Concert : Silenced Voices
Musiques (trios à cordes) écrites dans le camp de Terezin

Informations pratiques

  • Date : Le mercredi 18 décembre 2019 à 19h30
  • Lieu : à l'auditorium du Musée de Grenoble, place Lavalette
  • Prix de places
    - Tarif normal : 15 €
    - Tarif réduit : 10 € pour les membres du Cbl Grenoble, ceux de la Chorale Diasporim Zinger, les demandeurs d'emploi, les étudiants.
  • Billetterie :
    - téléphone : 04 76 87 71 21
    - email : courrier@cbl-grenoble.org
    - internet : sur le site du Cercle : https://www.cbl-grenoble.org
    - sur place le soir du concert

Regarder/Ecouter l'aperçu

Les compositeurs

Dick Kattenburg,
(1919, Amsterdam - 1944, Auschwitz)
Dick Kattenburg

Musique exterminée aux Pays-Bas ; à la recherche de trésors cachés
Eleonore Pameijer & Carine Alders
Traduction française par Jean Granoux

Dick Kattenburg était étudiant quand la guerre a éclaté. On ne sait pas grand-chose de lui, faute de documents. Il a reçu un diplôme « Théorie et Violon », au Collège Musical Belge de Bruxelles. Au cours de sa courte vie, Dick Kattenburg aura écrit environ trente compositions : musique instrumentale, musique de chambre et œuvres pour orchestre. Ses compositions montrent une influence de la musique française, tout en étant assez romantiques, avec des harmonies et des lignes mélodiques charmantes, voire parfois un aspect jazzy. Pendant la guerre, il a reçu dans la clandestinité des leçons de composition de Leo Smit. Ce n'est qu'alors que le monde juif devient une source d'inspiration pour sa musique. Il commence à écrire des mélodies sur des textes hébreux qu'il nomme palestiniens, mexicains or roumains pour en augmenter les chances de survie. Dick Kattenburg fut arrêté et déporté à Auschwitz, où il a été assassiné dans l'été 1944 à l'âge de 24 ans. Après qu'Eleonore Pameijer a donné ce qu'on croyait être l'unique composition ayant survécu, la Sonate pour flûte, la nièce de Kattenburg, Joyce Bergman-van Hessen, fit l'inventaire des papiers de famille qu'elle avait reçues en héritage ; elle découvrit un grand nombre de compositions qu'elle donna à Ed Spanjaard. Nombre de ces œuvres sont apparues comme étant de grande qualité, souvent enjouées, avec de nombreux passages polytonaux qui rappellent la musique de Darius Milhaud. Un CD de musique de chambre est paru (FutureClassics 2009), et trois de ses partitions ont été publiées par le MCN (Music Center of the Netherlands).


Hans Krása
(1899, Prague - 1944, Auschwitz)
Hans Krása
Hans Krása est aujourd’hui connu notamment pour son célèbre opéra pour enfants Brundibar, qui deviendra dans le camp de Terezin un véritable symbole d’espérance.
Doté de talents musicaux, Hans Krása suit très tôt des cours de piano et de violon. Après des études de composition à l’Académie allemande de musique et des arts plastiques à Prague auprès du chef d’orchestre et compositeur Alexander von Zemlinsky, il est répétiteur au Nouveau Théâtre allemand à Prague. Attiré par les modernistes français comme Debussy, Ravel et Stravinsky, il se rend en France où il étudie la composition avec Albert Roussel. Sa musique est marquée de l’influence de Mendelssohn, Schumann mais encoreLiszt, Mahler et Schoenberg.

Hans Krása en 3 dates

  • 1920 : étude de composition avec Alexander von Zemlinsky
  • 1942 : déportation au camp de Terezin
  • 1943 : 1ère représentation de Brundibar à Terezin pour le tournage d’un film de propagande nazie : « Le Führer offre une ville aux juifs ».

