Lettre à Madame Taubira, Garde des Sceaux

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Grenoble, le 17 novembre 2013

Le Cercle bernard Lazare - Grenoble

à

Madame Taubira, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux

Madame la Ministre,

Nous avons été stupéfaits et profondément atteints par les attaques odieuses dont vous avez été l’objet. Nous ressentons comme particulièrement grave le fait qu’on vous porte atteinte, non seulement comme personne, mais aussi comme représentante de la République qui nous est si chère, car, Juifs, nous sommes attachés aux valeurs républicaines et laïques qui nous ont permis de devenir des citoyens à part entière et de lutter avec nos concitoyens, au fil du temps, pour le progrès.

Nous constatons que la parole et les actes racistes, bien que fermement condamnés par des consciences vigilantes, qui sont tout de même nombreuses dans notre pays, semblent s’exprimer plus violemment et plus librement ces dernières années. L’Ecole nous semble le rempart le plus efficace contre la haine, le racisme et l’antisémitisme. Puisse-t-elle disposer des moyens nécessaires pour remplir sa mission. Les lois progressent aussi et peuvent heureusement sanctionner ces conduites inacceptables.

Nous admirons le sang-froid dont vous avez fait preuve dans ces circonstances, et nous vous exprimons notre soutien le plus sincère.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, nos très respectueuses salutations

Edith Aberdam, présidente du Cercle Bernard Lazare - Grenoble


Brèves

Les Israéliens veulent ouvrir un nouveau chapitre de leur vie publique

Par Denis Charbit, Le Figaro, 18/09/2019.

Le verdict des urnes, en Israël, est un désaveu relatif infligé aux méthodes du premier ministre. Il exprime aussi la volonté des Arabes israéliens de participer désormais au processus de décision de l’État hébreu... explique Denis Charbit, maître de conférences en sociologie et science politique à l’université ouverte d’Israël.

... Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël.

Un ultime enseignement - et non le moindre - de ce scrutin provient du secteur arabe. La première leçon à tirer est que l’unité est payante: la liste arabe unifiée, composée de communistes, d’islamistes et de nationalistes, devrait être la troisième formation politique représentée à la Knesset.

Si un gouvernement d’union Likoud-Bleu et Blanc est finalement constitué, elle sera à la tête de l’opposition, avec tous les droits associés à ce statut. Mais la révolution, de ce côté-là de l’échiquier politique, ne se réduit pas au score ou au statut acquis à la Knesset.

La révolution copernicienne qui s’opère réside dans la détermination proclamée par ses leaders de tester une alliance potentielle avec les partis du centre et de la gauche. Les partis arabes israéliens veulent peser sur les décisions, être des acteurs politiques à part entière et ne plus être voués à incarner une «fonction tribunitienne» chargée de clamer haut et fort leur dissidence politique. Pour y parvenir, ils ne sont pas devenus sionistes et ils ne s’accommodent pas plus de l’occupation de la Cisjordanie. Seulement, ils n’estiment plus devoir opposer une fin de non-recevoir à toute coopération politique.

Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël. Ils veulent s’intégrer, ils veulent réussir et ils y parviennent par la méritocratie. Ils compensent leur condition de minorité ethnique par leur excellence et leur compétence.

Ils ne veulent plus être une enclave au sein d’un État juif, mais participer de plain-pied aux mutations de la société israélienne. Or, Benyamin Nétanyahou, en personne, n’a eu de cesse, durant toute la campagne, de faire de la population arabe d’Israël un bouc émissaire. Cette demande explicite d’intégrer l’arène politique fait d’une pierre deux coups: cesser cette délégitimation constante de 20 % de la population israélienne et permttre aux partis du centre et de la droite de promouvoir ouvertement une alliance électorale qui fera pendant à l’alliance du Likoud avec les partis religieux orthodoxes ...