Claude Collin : les FTP-MOI

- Les Bibliothèques de Grenoble,
- Le Cercle Bernard Lazare,
- Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
- et La Librairie de l'Université

vous invitent à une rencontre avec

Claude Collin

animée par Jean Claude Duclos
Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère

Bibliothèque Centre Ville, mardi 1er février 2000 à 18h30

Ce n'est que fort tardivement qu'a été évaluée à sa juste valeur la place tenue par les étrangers dans la Résistance et dans la libération du territoire national français. Claude Collin a beaucoup écrit sur le "groupe Manouchian" et les combattants parisiens de l'Affiche rouge. On sait beaucoup moins que l'organisation FTP-MOI a aussi joué un rôle important à l'échelon national, notamment dans les grandes villes de la zone sud. A Lyon et Grenoble, les détachements " Carmagnole " et " Liberté " furent parmi les tout premiers à se lancer dans la lutte armée et occupèrent jusqu'à la Libération une place déterminante dans le combat contre l'occupant. Dans ce livre sur les FTP-MOI, l'auteur donne une vision d'ensemble très précise de l'action menée par cette organisation en région Rhône-Alpes, et il apporte un éclairage tout à fait original sur ce que fut le vécu quotidien de ces combattants d'origine étrangère, " clandestins parmi les clandestins ".

Claude Collin est maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Stendhal de Grenoble. Il est l'auteur de séries radiophoniques, de films documentaires et de divers ouvrages sur l'histoire de l'Occupation, de la Résistance et de l'après-guerre.


Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.