La haine en discours

Conférence de Claudine Moïse

Professeure des Universités, Sociolinguiste.
Laboratoire Lidilem. Université Grenoble-Alpes

à l'ECJ/CCJ, le jeudi 17 octobre 2019 à 20 heures

Libre participation aux frais

Ecouter Claudine Moïse, présentée par Michel Gheude (120 min)

Lire le document pdf Le discours de haine

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La haine en discours

À travers de nombreux exemples de discours, que ce soit dans le champ public ou sur les réseaux sociaux, il s’agira de voir comment l’on peut définir et déconstruire un discours de haine d’un point de vue de ses procédés linguistiques et argumentatifs.

Après avoir explicité ce que représente le sentiment de haine, Claudine montrera que le discours de haine présente des caractéristiques qui lui sont propres mais qu’il est en lien aussi avec d’autres phénomènes linguistiques comme la violence verbale ou d’autres formes discursives comme le discours de propagande ou le discours complotiste.


conférence organisée par le Cercle Bernard Lazare - Grenoble, en partenariat avec le Centre Culturel Juif

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Brèves

J'accuse

Le Canard enchaîné, n° 5166 du 13 novembre 2019

Rubrique "Le Cinéma"

(L'Affaire dans la plaie)

Roulement de tambour : le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est dégradé dans la cour de l'Ecole militaire, devant un parterre d'officiers et une foule antisémite haineuse qui s'accroche aux grilles. Promu à la tête du contre-espionnage à la suite de ce jugement, le lieutenat-colonel Picquart a des doutes et reprend l'enquête. quitte à se heurter au commandant Henry, son adjoint, et à une brochette de généraux plus cyniques les uns que les autres.

C'est tambour battant que Roman Polanski relate l'affaire Dreyfus, dans ce film resserré et exemplaire qui avance à marche forcée. Il décrit minutieusement la mécanique huilée par la raison d'Etat, qui broie les individus. Et peint ce monde d'hommes en noir - généraux et juges - prêts à sacrifier la vérité et la justice au non du sacro-saint honneur de l'armée. Par un juste retour des choses, et un beau renversement historique, le fil a été projeté ce 4 novembre, en avant première dans l'enceinte de l'Ecole militaire devant un parterre de hauts gradés.

Adoptant non pas le point de vue du capitaine déshonnoré mais celui du lieutenant colonel qui a contribué à lui rendre son honneur, Polanski réalise un film brillant qui met une version de cette affiare si complexe à la portée de tous ou presque. L'interprétation est impeccable. Notamment Jean Dujardin, fougueux et rigoureux en Picquart, Louis Garrrel noué et rigide en Dreyfus, et Grégory Gadebois, extraordinaire de veulerie dans le rôle de Henry.

Finalement couronné par le grand prix à Venise, le film a été difficile à monter et pas simple à promouvoir. Pas question ici de balayer les accusations de viol contre son auteur, lancées à la veille de sa sortie. Elles visent l'homme, mais il serait dommage qu'elle atteignent l'oeuvre . D'autant qu'un film, celui-ci comme un autre, est, rappelons-le, un travaiol collectif.

David Fontaine