Cinéma : Les Guerrières de la Paix

Projection le jeudi 14 mars 2019 à 18h30 à l'espace Schœlcher

Dans le cadre de la semaine Mémoires et Résistances, "Raconter l'Histoire, penser la Paix"
qui se déroulera du 11 au 15 mars 2019 à l'espace Schœlcher à Seyssins (terminus tram C)

Les Guerrières de la Paix est un film de Hanna Assouline et Jessica Bertaux
|Coproduction franco-isréalienne |duréee 55 min |

Le Cercle vous invite également à assister aux autres événements de cette semaine - là.
Vous trouverez le programme complet sur
le programme de la semaine Mémoires et Résistances

« Women Wage Peace », « Les Femmes font la Paix » est un mouvement citoyen né en 2014.
Plusieurs dizaines de milliers de femmes israéliennes et palestiniennes franchissent le Mur, refusant les prisons de la peur. Ce film raconte leur élan, leur volonté de parvenir ensemble à la Paix. Elles se rencontrent, se parlent, s’écoutent, éprouvent leur immense capacité de liberté, leur résistance aux assujettissements et aux humiliations. Fortes de leur inébranlable espoir, elles appellent à la lucidité, au refus de la violence et du désespoir qui pétrifient.
Quelles que soient leurs propres appartenances, elles opposent leur détermination à dialoguer pour la Paix à l’aveuglement catastrophique des dirigeants politiques qui dévoient les valeurs profondes de la démocratie.

Huda Abu Arqoub

Huda Abu Arqoub est palestinienne, elle habite à Hébron.
Engagée depuis sa jeunesse dans la défense de son peuple, elle est la présidente de l’Alliance pour la Paix au Proche-Orient (ALLMEP), une coalitions de cent ONG’s militant pour la paix entre Israéliens et Palestiniens.
Elle se bat également aux côtés des femmes de Women Wage Peace.

« Etant une féministe inclusive, je crois que la réconciliation peut fonctionner [...]
Oui, la réconciliation, cela fonctionne, et cela a fonctionné en de nombreux endroits à travers le monde, mais elle a toujours été accompagnée de mouvements actifs au niveau politique, social et international, allant jusqu’à la désobéissance civile, et utilisant des tactiques non violentes pour résister à l’oppression.»

Après la projection, le débat sera animé par Michèle Ganem-Gumpel et Huda Abu Arqoub.
Merci à Huda d’être venue jusqu’à nous.

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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.