Hommage au colonel Beltrame
par Robert Badinter

Que le colonel Beltrame soit mort en héros, les hommages et les larmes de tant de Français de toutes origines et de toutes conditions l'ont proclamé. Un héros est en effet celui qui accepte de donner sa vie pour servir son idéal. Mais au-delà de cette grandeur, on doit s'interroger sur le sens de ce sacrifice, sur la cause pour laquelle il choisit de mourir, car il est des causes qui font horreur.

Ainsi en est-il du terrorisme. Le jihadiste qui se fait exploser au milieu de ces victimes innocentes commet un acte monstrueux. Mais pour les partisans de son idéologie, il est un martyr. Assassin pour nous, martyr pour les siens : c'est pourtant du même homme et du même acte dont il s'agit. Dès lors, s'agissant de notre héros le colonel Beltrame, il faut, pour prendre la mesure de son sacrifice, dégager le sens de son action. Le colonel Beltrame est mort parce qu'il a donné sa vie pour sauver d'autres vies. C'est la plus noble expression de la fraternité. Son sacrifice est à l'opposé du crime du jihadiste, qui meurt pour que d'autres êtres humains périssent avec lui ou à cause de lui.

Comme les fascistes espagnols, hurlant jadis dans les ruines de Tolède "Viva la muerte !", c'est au culte de la mort que le jihadiste se voue. Le colonel Beltrame, lui, agit à l'opposé. C'est pour épargner la vie d'innocents qu'il a donné la sienne. Que son souvenir demeure vivant à travers les générations. Il a servi la cause de l'humanité toute entière. Merci, mon colonel !

Robert Badinter.


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Merci à E. K. pour cette image