Septième festival de culture juive du Cbl - Grenoble, automne 2001

Musicien juif persan


Programme du festival 2001



Théâtre : Torquemada et le converti

de Antonio Diaz Florian

par la troupe du Théâtre de l'Epée de Bois

Samedi 6 octobre 2001 à 20h15
à l'Hexagone de Meylan, scène nationale
Information et réservation : 04 76 90 00 45.

A l'issue du spectacle, débat animé par l'auteur et Abraham Bengio, Directeur de la DRAC-Rhône-Alpes

"Torquemada et le converti" met en scène, dans un prétoire, l'interrogatoire mené après l'assassinat d'un inquisiteur espagnol. Sous nos yeux s'instaure un dialogue piégé qui cherche à transformer le soupçon en preuve suffisante pour accuser et condamner au bûcher l'ennemi principal, le juif converti. Dans le face à face du converti et de l'inquisiteur, le théâtre s'efface devant l'illusion de la vérité. Les mots résonnent avec le silence de l'émotion dans le juste ton, puisqu'ils ont valeur d'authenticité. Ils servent alors à révéler cette part d'ombre d'une Europe où le fanatisme religieux, nourri de "haine raciale", dressait les bûchers de l'inquisition. Cette pièce, qui retrace une histoire vieille de cinq siècles, nous ramène au présent, entaché d'intégrisme et d'intolérance.


Lecture de poésie : Les morts de mon père

du poète israélien Yehuda Amichaï

par Bernard Bloch
Lundi 15 octobre 2001 à 20h30.
au Petit Théâtre, 4 rue Pierre Duclot,
arrêt tram ligne B : Sainte Claire Les Halles.

Prix des places 50 F. & 30 F. Billeterie sur place. Renseignements 04 76 87 71 21

Yéhuda Amichaï, né en Allemagne en 1924, mort en Israël en 2000, est sans doute le poète israélien le plus important de sa génération. Partisan actif de la paix, il a toujours conçu ses poésies comme les pièces à conviction d'un dialogue possible.


Théâtre : Primo Levi : Si c'est un homme

Texte de Primo Lévi
traduit de l'italien par Martine Schruoffeneger

à l'Hexagone de Meylan , scène nationale,
mercredi 21 novembre 2001 à 20h

Information et réservation : 04 76 90 00 45.

A l'issue du spectacle, débat animé par Enzo Neppi, Professeur à l'Université Stendhal.

Se questo è un uomo est une oeuvre de Primo Lévi. Une oeuvre terrible : elle est le témoignage le plus cru, le plus limpide par sa précision, sa simplicité, sa lucidité sur les horreurs de l'Holocauste. Peut-on faire du théâtre avec un tel texte ? « Il y aurait comme une paresse de l'âme, une paresse malsaine de l'humanité en nous-même à se dire : « oui, je sais, je connais, je n'ai pas envie de cela ce soir. » Et puis, en sortant du spectacle, il y a cette étrange et paradoxale sensation de se sentir homme parmi les hommes... »


Concert : Trio Amber

Uri Dor, violon
Michael Croitoru Weissmann, violoncelle
Lior Kertzer, piano

à l'Auditorium du Musée Esplanade François Miterrand
Arrêt Tram ligne B : Place Notre Dame - Musée

Dimanche 25 novembre 2001 à 18 heures
Accueil dès 17h15

Billetterie : Maison du tourisme, et sur place.
Prix des places : 100 F. Tarif réduit 80 F.
Renseignements : 04 76 87 71 21

Au programme

  • Leonard Bernstein : Trio
  • Yehezkiel Braun : Trio no.2
  • Dmitri Shostakovich : Trio op. 67

Nous avons choisi un programme qui représente un spectre large de la musique juive. Mais vient naturellement la question : "Qu'est-ce que la musique juive ?" Est-ce de la musique par des compositeurs juifs ? On peut certainement trouver des compositeurs juifs dont la musique n'a rien de juif. On peut aussi trouver des compositeurs non juifs dont la musique sonne "tellement juive" ! La réponse n'est donc pas simple, et on peut toujours trouver des contre-exemples. Le programme que nous vous proposons montre quelques exemples de musique juive "classique" du XXe siècle, de trois continents différents : l'Amérique, l'Europe et le Moyen-Orient :

  • Leonard Bernstein, un américain juif ; on peut s'interroger sur le caractère juif de sa musique.
  • Yehezkiel Braun, un compositeur israélien dont la musique révèle certainement un caractère israélien. Mais comment le définir ? On l'entend, c'est certain. Mais est-ce de la musique juive ?
  • Dmitri Shostakovich, un russe, non juif, dont la musique sonne "tellement juive" que quiconque l'entend. Il a écrit l'une des pièces maîtresses les plus importantes de tous les temps de la littérature pour trio.

