Théâtre : Mahler - Freud, L'après midi de Leyde

Dimanche 17 septembre 2017 à 18 heures au CCJ
Tarif unique : 10 euros
Contact et Réservations : bernadette.suchod@wanadoo.fr

Le Cercle Bernard Lazare - Grenoble et le Centre des Cultures Juives vous proposent

Mahler - Freud, l'Après midi de Leyde

par la compagnie grenobloise En aparté

Une chaude journée d'août 1910. Freud passe des vacances en famille à Leyde aux Pays Bas
Le grand compositeur Gustav Mahler a sollicité un entretien avec lui, et arrive de Vienne pour le rencontrer...

mahler-freud



Texte : Thierry Vincent
Mise en scène : Philippe Boyou
Costumes : Bernadette Suchod
Graphisme : Clara Vincent



avec


Grégoire Feyt : Freud
Frédéric Michallet : Mahler
Cécile Thibaud : Appolonia


enapartetheatre@gmail.com
enapartetheatre.blogspot.fr


Argument pour L’après-midi de Leyde

Un jour d’août 1910, le chef d’orchestre et compositeur Gustav Mahler traverse la moitié de l’Europe en train pour venir consulter Sigmund Freud qui passe des vacances en Hollande.
Mahler est un musicien au sommet de sa carrière et dirige au Metropolitan de New-York où il va repartir dans quelques semaines, après avoir été, de nombreuses années durant, le chef d’orchestre de l’Opéra de Vienne. Il vient d’achever sa neuvième symphonie et il lui reste un an à vivre.
C’est un personnage tourmenté et ambitieux, tout entier à son métier de chef d’orchestre ;
il est également compositeur quand la direction d’orchestre lui en laisse le temps. C’est un homme assez solitaire aussi, qui ne peut créer qu’en s’isolant, et qui court après le temps.

Freud, de son côté, a encore une longue vie devant lui qui ne s’achèvera qu’après sa fuite du nazisme et son refuge en Angleterre en 1939. Néanmoins, il a déjà publié bon nombre d’ouvrages importants sur les troubles mentaux et la façon de les traiter. Sa méthode, la psychanalyse, est alors connue dans toute l’Europe, ainsi qu’aux États-Unis, et pratiquée par ses disciples dont le nombre ne cesse de croître.
Freud, depuis quelques temps, offre à la psychanalyse une dimension anthropologique et mythologique qui lui donne un essor considérable en l’affranchissant de son seul caractère thérapeutique.
Il vient de faire paraître Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci.

Nous ne savons qu’indirectement ce dont les deux hommes, tous les deux issus d’une Vienne bouillonnante de créativité, ont parlé ; Freud ne s’étant confié sur ce sujet qu’à deux ou trois de ses collègues, et très brièvement.
Mais cette rencontre, en ces circonstances, constitue de toute façon un choc culturel au sein d’un monde, celui de la Mitteleuropa, que la Grande Guerre s’apprête à anéantir. Il était donc tentant d’imaginer leur conversation, les interprétations de Freud, les réticences de Mahler, tout ce qui les rapproche et tout ce qui les divise.

Ce qui est sûr, c’est que Mahler a entrepris ce voyage à l’instigation de son épouse, Alma, car quelques semaines auparavant, il a reçu une bien étrange lettre…

Thierry Vincent – Philippe Boyau

L’équipe artistique

Thierry Vincent

Auteur associé

Psychiatre et psychanalyste, il a publié :

  • La psychose freudienne, Arcanes Eres, (1996-2009)
  • Pendant que Rome brûle, Arcanes Eres (1996)
  • L'Anorexie, O. Jacob (2000)
  • L'indifférence des sexes, Arcanes Eres (2002)
  • La jeune fille et le mort, Arcanes Eres (2009)
  • La boulimie, un chemin pour se perdre, Arcanes Eres(2009)
  • Dieu sans religion, PUG (2016)

Il est par ailleurs comédien depuis de nombreuses années et actuellement il écrit des textes pour le théâtre.
Mahler–Freud : l’Après-midi de Leyde est sa première pièce mise en scène. (édité au Chant des funambules en 2016)
Chostakovitch-Akhmatova : Le Cortège des Ombres (édité au Chant des funambules)
et sur le même thème, un roman : La ballade de Leningrad

Philippe Boyau

Metteur en scène

Formé au Conservatoire d’Art Dramatique d’Avignon (1981-83) puis au Conservatoire National d’Art Dramatique de Grenoble, classe professionnelle (1983-85).
Il a réalisé de nombreuses mises en scène, pour les « Nuits de Montbonnot » (festival en plein air), mais aussi pour la Cie du Jour (plusieurs fois présente au festival OFF d’Avignon), et d’autres compagnies de la région.
Il a participé en tant qu’assistant à la mise en scène de la pièce Je te connais depuis longtemps de la Cie Franck Nogent, co-production CDNA Grenoble / Maison de la Culture A. Malraux de Chambéry.
Il intervient régulièrement en milieu scolaire depuis 2000 (agrément Éducation Nationale et DRAC).

Depuis 2013, il s’est associé à Thierry Vincent pour l’écriture et la mise en scène de spectacles sur le thème de psychanalyse et de la santé mentale. En 2015 il présente La Folie-Lacan au festival OFF d’Avignon. Peu après il fonde la compagnie « En Aparté » avec des comédiens.
La compagnie est en résidence au CHAI (centre hospitalier Alpes Isère) depuis 2013.

Céline Thibaud, Frédéric Michallet et Grégoire Feyt

Comédiens

Ils jouent depuis une dizaine d’années dans de nombreux spectacles, sous la direction de différents metteurs en scène de la région grenobloise.
En juillet 2015, au festival OFF d’Avignon, Céline Thibaud et Frédéric Michallet ont joué (avec Thierry Vincent) La Folie Lacan au Théâtre du Chapeau Rouge sous la direction de Philippe Boyau.

Compagnie En Aparté

La compagnie En Aparté faisait initialement partie de la compagnie 3 pièces-cuisine.

Sous l’un ou l’autre de ces deux noms la compagnie a joué ces dernières années :

  • Les leçons du Professeur Charcot : Prémol, Vizille, le petit38
  • La Folie – Lacan : Prémol, Vizille, le Petit38, Théâtre du chapeau rouge - festival Off Avignon, hôpital Ste Anne – Paris , CHAI (centre hospitalier Alpes Isère) - St Egrève
  • L’Après-midi de Leyde : CHAI, Petit 38, Théâtre de Poche, Le Belvédère - St Martin d’Uriage
  • Le Cortège des Ombres : Théâtre de Poche

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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.