Jacques Tarnero : Autopsie d'un mensonge

Le Cinéma Le Méliès, 3 rue de Strasbourg, Grenoble présente

Autopsie d'un mensonge

Un film de Bernard Cohn et Jacques Tarnéro (durée 1h40)

Séance exceptionnelle en présence du réalisateur Jacques Tarnéro
le mercredi 28 février 2001 à 20h

Ce film documentaire est un geste de combat. Il s'inscrit dans une démarche de préservation de la mémoire et de la vérité contre un mensonge majeur des temps modernes : la négation de la Shoah. Autopsie d'un mensonge dénonce le fait révisionniste qui se développe dans un monde sans repère en mettant à jour la fausseté et la perversité du propos négationiste, qui dépasse largement celui de quelques néonazis.

Depuis une cinquantaine d'années, avec des variations d'intensité, ce phénomène s'est inscrit dans le paysage intellectuel. Réduit à des attitudes extrémistes en occident, il s'est répandu dans le monde arabo-musulman, porté par le renouveau des idées antisémites et la résurgence des " Protocoles des sages de Sion ". En quatre parties, Autopsie d'un mensonge montre comment le négationisme s'est improvisé " science ", et risque, notamment via Internet, d'être banalisé.

Ce film milite pour donner force au serment d'après Auschwitz : " Plus jamais ça ! ". Il s'adresse donc autant à un public averti qu'aux jeunes générations, et montre que la lecture de l'Histoire ne peut être salie, détournée, criminalisée, faussée.

En collaboration avec

  • Association pour un Judaïsme Pluraliste.
  • Les Amis de la Fondation de la Mémoire de la Déportation
  • Cercle Bernard Lazare
  • Wizo

Brèves

Notre-Dame de Paris, vaisseau amiral des humanités

Par Catherine Kintzler, Mezetullele, 16 avril 2019

L’un des premiers articles de ce site (Mezetullele) fut consacré au glas qui résonna à la cathédrale de Paris, après l’attentat meurtrier contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Je n’oublierai jamais que le sombre et puissant bourdon sonna, oui, pour des « mécréants », signant ainsi, une nouvelle fois, l’inscription de Notre-Dame de Paris dans l’histoire nationale et universelle : ce monument au sens plein du terme appartient à tous. Il appartient à tous dorénavant de le célébrer et d’en prendre la relève.

Je n’oublie pas non plus que, quand j’entre dans une église de mon pays pour y voir quelque merveille, pour y goûter l’invitation à la sérénité, pour y vibrer à l’harmonie que de grands musiciens ont su faire entendre aussi bien à l’autel qu’au théâtre, personne ne me surveille pour voir si je me signe, personne ne me demande une quelconque génuflexion. Et cela est juste, car les œuvres, dans leur superbe auto-suffisance, n’ont pas besoin d’un directeur de conscience qui mette leur contemplation sous condition. Pour que chacun les admire, les inscrive aux humanités, les œuvres réclament quelques lumières, un peu d’attention et d’instruction. Alors, je m’incline librement et mentalement devant des siècles de pensée, de savoir, de savoir-faire offerts par ce trésor, cette « âme résumée » de civilisation dans un grandiose tracé de pierre, de bois et de verre rythmé par le nombre d’or.

Maintes fois, empruntant une ligne de métro qui, depuis un viaduc sur la Seine à l’Est de Paris, offre une vue sur l’élégante pointe orientale de l’île de la Cité, avec l’abside et le chevet de la cathédrale apparaissant alors comme un vaisseau, j’en ai voulu à mes compagnons éphémères de trajet de regarder ailleurs ou, pire, de rester les yeux rivés sur l’écran d’un candy crush. Je me retenais de leur crier : ouvrez les yeux, relevez la tête et tournez-la de ce côté !

Peut-être quelques-uns ce matin, en jetant un œil effaré sur le tableau encore fumant, auront-ils regret de n’avoir pas conservé en eux, pour redonner à Paris la gracieuse poupe de son vaisseau, le souvenir vivant de ce qu’ils avaient tous les jours sous les yeux. Et que ce vaisseau amiral des humanités, entamé par les flammes et battu par les flots, avec tout ce qu’il embarque et représente, ne sombre pas : c’est leur affaire, c’est notre affaire.