Abraham Heschel : les bâtisseurs du temps, le cycle des fêtes juives

Repas shabbatique, animé par Henri Cohen-Solal

logo ccj Centre Culturel Juif

   logo cbl   Cercle Bernard Lazare - Grenoble

logo CIG BarYohaî CIG Bar Yohaï

Samedi 27 mai 2017 à 12 heures
Centre Culturel Juif
4 bis rue des Bains, Grenoble
Prix du repas 20 euros. Réservations par e-mail à : accueil@ecjgrenoble.org

Henri Cohen Solal

est un psychanalyste franco-israélien, spécialisé dans l’éducation et co-fondateur du réseau Beit Ham.

_________________________

Figure emblématique de la pensée juive contemporaine, Abraham Joshua Heschel a expliqué de nombreuses facettes de la pensée juive, y compris la philosophie juive médiévale, la kabbale et le hassidisme, en s'intéressant particulièrement aux prophètes et à la façon appropriée pour les Juifs de vivre en accord avec leur foi sans se couper de la modernité. Fidèle à la position « centriste » du judaïsme conservateur, il inclut dans ses livres critiques polies mais acérées tant contre ceux qui, dans le judaïsme réformé, ne regardent plus la loi juive comme normative que contre ceux qui selon lui, dans le judaïsme orthodoxe, s'attachent plus à la lettre qu'à l'esprit de la loi.

Abraham Heschel fut aussi engagé au côté de Martin Luther King dans le combat contre la ségrégation aux Etats-Unis
(ci-dessous : lors de la Marche pour les Droits Civiques en 1963)

La proximité entre Martin Luther King Jr et Abraham Heschel n’est pas uniquement politique. C’est une amitié, au service la nation américaine, de la rédemption du pays. Ils se sont rencontrés à Chicago en 1963, lors d’une assemblée débattant de la question de la race. Ils discutaient régulièrement et se retrouveront pour les marches, parmi lesquelles celle de Selma. MLK sera nommé Docteur Honoris Causa par le Séminaire juif de New York. Les rabbins qui l’accueillent pour la réception chantent « We shall overcome » en hébreu.

MLK assistera à une cérémonie marquant les 60 ans d’Heschel. Il y prononcera son célèbre discours sur Israël. Sur le fait que l’antisionisme n’est qu’un autre nom pour l’antisémitisme. Il sera assassiné quinze jours plus tard à Memphis. Sa veuve demanda à Heschel de prononcer quelques mots à ses funérailles.

(Wikipedia)

Abraham Heschel et Martin Luther King
Abraham Heschel et Martin Luther King


Brèves

Concert "Mémoire et Cinéma"

le 14 mai 2018, Chapelle Sainte Marie d'en Haut, Musée Dauphinois

Voir les informations

_______

La Tribune de Nahum Barnea, éditorialiste à © Yedioth A’haronoth [DR], jeudi 5 avril 2018, traduit par Danièle Kriegel

La question des demandeurs d’asile n’aurait pas dû séparer gauche et droite. Après tout, les 35 000 Africains qui se sont infiltrés en Israël n’ont pas réclamé un droit de propriété sur notre terre sainte. Ils ne menacent ni la majorité juive, ni l’ordre social, ni la paix de nos enfants, filles et garçons, ni le gouvernement de droite. Tout ce qu’ils demandent, c’est de s’éloigner de régimes assassins et de vivre, ici, d’un travail exténuant, payé le minimum.

La barrière électronique située le long de la frontière israélo-égyptienne, dont la construction a commencé sous le gouvernement Olmert et s’est achevée sous le précédent mandat de Nétanyahou, a totalement stoppé le flot des arrivées depuis le Sinaï. Aujourd’hui, ils représentent moins de 0,5% de la population du pays. Israël sait et a su faire face à des défis bien plus difficiles et complexes. [….]

Non ! Le problème, ce ne sont pas ces 35 000 Africains. Ceux-là ne sont que les outils au service d’une révolution en cours dans la société israélienne : celle des valeurs fondamentales du pays. « Lorsqu’on coupe des arbres, disait le maître de l’Union Soviétique Joseph Staline, cela projette des éclats de bois. » Les Africains sont ces éclats de bois. Les valeurs sur lesquelles l’État d’Israël a été fondé sont les arbres sur le point d’être coupés.

Il faut dire la vérité. L’actuel gouvernement israélien n’est pas très différent de la série de gouvernements de droite en Europe centrale, en Europe orientale et de l’administration Trump aux États-Unis. Leur dénominateur commun, c’est la xénophobie. On hait l’étranger en raison de sa religion et de sa couleur de peau. En Europe et en Amérique, cette évolution s’accompagne d’échos antisémites. Non pas parce que les Juifs sont un problème, mais par habitude.

La haine de l’étranger est un élément commode pour tout pouvoir. Elle renforce l’identité commune, le sentiment de supériorité de la majorité blanche, et fait oublier les complications liées aux affaires de corruption. À cette haine là, s’ajoute celle dirigée contre l’ordre actuel : l’establishment judiciaire, médiatique et les valeurs libérales. L’étranger n’est pas le seul ennemi, mais aussi la gauche. Quiconque critique le pouvoir est un étranger, un gauchiste, un ennemi.

Ôtez la dimension antisémite, et vous avez la nouvelle droite israélienne ; celle de Naphtali Bennett, d’Ayeleth Shaked et de Benyamin Nétanyahou dans son 4e mandat.[…] Naphtali Bennett, le ministre de l’Éducation, qui œuvre pour annexer 4 millions de Palestiniens, ne peut pas accepter 16 000 travailleurs étrangers africains. Ayeleth Shaked, la ministre de la Justice, ne peut accepter les valeurs représentées par la Cour Suprême. Elle se doit de la détruire. La loi de contournement de cette cour que la Knesseth, le parlement, s’apprête à voter cette semaine est une première étape sur la route empruntée par la ministre en vue de détruire la Haute Cour.

Moshé Kahlon, non plus, ne peut pas vivre avec 16 000 Africains. Il lit les posts sur les réseaux sociaux, et il prend peur. À tel point qu’il trahit le seul principe qui fonde sa prétention à être le dirigeant d’un parti du centre: la défense de la Haute Cour. Cette trahison est le prix qu’il est prêt à payer afin de survivre. Ce tarif est fixé par le gouvernement pour faire partie de la coalition au pouvoir.

Il est facile de haïr les Arabes : entre eux et nous, la comptabilité sanglante est longue. Eux et nous, nous nous battons pour la même terre. La question des demandeurs d’asile, c’est le test de vérité ultime, le polygraphe de nos valeurs. Ben-Gourion aspirait à créer ici une société en forme d’exemple pour les Nations. C’était autrefois.