Pierre Waldeck-Rousseau

Buste de Pierre Waldeck-Rousseau

Buste de Pierre Waldeck-Rousseau au jardin des Tuileries à Paris

Article emprunté à Wikipedia

Pierre Marie René Ernest Waldeck-Rousseau, habituellement désigné sous le nom de Pierre Waldeck-Rousseau, né le 2 décembre 1846 Nantes, mort le 10 août 1904, était un homme politique français. Il est célèbre pour avoir participé à la légalisation des syndicats par la loi du 21 mars 1884 dite Loi Waldeck-Rousseau. Il a également dirigé le gouvernement le plus long de la IIIe République.

Un républicain modéré mais convaincu

Fils d'un avocat réputé, René Waldeck-Rousseau, ardent républicain qui avait été député de l'Assemblée Constituante en 1848 et maire de Nantes (1870-1874), Pierre fait son droit à la Faculté de Poitiers et présente sa thèse à Paris. Avocat au barreau de Saint-Nazaire, il participe à la rédaction du journal l'Avenir puis il s'installe à Rennes en 1873 et se fait élire député en 1879 comme membre de l'Union républicaine, soutenant à la Chambre les Opportunistes. Il devait exercer ce mandat parlementaire pendant dix ans.

Il devient ministre de l'Intérieur dans l'éphémère gouvernement Léon Gambetta (où il fût ministre de l'intérieur du 14 novembre1881 au 30 janvier1882), puis dans le second gouvernement de Jules Ferry (23 février 1883 - 6 avril 1885). C'est alors qu'il se fait l'avocat de la liberté d'association, déposant une première proposition de loi dès 1882. Il est à l'origine de la loi relative à la liberté des associations professionnelles ouvrières et patronales votée le 21 mars 1884.

Après la chute du gouvernement Ferry, le 30 mars 1885, Pierre Waldeck-Rousseau s'éloigne peu à peu de la vie politique nationale. De retour dans son pays natal, il se marie et s'attache à agrandir le domaine familial de Vilhouin. En 1886, il s'inscrit au barreau de Paris et reprend ses activités d'avocat à partir de 1889, se spécialisant dans les affaires financières de justice et faisant de son cabinet l'un des plus réputés de la capitale. Il renoue avec la vie parlementaire en se faisant élire sénateur dans le département de la Loire en 1894 à l'occasion d'élections partielles. Candidat à l'élection présidentielle de 1895, il n'obtient que 184 voix au premier tour contre 338 à Henri Brisson et 244 à Félix Faure

Le gouvernement le plus long de la IIIe République

Dans une France déchirée par l'Affaire Dreyfus, « républicain modéré mais non modérément républicain », il contribue à la constitution du Bloc républicain et occupe les fonctions de président du Conseil des ministres du 22 juin 1899 au 3 juin1902 succédant à Charles Dupuy et étant à son tour remplacé par Emile Combes

Il cumule ses fonctions avec les portefeuilles de ministre de l'Intérieur et des Cultes. Investi le 26 juin 1899, ce gouvernement de « Défense républicaine » très hétéroclite comprend dans ses rangs des républicains progressistes, des radicaux, le général Gaston de Galliffet, qui avait participé à l'écrasement de la Commune en 1871, tout comme le socialiste Alexandre Millerand. C'est la première fois qu'un socialiste participe à un gouvernement de la IIIe République.

Waldeck-Rousseau décide la révision du procès Dreyfus à Rennes. Il soutient aussi des lois sociales : le 30 mars 1900 une loi sur le travail des femmes et des enfants est promulguée suivie le 30 septembre d'une loi qui abaisse à onze heures la durée du travail journalier. Il réussit enfin à faire voter une loi qui lui tient depuis longtemps à coeur : la loi relative au contrat d'association est adoptée par le Sénat le 22 juin 1901, votée par la Chambre des députés le 28 juin, et promulguée le 1er juillet.

Exaspéré par les interventions des congrégations religieuses dans les affaires politiques, il a voulu les soumettre au droit commun mais le Parlement a fait voter un texte plus sévère que celui prévue par le président du conseil. Il mène le Bloc des gauches au succès lors des élections législatives de 1902 mais, souffrant du cancer du pancréas qui devait l'emporter deux ans plus tard, il démissionne dès le 3 juin 1902.

Il s'oppose au Sénat à l'application rigoureuse faite par son successeur à la loi de 1901, déplorant qu'on ait transformé une « loi de contrôle en loi d'exclusion ». Il combat enfin la Séparation de l'Eglise et de l'Etat qu'il juge dangereuse. Waldeck-Rousseau aura été jusqu'au bout une grande figure libérale du parti républicain.

