Lecture théâtralisée :
Pour en finir avec la question juive, l'être ou pas.
de Jean-Claude Grumberg

Par Jean Caune et Patrick Zimmermann

Au CCJ le 16 mard 2019 à 21h et le 17 mars 2019 à 18h30

Jean-Claude Grumberg

Le théâtre de Jean-Claude Grumberg — une quarantaine de pièces, dont une dizaine pour le jeune public, joué avec succès à la Comédie Française et dans les plus grandes institutions privées et publique — occupe une place majeure dans le théâtre contemporain. Il a obtenu de nombreux Molière et, à plusieurs reprises, le « Grand prix de la critique ».

Sa dernière pièce, Pour en finir avec la question juive, (L’être ou pas). publiée en 2016, a été créée avec un très grand succès la même année, par Pierre Arditi et Daniel Russo.
Deux voisins qui ne se parlaient pas se croisent dans la cage d’escalier. Le voisin du dessus interpelle son voisin du dessous : « Vous êtes juif ? ». Sa curiosité, bien qu’insistante, n’est pas exigeante ; il l’exprime, « comme ça, entre voisins » …

Jean-Claude Grumberg, à sa manière, à partir de brefs échanges générateurs d’effets comiques tisse un jeu sur le langage dont il est devenu un des plus brillants orfèvres. La pièce n’est ni une leçon de morale ni une dénonciation de l’antisémitisme : elle est beaucoup plus que cela. Par la vertu du dialogue théâtral, elle déconstruit ce qui est à la fois un préjugé et une idéologie.

Jean Caune (à gauche) et Patrick Zimmermann (à droite) se sont emparés de ce texte qui est un véritable cadeau pour des comédiens.

Jean Caune à gauche et Patrick Zimmermann à droite

Patrick Zimmermann a tourné de nombreux films et dramatiques télé. Sa très riche carrière, au théâtre, l’a conduit à travailler sous la direction de metteurs en scène bien connus. En particulier, il a fait partie de l’équipe du CDNA, dirigé par Georges Lavaudant et joué dans la plupart de ses spectacles. Patrick Zimmerman a été professeur d’art dramatique au conservatoire régional de Grenoble.

Jean Caune a été comédien, il a joué, dans les années 1970, sous la direction d’Arianne Mnouchkine, Georges Lavaudant … Avec Abès Faraoun, il a fondé, à Grenoble, la compagnie La Marelle, mis en place le centre culturel de la Villeneuve de Grenoble et dirigé la maison de la culture de Chambéry. Professeur d’université, il a écrit une dizaine d’ouvrages sur la culture, la communication et le théâtre. Son dernier livre publié : Le théâtre de Jean-Claude Grumberg, Mise en pièces de la question juive.

Jean Caune et Patrick Zimmerman remercient Bernard Partouche qui a été à l’initiative du projet et a permis de le réaliser.

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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.