Théâtre : Les Courtes, de Jean-Claude Grumberg

Mardi 27 & mercredi 28 novembre 2001 à 20h30
au Théâtre de Poche, 182 cours Berriat, arrêt tram ligne A : Berriat

Une création par la compagnie grenobloise
Il était une voix

Prix des places 80 F. Tarifs réduits : 50 F. & 60 F.
Billeterie sur place.
Renseignements et réservations : 04 76 84 01 84

Petits chefs d'oeuvre de pédagogie anti-raciste.

Jean-Claude Grumberg

Jean-Claude Grumberg est l’auteur d’une vingtaine de pièces de théâtre, dont Iq et Ox, Demain une fenêtre sur rue, Rixe, Les Vacances, Amorphe d’Ottenburg, Dreyfus, Chez Pierrot, En r’venant de l’Expo, l’Atelier, L’Indien sous Babylone, Zone Libre.
L’ensemble de son oeuvre théâtrale est disponible aux éditions Actes Sud/Papiers qui ont également publié un recueil des ses pièces en un acte aux édition Babel. Il a reçu le prix du Syndicat de la Critique, le prix de la SACD et le prix Plaisir du Théâtre pour Dreyfus, le prix du Syndicat de la Critique, le grand prix de la Ville de Paris et le prix Ibsen pour L’Atelier, ainsi que le Molière du meilleur auteur et le prix du théâtre de l’Académie Française pour Zone Libre. Rixe, créé en 1968 à Amiens dans une mise en scène de Jean-Pierre Miquel, est présenté en 1971 à la Comédie-Française dans le cadre du cycle Auteurs Nouveaux dans une mise en scène de Jean- Paul Rousillon, avant d’âtre repris en 1982 au Petit Odéon. Au même programme figure Les vacances dans une mise en scène de Jean-Paul Rousillon.
Amorphe d’Ottenburg est créé en 1971 au Théâtre National de l’Odéon par les Comédiens-Français, également dans une mise en scène de Jean-Paul Rousillon. Outre l’adaptation de La nuit tous les chats sont gris (Calmann-Lévy), il a lui-même adapté pour le théâtre. Il a également adapté pour le théâtre Le chat botté de Ludwig Tieck, Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller (Molière de la meilleure adaptation), Les trois soeurs d’Anton Tchekhof et Encore une histoire d’amour de Tom Kempinski (Molière de la meilleure adaptation).
Pour la télévision :
Il a écrit Thérèse Humbert réalisé par Marcel Bluwal, Les lendemains qui chantent, réalisé par Jacques Fansten, Music-Hall réalisé par Marcel Bluwal, Le miel amer réalisé par Maurice Frydland et La peau du chat réalisé par Jacques Otmezguine. Pour Pierre Thernia, il a adapté L’Huissier, une nouvelle de Marcel Aymé.
Au Cinéma :
Il est codialoguite du Dernier Métro de François Truffaut et des Années Sandwitch de Pierre Boutron Il est l’auteur du scénarion de La Petite Apocalypse de Constantin Costa-Gravas, coscénariste des Miles réalisé par Sébastien Grall.
Ses derniers spectacles représentés en 1994 sont Linge sale, créé en Avignon et repris au TEP dans une mise en scène de Michel Villermoz, Maman revient pauvre orphelin, créé au théâtre du Vieux Colombier dans une mise en scène de Philippe Adrien et Adam et Eve créé au théâtre de la Criée de Marseille, repris salle Gémier à Chaillot dans une mise en scène de Gildas Bourdet.

Jean-Claude Grumberg est actuellement administrateur (théâtre) de la SACD.


Concert : D'une rive de la Méditerranée à l'autre

Dimanche 2 décembre 2001 à 18h
salle Edmond Vigne , 23 rue des Alpes, Fontaine.
Arrêt tram Ligne A : Charles Michels.

Musiques judéo-espagnole et judéo-arabo-andalouse

Avec

Prix des places : 80 F. Tarif réduit : 50 F.
Accueil dès 17h15.
Billeterie :

  • mairie de Fontaine
  • maison du Tourisme de Grenoble
  • sur place

Lecture : On ne peut pas se plaindre

de Oser Warszawski O. W.
par La patience, compagnie Charles Tordjman

Lundi 3 décembre 2001 à 20h30
au Petit Théâtre, 4 rue Pierre Duclot, arrêt tram ligne B : Sainte Claire Les Halles

Prix des places 50 F. & 30 F.
Billeterie sur place.
Renseignements 04 76 87 71 21

Oser Warszawski, écrivain iconoclaste, décrit avec un humour dévastateur a longue route de résidence forcée en résidence forcée, de Paris à Gordes, de Gordes à Rodez, de Rodez à Grenoble..., (puis de Rome à Auschwitz.).


Contes : De l'exil au paradis

par Susana Azquinezer

Mardi 11 décembre 2001 à 20 heures
au Petit Théâtre, 4 rue Pierre Duclot
arrêt tram ligne B : Sainte Claire Les Halles.