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Brèves

Joann Sfar
Affaire Sarah Halimi

OPINIONS
JOANN SFAR SUR L'AFFAIRE SARAH HALIMI : L'ANTISÉMITISME EST OBJECTIVEMENT DEVENU UNE CIRCONSTANCE ATTÉNUANTE
21 DÉCEMBRE 2019 6 MINUTES DE LECTURE

Depuis hier recircule sur Facebook un post de Joann Sfar daté de 2017, réaction de l’écrivain, auteur de bd et réalisateur, au premier jugement du meurtrier de Sarah Halimi, alors que le parquet avait choisi de ne pas retenir la motivation antisémite des motifs de mise en examen.

Contacté par Jewpop à la suite de la décision de la cour d’appel de Paris, qui a déclaré jeudi le tueur pénalement irresponsable, écartant ainsi la possibilité de le juger aux assises comme le réclamaient les proches de la victime, Joann Sfar nous a demandé de joindre à son texte de 2017 les précisions suivantes, à titre d’exergue :

Ceci est un ancien texte, publié à l’occasion du premier jugement de l’affaire Halimi. À l’époque, la justice réfutait la circonstance aggravante d’antisémitisme. Aujourd’hui, il y a du progrès, l’antisémitisme est objectivement devenu une circonstance atténuante. Un chauffard sous l’emprise du cannabis relève des tribunaux, pas un tueur de juive, semble-t-il. Le message aux juifs est limpide.

Le texte publié sur la page Facebook de Joann Sfar en 2017

Le truc, c’est que lorsque tu es juif, tu n’oses jamais dire que quoi que ce soit relève de l’antisémitisme parce que tu as peur qu’on te dise que tu pleurniches. Je ne connais l’affaire Sarah Halimi que par ce que les médias en disent. Si j’ai bien compris, un type traitait la dame juive de son immeuble de sale juive à chaque fois qu’il la voyait. Puis une nuit il pète un câble, il met la misère dans tout l’immeuble puis il s’enferme avec la dame. Il la massacre pendant des heures. La police est dans l’immeuble et n’intervient pas. Il hurle Allah hou Akbar tant qu’il peut puis il la jette par la fenêtre et elle meurt. Le type n’a jamais eu d’antécédents psychiatriques mais on le met quand même à l’asile. Si j’avais mauvais esprit, je dirais qu’en période électorale c’était peut-être une façon de s’acheter à peu de frais la paix civile.

On apprend aujourd’hui que le tribunal ne considère pas qu’il s’agit d’un crime antisémite. Finalement je ne suis pas juriste, je n’y connais rien. Il paraît que le coupable a affirmé que son motif n’était pas anti juif. C’était quoi, son motif ? Ça ne me regarde pas. Par contre, je commence à me demander ce que ça serait, un crime anti juif ? Si traiter une dame de sale juive puis la massacrer et la défenestrer ça ne suffit pas, il faut faire quoi ?

J’ai honte que ça soit toujours des juifs qui se trouvent à écrire qu’à force de vouloir éviter de faire des vagues nos forces de l’ordre nous donnent parfois l’impression qu’on gène. Je suis le moins communautaire du monde. Je suis le premier que ça énerve, quand des gens utilisent leur ethnie ou leur religion pour se faire plaindre. Mais là, c’est dur. On a un sentiment de « circulez y a rien à voir » qui me semble dangereux. À force de ne rien voir, j’ai le sentiment qu’on peut susciter des vocations. Ou alors il y a une circonstance atténuante de bêtise ? Je me souviens qu’on disait ça au moment du « gang des barbares ». On disait qu’ils étaient tellement bêtes qu’ils ne se rendaient pas compte.

Peut-être que je me trompe complètement. Qu’est ce qui se produit, en moi, lorsque j’ai honte d’écrire ces lignes ? Je déteste parler « en tant que juif ». On ne devrait pas avoir à le faire. Pour calmer les esprits, je suggère au tribunal d’édicter une jurisprudence claire et d’affirmer haut et fort qu’un crime antisémite, ça n’existe pas. Je crois que ça soulagerait beaucoup de monde. Ça nous évitera de nous creuser la tête à nous demander ce que l’assassin aurait pu faire de plus pour que le tribunal décèle dans son geste un soupçon de haine contre les juifs.

Joann Sfar