Cabaret yiddish : Carte blanche à David Bursztein

Klezmer, Récits, Chansons, Humour, Vodka...

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Carte blanche à David Bursztein : Cabaret Witzland
Un Witz, en yiddish, c'est un mot d'esprit

Auditorium Blum-Waysman, CCJ, 4 bis rue des Bains, Grenoble
Dimanche 2 avril 2017 à 17h.
Prix : 15 € / 10 € pour les adhérents

David Burzstein
David Burzstein, Welt

La carte blanche, proposée par David Bursztein, le 2 avril, fait partie d’un jeu qui a commencé avec le spectacle Welt (welt-orchestra.com) et se poursuivra la saison prochaine avec le spectacle Witzland.

Sous forme d’un cabaret, la carte blanche évoque un lieu riche de souvenirs et d’imaginaire : le Witzland.
Ce monde, habité par les récits de Cholem Aleichem, et dont la sonorité nous est transmise par la musique Klezmer, prend source dans la vie du Shtetl.

La carte blanche fait revivre les figures traditionnelles du Shtetl, le marieur, le Schnorrer, le Rebe qui a une réponse à toutes les questions et en particulier à celles qu’on ne se pose pas mais que la vie nous pose…

La carte blanche racontée et chantée par David sera jouée par une partie de l’orchestre Welt.

Contes et histoires : David Bursztein avec la collaboration de Jean Caune

Chant : David Bursztein
Clarinette et flûte roumaine : Marine Goldwaser
Contrebasse et scie musicale : Alain Territo
Accordéon : Ira Shiran


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.