Théâtre : La dernière lettre de Vassili Grossman

Sarah Barrau

Sarah Barrau

dimanche 26 janvier 2014 à 17h30
au CCJ, 6 rue Jay, Grenoble


par la compagnie 3pièces-cuisine
avec Sarah Roux-Barrau
mise en scène Jean-Cyril Vadi

C’est un texte extrait du roman "Vie et destin" de Vassili Grossman. Ce roman-fresque fait revivre l'URSS en guerre à travers le destin d'une famille. Ses membres nous amènent tour à tour dans Stalingrad assiégée, dans les laboratoires de recherche scientifique, dans la vie ordinaire du peuple russe, et jusqu'à Treblinka sur les pas de l'Armée rouge.
La dernière lettre est celle d'un mère déportée à son fils. Avant de mourir, elle lui dit tout son amour pour lui, ses incompréhensions, ses doutes, ses colères, son quotidien dans le camp, même ses joies, mais surtout son humanité, toujours.


Participation aux frais : 10 euros

SARAH BARRAU, née en 1976 à Marseille, elle découvre le théâtre grâce à Jean-Cyril Vadi après trois ans d'enseignement dans le primaire. Formée à Lyon à La Scène sur Saône, école parrainée par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, elle y a effectué deux années en classe professionnelle, puis une année au F.R.A.C.O (Formation réservée à l'acteur comique et au clown).

Elle a participé depuis au film Parlez moi de la pluie d'Agnès Jaoui. Depuis, elle a travaillé sur plusieurs créations à Lyon, Grenoble et Chambéry :
- Jeanne Heureuse, de Claude-Henri Buffard, en 2005, mis en scène par Jean- Cyril Vadi au théâtre le Rio à Grenoble
- La Dernière lettre, de Vassili Grossman, en 2006 et 2007, mis en scène par Jean-Cyril Vadi dans le cadre d'Annonces faites au public pour l'Espace Malraux Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie
- Un éternel automne de Benjamin Forel, en 2007, mis en scène par Benjamin Forel au théâtre des Clochards Celestes à Lyon
- Quale Disgrazia!, de Benjamin Forel d'après Dario Fo, en 2007, mis en scène par B. Forel au Théâtre des Marronniers à Lyon
- Pièces à louer, « La chance de sa vie » de Alan Bennet mis en scène par P. Boyau joué en appartement
- Chroniques Chorégraphiques saison 1, chorégraphié et mis en scène par Jean-Claude Gallotta, en 2008, créé au Centre Chorégraphique National de Grenoble - MC2 Scène Nationale de Grenoble
- La robe rouge, de Claude-Henri Buffard, en 2009, mis en scène par Jean- Cyril Vadi, création décentralisée Espace Malraux Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie - Dôme Théâtre d'Albertville et l'Orchestre des Pays de Savoie.

JEAN-CYRIL VADI est né en 1970 à Echirolles. Après son bac et des études de lettres, il passe une année en tant que lecteur à Siauliai, en Lituanie en 1995. C'est cette année là qu'il découvre le théâtre.

Revenu à Grenoble en 1999, il commence à diriger des ateliers amateurs et c'est en grande partie grâce à ces amateurs qu'il commence la mise en scène. La minute de silence fut sa première création, en 2003. Et la rencontre avec l'auteur, Claude-Henri Buffard, la naissance d'une amitié qui s'embellit jour après jour.

Mais tout a commencé véritablement avec Jeanne Heureuse de Claude- Henri Buffard en 2005, créé au Théâtre du Rio à Grenoble. S'en suivent d'autres créations : Marie partira, Le retour de Baptiste, Annonces faites au public avec Une frite dans le sucre, La conférence sur les galaxies, La dernière lettre, Annonces faites au public II avec Un lit parmi les lentilles, Vivement la guerre, Pourquoi mes frères et moi on est parti, Le voyage à La Haye, La robe rouge, Je te connais depuis longtemps


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.