Concert Mémoire et Cinéma

Isabelle Durin, violon et Michaël Ertzscheid, piano

Chapelle Sainte Marie d'en Haut, Musée dauphinois
Lundi 14 mai 2018 à 19 h 45

Prix des places : 15 euros; tarif réduit : 12 euros

Billeterie et réservations

  • de préférence par mail au Cercle
  • à défaut, par courrier : Cbl-Grenoble, 11 rue Montorge, 38000 Grenoble
  • sinon par téléphone au 06 80 70 88 25
  • et enfin, sur place, avant le concert
album Mémoire et cinéma

Présentation Youtube

La musique et le film, une histoire d’amour que nous voudrions faire partager à un public de plus en plus intéressé par des styles et des formats de concert originaux et différents.
Yentl, Fiddler on the Roof (Un violon sur le toit), La Rafle (Dien Bien Phù), la Vie est Belle, autant de films qui font écho au triptyque de la Liste de Schindler de John Williams que nous avions enregistré lors d’un précédent disque (CD «Romantisme Hébraïque » Jade-music/Universal) et qui rendait hommage à des oeuvres s’inspirant de l’héritage culturel yiddish.

Ici, dans cet album « Mémoire et Cinéma » , les compositeurs comme John Williams, Michel Legrand, Nicola Piovani, (et nous rajouterons les excellents titres de Ennio Morricone et John Corigliano) ont voulu recréer à leur manière, avec leur style propre, un univers musical qui demeure intact grâce à notre mémoire : mémoire des sons, des mélodies, des inflexions à la fois douces et passionnées du violon, autant de réminiscences qui laissent entrevoir que images et sons sont intimement liés.

Programme

  • Michel Legrand : Papa can you hear me ? Yentl
  • Jerry Bock : Fiddler on the Roof
  • Georges Delerue : La Passante du Sans-Souci
  • Traditionnel : Kolyn
  • Georges Delerue : Le Concerto de l’Adieu-La Rafle
  • Traditionnel : Bay a glezele machke
  • Entre-acte
  • Nicola Piovani : La Vie est Belle
  • John Williams : La Liste de Schindler
  • Ernest Gold : Exodus
  • George Perlman : Yisker et danse des rabbins
  • Alfred Newman : Le Journal d’Anne Frank
Isabelle Durin

Isabelle Durin entre au CNR de Versailles dans la classe d’Alexandre Brussilovsky, et obtient sa médaille d’or de violon en 1996. Elle travaille pendant un an avec Antoine Goulard, et intègre en 1997 le CNSM de Lyon dans la classe de Jean Estournet et Kazimierz Olechovski tout en continuant parallèlement des études de philosophie à la Sorbonne qui la mèneront jusqu’au DEA.

En 1999, elle participe à la tournée européenne du Gustav Mahler Jugend Orchester, sous la direction de Franz Welser-Möst, et obtient en 2001 le diplôme (DNESM) du CNSM de Lyon. La même année, Isabelle Durin est sélectionnée pour la master class de Shmuel Ashkenazi, dans le cadre du Schleswig Holstein Muzik Festival de Lübeck, puis se perfectionne auprès de violonistes tels que Jean-Pierre Sabouret, Boris Garlitsky, Igor Volochin, Patrice Fontanarosa ou encore Roland Daugareil, tout en continuant son apprentissage de la musique de chambre auprès d’Alain Meunier, et Michel Strauss, en formation supérieure de musique de chambre au CNSM de Paris.

Elle est membre depuis 2003 de l‘Orchestre National d‘Île-de-France, dirigé par Yoel Levi et actuellement par Enrique Mazzolla. En décembre de la même année, elle reçoit au Sénat la médaille de bronze de la Société d’Encouragement au Progrès.

Isabelle Durin donne diverses prestations de musique de chambre, plus particulièrement en duo violon/piano, en France et à l’étranger. Ainsi est elle invitée à se produire au Vietnam, en 2004 et 2006, notamment à l’Opéra et à l’Espace-Centre Culturel de Hanoï. Depuis 2002, elle est directrice artistique du festival musical de la maison de la Légion d’Honneur, au château de Pouy-sur-Vannes (Aube) devenu le festival « les Harmonies Estivales » de Villeneuve l’Archevêque.

Son premier disque « Romantisme Hébraïque » avec Michael Ertzscheid au piano, est sorti chez Jade (Universal).

