Déclaration du Comité épiscopal français pour les Relations avec le Judaïsme

lue par Mgr. Frikart, évêque auxiliaire de Paris au Vélodrome d'Hiver
le 24 juin 2001 lors de la manifestation de protestation contre l'antisémitisme du Président syrien Assad.

Ici, au Vel-d'Hiv, à Paris, nous, Comité Episcopal pour les Relations avec le Judaïsme sommes réunis avec vous, amis juifs.

En ce lieu de sinistre mémoire, après avoir été fichés, furent raflés, parqués, femmes, hommes, enfants, vieillards, afin d'être livrés à la Gestapo puis envoyés dans les camps de concentration et d'extermination du Reich, pour le simple fait d'être nés juifs.

Nous nous souvenons de tous les moments où ont été utilisés les arguments pseudo-religieux, surtout lorsque l'on a accusé les Juifs d'avoir tué Jésus.

Nous nous souvenons de tous les pogroms et de toutes les violences que des propos de ce genre ont engendré.

Nous sommes ici, pour rappeler que si Mr Bachar El Assad, par ses propos tenus à Madrid et à Damas concernant les Juifs et Jésus, croit rallier l'Eglise catholique à sa cause, il se trompe. Nous tenons à exprimer, ici, publiquement, notre désaveu quant à l'utilisation de tous slogans prétendument chrétiens antisémites pour des intérêts politiques, quels qu'ils soient. Non seulement ces propos n'ont soulevé au cours de l'histoire que des passions meurtrières, mais plus profondément ils ne correspondent ni à notre foi, ni à notre éthique, ni à la vérité, et, dans ce sens, ils ne peuvent que desservir la paix, ici et à Jérusalem.

Mgr Gaston POULAIN, Père Patrick DESBOIS, Président du C.E.R.J.


Brèves

Les Israéliens veulent ouvrir un nouveau chapitre de leur vie publique

Par Denis Charbit, Le Figaro, 18/09/2019.

Le verdict des urnes, en Israël, est un désaveu relatif infligé aux méthodes du premier ministre. Il exprime aussi la volonté des Arabes israéliens de participer désormais au processus de décision de l’État hébreu... explique Denis Charbit, maître de conférences en sociologie et science politique à l’université ouverte d’Israël.

... Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël.

Un ultime enseignement - et non le moindre - de ce scrutin provient du secteur arabe. La première leçon à tirer est que l’unité est payante: la liste arabe unifiée, composée de communistes, d’islamistes et de nationalistes, devrait être la troisième formation politique représentée à la Knesset.

Si un gouvernement d’union Likoud-Bleu et Blanc est finalement constitué, elle sera à la tête de l’opposition, avec tous les droits associés à ce statut. Mais la révolution, de ce côté-là de l’échiquier politique, ne se réduit pas au score ou au statut acquis à la Knesset.

La révolution copernicienne qui s’opère réside dans la détermination proclamée par ses leaders de tester une alliance potentielle avec les partis du centre et de la gauche. Les partis arabes israéliens veulent peser sur les décisions, être des acteurs politiques à part entière et ne plus être voués à incarner une «fonction tribunitienne» chargée de clamer haut et fort leur dissidence politique. Pour y parvenir, ils ne sont pas devenus sionistes et ils ne s’accommodent pas plus de l’occupation de la Cisjordanie. Seulement, ils n’estiment plus devoir opposer une fin de non-recevoir à toute coopération politique.

Cette révolution est la traduction politique d’un mouvement de fond qui secoue la nouvelle génération des Arabes d’Israël. Ils veulent s’intégrer, ils veulent réussir et ils y parviennent par la méritocratie. Ils compensent leur condition de minorité ethnique par leur excellence et leur compétence.

Ils ne veulent plus être une enclave au sein d’un État juif, mais participer de plain-pied aux mutations de la société israélienne. Or, Benyamin Nétanyahou, en personne, n’a eu de cesse, durant toute la campagne, de faire de la population arabe d’Israël un bouc émissaire. Cette demande explicite d’intégrer l’arène politique fait d’une pierre deux coups: cesser cette délégitimation constante de 20 % de la population israélienne et permttre aux partis du centre et de la droite de promouvoir ouvertement une alliance électorale qui fera pendant à l’alliance du Likoud avec les partis religieux orthodoxes ...