Hans Krása en 6 œuvres

  • 1921 : Quatre chants avec orchestre opus 1
  • 1923 : Symphonie pour petit orchestre
  • 1924 : Quatuor à cordes opus 2
  • 1928-1930 : Les fiançailles en rêve, opéra en 2 actes
  • 1936 : Musique de chambre pour clavecin et sept instruments
  • 1938 : Brundibar, opéra pour enfant écrit dans le cadre d’un concours du Ministère de l’enseignement et de l’éducation populaire

Gideon Klein
(1919, Prerov, Czechia - 1945, Fürstengrube, Subcamp)
Gideon Klein

Gideon Klein a commencé à apprendre le piano à onze ans avec Růžena Kurzová. Il a donné son premier concert à 14 ans. En 1938 il se rend à Prague et y fréquente la Masterclass de piano de Vilém Kurz. Une carrière de pianiste se dessine alors. Il poursuit parallèlement des études de théorie musicale et obtient son diplôme en 1939. Il est ensuite l'élève de Alois Hába pour la composition.
L'occupation nazie en 1940 met fin à ses études. En tant que juif, Klein est empêché de se rendre à la "Royal Academy of Music" à Londres pour étudier et ne peut se produire comme pianiste en public. En 1941 il se produit néanmoins sous le pseudonyme de Karel Vranek et aussi dans des cercles privés.
En décembre 1941, il est déporté au camp de concentration de Theresienstadt. Avec des musiciens comme les compositeurs Hans Krása, Viktor Ullmann et Pavel Haas, le chanteur Karel Berman, le pianiste et chef d'orchestre Rafael Schächter ou le futur chef d'orchestre de la Philharmonie tchèque Karel Ančerl, il est un acteur important de la vie culturelle du camp, d'abord interdite, puis détournée à des fins de propagande.
En octobre 1944, neuf jours après avoir achevé son trio à cordes, il est déporté à Auschwitz puis au camp de concentration de Fürstengrube, une installation extérieure d'Auschwitz. Il y travaille à la mine et meurt à l'âge de 25 ans peu de temps avant la libération dans des circonstances restées inconnues. La cause de son décès serait que des SS soient entrés dans le camp et tiré pour le plaisir sur la foule.
Quelque temps avant sa déportation, Gideon Klein avait confié à un de ses amis une valise contenant les partitions de toutes ses œuvres. Cette valise ne sera découverte qu'au début des années 1990.
Sa sœur Eliška Kleinová, qui a survécu à l'Holocauste, a préparé l'édition de ses œuvres. En 1994, elle a créé la Fondation Gideon Klein.
Son œuvre originale et pleine d'expression mêle les influences de Leoš Janáček, d'Alban Berg et d'Arnold Schönberg.


Sandor Kuti,
(1908, Budapest - 1945 ?)
Sandor Kuti
Bartók and Kodály recognized Sándor Kuti as an exceptional talent and his works were performed by a number of young musicians, who later became the world's most sought-after and most important interpreters of their generation. The composer's programme includes, the Sonata for Solo Violin, the Sonata for two violins, the Second and Third Serena for string trio and the Second String Quartet They all remained in handwritten manuscripts in Évas cardboard and are miraculously brought back to life in this CD recording.
Joined by soloists of the Franz Liszt Chamber Orchestra, violinist Orsolya Korcsolan pays homage to the remarkable Hungarian composer Sándor Kuti (1908-1945) who tragically perished in the Holocaust. This unique Album presents a rare and surprising discovery, one that has the potential to rewrite and, in many ways, complete textbooks on 20th-century Hungarian music history.
The exceptional talent of the young composer Sándor Kuti was recognised and praised by Bartók and Kodály, his beautiful and unique works remain a reflection of turbulent times and a testimony to his personal tragedy. The recording inclus all the surviving chamber music pieces for strings composed by an artist who was silenced - but not forever...


