(Des)espoir de paix, film documentaire de Daniel Friedmann

Projection le dimanche 17 février à 18h30 au CCJ
en présence du réalisateur

Observateur

Le film est né de mon inquiétude devant l’absence de solution au conflit israélo-palestinien.
Je sillonne Israël et les territoires palestiniens et je demande à mes interlocuteurs des deux peuples :
Comment comprenez-vous cette impasse sans fin alors que les sondages montrent depuis des années déjà qu’il y a au sein de chaque peuple, bon an mal an, une majorité pour accepter une solution à deux États ?


Ce film comporte un certain nombre d’entretiens avec des personnages connus :

  • Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël à Paris et Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv
  • Yoram Bilu, Professeur d’anthropologie à l’université hébraïque de Jérusalem, Prix Israël 2013 de sociologie et d’anthropologie
  • Laly Derai, journaliste, conseillère municipale de Eli (colonie)
  • Général du Mossad, Mouvement des « Commandants pour la sécurité d’Israël » favorables à la solution à deux états
  • Yehuda Glick, ( rabbin député du Likoud)
  • Sari Nusseibeh, Professeur de Philosophie à l’université Al Quds, Jérusalem
  • Nabil Shaath, responsable des négociations, Ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne
  • Avraham Yehoshua, écrivain israélien, Prix Médicis du meilleur livre étranger 2012

Daniel Friedmann, sociologue et cinéaste. Il a été chercheur au Cnrs et il enseigne actuellement à l’Ehess où il a créé en 2000 le séminaire « Filmer le champ social » qui porte sur les écritures audiovisuelles de la recherche. Il est l’auteur de plusieurs livres, articles et films ayant trait au judaïsme parmi lesquels : Les Enfants de la Reine de Saba, Que sont les immigrants devenus, La dernière femme du premier train

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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.