Théâtre : Shitz, de Hanoch Levin

les vendredi 22 et samedi 23 janvier 2010 à 20h30, à l'Amphithéâtre de Pont de Claix

La présentation qui suit est reprise de la plaquette 2009-2010 de l'amphithéâtre de Pont de Claix

Shitz [Guerre, Amour et Saucisson]

Soixante quinze lires le kilo de steak ! Je finirai par me faire frire les fesses, ca reviendra moins cher et au moins je saurai ce que je mange. [Hanoch Levin]

Shpratzi, vieille fille grosse et vulgaire, ne rêve que de se marier. Ses parents, Shitz et Setcha, ne rêvent que de se débarrasser d'elle. Aussi, Tcharkès arrive-t-il à point nommé... Mais les relations entre ces quatre ogres vont vite se dégrader. Chacun rêvant de se débarraser de l'autre. La résistible ascension de Tcharkès, qui pense pouvoir s'enrichir grâce à la guerre, se heurtera à la terrible expérience de son (beau) Père courage... Satire de la "cellule familiale" sur fond de guerre du Kippour et de... saucisson (la seule chose qui retienne Shitz à la vie), cette pièce grinçante sur les rapports (in)humains et la guerre, est aussi une comédie en chansons, car, cerise sur le gâteau, il y a des chansons mises en musique par Philippe Millier.
Figure majeure du théâtre israélien, Hanoch Lévin a laissé une cinquantaine de pièces et plusieurs recueils de poésies et de prose. Il y affirme ses opinions à travers des textes écrits au vitriol, ce qui lui vaut, en 1982, d'être censuré et en 1997, de déclencher un nouveau tollé avec sa pièce Meurtre sur fond d'assassinat d'Itzhak Rabbin. Il meurt en 1999.

Texte : Hanoch Lévin
Texte Français : Laurence Sendowicz
Mise en scène : Christine Berg
Avec : Mélanie Faye, Laurent Nouzille, Vincent Parrot, Gisèle Torterolo
Musiciens : Elena Llora Abascal, Vincent Lecrocq, Damien Roche
Scénographie : Renaud de Fontainieu
Lumières : Pablo Roy
Musique originale : Lyonnel Borel
Costumes : Juan Morote
Maquillage : Nathalie Charbaut
Regie : Elie Romero
Coproduction : Ici et maintenant théâtre - action Culturelle du Pays de Briey - Comédie de Reims - CDN
Durée : 1 h 20


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.