Le problème des réfugiés érythréens et soudanais en Israël : un symptôme ?
La loi fondamentale sur l'Etat-nation et la rupture du consensus autour d'Israël comme Etat juif et démocratique.

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Rencontre avec

  • Yaël Aberdam, militante pour les réfugiés, doctorante.

  • Dr. Diddy Mymin Kahn, cofondatrice et directrice de Kuchinate, une association de réfugiés qui se prennent eux-mêmes en charge
    Dr. Diddy Mymin Kahn

  • Soeur Azezet Habtezghi Kidane, codirectrice de Kuchinate
    Soeur Azezet Habtezghi Kidane

  • Denis Charbit, politologue.
    Denis Charbit

Dimanche 16 septembre à 18h30
au CCJ, 4 bis rue des Bains, Grenoble

En Israël, 30 000 réfugiés d’Erythrée et du Soudan ne peuvent, en raison des conventions internationales, rentrer dans leur pays, où ils seraient condamnés à la torture et/ou à la mort. La plupart ont fui leur pays pour échapper à l’oppression islamiste ou nationaliste. Ils sont partis à pied, ont traversé les déserts. Ils ont été maltraités, rançonnés dans le Sinaï ; certains sont morts en chemin. Ils sont arrivés dans le seul pays de la région où ils avaient un espoir de survie. Mais ils n’y sont pas acceptés.

En 2012, dans un article intitulé « La pente », l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavi, écrivait : « Le nouveau projet de loi adopté en janvier par la Knesset a de quoi susciter les plus vives inquiétudes. Son but : l'emprisonnement sans jugement et pendant trois ans de tout immigrant illégal arrêté sur le territoire israélien. …»

La Cour suprême a déclaré cette loi anticonstitutionnelle, car, sous prétexte de réguler l'afflux de réfugiés, elle privait hommes et femmes de leur liberté pour une durée de trois ans sans contrôle judiciaire de surcroît.
Quelques années plus tard, une convention négociée par le premier ministre et le ministre de l'Intérieur avec le HCR (Haut-commissariat aux réfugiés) prévoyant l'intégration de quinze mille réfugiés et la répartition de quinze mille autres dans d'autres pays était unilatéralement abrogée par Benyamin Netanyahou qui céda à la pression xénophobe de son parti et de sa coalition réclamant leur expulsion pure et simple.

Africains en Israel

Des citoyens israéliens se mobilisent pour faire obtenir à ces réfugiés un statut leur permettant de rester dans le pays, d’y travailler, d’y avoir des droits. Ils ont souvent des enfants nés sur place, scolarisés, parlant hébreu. Récemment, plusieurs manifestations ont eu lieu à Tel Aviv pour soutenir leur cause.

Depuis 2012, la démocratie israélienne n’a cessé de glisser sur « la pente », pour aboutir en 2018 à l’adoption d’une Loi Fondamentale, définissant Israël comme l’Etat-Nation du Peuple Juif, dans le but de consacrer officiellement le statut discriminatoire des minorités non-juives vivant dans le pays.
Cette nouvelle loi de « L’Etat-Nation » a des implications fondamentales très profondes, et il est nécessaire d’en bien comprendre la signification.

Le Cercle Bernard Lazare – Grenoble va donc recevoir
deux personnes qualifiées pour décrire le problème des réfugiés africains en Israël,
et le politologue israélien Denis Charbit pour expliquer la nouvelle loi de «l’Etat-nation».

Cette invitation se fait en partenariat avec

  • l’Ecole de la Paix
  • la section de l'Isère du Mouvement de la Paix
  • l'Espace des Cultures Juives
logo Cbl Ecole de la Paix logo Mouvement de la paix logo CCJ-ECJ

Brèves

Tribune Collective (Publié le 30 janvier 2020) :

« Le plan Trump est une feuille de route vers la catastrophe »

la tribune de 14 personnalités israéliennes

En tant qu’Israéliens résolus à promouvoir la paix pour notre pays et nos voisins palestiniens, nous affirmons notre opposition fondamentale au plan de l’Administration Trump pour le conflit israélo-palestinien.

Ce plan, loin de résoudre le conflit, va l’approfondir et le perpétuer en instaurant un niveau d’inégalité jamais vu depuis l’Afrique du Sud au temps de l’Apartheid. En réalité, il s’agit d’un « plan Bantustan », qui vise à enfermer les Palestiniens à l’intérieur de poches contrôlées par Israël.

Nous en appelons à l’Europe : rejetez le plan Trump.

Il est significatif que le plan soit imposé aux Palestiniens. Le président des États-Unis, Donald Trump, et le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, agissent à la manière de deux loups qui négocient la meilleure manière de manger un mouton. Désinhibé par Trump, Netanyahu a déjà déclaré son intention de lancer formellement l’annexion de la Vallée du Jourdain et des colonies en Cisjordanie. Tout ceci est diamétralement opposé au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2334. C’est pourquoi nous sommes profondément alarmés par la faiblesse des premières réponses de l’Union européenne, qui décrit le plan Trump comme « une occasion » de relancer les négociations de paix.

Le plan n’est pas une opportunité, mais une feuille de route vers l’Apartheid 2.0. Il n’amènera ni la paix, ni une solution à deux Etats viable. La direction palestinienne ne peut que le rejeter.

Nous en appelons à l’Europe : rejetez le plan Trump. Et commencez à prendre des mesures sérieuses contre l’annexion de la Palestine. Maintenant, avant qu’il soit trop tard.

Signataires :

Professeur Zeev Sternhell, lauréat du prix Israël (2008) ;

Professeur Eli Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France ;

Professeur David Shulman, lauréat du prix Israël (2016) et du prix EMET (2010) ;

Ilan Baruch, ancien ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud, en Namibie, au Boswana et au Zimbabwe ;

Professeur Michael Ben-Yair, ancien avocat général d’Israël et ancien juge à la Cour suprême ;

Avraham Burg, ancien président de la Knesset et ancien directeur de l’Agence juive ;

Zehava Gal-On, ancienne membre de la Knesset et ancienne présidente du Meretz ;

Professeur David Harel, vice-président de l’Académie israélienne des sciences et des humanités, lauréat du Prix Israël (2004) ;

Professeur Moty Heiblum, lauréat du prix EMET (2014), membre de l’Académie israélienne des sciences et des humanités ;

Miki Kratsman, lauréat du prix EMET (2011) ;

Alex Levac, lauréat du Prix Israël (2015) ;

Dr. Alon Liel, ancien directeur général du ministère des Affaires étrangères, ancien ambassadeur en Afrique du Sud et en Turquie ;

Mossi Raz, ancien membre de la Knesset ;

Michal Rozin, ancienne membre de la Knesset.