Conférence de Patrick Klugman : La garde à vue

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vous invitent à la conférence de

Patrick Klugman : La garde à vue

Mercredi 17 novembre à 18 heures à la Maison de l'Avocat, 45 rue Pierre Sémard (Tram B : Palais de Justice). Entrée libre

Patrick Klugman

Patrick Klugman est l'auteur de Le livre noir de la garde à vue, manuel de parfait savoir-vivre en commissariat (Nova Editions)

" Si vous n'avez pas encore été placé en garde à vue, vous le serez bientôt. Mais rassurez-vous, vous êtes présumé innocent ! Tout citoyen vit sans le savoir avec la menace de se retrouver sans aucune raison dans une cellule, fouillé à nu, menotté, interrogé sans ménagement avant d'être éventuellement remis en liberté le lendemain sans davantage d'explications ou d'excuses."


On cite le chiffre de 1% de la population placée en garde à vue en 2008. La réalité est bien pire. A tous les sens du terme, cette mesure est devenue un lieu commun. Pourtant, le chiffre n'est pas tout, et n'y aurait-il en France qu'une seule garde à vue par an que ce serait toujours une de trop dans les conditions actuelles.

Loin de tous les projets de réforme dont on démontre ici l'inanité, une unique solution : sa suppression.
En attendant, que vous ayez ou non quelque chose à vous reprocher, vous aurez besoin de connaître exactement, textes et exemples à l'appui, les droits qui vous seront accordés, et surtout ceux qui vous seront retirés ! "
P. K.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.