Welt, cabaret yiddish, par la compagnie Life is not a picnic

Flyer Welt

présentation

David bursztein

Avec Welt, David Bursztein fait bien plus que se réapproprier un répertoire d'un autre temps. Il ramène à la vie une culture et un monde perdus, celui des shtetls d'Europe de l'Est, avec leur galerie de personnages emblématiques, leur lot d'histoires et de destins, leur gamme infinie d'ombres et de lumières. Par son chant gouailleur littéralement habité, comme à travers les sonorités du cymbalum, du violon ou de l'orgue de barbarie, resurgissent des silhouettes, des visages et des voix engagés dans une danse aussi ludique qu'émouvante. La mémoire, ici, n'est plus tant un devoir qu'une force créatrice : un acte alchimique par lequel la nostalgie se transmue en célébration de joie, les fantômes du passé en figures incarnées, et le sentiment d'exil et de perte en véritable asile poétique.

Dimanche 4 janvier 2015 à 17 h 30,
Salle Olivier Messiaen, 1 rue du Vieux Temple, Grenoble

Ouverture des portes à 17h; Début du concert à 17h30

Infos et Réservations

  • par téléphone 06 86 96 32 94
  • par mail : lifeisnotapicnic@wanadoo.fr
  • Tarif plein : 15 € - Tarif réduit : 12 €

Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.