Le Cercle Bernard Lazare - Grenoble présente

Concert d'art cantorial, avec : Sofia Falkovitch (mezzo-soprano), chant, et Efim Zoubritski, violon

Le jeudi 9 juin à 20h30 à l'auditorium du Musée, place Lavalette, Grenoble

Découvrez le répertoire de la grande liturgie hébraïque

Sofia Falkovitch

Première femme cantor formée et diplômée en Europe, Sofia Falkovitch est une chanteuse mezzo-soprano. Son répertoire embrasse la musique baroque, classique, romantique, ainsi que les compositions contemporaines. Chaque représentation est un événement unique car son domaine de prédilection est l'improvisation dans les modes cantoriaux.

Sofia Falkovitch est née à Moscou dans une famille d'artistes et a grandi à Berlin. Elle a étudié la musique, les beaux-arts et le journalisme en Allemagne et au Canada et a participé à différents concerts et festivals internationaux.

Mariée et mère d'une petite fille, c'est aussi une artiste polyglotte parlant outre le français, le russe, l'allemand, l'anglais, l'espagnol, l’hébreu et le yiddish.

Elle a étudié l’art cantorial à la School of Sacred Music de l'Hebrew Union College de Jérusalem et au Abraham Geiger Kolleg de Berlin qui lui a remit son diplôme de hazan. Son travail de fin d'études portait sur le compositeur Samuel Naumbourg et son influence sur la musique synagogale.

Depuis son enfance, elle se passionne pour la chanson yiddish et a créé “Le Sacre du Désert”, un récital de chants yiddish, produit et monté à Montréal. En tant qu'actrice, elle a participé à de nombreuses productions canadiennes, incluant la célèbre représentation en langue russe Franzuzkie Strasti et des collaborations avec le théâtre "O!". Elle a par ailleurs animé avec succès le programme culturel "Russian Hour". En tant que journaliste, elle a travaillé à RTVi Overseas Media de New York.

Elle se produit régulièrement en concert à travers toute l'Europe, en Israël (Massada, Jérusalem, Tel Aviv, Modiin, Haïfa), au Canada (Montréal, Toronto), en Asie (Singapour) et chante dans les synagogues représentant les grands courants du judaïsme contemporain : libéral, massorti et traditionaliste.

Pendant deux ans, Sofia Falkovitch a accepté d'être accompagnée par la caméra de Julia Poliak pour Puppok Productions et la Hochschule für Fernsehen und Film München (HFF) et fait l’objet du documentaire DI SHTIM IZ DI FEDER FUN HARTSEN (La voix est la plume de l'âme), paru en 2014.

D’après http://fr.sofiafalkovitch.com/#a-propos

Tarifs : 20 € et 15 € (chomeurs, moins de 18 ans, membres du Cercle)

Billetterie :

  • Harmonia Mundi, 11 Grande Rue, Grenoble
  • Cbl-Grenoble, 04 76 87 71 21
  • Sur place, 1 heure avant le concert
Logo Cbl Ce concert est organisé à l'initiative du Cercle Bernard Lazare - Grenoble
Logo VdG avec le soutien de la Ville de Grenoble

Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.