Prix Unesco d'Education à la Paix au Centre Givat Haviva

Le 13 décembre 2001,
le Centre Judéo-Arabe pour la Paix Givat Haviva
recevait à Paris le Prix Unesco de l'éducation pour la paix

  • 1. Allocution de Sarah Ozacky-Lazar et Riad Kabah co-directeurs

    Ladies and Gentlemen :

    Sarah : Shalom, my name is Sarah. I am a Jewish-Israeli born in Israel to parents who survived the Holocaust in Europe, and came to their ancient homeland to built a new privet and national home

    Riad : Marhaba, al-salam aleikum. My name is Riad. I am a Muslim-Arab-Palestinian-Israeli, born to my parents who stayed in their homeland, in the divided village of Barta'a after the catastrophe of our people in 1948.

    Sarah : I learned the Arabic language and the history of the Middle East in order to know and understand my neighbors.

    Riad : And I studied Hebrew and the history of the Jews, in order to be able to have a dialogue with them and learn to live together in the State of Israel in which I became a citizen. I have always believed in dialogue and co-existence between people.

    Sarah : I believe in the human spirit, free choice and freedom of thought, and oppose any kind of oppression and occupation.

    Riad : I believe in God and in the holiness of life, and oppose any kind of terrorism and the killing of innocent civilians.

    Sarah : Together we stand with our colleagues and friends, with the silent majority of our peoples, who share the same values with us and are committed to making a change.

    Riad : Martin Luther King once said that only when it is very dark one can see the starlight

    Sarah : I believe that we are the stars in the current darkness of our region and at this sad moment in the history of our peoples, we shall send them the light, we shall work to create a culture of peace in the Middle East, we shall overcome one day

    Riad : I know that Peace will win, I am sure that we shall overcome the obstacles and difficulties of the present time.

    Sarah : We thank UNESCO and the people in the audience for having faith in us. We promise you to do our best to change the current reality.

    Riad : It is our honor and pride to stand here today - with your support we shall continue to work for the future of our children, for the children of the Middle East.

    Salam-Shalom-Peace

    Thank you

  • 2. Présentation du Centre

    Notre mission

    Le Centre Judéo-Arabe pour la Paix a été créé en 1963 au Centre de Formation du Kibboutz Artzi à Givat Haviva. Le but était de favoriser le développement de relations plus étroites entre les Juifs et les Arabes en Israël pour les amener à une compréhension mutuelle et promouvoir un partenariat entre les deux communautés.

    Le Centre utilise des méthodes variées pour parvenir à une véritable égalité entre tous les citoyens de l'Etat. Un examen critique constant de la réalité existante accompagné d'un effort de renouvellement et de changement permettent d'atteindre cet objectif.

    Le Centre fonctionne dans un esprit d'humanisme et avec la ferme conviction que tous les êtres humains sont égaux en matière de dignité et de valeur. Il s'efforce d'ouvrir la voie à la démocratie et à l'égalité civile entre les citoyens juifs et palestiniens d'Israël, de créer un pluralisme social et culturel dans le pays et de parvenir à la réconciliation et à la paix entre les nations de la région.

    Le Centre lance des modèles innovants pour faire progresser ses objectifs éducatifs et sociaux, et fonctionne par des rencontres, par le dialogue, le partenariat, l'étude et la recherche.

    Nous, membres du forum du Centre, nous engageons à agir dans la mesure de nos possibilités et dans le respect de l'esprit de cette mission, pour atteindre nos objectifs communs.

    Givat Haviva, Décembre 2001/ Kislev 5761/ Ramadan 1421.

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Brèves

Joann Sfar
Affaire Sarah Halimi

OPINIONS
JOANN SFAR SUR L'AFFAIRE SARAH HALIMI : L'ANTISÉMITISME EST OBJECTIVEMENT DEVENU UNE CIRCONSTANCE ATTÉNUANTE
21 DÉCEMBRE 2019 6 MINUTES DE LECTURE

Depuis hier recircule sur Facebook un post de Joann Sfar daté de 2017, réaction de l’écrivain, auteur de bd et réalisateur, au premier jugement du meurtrier de Sarah Halimi, alors que le parquet avait choisi de ne pas retenir la motivation antisémite des motifs de mise en examen.

