellende Kunst de VIENNE la classe de Dora SCHWARZBERG.
En octobre 2006, elle y obtient son prix, récompensée par la plus haute mention, et entre en cycle de perfectionnement afin d'y achever son cursus.
En même temps, Clara réussit le concours d'entrée en cycle de perfectionnement au CNSM de Lyon où elle intègre la classe de Vladimir NEMTANU.

Clara Abou

Son parcours lui a permis de suivre des master classes avec de nombreux maîtres, parmi lesquels Yehudi MENUHIN, Zachar BRON, Mauricio FUKS, Boris KUSHNIR, Eric FRIEDMAN ; Mtislav ROSTROPOVITCH, ou encore Hortense CARTIER-BRESSON en musique de chambre.

Clara a enregistré en juillet 2002 un CD "Thwarted voices" dans lequel elle interprète le Concerto Funèbre de Hartmann avec le Yehudi MENUHIN School Orchestra, une oeuvre qu'elle avait interprétée au QUEEN ELISABETH HALL à LONDRES en novembre 2001.

En avril 2005 elle est lauréate du concours Flame jeunes solistes, puis en mai, finaliste du concours Jeunesses musicales de Bucarest. En 2005, ayant été sélectionnée sur audition, elle a effectué une tournée européenne avec l'Orchestre de Jeunes Gustav Mahler.

Clara a donné de nombreux concerts en soliste ou en formation de chambre. Elle s'est produite en ANGLETERRE, notamment, en soliste avec orchestre au QUEEN ELISABETH HALL et en soliste avec piano au WIGMORE HALL à LONDRES, en AUTRICHE, en HONGRIE, en ITALIE, en ROUMANIE où elle a participé en octobre 2006 à une série de concerts organisée par les Jeunesses Musicales de ROUMANIE, en SLOVAQUIE où elle a interprété le 1er concerto de Chostakovitch avec le State Philhamonic Orchestra à la PHILHARMONIE de KOSICE en août 2007, et en FRANCE, par exemple dans le cadre de festivals comme : le Festival européen des Jeunes Talents ou le Festival DEBUSSY à Paris, ou encore le festival PIANO ou le Musée en Musique de Grenoble.

Clara est aussi membre du Trio Delios, ensemble qu'elle a fondé avec le pianiste Italien Vito LATTARULO, et le violoncelliste Autrichien Clemens MÜLLNER.

Vito Lattarulo

Né à Palerme le 19 mai 1981, il reçoit ses premières leçons de piano et de théorie musicale à l'âge de 10 ans.
Apres seulement trois mois d'étude, il entre au Conservatoire de musique V. Bellini de Palerme, où il étudie avec Filippo Previti, Antonio Fortunato et Aurelia Spagnolo.

Durant ces années d'étude il participe à differents concours nationaux, se positionnant à chaque occasion dans les trois premières places. Après avoir achevé ses études scolaires en 2000, et musicales en 2002 en remportant la meilleure mention, il entre dans la classe de Paul Gulda, puis dans celle de Rolland Keller à la prestigieuse Universität für Musik und darstellende Kunst de Vienne. Outre l'apprentissage du répertoire solistique, le jeune musicien fréquente la classe de musique de chambre de Teresa Leopold.

Vito Lattarulo

Afin de compléter pleinement sa culture musicale, il suit paralellement et avec des résultats remarqués un cursus universitaire dans les disciplines Art, Musique et Spectacle à l'Université de Palerme.

Vito s'est déjà produit dans différentes villes européenes, notamment à Vienne (Leopold Museum rising star, Instituto italiano di cultura, Steinway Haus) Paris (Festival Jeunes Talents), Grenoble (Festival PIANO), Rome (Centre Culturel Autrichien), Salzburg (Schloss Mirabell) Palermo (Salla Scarlatti) Munich, et Szeged, en Hongrie, en tant que soliste ou en diverses formations de chambre avec la violoniste Clara Abou et les violoncellistes Clemens Müllner et Nikolaus Leopold.

En 2006 il reçoit une bourse d'études de la Boesch Stiftung de Vienne puis en 2007 de la Beethoven Gesellschaft. Entre les différentes personnalités qui ont influencé le jeune pianiste, se distinguent le compositeur Federico Incardona, le claveciniste Enrico Baiano, le violoniste baroque Enrico Onofri, ainsi que tous les pianistes avec lesquels il a travaillé dans diverses master-classes : Aldo Ciccolini, Pietro De Maria, Alexander Toradze, Mauro Castellano, Mihaela Ursuleasa et Mario Feninger.

Aussi importante dans le dévelopement du jeune pianiste est la fertile vie musicale viennoise, centre névralgique de l'Europe musicale et creuset d'expériences artistico-sociales aussi immanquables que nécessaires pour un jeune musicien.

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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.