Théâtre : "Seul à seul avec Dieu, ou Prières de ceux qui ne prient jamais"
de Janusz Korczak, interprété par Yaël Schüler

Jeudi 16 novembre 2017 à 19 heures
à la chapelle Sainte Marie d'en Haut, Musée dauphinois
Participation aux frais : 10 euros
Contact et Réservations : Cercle Bernard Lazare - Grenoble

Le Cercle Bernard Lazare - Grenoble est heureux de vous proposer une soirée théâtrale consacrée à un texte de Janusz Korczak
Seul à seul avec Dieu, ou Prières de ceux qui ne prient jamais
S'il est inutile de présenter Korczak à beaucoup d'entre vous, voici toutefois quelques mots sur
- l'auteur,
- le texte et
- l'interprète de ce spectacle

L’auteur

Janusz Korczak, de son vrai nom Henryk Goldszmit, est né en 1878 portrait de Korczak à Varsovie, dans une famille juive polonaise progressiste. Il est l’une des grandes figures qui illuminent l’histoire de la pédagogie. Pédiatre, pionnier de la médecine sociale, il était également essayiste, poète, dramaturge et romancier pour enfants, et l’auteur de nombreux articles scientifiques aussi bien que littéraires.
Educateur hors normes, il ouvre en 1913 la Maison de l’Orphelin, et devient le premier militant des droits de l’enfant. Son immense respect pour l’enfant et son dévouement iront jusqu’au sacrifice de sa vie : enfermé dans le ghetto de Varsovie avec les 200 enfants de son orphelinat, il sera assassiné avec eux en août 1942 dans le camp d’extermination de Treblinka.
Auteur de plus de 30 livres et de centaines d’articles, il fut honoré en 1937 du prestigieux Laurier d’Or de l’Académie polonaise de littérature pour l’ensemble de son oeuvre.

L’oeuvre

Seul à seul avec Dieu, ou Prières de ceux qui ne prient jamais a été publié en 1922, peu après le décès de la mère de Korczak. Dans sa version complète, ce texte comprend 18 prières. Une mère en deuil, un jeune garçon, un vieillard, une fillette, un artiste ... :
ce sont quelques-uns de ceux qui, ici, en appellent à Dieu.
Moments d’intimité chargés de fortes émotions, rares instantanés bouleversants d’authenticité, amertumes ou hommages : autant de questionnements sur l’homme et l’humain dans ce poème dramatique qui fait écho aux grands thèmes de la spiritualité juive, en même temps qu’il nous révèle un aspect plus secret de la personnalité de Korczak.


L’interprète

La comédienne, Yaël Schüler, a choisi de mettre en scène 8 de ces 18 prières. portrait de Yaël Schüler Née en 1983 en Allemagne, elle vit à Berlin. Elle a étudié le théâtre à l’Ecole internationale de théâtre Jacques Lecoq à Paris, et à l’Institut du théâtre européen à Berlin.
Après avoir interprété différents rôles dans des pièces jouées en Allemagne et en Israël, elle se consacre depuis 2010 à ses propres projets théâtraux.
Ce spectacle a été présenté en Suisse, en Allemagne, en Israël et en Pologne. Yaël Schüler le joue pour la première fois en français, à Genève et à Grenoble.


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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.