Semaine Mémoires et Résistances 2018
Déportation, Migrations, de l'exil à l'asile

Du 12 au 16 mars 2018
Espace Victor Schoelcher, Seyssins (Terminus tram C). Entrée libre

Programme complet de la semaine Mémoires et Résistances

Depuis plusieurs années, Michèle Ganem Gumpel représente le Cercle Bernard Lazare - Grenoble dans l'équipe d'élaboration du programme de la semaine Mémoires et Résistances. Cette année, elle a proposé la projection du film "Des spectres hantent l'Europe" de Maria Kourkouta et Niki Giannari.

Cette projection aura lieu le jeudi 15 mars à 18h30 à l'espace Victor Schoelcher à Seyssins, et sera présentée par Michèle Ganem Gumpel - Entrée libre

2016. L’attente interminable de milliers de réfugiés dans le camp d’Idomeni, au long des rails qui franchissent la frontière grécomacédonienne.
C’est un long témoignage visuel, chanté, parlé ; hommes, femmes et enfants vont et viennent dans la boue et le crépuscule hivernal.
Leur raison, notre « hantise » : le passage interdit des barbelés européens.
« Spectres » sous la pluie, obstinés à vivre là leur faim, leur soif, leur épuisement.
« Avec un désir / que rien ne peut vaincre / ni l’exil, ni l’enfermement / ni la mort /... / seulement passer ».

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Couleur des images numériques, noir et blanc du final tourné en 16 mm avec en texte off la voix de Lena Platonos.
Ce film est beau, qui nous fait éprouver pas à pas la vie précaire et l’intense volonté de liberté et de dignité des migrants.


Brèves

Divorce : les rabbins de Grenoble frappent un grand coup

By Marc
Juin 21, 2018

Divorce : les rabbins de Grenoble frappent un grand coup

Dans le judaïsme, le divorce religieux intervient après le divorce civil. Il faut que l’ex-mari remette en personne à son ex-épouse le guett et que celle-ci l’accepte, devant deux témoins.

Cela a fait l’effet d’un petit séisme dans la communauté juive iséroise… Et l’onde de choc, via internet, s’est propagée loin… Très loin… Il y a deux semaines, un communiqué a été affiché dans les synagogues grenobloises et a été posté sur les réseaux sociaux. Ce jour-là, le rabbinat de Grenoble – soutenu par le Grand rabbin de France – a annoncé que des sanctions religieuses avaient été prises à l’encontre d’un fidèle qui persistait dans la rétention du guett (acte de divorce religieux) à l’intention de son ex-conjointe. Et ceci, malgré leurs efforts de médiation.

Conséquences terribles pour les femmes

Avec cette publication, dans laquelle l’homme a été cité nominativement, les rabbins grenoblois ont signifié à la communauté que celui-ci n’avait plus la permission d’être compté dans les Minyam pour les récitations des prières et que l’accès à la Torah lui était refusé. Une mesure cash et totalement inédite en France, même si elle s’inspire des pratiques de “shaming” ayant court en Israël ou aux États-Unis pour dénoncer les chantages au guett.

Du côté du grand rabbinat de France, on nous a expliqué cette problématique – qui avait été déjà mise au jour par l’écrivaine Éliette Abécassis dans son roman “Et te voici permise à tout homme” – : « Quand un couple divorce dans le judaïsme, les ex-époux peuvent se remarier religieusement. Mais il faut que l’ex-mari remette en personne à son ex-épouse le guett et que celle-ci l’accepte, devant deux témoins. Sauf que, parfois, alors même que le divorce civil a été acté, l’un des ex-conjoints refuse. Et quand il s’agit de l’homme, les conséquences sont terribles pour la femme. » Celle-ci ne peut en effet pas se remarier religieusement, et reste une “aguna” (femme liée). Si elle a des relations sexuelles avec un autre homme, elle est considérée comme adultère. Et si des enfants naissent de cette nouvelle relation, ils seront des enfants “illégitimes” qui n’auront pas le droit de se marier religieusement.

Un membre de la communauté juive grenobloise nous dit : « Les divorces conflictuels sont courants, on connaît tous des couples qui se sont déchirés devant les tribunaux pour l’argent ou la garde des enfants. Dans la communauté juive, le guett peut être utilisé comme moyen de pression. C’est une brèche. Cela arrive parfois quand le jugement civil de divorce n’a pas plu à l’une des parties et que celle-ci veut relancer des “négociations”. Parfois, c’est juste une histoire de vengeance. Face à cela, quand les tentatives de médiation échouent, les rabbins finissent par se taire. Mais à Grenoble, ils ont décidé de frapper un grand coup pour l’exemple. Ils ont renoncé à la discrétion qui prévaut d’ordinaire. Car la discrétion peut devenir de l’indifférence. »

Par Eve MOULINIER | Publié le 21/06/2018 à 15:41 |Mis à jour il y a environ 1 heures | Vu 3208 fois
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