Contacté par Jewpop à la suite de la décision de la cour d’appel de Paris, qui a déclaré jeudi le tueur pénalement irresponsable, écartant ainsi la possibilité de le juger aux assises comme le réclamaient les proches de la victime, Joann Sfar nous a demandé de joindre à son texte de 2017 les précisions suivantes, à titre d’exergue :

Ceci est un ancien texte, publié à l’occasion du premier jugement de l’affaire Halimi. À l’époque, la justice réfutait la circonstance aggravante d’antisémitisme. Aujourd’hui, il y a du progrès, l’antisémitisme est objectivement devenu une circonstance atténuante. Un chauffard sous l’emprise du cannabis relève des tribunaux, pas un tueur de juive, semble-t-il. Le message aux juifs est limpide.

Le texte publié sur la page Facebook de Joann Sfar en 2017

Le truc, c’est que lorsque tu es juif, tu n’oses jamais dire que quoi que ce soit relève de l’antisémitisme parce que tu as peur qu’on te dise que tu pleurniches. Je ne connais l’affaire Sarah Halimi que par ce que les médias en disent. Si j’ai bien compris, un type traitait la dame juive de son immeuble de sale juive à chaque fois qu’il la voyait. Puis une nuit il pète un câble, il met la misère dans tout l’immeuble puis il s’enferme avec la dame. Il la massacre pendant des heures. La police est dans l’immeuble et n’intervient pas. Il hurle Allah hou Akbar tant qu’il peut puis il la jette par la fenêtre et elle meurt. Le type n’a jamais eu d’antécédents psychiatriques mais on le met quand même à l’asile. Si j’avais mauvais esprit, je dirais qu’en période électorale c’était peut-être une façon de s’acheter à peu de frais la paix civile.

On apprend aujourd’hui que le tribunal ne considère pas qu’il s’agit d’un crime antisémite. Finalement je ne suis pas juriste, je n’y connais rien. Il paraît que le coupable a affirmé que son motif n’était pas anti juif. C’était quoi, son motif ? Ça ne me regarde pas. Par contre, je commence à me demander ce que ça serait, un crime anti juif ? Si traiter une dame de sale juive puis la massacrer et la défenestrer ça ne suffit pas, il faut faire quoi ?

J’ai honte que ça soit toujours des juifs qui se trouvent à écrire qu’à force de vouloir éviter de faire des vagues nos forces de l’ordre nous donnent parfois l’impression qu’on gène. Je suis le moins communautaire du monde. Je suis le premier que ça énerve, quand des gens utilisent leur ethnie ou leur religion pour se faire plaindre. Mais là, c’est dur. On a un sentiment de « circulez y a rien à voir » qui me semble dangereux. À force de ne rien voir, j’ai le sentiment qu’on peut susciter des vocations. Ou alors il y a une circonstance atténuante de bêtise ? Je me souviens qu’on disait ça au moment du « gang des barbares ». On disait qu’ils étaient tellement bêtes qu’ils ne se rendaient pas compte.

Peut-être que je me trompe complètement. Qu’est ce qui se produit, en moi, lorsque j’ai honte d’écrire ces lignes ? Je déteste parler « en tant que juif ». On ne devrait pas avoir à le faire. Pour calmer les esprits, je suggère au tribunal d’édicter une jurisprudence claire et d’affirmer haut et fort qu’un crime antisémite, ça n’existe pas. Je crois que ça soulagerait beaucoup de monde. Ça nous évitera de nous creuser la tête à nous demander ce que l’assassin aurait pu faire de plus pour que le tribunal décèle dans son geste un soupçon de haine contre les juifs.

Joann Sfar