Prix des places 50 F. Enfants 20 F.
Billeterie sur place.
Renseignements 04 76 87 71 21

Pour grands et petits (à partir de 8 ans), à l'occasion de la fête des lumières (Hannoukah)

Les descendants d'Isaac, «celui qui rira», le peuple du livre, aiment raconter. Leur pays fut, pendant des millénaires, la Parole. L'Histoire, les histoires, la saga et la vie se conjuguent dans une géographie sensible, pleine d'humanité. Bien heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes

Haut de page

Brèves

Joann Sfar
Affaire Sarah Halimi

OPINIONS
JOANN SFAR SUR L'AFFAIRE SARAH HALIMI : L'ANTISÉMITISME EST OBJECTIVEMENT DEVENU UNE CIRCONSTANCE ATTÉNUANTE
21 DÉCEMBRE 2019 6 MINUTES DE LECTURE

Depuis hier recircule sur Facebook un post de Joann Sfar daté de 2017, réaction de l’écrivain, auteur de bd et réalisateur, au premier jugement du meurtrier de Sarah Halimi, alors que le parquet avait choisi de ne pas retenir la motivation antisémite des motifs de mise en examen.

Contacté par Jewpop à la suite de la décision de la cour d’appel de Paris, qui a déclaré jeudi le tueur pénalement irresponsable, écartant ainsi la possibilité de le juger aux assises comme le réclamaient les proches de la victime, Joann Sfar nous a demandé de joindre à son texte de 2017 les précisions suivantes, à titre d’exergue :

Ceci est un ancien texte, publié à l’occasion du premier jugement de l’affaire Halimi. À l’époque, la justice réfutait la circonstance aggravante d’antisémitisme. Aujourd’hui, il y a du progrès, l’antisémitisme est objectivement devenu une circonstance atténuante. Un chauffard sous l’emprise du cannabis relève des tribunaux, pas un tueur de juive, semble-t-il. Le message aux juifs est limpide.

Le texte publié sur la page Facebook de Joann Sfar en 2017

Le truc, c’est que lorsque tu es juif, tu n’oses jamais dire que quoi que ce soit relève de l’antisémitisme parce que tu as peur qu’on te dise que tu pleurniches. Je ne connais l’affaire Sarah Halimi que par ce que les médias en disent. Si j’ai bien compris, un type traitait la dame juive de son immeuble de sale juive à chaque fois qu’il la voyait. Puis une nuit il pète un câble, il met la misère dans tout l’immeuble puis il s’enferme avec la dame. Il la massacre pendant des heures. La police est dans l’immeuble et n’intervient pas. Il hurle Allah hou Akbar tant qu’il peut puis il la jette par la fenêtre et elle meurt. Le type n’a jamais eu d’antécédents psychiatriques mais on le met quand même à l’asile. Si j’avais mauvais esprit, je dirais qu’en période électorale c’était peut-être une façon de s’acheter à peu de frais la paix civile.

On apprend aujourd’hui que le tribunal ne considère pas qu’il s’agit d’un crime antisémite. Finalement je ne suis pas juriste, je n’y connais rien. Il paraît que le coupable a affirmé que son motif n’était pas anti juif. C’était quoi, son motif ? Ça ne me regarde pas. Par contre, je commence à me demander ce que ça serait, un crime anti juif ? Si traiter une dame de sale juive puis la massacrer et la défenestrer ça ne suffit pas, il faut faire quoi ?

J’ai honte que ça soit toujours des juifs qui se trouvent à écrire qu’à force de vouloir éviter de faire des vagues nos forces de l’ordre nous donnent parfois l’impression qu’on gène. Je suis le moins communautaire du monde. Je suis le premier que ça énerve, quand des gens utilisent leur ethnie ou leur religion pour se faire plaindre. Mais là, c’est dur. On a un sentiment de « circulez y a rien à voir » qui me semble dangereux. À force de ne rien voir, j’ai le sentiment qu’on peut susciter des vocations. Ou alors il y a une circonstance atténuante de bêtise ? Je me souviens qu’on disait ça au moment du « gang des barbares ». On disait qu’ils étaient tellement bêtes qu’ils ne se rendaient pas compte.

Peut-être que je me trompe complètement. Qu’est ce qui se produit, en moi, lorsque j’ai honte d’écrire ces lignes ? Je déteste parler « en tant que juif ». On ne devrait pas avoir à le faire. Pour calmer les esprits, je suggère au tribunal d’édicter une jurisprudence claire et d’affirmer haut et fort qu’un crime antisémite, ça n’existe pas. Je crois que ça soulagerait beaucoup de monde. Ça nous évitera de nous creuser la tête à nous demander ce que l’assassin aurait pu faire de plus pour que le tribunal décèle dans son geste un soupçon de haine contre les juifs.

Joann Sfar