Soirée Ciné-Club : "Que sont les immigrants devenus ?" Les Juifs d'Ethiopie

Avec Daniel Friedmann, chargé de recherche au CNRS

Le lundi 14 avril 2008 au CCJ, Grenoble.

Ce film a été réalisé par Daniel Friedmann, et produit par le CNRS (France, 2005, 49 min.)
Daniel Friedmann est chargé de recherche au CNRS. Il a publié plusieurs ouvrages dont
Les Enfants de la Reine de Saba,
Les Juifs d'Ethiopie (Falachas), histoire, exode, intégration.

Il a dirigé la publication "Les Juifs d'Ethiopie de Joseph Halévy à nos jours". Joseph Halévy (1827-1917) est un orientaliste français et un grand voyageur. Il est particulièrement célèbre pour avoir été le premier Juif occidental qui ait rencontré les Falashas, ou Juifs d'Ethiopie en 1867-1868. Il rapporté une description détaillée de leur existence.
Le film montre le processus d'intégration des immigrants Falachas, filmés la veille de leur départ d'Ethiopie en 1990, puis en Israël en 2000 et en 2004.
Un regard comparé entre documentaire et fiction...
Les Juifs d'Ethiopie, longtemps connus sous le nom de Falachas, ont obtenu tardivement le droit de bénéficier de la Loi du retour en Israël. Leur exode massif a commencé en 1980. Après avoir rappelé les difficultés que ces immigrants ont rencontées avant de pouvoir réaliser leur rêve d'aller en Terre sainte, la réalité de leur nouvelle vie en Israël est mise en correspondance avec les attentes qu'ils en avaient. A travers leurs récits, transparaissent leurs désillusions face à leurs espoirs. Ils relatent les problèmes de la reconnaissance réelle de leur judaïté par le Grand Rabbinat et le gouvernement israélien, des prêtres éthiopiens dont l'autorité n'est pas reconnue, de la différence de traitement par les autorités, de l'émancipation des femmes, du divorce, de la perte des traditions...
Ils abordent également les points positifs de leur vie en Israël...
Ce film a été sélectionné en compétition au 25ème Bilan du film ethnographique qui s'est tenu du 18 au 27 mars 2006 au Musée de l'Homme à Paris.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.