Etre résistant en Isère pendant la Seconde Guerre Mondiale

une table ronde proposée par le Groupe Dissidence et Résistance

mercredi 2 mai 2001 à 18h30
au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
14, rue Hébert 38000 Grenoble (tél : 04 7642 38 53)

en collaboration avec:

  • Les Amis du Monde Diplomatique
  • Les Bibliothèques de la Ville
  • Le Cercle Bernard Lazare-Grenoble
  • Le CREARC
  • La Librairie le Sphinx
  • Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère

L'lsère est l'un des départements français où la Résistance a été, pendant la Seconde Guerre mondiale, particulièrement active. Mouvements, réseaux et maquis y déployèrent de très nombreuses actions qui marquèrent l'histoire de cette période.

Mais quelles femmes, quels hommes étaient les auteurs de ces actions ? Quand, comment, pourquoi sont-ils entrés en Résistance ? Quelle place les choix qu'ils ont faits à cette époque occupent-ils dans le parcours de leur vie ? Peut-on définir ce qu'est un Résistant, ce qu'est la Résistance ?

avec

  • Michèle GABERT docteur en Histoire contemporaine, professeur à l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Grenoble, auteur de Entrés en Résistance. Isère, des hommes et des femmes dans la Résistance, Presses Universitaires de Grenoble, collection "Résistances", 2000.
  • Claude COLLIN maître de conférence à l'université Stendhal de Grenoble, auteur de plusieurs ouvrages dont Carmagnole et Liberté, Les étrangers dans la Résistance en Rhône-Alpes, Presses Universitaires de Grenoble, collection "Résistances", 2000.
  • Pierre FUGAIN résistant, ancien président de l'Association des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) et auteur de Ici l'ombre, Un réseau dans la guerre de libération 1940-1944, CRDP de Grenoble, 1992.

Brèves

Joann Sfar
Affaire Sarah Halimi

OPINIONS
JOANN SFAR SUR L'AFFAIRE SARAH HALIMI : L'ANTISÉMITISME EST OBJECTIVEMENT DEVENU UNE CIRCONSTANCE ATTÉNUANTE
21 DÉCEMBRE 2019 6 MINUTES DE LECTURE

Depuis hier recircule sur Facebook un post de Joann Sfar daté de 2017, réaction de l’écrivain, auteur de bd et réalisateur, au premier jugement du meurtrier de Sarah Halimi, alors que le parquet avait choisi de ne pas retenir la motivation antisémite des motifs de mise en examen.

Contacté par Jewpop à la suite de la décision de la cour d’appel de Paris, qui a déclaré jeudi le tueur pénalement irresponsable, écartant ainsi la possibilité de le juger aux assises comme le réclamaient les proches de la victime, Joann Sfar nous a demandé de joindre à son texte de 2017 les précisions suivantes, à titre d’exergue :

Ceci est un ancien texte, publié à l’occasion du premier jugement de l’affaire Halimi. À l’époque, la justice réfutait la circonstance aggravante d’antisémitisme. Aujourd’hui, il y a du progrès, l’antisémitisme est objectivement devenu une circonstance atténuante. Un chauffard sous l’emprise du cannabis relève des tribunaux, pas un tueur de juive, semble-t-il. Le message aux juifs est limpide.

Le texte publié sur la page Facebook de Joann Sfar en 2017

Le truc, c’est que lorsque tu es juif, tu n’oses jamais dire que quoi que ce soit relève de l’antisémitisme parce que tu as peur qu’on te dise que tu pleurniches. Je ne connais l’affaire Sarah Halimi que par ce que les médias en disent. Si j’ai bien compris, un type traitait la dame juive de son immeuble de sale juive à chaque fois qu’il la voyait. Puis une nuit il pète un câble, il met la misère dans tout l’immeuble puis il s’enferme avec la dame. Il la massacre pendant des heures. La police est dans l’immeuble et n’intervient pas. Il hurle Allah hou Akbar tant qu’il peut puis il la jette par la fenêtre et elle meurt. Le type n’a jamais eu d’antécédents psychiatriques mais on le met quand même à l’asile. Si j’avais mauvais esprit, je dirais qu’en période électorale c’était peut-être une façon de s’acheter à peu de frais la paix civile.

On apprend aujourd’hui que le tribunal ne considère pas qu’il s’agit d’un crime antisémite. Finalement je ne suis pas juriste, je n’y connais rien. Il paraît que le coupable a affirmé que son motif n’était pas anti juif. C’était quoi, son motif ? Ça ne me regarde pas. Par contre, je commence à me demander ce que ça serait, un crime anti juif ? Si traiter une dame de sale juive puis la massacrer et la défenestrer ça ne suffit pas, il faut faire quoi ?

J’ai honte que ça soit toujours des juifs qui se trouvent à écrire qu’à force de vouloir éviter de faire des vagues nos forces de l’ordre nous donnent parfois l’impression qu’on gène. Je suis le moins communautaire du monde. Je suis le premier que ça énerve, quand des gens utilisent leur ethnie ou leur religion pour se faire plaindre. Mais là, c’est dur. On a un sentiment de « circulez y a rien à voir » qui me semble dangereux. À force de ne rien voir, j’ai le sentiment qu’on peut susciter des vocations. Ou alors il y a une circonstance atténuante de bêtise ? Je me souviens qu’on disait ça au moment du « gang des barbares ». On disait qu’ils étaient tellement bêtes qu’ils ne se rendaient pas compte.

Peut-être que je me trompe complètement. Qu’est ce qui se produit, en moi, lorsque j’ai honte d’écrire ces lignes ? Je déteste parler « en tant que juif ». On ne devrait pas avoir à le faire. Pour calmer les esprits, je suggère au tribunal d’édicter une jurisprudence claire et d’affirmer haut et fort qu’un crime antisémite, ça n’existe pas. Je crois que ça soulagerait beaucoup de monde. Ça nous évitera de nous creuser la tête à nous demander ce que l’assassin aurait pu faire de plus pour que le tribunal décèle dans son geste un soupçon de haine contre les juifs.

Joann Sfar