Concert par le duo Lame vocale

avec Léa Sarfati, soprano et Illya Amar, vibraphone/bendir

à l'auditorium du Musée, place Lavalette,
le mercredi 24 juin 2009 à 20 heures

Entendez-vous les jets d'eau de Cordoue qui murmurent et se brisent dans la fournaise des patios fermés ?
Entendez-vous les torrents de Lublin qui gémissent quand au dégel la glace se remet lentement à couler ?

Musique chantée, musique perlée...
Du suave ladino au troublant yiddish, Lame vocale retrouve les échos de tous ces exils :
force et douceur se heurtent et s'enlacent en menant la danse à la voix et à la baguette.

Lame vocale vient de remporter le prix coup de coeur du concours international de musique de chambre de la FNAPEC à Paris.

Cette année Lame vocale est invité sur le plateau de Gaelle Legallic dans la cour des grands sur France Musique, et se produit en France, en Italie (festival CIMA), en Allemagne et aux Etats-Unis.

Echantillon : Ecouter la berceuse Nani, Nani...

Duo Lame vocale

Léa Sarfati, soprano

Léa Sarfati a étudié le chant au Conservatoire de Paris, avec Jorge Chaminé, Mirella Freni (bourse au mérite de la région Emilia Romagna), Brigitte Hool, et a été pensionnaire du CNIPAL en 2007-2008.

Elle est lauréate de plusieurs concours internationaux, et de la fondation CIMA. Elle s'est déjà produite dans divers opéras (Opéra Comique, Grand Théâtre du Luxembourg, opéra de Rennes, opéra de Marseille, Avignon, Toulon, théâtre de Monaco, opéra de Brasov, Saarbrucken, etc...) dans des rôles tels que Mimi, Leila, Micaela, Violetta, la petite renarde rusée, Conception, la voix humaine, etc...

Parmi ses projets 2009, on peut noter le rôle de Manon dans "La veuve Joyeuse" de F.Lehar à l'opéra de Marseille, une tournée avec l'opéra de Rennes (rôle de Minette dans "La chatte métamorphosée en femme" d'Offenbach), et le rôle de Micaela (Carmen de Bizet) à la Philharmonie de Berlin, et en Pologne.

Illya Amar, vibraphone et percussions

Percussionniste classique de formation (Conservatoire Supérieur de Paris), Illya Amar décide de parcourir le monde musical et se spécialise très tôt dans le vibraphone (percussion à clavier) qui lui permet d'aborder le jazz et les musiques improvisées en s'affranchissant de toute étiquette stylistique.

Il est invité à jouer avec de nombreux musiciens de tout bords: Nguyen Lê, Dennis Colin, Carpe diem, Jay Bernfeld...

Il part en Inde étudier la musique folklorique du Rajastan avec Gazi Khan Manganiar et Mahesh Dalvi et se tourne, à son retour vers la musique du monde, notamment avec les chanteuses Aline De Lima (Brésil), Huong Thanh (Vietnam), Léa Sarfati (duo Lame Vocale) ou son propre trio Dos Soles, avec lequel il a sorti son premier disque chez ICI Label.


Programme

Mise en espace par Gregory Cauvin

  • I - Deux mélodies hébraïques, de Maurice Ravel (1875-1937)

     Kaddisch (prière des morts) en langue araméenne (kaddish signifie « saint »)
     L'énigme éternelle : "Monde, tu nous interroges. On répond : Tra la la la la"

  • II - La musique sépharade

    Les « mélodies ladino » expriment la nostalgie de l'Espagne après l'exil de 1492. Chantées en langue judéo espagnole, mélange de Castillan et de quelques mots d'Hébreu ), elles s'apparentent à la poésie médiévale espagnole des 11ème et 12ème siècles.La forme et la langue n'ont pas été définitivement fixées à ce moment-là puisqu'elles ont été transmises oralement et modifiées par les influences musicales des pays méditerranéens dans lesquels elles ont continué à être chantées durant des siècles. Elles décrivent exploits héroïques, chagrins dramatiques, récits humoristiques ou satiriques voire même audacieusement érotiques, lamentations sur la perte d'un amant ou d'un ami... Beaucoup sont des chants de femmes

    • A la una naci yo
      • la une je suis née
      • la deux j'ai grandi
      • la trois j'ai aimé - âme et vie et coeur....
    • Nani - Berceuse
    • Morena me llaman - On m'appelle la brune
    • Porque llorax blanca nina - Pourquoi pleures-tu blanche fille ?
    • Una matica de ruda - Un bouquet de mandragore
    • Dunula - "Dunula, ouvre la porte! Il pleut dehors ! - Mon cher ami, pour voir une jeune fille, il faut la prier un peu plus...
    • Los bilbilicos - Les rossignols chantent la souffrance de l'amour
    • Cordoba - Illya Amar
  • Interlude
  • III - La musique Ashkénaze

    Le vent de la diaspora qui souffla sur l'Europe de l'Est a engendré des quantités de rencontres musicales. Dans chaques pays, une "façon" de raconter sa joie et sa tristesse s'est développée. Cotoyant l'influence des tziganes, de la musique classique et du jazz, les juifs ashkenazes ont ré-inventé leur musique et l'ont poussée jusqu'à son extrême paradoxe : Rire en pleurant.

    • Mome Svietye (texte populaire Bulgare),Illya Amar. - Que mon amant se marie, qu'il prenne femme, honte à sa mère, à son âme parce qu'elle nous a séparés.
    • First Hebrew Song op.12,Saminsky (1882-1959)
         - Hebrew Lullaby
         - Little sorele's lamb : Histoire de l'agneau de Sorele
    • Yidl midl fitl,Abraham Ellstein - Yidl et son violon, Arié et sa basse; la vie est une chanson; la vie est une farce ! Une chèvre dans le pré bêle tristement "Hey ! chêvre stupide! être triste c'est pouah !" Un oiseau vole "Bonjour bonjour !" "que la tristesse et les soucis aillent à tous les diables !"
    • Neguev,Illya Amar - Fantasme sur un désert.
    • Papirosen (cigarettes),H.Yablokof - Chant de ghetto. Par une nuit froide, noire, et nuageuse se traine un homme affamé et mouillé par la pluie qui n'arrête pas. "Achetez moi mes cigarettes! Ayez pitié de moi, entendez mon cri, je meurs de faim ! Mais pour tous ceux qui ne veulent pas les acheter, ne me faites pas ces yeux de chiens !"
    • Romania Romania, A.Lebedeff - Roumanie ! Quel bonheur, comment rêver mieux ? Rien ne vaut le vin roumain !

Prix, renseignements et réservations

Tarifs : plein 18 euros, réduit 12 euros
le tarif réduit s'applique aux membres du CBL à jour de leur cotisation,
aux demandeurs d'emploi, aux étudiants et lycéens

Renseignements : Cbl

Billetterie :

  • Cbl
  • Boutique Harmonia Mundi, 11 Grand-Rue, Grenoble
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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.