Concert : Carte blanche à Léa Sarfati, soprano lyrique

Jocelyne Concert en hommage à Jocelyne Sarfati, musicienne, médecin de la voix

Dimanche 11 juin 2017 à 18 heures
Auditorium du Musée, place Lavalette, Grenoble
Tarif plein : 20 euros. Tarif réduit : 15 euros
Réservations par e-mail à : courrier@cbl-grenoble.org ;
par téléphone : 06 80 70 88 25 et sur place le soir du concert

lea

 

Léa Sarfati, soprano lyrique, avec

  • Illya Amar, vibraphone
  • Bianca Chillemi, piano
  • Jean-Christophe Grall, violon

Le docteur Jocelyne Sarfati, disparue en septembre 2015, était une femme qui a su conjuguer une vie personnelle très riche avec une vie professionnelle admirable. Elle avait une grande passion pour la musique, en particulier le piano et le chant, des amitiés multiples et fécondes, tant personnelles que professionnelles. Sur ce dernier sujet, elle avait publié deux livres sur la voix, « La voix de l’enfant » et « Soigner la voix » qui ont formé des milliers de professionnels de la voix.


Programme

Première partie

RAVEL
Kaddish
L’énigme éternelle

CHANTS JUDEO-ESPAGNOLS
A la una yo naci
Nani
Poque lloras Blanca nina
Una matica de ruda
Los Bilbilicos

OBRADORS : Canciones espagnoles
Con amores, la mi madré
Coplas de Curro Duce

VILLA LOBOS
Bachianas Brasilleiras n°5

Entracte

Deuxième partie

HAENDEL
Rinaldo – Laschia ch’io pianga …
Alina – Ombre pallide …

MOZART
Le noces de Figaro – Dove sono

PUCCINI
Bohème – Si, mi chiamano Mimi …

MASSENET
Méditation de Thaïs

CHANSONS YIDDISH
Yidl mit Fidl
Romania

BRUCH
Kol Nidrei

GOUNOD
Roméo et Juliette – Je veux vivre …

logo cbl       logo ville de Grenoble


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.