Géza_Frid
(1904, Maramarossziget, Hungary - 1989, Beverwijk, Netherlands)
Géza Frid Géza Frid est né à Máramarossziget dans le comté de Máramaros en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Roumanie). Il étudie le piano et la composition à Budapest avec Zoltán Kodály et Béla Bartók. Il s'installe à Amsterdam en 1929. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Frid est actif dans la résistance, et devient citoyen néerlandais en 1948. Il a enseigné la musique de chambre au Conservatoire d'Utrecht.
Frid a donné beaucoup de récitals à travers le monde : en Italie (1926, 1955, 1965), en Indonésie (1948–1949, 1951, 1956), au Siam et en Égypte (1951), en Israël (1962, 1965, 1967), en URSS (1963), en Amérique du Sud et du Nord (1965, 1967), en Turquie (1965), aux Pays-Bas (1967), au Surinam et aux Antilles néerlandaises (1970), aux États-Unis (1970, 1974), en Hongrie (1971, 1974). Il a, notamment, enregistré (avec Luctor Ponse) la Sonate pour deux pianos et percussions de Bela Bartok (Mercury).
Il meurt à Beverwijk et est enterré au cimetière de Zorgvlied.

Prix
En 1949, il reçoit le prix de la musique de la ville d'Amsterdam pour « Paradou » (fantaisie symphonique), en 1950 le deuxième prix du Wereldomroep-KNTV - concours pour les variétés et le chant populaire néerlandais avec Variations sur un chant populaire néerlandais, pour chœur et orchestre, et en 1951 le troisième prix au Concours International pour Quatuor à Cordes pour son troisième quatuor. En 1954, il remporte le prix pour la musique de la ville d'Amsterdam pour « Études Symphoniques » ; en 1956 le second prix du gouvernement hollandais pour sa sonate pour violon et piano, op. 50 et le quatrième prix au Concours International pour Quatuor à Cordes de Luik pour son quatrième quatuor. En 1990, Frid remporte à titre posthume le prix Bartók de la Ferenc Liszt Hochschule de Budapest.


Les interprètes

Les interprètes de cette musique se sont organisés en un trio dénommé
The Black Oak Ensemble

The blak Oak Ensemble (en anglais)
Ensemble Black Oak

Il est constitué de

  • - La violoniste Desirée Ruhstrat. Desirée Ruhstrat a fait ses débuts professionnels à l'âge de 12 ans avec Lukas Foss et l'orchestre symphonique de Milwaukee. Elle a depuis lors développé sa carrière de soliste à travers le monde, au cours de laquelle elle a reçu de nombreux prix. Elle est membre du Lincoln Piano Trio.
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  • - Le violoncelliste David Cunliffe. David Cunliffe a été formé au violoncelle en Angleterre. Il pratique la musique de chambre, et est actuellement attaché à l'Institut de Musique de Chicago depuis 1997. Il a reçu plusieurs prix, dont, en 2008, le premier prix de la competition internationale des Master Players à Venise. Il est membre du Lincoln Piano Trio et enseigne à la New Music School de Chicago
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  • - L'altiste Aurélien Fort Pederzoli. Aurélien est né à Nancy. Issu du CNP, il a ensuite intégré l'Ecole Supérieure de Berne, puis étudié à Chicago. De 2009 à 2014, il a été l'un des membre fondateurs du "Spektral Quartet, en résidence à l'université de Chicago, et enseigne à la New Music School de Chicago.

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Brèves

Le slam de Narcisse :
Eux, ils soignent

Dans un clip de moins de deux minutes, il décrit avec une infinine justesse notre quotidien et celui de ceux qui sont aux chevets des malades, en première ligne face au coronavirus. Même si toutes les initiatives ont du sens et sont les bienvenues, dans la pluie d’hommages faits au personnel soignant en première ligne dans la crise du Covid-19, certains se démarquent. C’est le cas d’une vidéo réalisée par le slammeur Narcisse, un artiste suisse intronisé “chef de file” du slam lausannois et lauréat de la ligue du slam de France en 2013.

Produit pour la RTS, la radio et télévision publique suisse romande, son clip commence à se répandre sur les réseaux sociaux telle une traînée de poudre. Il faut reconnaître que Narcisse trouve les mots parfaitement justes pour évoquer notre quotidien confiné et le mettre en perspective avec celui du personnel médical au chevet des malades.