Conférence-Débat : Pierre Birnbaum : Léon Blum, un portrait
à l'occasion du 80ème anniversaire du Front Populaire

Le mercredi 4 mai à 18h30 à la Maison de L'International, 1 rue Hector Berlioz, Grenoble

Pierre Birnbaum est un historien et sociologue français, professeur de sociologie politique à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne et à l'IEP-Paris.

Il a publié récemment (Seuil, janvier 2016) “ Léon Blum, un portrait ”, enrichi grâce à l’ouverture des archives dites de Moscou.

On y trouve les intéressantes positions de Blum relatives aux réfugiés, à l’époque essentiellement des Espagnols et des Juifs de l’Est

Ecouter l'enregistrement (95 min)

Discours de Blum 30 janvier 1935
Discours de Blum pour l'accueil des réfugiés espagnols

En 1935, Léon Blum écrit au Ministre de l’Intérieur :

” Vous avez, vis-à-vis des réfugiés politiques, les nobles sentiments que vous venez d’exprimer. Je crois pouvoir affirmer que ce ne sont pas ceux que traduisent, du moins par leurs actes, les chefs de la police et les services de police actuels. [...]
Dans la pratique, il y a la décision générale de refouler autant qu’on le pourra, par tous les moyens, y compris la rafle car c’est ainsi qu’on opère le plus souvent, tous les étrangers qui peuvent tomber sous la main de la police. [...]
De tels procédés, Monsieur le Ministre d’Etat, se heurtent à une tradition à la fois républicaine et française.”

Discours à la Chambre des députés, 30 janvier 1935, in L’Oeuvre de Léon Blum. 1934-1937, p.75

Logo Cbl Cette table ronde est organisée à l'initiative du Cercle Bernard Lazare - Grenoble
Logo MIG Elle est accueillie à la Maison de l'International de la Ville de Grenoble
Logo Migrants en Isère Elle est soutenue par le collectif Migrants en Isère
Logo CLAG et par le Cercle Laïque de l'Agglomération Grenobloise

Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.