Concert : Block 15, une douloureuse histoire racontée par deux musiciens au sommet.

Le jeudi 5 février 2009 à 19h30 à l'Auditorium du Musée, place Lavalette

  • Emmanuelle Bertrand, violoncelle
  • Pascal Amoyel, piano
  • Jean Piat, mise en espace

Présentation réalisée par "Musée en Musique"

BLOCK 15 : une douloureuse histoire racontée par deux musiciens au sommet

Une grande chance, pour le public de Musée en musique de venir entendre à l'auditorium du Musée deux grands virtuoses, Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel. Révélée au grand public par les Victoires de la Musique Classique en 2002, lauréate du Concours International Rostropovitch, Emmanuelle Bertrand compte aujourd'hui parmi les dignes représentants de l'école française du violoncelle. Les Victoires ont également contribué à la reconnaissance du talent de Pascal Amoyel, consacré "Révélation soliste instrumental" en 2005, véritable personnalité du piano français. Les deux partagent une même sensibilité de la musique. De l'Histoire aussi. Leur concert théâtralisé " Le Block 15" est né de la lecture des témoignages, durant la seconde guerre mondiale, de deux musiciens Anita Lasker et Simon Laks, qui découvrent stupéfaits, au fil des mois, que la musique va peut-être leur sauver la vie. Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel remontent le fil de leur douloureuse histoire en interprétant un programme de musiques de Bloch, Chopin, Kreisler, Amoyel, Greif, Messiaen et Laks.

« Original, poignant, grave. C'est un spectacle d'une intensité comme on voit peu - une bouleversante et douloureuse aventure humaine portée par une musique à nu, et cette musique est constamment, elle, portée par Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel dans une sorte de tension ardente - » Alain Duault

en partenariat avec le cercle Bernard Lazare

PROGRAMME

  • F. Kreisler - Liebesfreude - Violoncelle et piano
  • F. Liszt - Danse Macabre (extrait) - Piano solo
  • J.S. Bach - Gigue de la première Suite - Violoncelle solo
  • O. Greif - Sonate de guerre - piano solo
  • P. Amoyel - Itinérance - Violoncelle solo
  • E. Bloch - Chanson juive - Violoncelle et piano
  • F. Chopin - Nocturne en ut dièse mineur (op. posthume) - Piano solo
  • O. Greif - Sonate de requiem - pour violoncelle et piano
  • O. Messiaen - Quatuor pour la Fin du Temps - violoncelle et piano
  • S. Laks - Sonate pour violoncelle et piano

TARIFS plein tarif 23 euros, adhérents 18 euros, réduit / clé 10 euros

INFORMATIONS : 04 76 87 77 31


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.