Les Juifs d'Afrique du nord pendant la seconde guerre mondiale

Un film documentaire de Claude Santiago et Antoine Casubolo

Mercredi 21 mai 2014 à 20 heures
au CCJ, Grenoble,

A l'invitation
de l'AJP (Association pour un judaïsme pluraliste),
du B'nai B'rith de Grenoble
du CBL-Grenoble (Cercle Bernard Lazare)

Projection du documentaire de Claude Santiago et Antoine Casubolo
Les juifs d'Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Le film sera présenté par Ariel Danan, docteur en histoire et responsable de la Médiathèque Alliance Baron Edmond de Rothschild.

Libre participation aux frais

Pendant longtemps la situation des Juifs d’Afrique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale n’a pas retenu l’attention des historiens. Pourtant, les Juifs d’Afrique du Nord ne sont pas restés à l’abri de la Shoah : les lois antisémites de Vichy y ont été appliquées (avec une sévérité particulière en Algérie) et les Juifs de Tunisie qui ont subi l’occupation allemande ont connu les camps d’internement, les assassinats, les sévices et les déportations à l'extrême fin de la présence allemande.

Juifs de Tunis, décembre 1942

D'où viennent ces communautés juives ? Comment sont-elles intégrées dans le monde musulman ? Quels sont leurs liens avec la France coloniale ? Au lendemain de la défaite de 1940, quel sort sera réservé aux Juifs de Tunisie, d'Algérie et du Maroc ? Ce documentaire apporte un éclairage essentiel sur la vie des Juifs d’Afrique du Nord entre juillet 1940 et juin 1943.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.