Rencontres et débat avec Jacques Stroumsa

Cercle Bernard Lazare-Grenoble et
Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère

dans le cadre de

  • la Campagne Contre le Racisme et pour la Fraternité du 17 au 28 mars 2001
  • les Journées de la Déportation

Rencontres et débat avec

Jacques Stroumsa

Jacques Stroumsa
Auteur de
Tu choisiras la vie
violoniste à Auschwitz.

les Editions du Cerf, Paris, 1998

Jacques Stroumsa a trente ans lorsqu'en 1943 il est déporté de Salonique à Auschwitz, dans le seizième des dix-neuf convois qui vident Salonique de sa population juive, entre le 20 mars et le 18 Août 1943. 48535 déportés. Salonique, ville multiculturelle, est définitivement amputée de sa population juive.

Jacques Stroumsa était ingénieur électricien, mais violoniste également : à Birkenau, il est d'abord premier violon solo dans l'orchestre, pendant un mois. Plus tard, depuis Auschwitz, il est affecté comme ingénieur l'Union-Werke, où il passe 18 mois. Sa plus jeune soeur et lui-même sont les seuls rescapés de leur famille.

Il reconstruit sa vie en France, puis émigre en Israël, et inlassablement se consacre au récit, au témoignage, aux rencontres avec les jeunes générations. Son livre, traduit en de multiples langues, est un document rare et passionnant sur l'histoire des juifs de Salonique.

  • Lundi 23 avril 2001 de 14 heures à 17 heures Jacques Stroumsa parle aux lycéens.

    Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère 14 rue Hébert, Grenoble. Salle pédagogique
    • Classe de philosophie de Madame Saya, Lycée Emmanuel Mounier,
    • Classe de Première de Monsieur Emprin, Lycée Stendhal.
  • Lundi 23 avril 2001 à 20 heures 30 : soirée d'accueil.

    au Petit Théâtre, 4 rue Pierre Duclot, (tram Sainte Claire)

    Lectures de textes de Jacques Stroumsa et d'Albert Cohen
    Musique judéo espagnole avec Jacques Stroumsa et Marc Amouyal.

  • Mardi 24 avril 2001 à 20 h 00 : conférence-débat.

    Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
    14 rue Hébert, Grenoble. Salle de Conférences (3ème étage)

    Jacques Stroumsa & Michèle Ganem Jacques Stroumsa

    Jacques Stroumsa :
    Le sens du témoignage après Auschwitz,
    l'histoire des juifs de Salonique.

    avec la participation de Jean Carasso
    éditeur de La Lettre Sépharade

Haut de page

Brèves

Joann Sfar
Affaire Sarah Halimi

OPINIONS
JOANN SFAR SUR L'AFFAIRE SARAH HALIMI : L'ANTISÉMITISME EST OBJECTIVEMENT DEVENU UNE CIRCONSTANCE ATTÉNUANTE
21 DÉCEMBRE 2019 6 MINUTES DE LECTURE

Depuis hier recircule sur Facebook un post de Joann Sfar daté de 2017, réaction de l’écrivain, auteur de bd et réalisateur, au premier jugement du meurtrier de Sarah Halimi, alors que le parquet avait choisi de ne pas retenir la motivation antisémite des motifs de mise en examen.

Contacté par Jewpop à la suite de la décision de la cour d’appel de Paris, qui a déclaré jeudi le tueur pénalement irresponsable, écartant ainsi la possibilité de le juger aux assises comme le réclamaient les proches de la victime, Joann Sfar nous a demandé de joindre à son texte de 2017 les précisions suivantes, à titre d’exergue :

Ceci est un ancien texte, publié à l’occasion du premier jugement de l’affaire Halimi. À l’époque, la justice réfutait la circonstance aggravante d’antisémitisme. Aujourd’hui, il y a du progrès, l’antisémitisme est objectivement devenu une circonstance atténuante. Un chauffard sous l’emprise du cannabis relève des tribunaux, pas un tueur de juive, semble-t-il. Le message aux juifs est limpide.

Le texte publié sur la page Facebook de Joann Sfar en 2017

Le truc, c’est que lorsque tu es juif, tu n’oses jamais dire que quoi que ce soit relève de l’antisémitisme parce que tu as peur qu’on te dise que tu pleurniches. Je ne connais l’affaire Sarah Halimi que par ce que les médias en disent. Si j’ai bien compris, un type traitait la dame juive de son immeuble de sale juive à chaque fois qu’il la voyait. Puis une nuit il pète un câble, il met la misère dans tout l’immeuble puis il s’enferme avec la dame. Il la massacre pendant des heures. La police est dans l’immeuble et n’intervient pas. Il hurle Allah hou Akbar tant qu’il peut puis il la jette par la fenêtre et elle meurt. Le type n’a jamais eu d’antécédents psychiatriques mais on le met quand même à l’asile. Si j’avais mauvais esprit, je dirais qu’en période électorale c’était peut-être une façon de s’acheter à peu de frais la paix civile.

On apprend aujourd’hui que le tribunal ne considère pas qu’il s’agit d’un crime antisémite. Finalement je ne suis pas juriste, je n’y connais rien. Il paraît que le coupable a affirmé que son motif n’était pas anti juif. C’était quoi, son motif ? Ça ne me regarde pas. Par contre, je commence à me demander ce que ça serait, un crime anti juif ? Si traiter une dame de sale juive puis la massacrer et la défenestrer ça ne suffit pas, il faut faire quoi ?

J’ai honte que ça soit toujours des juifs qui se trouvent à écrire qu’à force de vouloir éviter de faire des vagues nos forces de l’ordre nous donnent parfois l’impression qu’on gène. Je suis le moins communautaire du monde. Je suis le premier que ça énerve, quand des gens utilisent leur ethnie ou leur religion pour se faire plaindre. Mais là, c’est dur. On a un sentiment de « circulez y a rien à voir » qui me semble dangereux. À force de ne rien voir, j’ai le sentiment qu’on peut susciter des vocations. Ou alors il y a une circonstance atténuante de bêtise ? Je me souviens qu’on disait ça au moment du « gang des barbares ». On disait qu’ils étaient tellement bêtes qu’ils ne se rendaient pas compte.

Peut-être que je me trompe complètement. Qu’est ce qui se produit, en moi, lorsque j’ai honte d’écrire ces lignes ? Je déteste parler « en tant que juif ». On ne devrait pas avoir à le faire. Pour calmer les esprits, je suggère au tribunal d’édicter une jurisprudence claire et d’affirmer haut et fort qu’un crime antisémite, ça n’existe pas. Je crois que ça soulagerait beaucoup de monde. Ça nous évitera de nous creuser la tête à nous demander ce que l’assassin aurait pu faire de plus pour que le tribunal décèle dans son geste un soupçon de haine contre les juifs.

Joann Sfar