Déclaration commune israélo-palestinienne.

NON au bain de sang, NON à l'occupation. OUI aux négociations, OUI à la paix.

25 juillet 2001

Nous, sous-signés, Israéliens et Palestiniens, nous réunissons dans la plus difficile des circonstances pour nos deux peuples. Nous venons ensemble pour réclamer la fin du bain de sang, la fin de l'occupation, un retour urgent aux négociations et la mise en oeuvre de la paix entre nos peuples.
Nous refusons d'accepter la détérioration de la situation actuelle, avec une liste croissante de victimes, de souffrance et la probabilité que nous pouvons tous être submergés par un océan de haine mutuelle.

Par la présente déclaration, nous élevons nos voix et implorons tous les hommes de bonne volonté pour qu'ils retrouvent leur lucidité et leur jugement critique, ainsi que des sentiments de compassion et d'humanité pour refuser la régression facile dans la peur, la haine, et la vengeance. Nous croyons toujours malgré tout en l'humanité du camp adverse, nous avons un partenaire avec qui nous allons faire la paix , une solution négociée au conflit entre nos peuples est possible.

Des erreurs ont été faites de tous côtés, les accusations et les mises à l'index ne constituent pas une politique et ne peuvent se substituer à un engagement profond. L'impression qui existe dans les deux communautés que "le temps est de notre côté" est illusoire. Le temps qui passe ne bénéficie qu'à ceux qui ne croient pas à la paix. Plus nous attendons, plus de sang innocent sera versé, plus grande sera la douleur... plus l'espoir sera encore érodé.

Nous devons agir instamment pour reconstruire notre partenariat, pour en finir la déshumanisation de l'autre, et pour faire revivre l'option d'une paix juste et prometteuse pour notre futur à tous. Pour aller de l'avant, il faut accepter la légitimité et l'application des résolutions 242 et 338 de l'ONU menant à une solution comportant deux états l'un à côté de l'autre, séparés par la frontière du 4 Juin 1967, Israël et la Palestine, avec leur capitale respective à Jérusalem.

Des solutions justes et équitables peuvent être trouvées à tous les problèmes en suspens sans porter atteinte à la souveraineté des états palestinien et israélien élus par leurs citoyens respectifs, et en respectant les aspirations à un état, des deux peuples juif et palestinien. Ces solutions devraient s'appuyer sur les progrès accomplis entre novembre 1999 et janvier 2001. Il est urgent d'appliquer immédiatement les recommandations de la Commission Mitchell, ce qui inclut l'arrêt total des violences, le gel total de la construction dans les colonies, l'application des accords en suspens et le retour aux négociations.

Ce processus doit être surveillé par un tiers objectif. Nous pensons qu'il est de notre devoir de travailler ensemble, ainsi que chacun de nous dans nos propres communautés, pour mettre fin à la détérioration de nos relations, pour reconstruire la confiance, la croyance et l'espoir en la paix.

Signataires Palestiniens :

Yasser Abed Rabbo, Ministre de la Culture et de l'Information; Hisham Abdul-Razek, Ministre des Affaires relatives aux détenus; Nabil Amar, Ministre des affaires parlementaires; Dr. Hanan Ashrawi, Membre PLC , Secrétaire-Général de "Palestinian Initiative for Global Dialogue and Democracy" ; Hakam Balawi, Membre PLC ; Dr. Sari Nuseibeh, Président, Université Al-Quds; Dr. Gabi Baramki, Université Bir Zeit ; Hafez al-Barghouti, Editeur, quotidien al-Hayat al-Jadida ; Dr. Nazmi al-Ju'beh, Directeur-General, Riwaq; Dr. Salim Tamari, Directeur, Institute for Jerusalem Studies; Suleiman Mansour, Directeur, Al-Wasiti Art Center; Dr. Mahadi Abdul-Hadi, directeur PASSIA; George Ibrahim, Directeur, Al-Qasaba Theatre; Sufian Abu-Zaideh, Deputé Jamal Zaqout, Directeur-General, Ministre des Affaires Civiles; Sama'an Khoury, Directeur-General, Palestine Media Center; Dr. Samir Abdallah, Directeur, Pal-Trade; Samir Hulieleh, Directeur, Nassar Investment Co.; As'ad al-As'ad, Ecrivain; Abdul-Rahman Awad, Ecrivain; Samir Rantisi,Conseil Media du Ministre de la Culture et de l'Information; Nisreen Haj-Ahmad, Juriste; Rami Shehaded, Juriste; Ghaith Al-Omari, Juriste

Signataires Israéliens :

Dr. Janet Aviad, Peace Now; Chaim Oron, ancien Ministre, Meretz; Prof. Arie Arnon, Peace Now; Yossi Beilin, ancien Ministre, Travailliste; Prof. Menachem Brienker, Hebrew University; Prof. Galia Golan, Peace Now; David Grossman, écrivain; Dr. Yossi Dahan; Prof. Moshe Halberthal, Hebrew University; AB Yehoshua, écrivain; Prof. Yirmyahu Yovel, Hebrew University; Prof. Dan Yaacobson, Université de Tel Aviv; Prof. Ephi Ya'ar, Institut Steinmatz pour la Paix; Daniel Levy, ECF; Ronit Matalon, écrivain; Prof. Avishai Margalit, Hebrew University; S. Yizhar, écrivain; Prof. Sami Samuha, Haifa University; Amos Oz, écrivainr; Ron Pundak, ECF, Perès Peace Center; Yair Tsaban, ancien Ministre, Meretz; Dr. Nissim Calderon; Prof. Ephraim Kleinman; Dr. Menachem Klein, Université Bar Ilan ; Dr. Aviad Kleinberg; Adv. Tzali Reshef, Peace Now; Prof. Yuli Tamir, ancien ministre travailliste

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Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.