A cette occasion, Isabelle Durin s’est produite à Paris au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, à la Fnac des Halles pour un show case, au Mémorial de la Shoah, à la Synagogue ULIF de Copernic, au Cercle Bernard Lazare de Grenoble, aux Centres Communautaires de Vincennes, Créteil, Nogent sur Marne, Genève, Strasbourg, Reims, à Zagreb, au Musée Juif Galicia de Cracovie, au Musée Juif de Prague, aux centres culturels de Cluj, Timisoara et Iasi (Roumanie), aux Etats-Unis (Miami, West Palm Beach, Puerto Rico), et en Colombie (Bogota, Medellin, et Cali) tournée organisée par la Délégation Générale des Alliances Françaises aux Etats-Unis, à la Synagogue Portugaise d’Amsterdam, et récemment en Angleterre, à Londres, Cambridge ( Fitzwilliam Museum) et Oxford (Queen’s College…)

Michael Ertzscheid

Né en 1979 à Toulouse, Michaël Ertzscheid commence la musique en famille, découvre le solfège avec son père, saxophoniste et accordéoniste, et suit des cours privés de piano à partir de 8 ans. Entre 15 et 22 ans, il fait ses classes instrumentales dans différents C.R.R. (Toulouse, Boulogne-Billancourt, Paris), récolte des premiers prix mais surtout continue à apprendre avec rigueur et bonheur, le piano et la musique de chambre auprès de P. Blacher, M-P Siruguet, H. Guéry, D. Bellik, et H. Cartier Bresson.

Soucieux de se forger également une solide formation théorique, il étudie l’analyse avec E. Duran et A. Louvier. Il intègre le Conservatoire Supérieur National de Musique et de Danse de Paris en 2000, fait ses classes d’érudition et y obtient ses prix d’harmonie (classe de J-C Raynaud), de contrepoint (classe de J-P Holstein), de fugue(classe de T. Escaich).

Très intéressé par l’accompagnement et le déchiffrage depuis toujours, il obtient en 2005 son D.F.S.d’Accompagnement mention Très Bien dans la classe de Jean Koerner au CNSMDP, et travaille sous la direction de Pierre Boulez, Kasuchi Ono, Christophe Eschenbach, et John Axelrod dans le cadre de productions avec le CNSM ou avec le Théâtre du Châtelet.

Il achèvera ses études instrumentales au CNSM en obtenant ses premiers prix en improvisation (J‐F Zygel, T. Escaich)et en musique de chambre avec Pierre‐Laurent Aimard. Il se produit dans des salles prestigieuses (Théâtre du Châtelet, Royal Opera House, Salle Pleyel, théâtre Mogador, Cité de la Musique, Unesco, Salle Cortot, Studio Le Regard du Cygne…) et dans des lieux pittoresques (églises de Savoie et des Hautes‐Pyrénées, bateaux parisiens, Synagogue Espagnole de Prague, Cinéma Le Balzac…), en France et à l’étranger (Festival Spoleto ‐ USA, Londres, Cracovie, Vienne…)

Invité régulier de plusieurs festivals, il multiplie ses expériences en tant que chambriste, soliste et improvisateur. Il a la chance de jouer fréquemment au sein de l’ensemble BB, ainsi qu’avec d’autres musiciens de talent, comme Noémi, Julian et Florestan Boutin, Julien Dieudegard, Youn Eun Koo, Sophie Chauvenet, Jérôme Laran, Isabelle Durin, Frédéric Aurier, Julien Bénétau, Clément Térilzian, les percussionnistes Sylvain Lemêtre et Claudio Betinelli, et bien d’autres...Parallèlement à sa formation classique, sa route musicale croise celle de personnalités originales comme Bartabas, Damon Albarn, Keren Ann, Lambert Wilson, la danseuse Toshiko Oiwa…

Il enregistre un disque Romantisme Hébraïque avec Isabelle Durin (violon), un autre consacré au Réveil des oiseaux d’Olivier Messiaen, enregistré en live lors d’un « Concert‐Lecture » avec Alain Louvier et l’orchestre du CNSMDP, ainsi qu’un disque de musique contemporaine et de musique française avec Jérôme Laran (saxophone) au Japon en avril 2010. Enfin, la pédagogie reste l’une de ses préoccupations majeures. Il a suivi la formation du CNSM, auprès de pédagogues comme Marie‐Françoise Bucquet ou Hervé Billaut, et il obtient le Certificat d’Aptitude à l’ enseignement du piano. Il a enseigné le déchiffrage et l’accompagnement, et est actuellement professeur de Piano au CRR de Boulogne‐Billancourt, professeur d’Analyse au CRR de Paris.

Il donne régulièrement des master‐class et des conférences en France et à l’étranger (en 2008‐2009 : Piano et improvisation à Grenade, Synesthésie et musique à Paris, Symbolique des tonalités pour le Haydn Project à Eisenstadt, Lady MacBeth de Verdi à l’Opéra Bastille, Perception et réception dans les Quatuors à cordes de Britten à l’Université de Tours, Travail de révision sur l’édition de l’opéra Saint François D’Assise d’Olivier Messiaen chez Leduc). Il remplace régulièrement la classe d’accompagnement de J.F. Neuburger au CNSMDP et son nouveau disque Hikari, avec le saxophoniste Jérôme Laran vient de sortir.

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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.